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31/10/2019

Macron + 'Valeurs actuelles' : les masques tombent

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La connivence entre M. Macron et l'hebdo "libéral-conservateur" illustre ce que nous dénonçons ici  :  le libéral-conservatisme est un attrape-couillons. S'y laissent prendre ceux qui, au fond, finiront toujours par préférer leurs valeurs boursières (libéralisme) à leurs valeurs morales (conservatisme) : 


Il l'annonçait dès sa campagne présidentielle et le confirmait, suavement, lors de son numéro cathophile aux Bernardins : Emmanuel Macron mène en matière de moeurs une politique comparable à celle de M. Hollande. Cette politique devrait donc révulser la droite bien-pensante, puisqu'elle affiche dans ce domaine un grand souci avec rallyes dans la rue.

Mais aux dernières élections, cette même droite (laissant tomber M. Bellamy qui aurait dû lui plaire) a voté plus que la moyenne nationale pour le parti de M. Macron. En effet, et malgré son souci affiché pour  les questions de moeurs, la droite bien-pensante accorde plus d'importance aux questions économiques. Et ne voyant ces dernières qu'au travers de lunettes libérales, à ses yeux la Loi du Marché pèse au moins autant que la Loi Morale. Cette droite finit donc par sacrifier la morale au marché, selon un processus connu de longue date... Naguère conseillère de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui membre d'un cabinet d'affaires, Mme Emmanuelle Mignon déclarait au Point en juin dernier : "Macron est le meilleur président de droite qu'on ait eu depuis un certain temps". Elle expliquait que les réformes macroniennes (la destruction du modèle social français) ne vont pas encore assez loin mais qu'elles vont dans le bon sens. Mme Mignon étant une catho-libérale revendiquée, on voit à quel point l'élément libéral dissout l'élément catholique. [*]

Il est donc normal que le "meilleur président de droite", dans l'avion qui revenait de La Réunion le 25 octobre, ait accordé au seul rédacteur en chef de Valeurs actuelles quarante minutes d'entretien.  Les journaux et les radios ne parlent que de ça aujourd'hui. Leurs invités de gauche s'indignent de cette préférence accordée à un tel journal, et montent en épingle plusieurs phrases macroniennes sur l'immigration – qui lancent en effet le bouchon un peu loin en tenant sur l'esclandre de M. Odoul des propos moins sévères que ceux de... Marine Le Pen. Mais personne n'est dupe : doué de plus de brio que de convictions, M. Macron n'est pas plus sincère dans Valeurs actuelles qu'il ne l'était au Bernardins. Dans son esprit il ne s'agit que des futures élections présidentielles. Il ne les conçoit que comme un duel avec Mme Le Pen, et tente déjà de lui prendre des électeurs. Faire des clins d'oeil aux divers publics est un exercice politicien classique ; je me souviens de M. Giscard d'Estaing en janvier 1981, invitant à déjeuner Louis Pauwels pour lui faire un numéro de ce genre – dont le directeur du Figaro Magazine était revenu enchanté.

Ici ma cible n'est donc pas M. Macron. C'est plutôt Valeurs actuelles. Ce média joue envers ses 90 000 acheteurs hebdomadaires le rôle de confort mental que jouait Le Figaro Magazine auprès des siens, qui étaient 600 000 à l'époque. Quelle sorte de confort ce Valeurs "spécial Macron" peut-il apporter au bourgeois zemmourien ?  Le plaisir de se croire pris en considération par le maître de l'Elysée, qui prodigue à ce type de lecteur des formules verbales faites pour lui donner une sensation de plaisir. Certes les actes de M. Macron démentent et démentiront ses paroles (comme ils démentent ses promesses aux défenseurs de l'environnement) ;  mais l'effet dopamine est irrésistible. Rappelons-nous l'euphorie des catholiques français après les Bernardins...

Si ma cible est Valeurs avec son équipe de jeunes gaillard(e)s qui connaissent déjà la chanson, c'est dans la mesure où ce magazine  – ayant pour M. Macron les yeux de Chimène (c'est-à-dire d'Emmanuelle Mignon) – approuve l'engrenage du néolibéralisme, mais joue en même temps la carte de la Noble Conservation du Patrimoine Spirituel et Moral... Conservation que le néolibéralisme rend évidemment inconcevable : et je suppose que les jeunes gaillard(e)s sont assez rusés pour s'en rendre compte.

Combien de temps l'imposture du libéral-conservatisme peut-elle durer ?  Très peu, si son singulier public était lucide. Mais on peut craindre que ce ne soit pas le cas.

 

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[*]  Si du moins on admet que le catholicisme implique de marcher "avec le pape et les évêques unis au pape" : évidence catéchétique de toujours, mais niée aujourd'hui par nos libéraux-conservateurs. Ils me le disent tous les jours sur Facebook.

 

 

 

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19:46 Publié dans Idées, Macron | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : macro, droite

Commentaires

PSA-FIAT-CHRYSLER

> C'est peut-être un peu hors sujet par rapport à votre article mais cela me semble pour autant assez lié : ce qui me terrifie actuellement c'est la fusion PSA/Fiat-Chrysler. Prenons les paris : cela va se terminer d'ici 5 ou 6 ans en désastre industriel et en désastre social avec des fermetures d'usines.
Tous les médias nous vantent un mariage à 50/50. Mais déjà cela commence mal : Tavares ne sera que Directeur Général. La stratégie industrielle se fera ailleurs et le DG ne pourra que la mettre en œuvre.
Enfin le bazar aura son siège social au Pays Bas. Tout cela pour échapper en grande partie à l'impôt et aux charges avec l'effet de vase communiquant que cela va provoquer en alourdissant l'impôt et les charges sur ceux qui restent.
C'est juste le pays qui est en train d'être bradé. Je serais les salariés de PSA, je regarderais comment les choses se sont passées dans les autres fusions.
Mon espoir ? Me tromper dans mon analyse.
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Écrit par : Pierre O. / | 31/10/2019

RALLIEMENT

> Quand on entend parler Geoffroy Didier on voit bien que le ralliement de la droite au libéralo-libéralisme de Macron n'est plus qu'une question de mois, et quelques "vestes" aux élections précipiterons le mouvement. Geoffroy Didier est bien le digne héritier de Jacques Chirac: il a déjà tout dit et son contraire (de la droite forte à l'engagement pour la PMA et la GPA). Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent !
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Écrit par : B.H. / | 01/11/2019

Réponse à W.G.

- à : éditions Salvator, 103 rue ND-des-Champs, 75006 Paris
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Écrit par : réponse à W. Garapin / | 01/11/2019

LIBÉRAUX ET CATHOLICISME

> Mme Mignon étant une catho-libérale revendiquée : Libéral a à voir avec une idéologie politique, être chrétien, catholique ne relève d'aucun concept idéologique, il s'agit de la Vie et de la méthode de l'aborder quotidiennement, en secret ou publiquement, il s'agitÉRAUX d'un foi intense.
Pour ce type de personnes, exposer la religion catholique c'est se parer de vertus qu'elles n'ont pas dans la réalité concrète de chaque jour. C'est un habillage (vous savez la coupe que l'on nettoie par l'extérieur).
Quant à Macron aux Bernardins, je rappelle qu'il a fait un doigt d'honneur aux évêques rassemblés, à propos de la PMA. Que ceux-ci n'ont rien dit et qu'à l'issue du discours, ils l'ont salué, comme Président. Ce salut ont le comprend, mais pas le mutisme utile à reprendre les incorrections d'un Président sans foi et sans Loi.
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Écrit par : Alain De Vos / | 01/11/2019

> Macron ira t il à Lourdes évoquer la transition écologique avec les évêques ?
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Écrit par : Roger / | 01/11/2019

"MICMAC PAS POSSIBLE"

> La droite-Valeurs-Actuelle, c'est un perpétuel serpent qui se mord la queue. D'un côté, on veut cultiver les traditions et le roman national. De l'autre, on reproche à la France de ne pas avoir assez de culture d'entreprise. Et ça donne un micmac pas possible.
Par exemple, ils veulent renforcer le français à l'école jugée trop "gauchiste", et, "en même temps", ils veulent préparer les jeunes à l'entreprise. Sauf que de mémoire, je crois que là où le français est le plus torturé, c'est bien dans l'entreprise. On rédige des courriers électroniques hyper succincts, avec un vocabulaire pauvrissime, des énoncés en liste (ou "bullets points") et du franglais.
Et je passe sur d'autres exemples déjà développés sur ce blog, notamment la défense d'un catholicisme de tradition et en même temps, une hostilité au pape. Ou encore, une affection pour les territoires ruraux et en même temps une complicité avec le système mondialisé qui détruit les territoires.
Valeurs Actuelles montre le paroxysme de cette mauvaise foi. A savoir que, pour dissimuler cette contradiction, ils désignent un responsable tout trouvé: les musulmans. Mais là encore la contradiction les poursuit. Parce que ce si aujourd'hui la France est confrontée au salafisme, c'est essentiellement à cause des alliances foireuses qu'elle passe avec l'Arabie Saoudite et le Qatar, qui lui sont imposés par... l'OTAN. J'attends avec impatience la une de VA qui réclamera la sortie de l'OTAN.
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Écrit par : Cyril B / | 02/11/2019

"UNE IDÉOLOGIE DE CHANGEMENT DE LA CONDITION HUMAINE"

> Ce que beaucoup ne veulent pas voir, c'est que le libéralisme idéologique n'est pas une simple question de liberté d'entreprise ou de débat sur les niveaux de pression fiscale et de protection sociale.
Bien au delà, c'est une idéologie de changement de la condition humaine et des sociétés en particulier.
Nous en avons une illustration au XXe siècle par nombre de personnalités marxistes, avec y compris avec des variantes dites gauchistes, trotskyste ou maoïstes. Elles ont pris acte des difficultés du communisme appliqué et ont directement enfourché le cheval du libéralisme mondial pour guerroyer contre les types de sociétés hérités de la longue histoire humaine, à commencer par les nations.
Ainsi, l'ex-maoïste José Manuel Durão Barroso devenu président de la commission européenne.
Ainsi Bronisław Geremek, consciencieux historien marxiste penché sur la question de la pauvreté en Europe puis devenu un des principaux artisans de l’entrée de la Pologne dans l’UE et l’OTAN.

PF Huet

[ PP à ¨PF Huet – Et toute la clique des néoconservateurs américains de l'époque Bush, anciens trotskistes passés avec armes et bagages au capitalisme le plus outrancier...]

réponse au commentaire

Écrit par : PF. Huet / | 02/11/2019

Roger,

> cela dépendra de ses conseillers. S'ils estiment que cela peut lui faire gagner des intentions de vote, il ira.
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Écrit par : Bernadette / | 02/11/2019

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