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27/07/2019

Trump : la géopolitique de Donald

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S’il fallait une nouvelle preuve de l’ineptie du “nationalistes de tous les pays unissez-vous“, M. Trump vient de nous la fournir avec son tweet contre la France :


 

► Donald Trump : “La France vient d'imposer une taxe numérique à nos grandes entreprises technologiques américaines. Si quelqu'un devait les taxer, cela devrait être leur pays d'origine, les Etats-Unis. Nous annoncerons bientôt une action réciproque substantielle après la stupidité de Macron. J'ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français !"

Passons sur le réflexe US de ne voir la France que sous l’angle du vin. Passons même sur le numérique, qui est le vrai problème [*]… Regardons l’attitude américaine globale.

Trump ne fait que dire tout haut – grossièrement – ce que Washington a toujours pensé – plus ou moins –, y compris sous l’ère Obama : que les Etats-Unis doivent agir en maîtres du monde, tout imposer aux autres pays (voir l’exemple Europe-Iran), et refuser à ceux-ci le droit de prendre des décisions là où des intérêts américains sont en jeu.

Même dans le cas d’une simple affaire de coups et blessures commis en Suède, M. Trump refuse à la Suède le droit de mettre en examen le suspect. Ce dernier, suggère-t-il, ne peut être coupable puisqu’il est américain

Cette grosse ânerie symbolise l’inanité du right or wrong, my country : slogan barbare qui est le fond du trumpo-bannonisme et qui nie la nécessité d’un bien commun transnational – postulé depuis toujours par la doctrine sociale catholique.

Admettre un bien commun transnational n’est pas négliger les intérêts de chaque pays, contrairement à ce que prétendent certains. Au contraire : c’est empêcher les heurts d’intérêts de s’envenimer et les amener à composer. Les négociations n’ont rien d’exaltant ?  Mais les carnages et les catastrophes non plus.

Que le bien commun des peuples du monde exige l’encadrement politique des multinationales, c’est une évidence. Elle n’est niée que par deux courants nuisibles : les idéologues néolibéraux, qui chantent le règne de la finance ; et nos étranges “nationalistes” prêts à sacrifier des intérêts français aux intérêts US (comme le faisaient naguère nos staliniens aux intérêts de l’URSS). On ne s’étonnera pas de voir ces deux courants – néolibéraux et "nationalistes" – unis dans une commune allergie au pape.

 

__________

[*]  On ne peut qu’approuver (pour une fois) la riposte de M. Le Maire : "La taxation universelle des activités digitales est un défi qui nous concerne tous. Nous souhaitons parvenir à un accord sur ce sujet dans le cadre du G7 et de l'OCDE. En attendant, la France mettra en oeuvre ses décisions nationales..." Nous sommes assez sévères en général envers ce gouvernement, pour pouvoir reconnaître le bien-fondé particulier d’une de ses attitudes.

 

 

 

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09:44 Publié dans Idées, Trump | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : trump

Commentaires

GESTICULATION

> Cette taxation est-elle autre chose qu'une gesticulation à usage interne, maladroite, et aux retombées néfastes?
Comment taxer des sociétés qui n'ont pas leur siège en France, qui vont se faire payer en $ pour se placer sous la loi américaine ex-territoriale?
De plus, nous sommes démunis de notre pouvoir de négociation au profit de la Komission: le marché unique européen permet d'exercer une activité dans des pays ou on n'a pas de siège social.
Trump joue sur du velours, il brandit le gros bâton des mesures de rétorsion et nous sommes mentalement trop vassaux pour y faire face.
Le Maire aurait-il le poids nécessaire pour s'imposer dans une "grand-masse" consensuelle par nature, de type OCDE, alors que nous avons sacrifié le contrepoids de relations équilibrées et correctes avec la Russie, rejetée dans les bras de la Chine ?
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Écrit par : Pierre Huet / | 27/07/2019

MACRON MICKEY

> Stupidité, quand tu nous tiens… M. Macron va-t-il enfin cesser d’appliquer la "géopolitique de Mickey" ?
Il l’a apprise à l’école des « Young Leaders » de la FAF… Elle se résume ainsi :
"1/ Tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil, dès lors que cela plaît à Oncle Donald.
2/ Le grand-méchant loup à abattre, c’est le cousin Vladimir."
Pour l’instant, "Macron Mouse" n’a guère dérogé au programme.
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Écrit par : Longin / | 27/07/2019

CLICHÉS U.S.

> Sous l'angle du vin et de la dépravation des mœurs : "Le Perv" titrait le 'Daily News' à la suite du scandale DSK. Les paroissiens que je fréquentais à Boston étaient persuadés que le libertinage était à la France ce que le base-ball est à l'Amérique : on me relatait qu'un professeur français très bien sur lui, en visite quelques années plus tôt, avait traversé l'Atlantique au bras de sa maîtresse (présentée comme telle !) pendant que l'épouse était restée à Paris. Et de m'abreuver de références allant de Louis XV à la double vie de François Mitterrand.
Au pays des très puritains John Kennedy et Bill Clinton, les clichés ont la vie longue !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 27/07/2019

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