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15/08/2019

Les médias et l'évolution du "vote catholique"

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Curieux sujet pour un 15 août, mais il faut y réfléchir après le dossier du Monde et le débat de ce matin à LCI  :


Les politologues institutionnels omettent souvent la moitié de la réalité, d’où un certain goût de trop peu dans leurs analyses. Ainsi les trois pages du Monde de ce jour disent des choses intéressantes sur l’évolution de ce qu'elles appellent “le vote catholique”… mais cette évolution – de LR vers LREM – n'est pas propre aux catholiques : elle est générale chez les ex-sarkozystes CSP+ ! En votant désormais pour le parti au pouvoir, la minorité dite “conservatrice” de la bourgeoisie ne fait que rejoindre la majorité “progressiste” de cette même classe, les deux étiquettes couvrant en fait le même tropisme : Ordre & Business.

Je l’ai dit ce matin sur LCI, dont j’étais l’invité à l’occasion du 15 août (bien que la fête mariale ait peu à voir avec les histoires de partis) : si les réserves de cathos pratiquants – dans une France où ils sont moins de 10 % – ont voté LREM selon le sondage de La Croix, c'est que la bourgeoisie des “valeurs” a rejoint la bourgeoisie “libérée”...  Naufrage de cette illusion que fut le post-sarkozysme machinal de la Manif pour tous et de son annexe Sens commun ; illusion qui s’était prolongée jusqu’à la manif fillonniste du Trocadéro (5 mars 2017), cette dérisoire impasse. D’autant que le programme de M. Fillon était incompatible avec la pensée économique et sociale de l’Eglise ! Ce qui laisse songeur quant au degré de catholicité de ce “vote catholique”, même béni par le père abbé de Solesmes. [*]

L’illusion-mère fut de croire qu’une “contre-révolution des valeurs” avait commencé en 2013 avec la mobilisation MPT d‘un certain milieu sociologique. Et qu’une introuvable “droite des valeurs” allait conquérir “l’hégémonie culturelle” : expression proclamée “gramsciste” par des hâbleurs de droite n’ayant jamais lu Gramsci... (sinon ils auraient su que l’idée gramscienne de combat culturel avait été conçue dans un cadre marxiste pour accompagner la lutte des classes – concept honni par la droite depuis toujours).

L’illusion-fille de cette chimère fut d’entrer dans la machine UMP-LR, en croyant pouvoir exercer “un chantage électoral sur les candidats de droite pour qu’ils s’engagent à mettre en œuvre les « principes non-négociables »”, écrit Olivier Roy dans sa page du Monde. L’échec était garanti pour trois raisons : 1.  une machinerie électorale broie et dissout tous les principes ; 2. surtout si les principes en question (portant sur les mœurs) sont à rebrousse-poil de l’opinion publique… 3. Par surcroît, d’où venait cette coquecigrue de trois ou quatre “principes non-négociables” censés résumer le catholicisme sociétal ? Prétendument de Benoît XVI, selon les sites ultras qui avaient lancé ce slogan quelques années plus tôt. Mais Benoît XVI lui-même avait mis en garde contre cette interprétation de l’une de ses phrases, en rappelant que, dans la démarche catholique, la justice économique et sociale avait autant d’importance que la morale privée. Les ultras avaient fait la sourde oreille. Ils avaient ainsi cru tenir l’arme fatale qui leur donnerait le contrôle de LR, puis d’une future Grande Droite, etc. C'était un mirage.

Revenons à l’inexactitude de l’expression “vote catholique”. Un catholique-en-politique, comme ils aiment à dire, n’a droit de se dire catholique que s’il milite dans le sens de ce que préconise la pensée sociale catholique ; sinon il y a usurpation d’identité, chose gênante de la part d’identitaires. Une politique “catholique” en 2019 viserait à mettre en œuvre les recommandations de Laudato Si’. Et non à soutenir des programmes qui leur tournent le dos ! C’est pourtant le cas des libéraux catholiques, contradiction qui devrait être signalée par les “spécialistes des religions” dans la presse papier quotidienne.

J’entends d’avance l’objection : “Alors il ne faudrait rien faire ?”

Si. Il faudrait commencer par réfléchir. Olivier Roy a raison quand il note la stérilité de l’agitation catho-identitaire des cinq dernières années. Ne servant au fond qu’à “fermer la porte aux musulmans”, l’incantation identitaire dans un pays radicalement déchristianisé ne fait que “séculariser le christianisme en le folklorisant”. Les crèches de Noël imposées dans des mairies, les énervements factices autour de tel ou tel cas, “ne produisent aucun retour à la pratique religieuse” : au bout de cinq ans de prétendu “réveil des catholiques” en France, on continue de fermer des séminaires vides. Voilà la réalité.

D’autant que “le combat normatif et légaliste n’a aucune chance de passer sans adhésion de l’opinion publique”, ajoute Roy. Ce qui montre l’erreur commise après 2013 : croire que l’on puisse changer les mentalités à coups de lois, et ainsi faire du “normatif”, dans une société qui adhère massivement à l’hyper-individualisme néolibéral !

Si l’on se veut catholique “observant”, comme dit Yann Raison du Cleuziou (qui n’a pas l’air d’avoir vérifié de quoi au juste la droite catho est observante), l’heure vient de se souvenir de la première urgence pour chaque baptisé : le témoignage évangélique dans la vie quotidienne, loin des prétentions “normatives et légalistes”.  C’est sans doute moins facile et moins producteur de dopamine que les meetings ; mais c’est le devoir prioritaire que le Christ donne aux siens. Le reste viendra par surcroît. Si Dieu le veut. Et si le reste vient un jour en politique, il fera surgir des alliances bien surprenantes.

 

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Commentaires

CATHO DONC ÉCOLO

> Pour moi, le vote catholique serait désormais un vote écolo. Le pape François n'a écrit, depuis son arrivée, qu'une seule encyclique, et elle porte sur l'écologie. Il faut donc en tenir compte en devenant écologiste, ce qui n'était pas mon cas. Donc, je me suis converti politiquement, en lisant le beau roman de Romain Gary, "Les Racines du ciel".
Il faut voir maintenant ce que EELV met dans son programme, et s'il ne transige décidément pas... Je vais voter écolo, parce que je suis catholique romain. Ce devrait être un réflexe.
La montée de l'écologie en Europe (cf. le dernier scrutin européen) montre une prise de conscience plutôt intéressante, qui ne saurait que toucher vivement un catholique comme moi. Voilà ma confession, bien simplement...
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Écrit par : Bégand / | 16/08/2019

ALLIANCES

> "des alliances bien surprenantes" (pour les Messieurs-et-Dames) :
https://www.facebook.com/bolchocatholiques/photos/a.1598238143732983/1783123505244445/?type=3&theater
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Écrit par : Alex / | 16/08/2019

@ Bégand

> Malheureusement, EELV est, sur de nombreux points, un fervent promoteur de la "culture de mort" : avortement, euthanasie, confusion des sexes, PMA, GPA... Un catholique ne peut, en conscience, voter pour ces gens-là (même si, parmi ces personnes, l'on trouve des hommes de bonne volonté. J'en connais personnellement).
De toute façon, en conscience, un catholique ne peut voter pour AUCUN grand parti politique actuel. Pour AUCUN. Politiquement, nous sommes actuellement des orphelins. C'est triste mais c'est ainsi.
Honte (et bon courage dans l'Autre monde ! ) à ceux qui ont trahi leur foi en faisant primer leurs intérêts. Un très bon papier de R. Hureaux là-dessus :
http://roland.hureaux.over-blog.com/

Feld


[ PP à Feld – Hier à LCI, hors antenne, j'ai parlé de l'encyclique à David Cormand qui s'était déclaré intéressé par ce que je venais de dire lors du débat précédent (en gros : le contenu de ma note ci-dessus). On verra si ça a porté... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Feld / | 16/08/2019

TRÈS SYMPTOMATIQUE

> Dans 'Libération' ce matin, double page sur les députés et le catholicisme :

« CHEZ LES DÉPUTÉS, LA FOI JETTE UN FROID
« Si plusieurs élus de l’Assemblée nationale pratiquent assidûment la religion catholique dans le privé, ils sont néanmoins réticents à l’afficher publiquement, de peur d’être considérés comme des réactionnaires.


« Les responsables politiques ont fini par neutraliser en eux toute possibilité de dire qu’ils ont une accointance avec une religion.» Jusqu’en septembre, le père Laurent Stalla-Bourdillon dirigeait le Service pastoral d’études politiques (Spep), l’institution qui accompagne les parlementaires catholiques. Assis dans la salle de réunion vitrée de la Maison diocésaine de Paris, l’homme déplore aujourd’hui la vision de sa religion au sein du monde politique : «Aujourd’hui, si vous avez le moindre contact avec une institution catholique, vous êtes quelqu’un de suspect.» En son temps, Charles de Gaulle ne ratait jamais une occasion de participer à la messe à Colombey-les-Deux-Eglises. Le premier président de la Ve République avait même fait installer une chapelle à l’intérieur de l’Elysée. Un demi-siècle plus tard, le lieu de culte est devenu une simple salle d’attente pour visiteurs du soir.

Messe des parlementaires

Les temps ont changé. Le nombre de non-croyants a dépassé celui des croyants, et la pratique régulière de la messe n’est plus une habitude que pour 1 Français sur 20. Une partie des parlementaires continue tout de même à se consacrer à l’office. A deux rues du Palais-Bourbon, siège de l’Assemblée nationale, les reflets matinaux rehaussent le vert d’eau des murs encadrant l’autel de la chapelle Jésus-Enfant, jauni par les ampoules d’intérieur. Il est 8 heures et le curé est déjà là, face à un public dispersé sur les bancs. Tous les mercredis, un représentant de la paroisse Sainte-Clotilde anime la messe des parlementaires. Une cérémonie où des élus passent, l’espace d’une demi-heure, des bancs de l’Assemblée nationale à ceux de l’assemblée liturgique. Ils partagent une pratique assidue de leur religion en privé et sa dissimulation dans l’espace politique.

En France, le catholicisme, qui célébrait jeudi l’Assomption, n’est plus ce référentiel spirituel de jadis, ébranlé mais pas rompu par le tournant de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. La députée La République en marche (LREM) Marie Tamarelle-Verhaeghe est une fidèle de cette messe du mercredi : «Aujourd’hui, la religion est tout de suite associée au prosélytisme», regrette-t-elle. Pour l’élue de 56 ans, il y a une différence entre assumer et «exprimer» sa foi. «Aux yeux du public, exprimer une croyance, c’est déjà vouloir convaincre», soupire-t-elle.

La réticence des acteurs politiques à évoquer leur religion ne repose sur aucune loi. Celle de 1905 proclame le respect de la neutralité, mais uniquement pour les fonctionnaires. Les parlementaires peuvent donc, en théorie, faire étalage de leurs croyances. Ce qu’ils se permettent surtout, c’est de débattre, souvent maladroitement, de celle des autres : dans une Assemblée majoritairement blanche, quasiment aucun élu ne revendique sa foi musulmane, dont il est pourtant très souvent question dans les débats parlementaires.

Dans la droite ligne d’un François Fillon, François-Xavier Bellamy, lui, n’a jamais fait mystère de sa foi catholique. «Il n’y a qu’une seule bonne raison de croire au Christ […], c’est la certitude que le christianisme dit la vérité», déclarait le professeur de philosophie en 2014 avant de devenir tête de liste Les Républicains pour les européennes. Ses propos ont ressurgi pendant la campagne du printemps, au grand dam de leur auteur, qui tentait de modifier son image de conservateur grand teint. «Au départ, Bellamy est porteur d’un religieux normatif, rappelle le sociologue Philippe Portier, spécialiste des liens entre religion et politique. Ses récents discours visaient à s’éloigner de cet aspect pour dire que sa foi était une simple ressource au service du bien commun.» Au-delà de Bellamy, le prosélytisme de quelques élus catholiques a donné de l’écho à «la Manif pour tous» lors des débats parlementaires qui allaient déboucher sur l’autorisation du mariage gay en 2013. Le mouvement, dont nombre de slogans étaient homophobes, a bénéficié du soutien d’une frange de la droite parlementaire catholique. «On a l’impression qu’on va être amalgamés si on parle de notre foi, confirme la macroniste Marie Tamarelle-Verhaeghe. Qu’on va être classés en tant que "réacs" ou "coincés".» Dès lors, c’est sa «solidarité» catholique que la députée préfère mettre en avant, celle qui l’a inspirée lors du vote de la loi asile et immigration : elle s’est abstenue.

Croix et pots de yaourts

L’impact de la religion sur les décisions politiques est au cœur du questionnement des élus mais également des responsables du culte. Pour Laurent Stalla-Bourdillon, un politique qui se présente comme religieux est aujourd’hui perçu comme quelqu’un «qui a hérité en bloc d’un concept de pensée qui l’a totalement aliéné». Pourtant, continue-t-il, «dans la foi catholique, il y a la séparation des pouvoirs», qui devrait prévenir toute ingérence du religieux dans le politique. Cette frontière est-elle effective au moment de légiférer ? Les avis divergent. Thibault Bazin, député LR de Meurthe-et-Moselle, évoque «de multiples sensibilités différentes dans l’Eglise». Lui-même dit «ne rien avoir à cacher» sur sa foi mais ne la porte pas en étendard non plus car il n’a «pas à le faire». «Il est légitime que les courants religieux s’expriment sur les sujets qui les concernent», considère a contrario le député Modem des Pyrénées-Atlantiques Vincent Bru. Dans l’hémicycle, cet élu de 64 ans concilie «ses convictions et le bien commun», notamment sur des textes qui peuvent «heurter la conscience personnelle», comme la loi bioéthique. Mais il reste avant tout influencé par «l’ouverture à l’Europe et la doctrine sociale de l’Eglise», que l’opinion «a tendance à laisser de côté». Les expériences et parcours personnels influent sur la foi, tout comme la famille politique à laquelle on appartient. A droite, les «cathos» revendiqués les plus connus sont la députée Valérie Boyer, qui s’était notamment insurgée contre la disparition de la croix chrétienne sur les pots de yaourts grecs, ou son ex-collègue Bernard Accoyer, scandalisé en 2015 de devoir siéger un Vendredi saint à l’Assemblée.

A gauche, Dominique Potier est un des seuls députés ouvertement catholiques : «J’ai repensé aux mots du père Emmanuel Lafont, prêtre en Afrique du Sud sous l’apartheid : "Un chrétien ne peut pas refuser de s’engager mais il sait que son camp n’est pas sacré." J’ai compris qu’un parti était avant tout un moyen d’action», expliquait le socialiste en 2016 dans la Croix. Pour Emmanuelle Ménard, députée RN de l’Hérault, «on ne sépare pas le politique et le religieux» : «Tant que mes convictions catholiques ne mettent pas en danger la République, je ne vois pas pourquoi on m’empêcherait de les porter dans l’hémicycle», explique l’épouse du maire de Béziers, Robert Ménard, attaquée régulièrement pour ses positions identitaires. «Je suis en contradiction avec un tas d’élus non croyants, notamment sur la bioéthique, dit-elle. Mais mes opinions ont autant droit de cité que celles des athées.»
«Effacement»

En avril 2018, Emmanuel Macron a lui aussi connu un moment délicat. Devant les évêques de France, le chef de l’Etat déclare qu’il faut «réparer le lien» entre l’Eglise et l’Etat, déclenchant les foudres des laïcs. Pour Jean-Pierre Delannoy, diacre au Spep et longtemps fonctionnaire à l’Assemblée, cette polémique a prouvé que «le vivre ensemble suppose l’effacement du déterminant religieux dans le langage collectif».

Même si les élus catholiques dissimulent leur croyance, «aujourd’hui, nos responsables politiques osent prononcer des discours que l’on n’aurait jamais osé tenir dans les années 30», souligne le sociologue Philippe Portier, en référence à la phrase controversée de Macron : «On ne voit plus aujourd’hui l’Eglise comme une force matérielle inexpugnable.» D’où les crispations lorsqu’elle réapparaît dans la sphère politique. «Avant, il y avait la raison et la religion, conclut le chercheur. Aujourd’hui, on peut être un politique croyant et être considéré comme rationnel.»
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Écrit par : Luça / | 16/08/2019

LA DOCTRINE SOCIALE

> Oui, enquête intéressante de 'Libération'.
Notamment ceci :
« ...la doctrine sociale de l'Eglise, que l'opinion publique a tendance à laisser de côté...»
C'esr vrai et faux.
Faux dans la mesure où l'encyclique d'écologie intégrale 'Laudato Si' a été commentée dans les milieux lisant des journaux.
Mais vrai dans la mesure où, en France, les "cathos engagés" (en clair : les "libéraux-conservateurs") tournent le dos au pape François et aux deux tiers (anti-libéraux) de la doctrine sociale de l'Eglise.
Et si les cathos les plus bruyants laissent eux-mêmes de côté la pensée socio-économique de l'Eglise, comment l'opinion publique (hors des milieux informés qui ont entendu parler de l'encyclique) la connaîtrait-elle ?
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Écrit par : PP / | 16/08/2019

DESTINS

> Il faut bien se dire une chose : quand on arrive au niveau du "combat législatif", s'agissant d'une mesure contraire à la loi naturelle, cela signifie que les mentalités sont depuis longtemps prêtes à l'application de cette mesure... préparées en ce sens par le système socio-économique qui y trouve intérêt. Donc : combat (hélas) perdu d'avance.
Ainsi de l'euthanasie. La majeure partie des Français lui est favorable. Personnellement, j'y suis hostile, mais je n'exclue pas d'y avoir recours un jour, si je devais y être contraint par les circonstances. Ainsi, si, atteint par le cancer alors que les soins idoines ne seraient plus pris en charge par la sécurité sociale (ou a portion congrue), mon maintien en vie était aux prix de l'avenir des miens (par ex. arrêt des études de mes enfants), je n'hésiterais pas un seul instant devant l'injection létale... Triste, mais ce serait ainsi.
Que pouvons-nous faire, catholiques, face à cette course au néant, devant laquelle nous semblons si impuissants ? A mon avis (le 1/ allant avec le 2/, et réciproquement) :
1/ Mettre les mains dans la merde (pour les détails, je renvoie au dernier livre de Natalia Trouiller) ;
2/ Se sanctifier et retrouver le sens de l'Eglise ( le cardinal Sarah en parle dans son dernier livre d'entretiens), afin de faire "tache d'huile" (en particulier vis-à-vis des musulmans que, j'en suis persuadé, le Seigneur veut attirer à lui en masse ! )
Je comprends l'impatience de certains chrétiens qui voudraient, le plus vite possible, prendre les commandes avant que notre pays (et l'Europe occidentale) s'effondre.
En effet, je crois de plus en plus que la France a été investie d'une mission spécifique : "fille aînée", "peuple élu de la Nouvelle Alliance" (feu le P. Yannik Bonnet), "visage du Christ" (Véronique Levy), ... elle est là, depuis les origines, pour porter l'Evangile dans les affaires du monde... La voir s'autoflageller, se laisser asservir, cracher à la g... de l'Eternel, est un crève-coeur. Dans ces conditions, vouloir contrôler l'appareil d'Etat est une tentation légitime.
Surtout que nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous. Tout cela pourrait se résoudre simplement par l'islamisation de notre patrie. Avantages : IVG, euthanasie, parcage des vieux dans des EPHAD, délires transhumanistes : terminé, ... Avec bien sûr les terribles effets collatéraux que l'on imagine.
A vue humaine, la France est foutue. Mais, au fond de moi-même, je suis persuadé que le Seigneur, s'il permettra qu'elle soit abaissée au dernier degré, ne la laissera pas crever. Tout comme Israël, la France, nation sacerdotale, se tiendra devant Dieu à la fin des Temps...

Feld


[ PP à Feld – Je respecte cette noble vision du rôle de la France, à laquelle j'ai cependant quelque réticence à croire : pourquoi notre peuple serait-il "visage du Christ" plus que d'autres peuples ?
Et l'empire romain fut vecteur historique du christianisme, ça ne l'a pas empêché de disparaître... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Feld / | 16/08/2019

à Feld :

> La France a-t-elle jamais été une "nation sacerdotale" ? Et d'ailleurs, parle-t-on de la France dans ses frontières de 2019 ou de celle d'Ancien Régime ? Rappelons qu'au cours de son histoire, la France a envahi quasiment toute l'Europe (à l'exception du Danemark, notait François Mitterrand à Strasbourg en 1995) : combien de milliers de morts dus aux armées françaises, depuis les campagnes italiennes de François Ier jusqu'aux guerres coloniales ? Louis XV se livrant à la débauche au Parc-aux-Cerfs était-il digne d'être le roi de la "fille aînée" ? Que dire du code de l'indigénat, qui traitait des sujets français comme des hommes de second rang ? Que penser, chrétiennement, des Kanaks exposés comme "cannibales authentiques" à la vue de la bonne société parisienne à l'Exposition coloniale de 1931 ? Beaucoup de Bretons n'oublient pas que le "peuple élu de la Nouvelle Alliance" leur a longtemps interdit, dans les trains, de cracher et de parler leur langue. La "nation sacerdotale", ce fut aussi celle de la gégène...
J'arrête cette litanie pour nuancer votre propos : la mission d'annoncer l'Évangile n'est l'apanage d'aucun peuple mais de tous les baptisés, du mendiant péruvien à la femme battue italienne, du paysan philippin au vieillard libanais. Le Christ est venu pour annoncer que le salut n'appartenait plus aux seuls circoncis mais à tous : la Nouvelle Alliance s'étend aux Grecs et aux Juifs qui le reconnaissent et placent leur espérance en lui : "il n'y a plus ni Juif, ni Grec" affirme l'épître aux Galates. Le seul peuple élu, c'est celui de tous les baptisés.
Pour reprendre le terme employé par Véronique Lévy, le "visage du Christ", je le vois sur toute personne qui porte le poids, parfois très lourd, de l'indifférence, de la méchanceté, de l'avarice de ses semblables : c'est un SDF n'ayant plus la force de mendier, comme j'en ai tellement vu en Asie, c'est une mère de famille à qui l'on annonce que son fils vient de se faire mortellement faucher, c'est le salarié qui se fait licencier avec toute la brutalité qu'autorise le système libéral. Devant Dieu, la couleur du passeport ne compte pas.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 17/08/2019

à Luça :

> Thibault Bazin "dit «ne rien avoir à cacher» sur sa foi mais ne la porte pas en étendard non plus car il n’a «pas à le faire»". Ce député, qui est celui de ma circonscription, me semble être l'exemple-type du catholique schizophrène, qui va à la messe mais défend l'agriculture intensive car c'est bon pour la croissance, main dans la main avec la FDSEA (l'homme a fait l'Essec et a travaillé chez Bouygues).
On aimerait savoir ce qu'il pense de Laudato Si et du "pape d'extrême gauche" comme on dit dans certains milieux : en décembre dernier, il signait avec la FDSEA un document dénonçant entre autres la "fiscalité punitive et aveugle sur les produits phytosanitaires" (encourageant donc un usage encore plus massif de pesticides) ; l'an dernier, il défendait les poules en batterie, etc.
On aimerait que ce catholique porte sa foi en étendard dans ses actes, y compris au sein de la représentation nationale.

PV


[ PP à PV – Ce genre de catholiques est la cause de l'amalgame contre-nature "cathos = libéralisme" opéré en permanence par la presse papier parisienne...à laquelle il semble vain de rappeler les véritables positions socio-économiques du magistère catholique.
D'autant qu'une bonne part des cathos dits "progressistes" adhèrent eux aussi au libéralisme : cf par exemple le 'nouveau Témoignage chrétien' créé par l'avocat d'affaires Jean-Pierre Mignard et servant d'enseigne à la très macronienne Mme Pedotti... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 17/08/2019

"SOURDS OU QUOI ?"

> Ici (Yvelines) je commence à être lassé de voir des catholiques de mes relations faire comme si être néolibéral allait de soi. Ils sont sourds ou quoi ? ils ne savent pas ce qu'écrivent le pape, le cardinal Turkson, le jésuite économiste Giraud ?
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Écrit par : Chazelet / | 17/08/2019

> Ou ils ne veulent pas le savoir. L'autre dimanche le joyeux quadra qui lisait paisiblement les pages éco du Figaro dans l'église avant le début de la messe !
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Écrit par : B. Canetègne / | 17/08/2019

à Philippe de Visieux :

> Je suis désolé, je ne vois pas ce que votre liste à la Prévert des torts de la France prouverait... Nous pourrions faire tout aussi bien une liste de ses grandeurs...
Cependant, j'ai moi aussi à voir dans la France sacerdotale, dont Dieu garantirait la protection jusqu'à la fin des temps. Tout simplement par le Seigneur ne l'a pas manifesté, ni dans les Saintes Écritures, ni dans les apparitions mariales par exemple. Je ne demande qu'à changer d'avis mais je n'ai pas encore trouvé de raisons valables de croire le contraire.
Mais je comprends complètement Feld qui a mal au coeur de voir la France dans cet état. Moi aussi. La nation est une communauté naturelle, comme la famille l'est aussi dans son ordre, la Bible et l'Église sont claires sur ce point. Il est donc normal, sain, juste même qu'un Français pleure sur l'effondrement naturel, culturel, spirituel de son pays. Le Christ lui-même n'a-t-il pas pleuré sur Jérusalem ?
L'amour du Christ qui doit être premier dans nos vies, et qui ne supporte aucune compromission, ne supprime pas les autres amours, il les mets à leur place et les illumine.
Padre Pio aimait passionnément sa mère et l'Italie par exemple.
C'est pourquoi je me méfie de ceux qui s'achètent une bonne conscience un peu trop facilement en critiquant sans cesse leur pays (c'est la grande spécialité des bobos) ou en prônant un détachement désincarné.
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Écrit par : Gilles Texier / | 17/08/2019

à Gilles Texier :

> Comme vous, l'état de notre pays me navre au plus haut point : ces 220 000 avortements annuels qui y sont pratiqués, ces dégradations d'églises presque quotidiennes, ces industries qui partent les unes après les autres dans l'indifférence de nos gouvernants.
Comme Feld, comme vous, j'aime passionnément mon pays et éprouve beaucoup de tristesse devant ses difficultés : loin de moi donc l'idée de ne pas aimer mon pays en en critiquant gratuitement son passé ; à la suite du Christ qui pleurait sur Jérusalem, je pleure moi aussi souvent sur mon pays.
Cependant, j'ai beaucoup de mal à admettre l'idée selon laquelle la France aurait été choisie comme peuple élu de la Nouvelle Alliance, précisément parce que cette dernière a été offerte à tout homme qui reconnaît le Christ comme sauveur (Actes 10) : tout baptisé, prêtre, prophète et roi, porte en lui une charge sacerdotale.
Pourquoi donc devrions-nous nous croire, parce que Français, investis d'une dimension sacerdotale qui serait refusée à d'autres ?
Aux États-Unis également, certains considèrent que l'Amérique est le peuple élu et a été choisie par Dieu.
Les Écritures ne font à l'évidence mention d'aucune indication en ce sens : l'Église est nouvel Israël et le Christ, "notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même des deux a fait un seul" ('Nostra Ætate').
Quant aux apparitions mariales, que vous mentionnez dans votre commentaire, je ne parviens pas moi non plus à y voir la reconnaissance d'un statut particulier accordé à la France. Sur les dix-huit apparitions officiellement reconnues par l'Église dans le monde, beaucoup se sont déroulées hors de l'Hexagone : Kibeho au Rwanda, Akita au Japon, Knock en Irlande, etc. Les quatre apparitions françaises, qui sont loin d'être la majorité (Le Laus, La Salette, Lourdes et Pontmain), ne font partie, pas davantage qu'aucune autre mariophanie, du dépôt de la foi.
Cela étant, je prie souvent pour la France, en demandant au Seigneur de l'aider à se relever : gardons bien vivant en nos cœurs le Vœu de Louis XIII !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 18/08/2019

@ Philippe de Visieux et Gilles Texier

> Il y quelques jours, en ouvrant au hasard 'C'était de Gaulle' d'Alain Peyrefitte, je suis tombé sur ce passage (nous sommes le 13 février 1963, C'est de Gaulle qui parle) :

"Voyez-vous, notre pays se distingue des autres en ce que sa vocation est plus désintéressée et plus universelle que celle d'aucune autre. La France, chaque fois qu'elle est elle-même, est humaine et universelle. La vocation de la France, c'est d'oeuvrer pour l'intérêt général (...) Il y a eu un rôle de toujours de la France, qui l'a toujours distinguée des autres pays. Alors que les autres pays, quand ils se développent, essaient de soumettre les autres pays à leurs intérêts, la France, quand elle arrive à développer son influence, le fait pour l'intérêt de tous (... ) C'est pour ça qu'elle jouit d'un immense crédit. C'est pour ça que toutes les cloches d'Amérique latine ont carillonné pour la libération de Paris (...)".

Tout est dit. Dans le même ordre d'idée, je ne peux résister à la tentation de (re)citer St Jean Paul II : "si Marx avait été français, aujourd'hui tout le mode serait marxiste".
Mystérieusement, c'est comme si tout ce qui se passait en France, en bien ou en mal (car la "fille aînée" a été prêtresse de Satan plus souvent qu'à son tour) avait des répercussions dans le monde entier.
Quant à l'amour de prédilection de Dieu pour la France (si l'on ne souhaite pas parler d'élection)... je ne peux que citer ce colloque entre Jésus et Marcel Van (daté du 12 novembre 1945) :

"Ô petit apôtre de mon amour, partout en France, mon amour appelle au secours. Et quel secours demande-t-il ? L’unique secours de la prière qui, en ravivant la flamme de l’amour, rendra plus malléable le cœur des ennemis de mon amour. Pour bien faire, partout où il y a des Français on devrait, comme je le désire, faire monter vers mon amour l’encens de la prière. Ô France, je t’aime ; et vous, Français, savez-vous bien quels sont envers vous les sentiments de mon cœur ? Voyez-vous mes larmes qui se mêlent à celles d’un étranger occupé à écrire les paroles que je lui dicte ici pour vous ?
Ô France, je te presse dans mes bras, je te donne un baiser. Il n’est pas possible que tu profites de cette marque de tendresse pour me frapper en plein visage. Hélas ! Vous, les enfants du pays que j’aime particulièrement, comment vous comporterez-vous à l’égard de mon amour ? Irez-vous délibérément le rejeter hors de chez vous ?
Ô prêtres du pays que j’aime particulièrement, je suis un fugitif qui demande asile chez vous. Quel accueil voulez-vous réserver à mon amour ? Serai-je chassé ou accueilli avec zèle ? Ô mes enfants, je ne veux pas permettre que mon amour s’éloigne de la France. Ô France ! Pays que j’aime plus que les autres, entends l’appel de mon amour. Français, mes enfants, si vous repoussez loin de vous mon amour, de quel autre amour pourriez-vous bien vous servir pour relever la France ? S’il n’y a aucun amour pour relever la France alors la France se verra couverte d’épaisses fumées montant de l’enfer et, dans ce cas, elle deviendra un pays opposé à mon amour et elle finira par être détruite. Mais, mon enfant, humble enfant de mon amour, si l’on fait monter vers moi des prières provenant de cœurs confiants, simples et purs, plus tard, tu me verras sourire joyeusement au pays que j’aime. »

Jésus et Marie souffrent de voir la France telle qu'elle est actuellement... Comment d'ailleurs la faire aimer des nouveaux arrivants sur notre sol ? Qui souvent - d'une certaine façon à bon droit- nous méprisent profondément... Comment leur faire réaliser que la France, malgré certaines apparences, n'est pas une prostituée, que l'on possède sans remords et sans scrupules, après l'avoir dépouillée et rouée de coups ?
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Écrit par : Feld / | 20/08/2019

@ Feld

> Très bien. Il est toujours bon de penser que son pays a été élu par Dieu parce que cela donne des obligations. Ceux qui aiment citer les squelettes dans le placard de la France, je les soupçonne toujours d'en prendre prétexte pour n'avoir aucune ambition à bien faire. Par exemple de penser que la France seule ne peut rien faire d'efficace pour l'écologie intégrale. C'est pour le bien de toute l'humanité qu'il faut soutenir l'orgueil national, même si on ne doit pas se cacher que la France n'a pas toujours été le Bon du film. C'est le néolibéralisme qui a eu intérêt à imposer l'idée que : "Le nationalisme c'est la guerre".

Guadet


[ PP à Guadet – Attention. Soupçonner n'est pas une bonne méthode pour parler à autrui. Quand on vous dit que l'on a du mal à imaginer que Dieu discrimine les peuples en ayant un favori, vous devez admettre que cette objection est fondée sur la parole même du Christ et sur les épîtres. Si vous voulez discuter de cela, c'est dans le cadre de cette objection qu'il faut le faire : non en accusant l'objecteur de mauvaises intentions...
Se rappeler le précepte ignatien conseillant de "sauver la proposition" : c'est-à-dire reconnaître la part "récupérable" d'une objection (quitte à la retourner en sens inverse, mais c'est légitime). Il n'y a qu'ainsi que l'on peut aboutir à un certain accord.
A condition bien sûr de vouloir aboutir à un accord, non à rejeter simplement l'impur loin de la communauté des Purs... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Guadet / | 20/08/2019

PRIVÉES

> Aucune "révélation privée" tardive (au contenu souvent incertain aux yeux des spécialistes) ne saurait se comparer à ce que dit le Nouveau Testament. Si on le fait, on encombre la foi au Christ de tout un fatras humain, lié à des époques révolues. Ce qui compte, c'est ce que l'Esprit dit à l'Eglise aujourd'hui : le sacrement de l'instant présent. Laissons le reste au musée.
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Écrit par : Bernard Gui / | 20/08/2019

@ PP

> Je parlais à Feld. Et je n'ai jamais pensé que Dieu discriminait les peuples. Dans l'ancien testament tous les prophètes sont élus. Et, puisque nous bénéficions tous de la grâce, nous sommes tous élus. Encore faut-il le reconnaître et agir en conséquence. Penser que son pays est élu par Dieu implique non une supériorité mais une tâche particulière dans le monde. Que les Juifs ou les Américains se pensent le peuple élu ne m'a jamais choqué. Encore faut-il voir les fruits que cela donne.
Le problème n'est pas de savoir si la France a été plus ou moins chrétienne qu'un autre pays mais quelle ambition chrétienne nous avons en tant que Français. Ce n'est pas en accusant nos ancêtres que nous ferons la volonté de Dieu.

Guadet


[ PP à Guadet – Vous "parliez à Feld" ? Oui, pour asséner un jugement inacceptable sur certains commentateurs de ce blog. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Guadet / | 20/08/2019

@ Bégand, au sujet du vote écolo

> Mon premier vote écolo est aussi mon premier vote, il y a bientôt 30 ans.
Je ne dis cela que pour situer ceci:
Il y a longtemps que j'ai cessé de croire que le parti EELV est un parti écolo.
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Écrit par : olivier / | 20/08/2019

à Guadet :

> Bien sûr qu'il est bon de penser, comme de Gaulle, qu'il existe un "pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde" ; Thomas Jefferson avait quant à lui affirmé que "tout homme a deux pays, le sien et la France".
Mais croit-on réellement que la France ait agi de manière si désintéressée que cela au cours de son histoire ? Je ne demande qu'à être convaincu, ne prenant aucun plaisir à citer des "squelettes" qui, encombrant certes les "placards" de notre histoire, existent néanmoins : refuser de regarder le passé en face, c'est fonder son analyse sur une appréciation nécessairement subjective de la réalité. Ce n'est certainement pas faire preuve d'antipatriotisme : j'aime mon pays et me battrais volontiers pour lui s'il m'était donné de le faire. Villepin aux Nations unies en 2003, Chirac dans la Vieille Ville de Jérusalem en 1996, de Gaulle à Phnom Penh en 1966, c'était à l'évidence l'incarnation de cette France universaliste, mais peut-on dire la même chose de l'opération libyenne de 2011, du massacre de Sétif du 8 mai 1945 ou du sac du palais d'Été en 1860 ? Je ne pense pas que mentionner ces événements peu glorieux revienne à se montrer anti-français, bien au contraire : il s'agit de souligner que notre pays, comme tout autre, possède des intérêts, qu'il les a fort légitimement défendus là où il l'estimait nécessaire, à plus ou moins bon escient comme n'importe quel autre État mais qu'il est exact qu'en certaines circonstances, il a pu se distinguer par son souci d'universalisme. Si la France était réellement le pays désintéressé à la hauteur du "pacte vingt fois séculaire", elle cesserait sur-le-champ ses ventes d'armes à l'Arabie saoudite, dans l'unique visée de protéger une population yéménite honteusement martyrisée depuis plusieurs années -dans un silence médiatique assourdissant-, non dans l'intérêt (essentiellement pécuniaire) de ses propres industries d'armement.
Ce n'est pas jouer les bobos que de penser cela, c'est espérer que son pays soit toujours davantage prompt à faire le bien, sans naïveté, tout en y étant attaché, quelles que soient les vicissitudes, d'un amour inconditionnel.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 20/08/2019

à Guadet

> Vous vous croyez où ? il y a d'autres endroits pour ce genre de propos mythologiques.
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Écrit par : Jean-Paul Campora / | 20/08/2019

@ Philippe de Visieux

Je suis étonné des réactions à mes commentaires. Je ne jugeais et n'attaquais personne et je voulais juste relativiser ce que disait Feld en montrant qu'il n'est pas forcément mauvais que n'importe quel peuple se sente élu.
Pour les squelettes dans le placard, je vous présente toutes mes excuses. Mes propos ne vous visait pas personnellement mais bien ceux, si nombreux sur internet, qui utilisent ces arguments pour expliquer qu'il faut en finir avec la France. Sinon à quoi bon ce genre d'horreurs, qu'on peut sortir sur n'importe quel pays, sinon de conclure que personne n'est parfait ou qu'il n'y a pas les bons et les méchants comme dans les films américains, ce qui ne nous avance pas beaucoup.
Je ne crois pas que Dieu accorde une faveur supérieure à la France et je ne pense pas comme De Gaulle qu'il existe un "pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde". Mais je pense, comme vous, que ce genre d'éloge peut être utile pour soutenir une action positive. De Gaulle, justement, l'a montré. À quoi pouvait servir, en 1940, de rappeler les guerres injustes provoquées par la France, sinon à faire accepter l'asservissement par Hitler. Aujourd'hui encore, pour faire gagner la révolution portée par Laudato si, il faut sortir de la paralysie causée par cette indignité présumée héritée de nos ancêtres, paralysie qui fait que nous ne nous révoltons pas contre l'asservissement au marché.
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Écrit par : Guadet / | 20/08/2019

CE QUI NOUS RASSEMBLE

> Oui les révélations privées ne sont pas à mettre sur le même plan que les évangiles (et nous sommes tous d'accord pour dire que ce n'est pas ce que faisait Feld) et il faut les juger en fonction de leur conformité à la Foi et elles ne sauraient apporter de "compléments d'information" aux évangiles.

Quant au bouquin de Peyrefitte, tantôt les admirateurs de De Gaulle le jugent fiable tantôt apocryphe ; quoi qu'il en soit je suis d'accord avec ce qui est dit dans cet extrait mais ce n'est pas parole d'évangile non plus, nous sommes tous d'accord là-dessus.
Catéchisme de l'Eglise Catholique, point 2239 :
« L'amour et le service de la Patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l'ordre de la charité ».
La charité commence par soi-même/son pays et ne s'arrête pas.

Je suis & participe à ce blog depuis au moins ... 10 ans ?
En tout cas, suffisamment longtemps pour connaître un peu chacun d'entre vous, avoir vu ses opinions s'affiner, évoluer, et je peux vous dire que vous avez tous en commun de vouloir bien faire et d'être patriotes.
"Patriote" dans le sens véritable : vivre en enfants du Père là où Il nous a fait naître, à l'époque où Il nous a fait naître.
Et sans rêver que l'herbe est plus verte ailleurs ni qu'il a existé un "bon vieux temps" même s'il est évident qu'on a vu mieux, (et "mieux" ne signifie pas "parfait") mais être chrétiennement actif hic et nunc.
Ce qui amène à aborder la 2e partie de l'article 2039 du CEC : " La soumission aux autorités légitimes et le service du bien commun exigent des citoyens qu’ils accomplissent leur rôle dans la vie de la communauté politique."
être un actif dans la cité n'est pas seulement voter (quand c'est possible).
Je ne crois pas être lénifiant en disant cela et en constatant qu'il y a plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous séparent.
Un "Je vous salue Marie" chacun pour l'autre ;-)
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Écrit par : E Levavasseur / | 21/08/2019

> Vous avez tout à fait raison Éric ; j'ajouterais que de la discussion jaillit toujours la lumière, merci à chacun pour sa contribution.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 21/08/2019

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