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09/07/2019

"Levée de l'immunité de juridiction concernant Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique en France"

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Déclaration d'Alessandro Gisotti, directeur ad interim du bureau de presse du Saint-Siège, à propos de Mgr Luigi Ventura :

 

"Je suis en mesure de confirmer que le Saint-Siège renonce à l'immunité de juridiction dont bénéficie le nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura, en vertu de la convention de Vienne du 18 avril 1961 sur les relations diplomatiques, et ce dans le cadre de la procédure pénale le concernant. Il s'agit d'une mesure extraordinaire qui confirme la volonté exprimée par le nonce lui-même dès le début de cette affaire de collaborer pleinement et spontanément avec les autorités judiciaires françaises compétentes. Avant de prendre cette décision, le Saint-Siège a attendu la conclusion, annoncée fin juin, de la phase préliminaire de la procédure à laquelle Mgr Ventura a librement participé. La décision du Saint-Siège a été officiellement communiquée aux autorités françaises la semaine dernière."

 

 

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Commentaires

PROTÉGÉ

> L'ambassadeur de France au Vanuatu, mis en cause pour des faits analogues au mois de Février 2019, a été rappelé d'urgence à Paris pour être protégé de la justice du Vanuatu. Il a été mis à la retraite immédiatement et l'affaire est close. Cependant les victimes ne sont pas satisfaites par cet "arrangement"; les médias quant à eux sont très discrets dans cette affaire !
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Écrit par : B.H. / | 09/07/2019

QUESTIONS

> En sait-on plus sur une éventuelle "folie" du nonce Luigi Ventura ? On le voyait sur KTO participer quelquefois à la messe à Notre-Dame, il respirait la foi vivante. C'était toujours un plaisir de contempler son visage illuminé et illuminant de véritable croyant. Du moins, c'est l'impression positive qu'il donnait. La foi, c'est aussi une "folie", et Luigi Ventura incarnait parfaitement ce mystère. Malgré tout cela, la présence en lui de la nuée divine et de l'Esprit Saint, il a pu un jour faire un faux pas, qui remet tout en question. C'est malheureux, mais désormais la justice humaine doit s'appliquer, avec sérieux, mais aussi avec circonspection. Luigi Ventura a le droit de bénéficier de la présomption d'innocence, comme pour chaque citoyen. Il aura dans cette ultime expérience certainement besoin avant tout de la miséricorde divine.
Comprend-il ce qui lui arrive ? Il a été interrogé déjà sur cette affaire par la justice, il ne cherchait pas à fuir ses responsabilités. C'est tout à son honneur. J'avoue être perplexe face à ce cas, à ce qu'on lui reproche. A ce que finalement il est, lui, Luigi Ventura, dans cette affaire trop sordide. On aimerait que la lumière soit faite.
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Écrit par : Bégand / | 09/07/2019

BH

> Tout comme 'Le Monde' parle pudiquement ces derniers jours d'un millardaire poursuivi pour trafic sexuel alors qu'il s'agit en réalité d'un milliardaire pédophile. Ils n'ont pas cette prévenance avec les prêtres. Comme si un milliardaire était forcément au-dessus de tout soupçon. On se demande de bien pourquoi.
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Écrit par : ND / | 09/07/2019

VENTURA, LE PAPE ET LA FRANCE

> En tant que juriste, je suis assez étonné devant cette décision. En effet, comme vous le souligniez dans un précédent commentaire, Patrice, le Vatican est un Etat, le Saint-Siège est un sujet souverain de droit international : leurs diplomates devraient théoriquement être jugés non dans leurs Etats accréditaires mais dans la cité papale, sauf cas exceptionnel d'extrême gravité. C'est ce qui se produisit à ma connaissance à deux reprises : le nonce Joseph Wesołowski n'a pas été jugé en République dominicaine où il avait eu des relations sexuelles avec des prostituées mineures mais aurait dû l'être au Vatican s'il n'avait pas été rappelé à Dieu ; le conseiller de nonciature Carlo Alberto Capella qui, à Washington et au Canada, a visité des sites pédopornographiques et a fait l'objet d'une demande de levée de l'immunité diplomatique par le gouvernement américain, refusée par le Saint-Siège qui rappela son diplomate à Rome, fut arrêté par la gendarmerie vaticane et jugé dans la cité-Etat il y a un an à cinq ans d'emprisonnement.
La levée d'immunité de Mgr Ventura non assortie d'un retour à Rome et d'un procès au Vatican constitue une nouvelle jurisprudence qu'il faut sans doute lire sous un angle plus politique que juridique : l'Eglise de France étant engluée jusqu'au cou par des scandales de nature sexuelle atteignant jusqu'au primat des Gaules, un rapatriement de Ventura même assorti d'un procès au Vatican n'aurait pas été compris dans l'opinion française - et encore moins dans les médias parisiens - comme répondant au 'tolérance zéro' défendu par l'actuel pontife et par son prédécesseur.
Je ne vois pas d'autre raison qui puisse justifier cette décision peu compréhensible d'un point de vue juridique : 'non bis in idem' n'a pas vocation à s'appliquer puisque, si une enquête a été engagée en France sur les faits incriminés, elle n'a pas conduit à un jugement définitif, le Saint-Siège étant parfaitement en droit de se déclarer compétent et d'ouvrir une procédure concernant les mêmes faits.
Reste que Mgr Ventura va probablement présenter sa démission au pape François dans un avenir proche et sera remplacé par un nouveau nonce, ce qui ne pourra faire que du bien à la nonciature parisienne qui assure de surcroît le décanat du corps diplomatique.
Il faudra également se préparer à voir comparaître devant un tribunal français un ancien ambassadeur du pape, avec l'impact médiatique qu'une telle situation pourra avoir sur l'opinion française : sans doute moindre que celui que causa la présence du cardinal Barbarin dans un prétoire, mais probablement non négligeable.
Ajoutons à cela que le primat des Gaules ayant interjeté appel de sa condamnation, il fera à nouveau les grands titres lors de son second procès.
Rendons grâce au pape François de joindre aux paroles les actes : en autorisant le tribunal correctionnel de Paris à juger son ambassadeur, il coupe l'herbe sous le pied de tous ceux qui pourraient continuer d'affirmer que le Vatican n'est qu'un repaire de pédophiles et 'renverse la vapeur' : alors qu'il vilipendait jusqu'à peu les autorités romaines, M. de la Souchère, victime présumée du nonce, est allé hier jusqu'à remercier le Saint-Père sur son compte Twitter : "Pensée particulière pour @Pontifex_fr que je souhaite remercier. Grâce à lui nous pourrons être entendus et avoir droit à un procès équitable. Cette décision, historique, dépasse les simples murs de l’Eglise. C’est un message d’espoir pour toutes les victimes."
Il est bon, en ces temps incertains, que nous ayons un pape jésuite...

PV


[ PP à PV – Souhaitons que par la même occasion, le Saint-Siège (enfin informé du noyautage de la nonciature parisienne par l'ultradroite politico-religieuse) renouvelle le personnel ! L'équipe de Ventura faisait barrage entre les grands médias ("marxistes et maçonniques", je suppose) et le pape. Encore un sujet pour Frédéric Martel... ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/07/2019

@ ND

> "Comme si un milliardaire était forcément au-dessus de tout soupçon. On se demande de bien pourquoi."
Car, comme a pu le dire Xavier Niel dans une conférence (me semble-t-il), l'humanité est divisée en deux groupes : les "dieux" et les "interchangeables".
Et puis, peut-être est-ce un relent de calvinisme US : le fait de posséder beaucoup SAUVE.
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Écrit par : Feld / | 10/07/2019

INNOCENCE

> Petit rappel : la levée de l’immunité diplomatique n’enlève rien à la présomption d’innocence.

MG


[ PP à MG – Oui quant aux accusations de moeurs portées contre lui, et qui sont la cause de la levée d'immunité diplomatique.
Mais hors de ce dossier concernant l'ordre public en France, il y a un fait avéré (moins connu mais tout aussi regrettable d'un autre point de vue) : les liens entre cet "ambassadeur du pape à Paris" avec les anti-François parisiens, et (dans le même esprit) le barrage que le nonce et son équipe faisaient entre médias français et siège pontifical. Ce qui relevait de la faute professionnelle, pour ne pas dire plus... ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 10/07/2019

AVERTISSEMENT PAPAL

> http://www.lavie.fr/debats/edito/l-affaire-du-nonce-un-signal-fort-09-07-2019-99196_429.php

Je souscris de manière générale à la position de Jean-Pierre Denis tout en réfutant la tendance qu'il a trop souvent d'affirmer une supposée précarité du statut international du Saint-Siège ("souveraineté fragile", etc.).
La décision du pape François sonne comme un avertissement salutaire adressé à tous les diplomates du Vatican et, plus généralement, à tous les clercs : l'ère des arrangements est derrière nous. Un nonce qui naguère pouvait croire que son immunité lui permettait de payer des prostituées mineures ou de laisser traîner une main baladeuse sans crainte d'être poursuivi sait désormais qu'il pourra être justiciable jusque dans son État accréditaire : merci, Saint-Père.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 11/07/2019

à PP et MG

> C'est ça : Ventura doit être innocent, Vigano disait la vérité, etc.
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Écrit par : Torrebenn / | 11/07/2019

à Michel de Guibert :

> Tout à fait exact : Mgr Ventura est présumé innocent. Il l'est également au regard de la loi vaticane puisque les victimes présumées ont porté plainte auprès de la justice de la cité-État il y a une semaine. Il est d'ailleurs possible que le procureur de la République de Paris comme le promoteur de justice de la Cité du Vatican choisissent de ne pas engager de poursuites, auquel cas le nonce ne serait jamais jugé ; on ne pourra cependant rien reprocher au pape qui a permis la comparution éventuelle du diplomate.
Un point concernant la présomption d'innocence. Le Saint-Siège a levé l'immunité après avoir pris connaissance des conclusions de l'enquête préliminaire. Si celles-ci n'avaient pas mis en lumière la probable véracité du témoignage des victimes présumées, Rome n'aurait jamais lâché Ventura. Il est donc assez certain que le dossier était plutôt à charge.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 11/07/2019

@ Bégand

> Attention, la culpabilité ne se détecte pas à l'apparence, ou à la dévotion religieuse d'une personne !
Dans le très beau et pudique livre "Mon père, je vous pardonne" (préfacé par le pape François !), Daniel Pittet témoigne avoir été abusé enfant, et pendant des années, par le père Joël Allaz.
Ce prêtre était connu par ses paroissiennes pour ses MAGNIFIQUES HOMELIES MARIALES, émouvantes aux larmes !

Dans un autre domaine, une maison "trop" parfaitement tenue est justement un des critères de détection de possibles violences conjugales.
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Écrit par : Isabelle Meyer / | 11/07/2019

@ PP

>Je parlais bien entendu des accusations de mœurs contre le nonce Luigi Ventura à l'origine de la levée de l'immunité diplomatique par le Vatican, voire des amalgames faits entre cette affaire et des affaires de pédophilie.
Pour le reste j'ignore tout, mêle si ce n'est pas la première fois que vous y faites allusion, aux liens qu'il y aurait entre des réseaux parisiens "anti-François" et le nonce, ou du "barrage que le nonce et son équip e faisaient entre médias français et siège pontifical".
Quels réseaux ? Quels médias ?
Pouvez-vous nous en dire plus ?

MG


[ PP à MG – Si je publiais ce que je sais des connivences entre le réseau et l'équipe Ventura, on me reprocherait de "diviser" et de me livrer à des "attaques ad hominem".
D'autre part, ce que je sais sur l'écran-barrage de la nonciature Ventura (entre médias et siège pontifical) m'a été confié "off"' par des confrères ; il m'est déontologiquement impossible de divulguer ces affaires qui les concernent.
Mais l'idée générale doit être connue. Le silence complet profiterait aux sournoiseries des bergogliophobes. ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 11/07/2019

@ PP

> Vous en dites trop ou trop peu !

MG


[ PP à MG – Les "grands journaux de référence" aussi, quand ils disent : "un proche du Premier ministre", ou "ce député du parti X."... C'est la règle déontologique depuis toujours.
Et ne protesteriez-vous pas si j'incriminais nommément tel directeur de revue, tel monsignor ou tel abbé ? ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 11/07/2019

à Isabelle Meyer :

> Tout à fait d'accord avec vous. Cependant, il est évident que nous tous, clercs inclus, sommes pauvres pécheurs au travers de nos fautes, de nos mauvaises habitudes, de nos faiblesses.
Un prêtre lorrain trop tôt disparu et auquel j'étais attaché était ainsi connu de nombreux paroissiens pour se lâcher en certaines occasions : des allusions grivoises, des blagues salaces, des mots parfois très crus pouvaient sortir de sa bouche sans que ceci n'implique en aucune manière une agression physique à l'égard de qui que ce soit. C'était choquant, à l'évidence, mais relevant sans doute encore de l'acceptable, du pardonnable, car nul n'est parfait.
Le nonce Ventura, s'il a effectivement agressé de nombreux jeunes hommes en leur mettant la main aux fesses sans leur consentement, aurait quant à lui franchi la ligne rouge, celle de comportements inacceptables au plan pénal comme au plan canonique car portant atteinte à l'intégrité physique d'autres personnes.
Où placer le curseur avec exactitude ? Il s'agit d'une question délicate à laquelle je n'ai pas de réponse. Un prêtre qui se lâche parfois en privé dans des gauloiseries dignes d'un sous-officier de cavalerie - mais sans harcèlement aucun - devrait-il faire l'objet d'un signalement ? À titre personnel, je ne le pense pas, même si de telles gaillardises peuvent paraître tout à fait choquantes de la part d'un prêtre.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 12/07/2019

@ Isabelle Meyer

> Pour moi, cette histoire un peu loufoque posait certaines questions, qui ont déjà été évoquée, comme la santé mentale de Luigi Ventura. Mon témoignage ne concernait que les rares fois où je l'ai vu à la TV, sur KTO, participant pleinement à une cérémonie. Je ne sais rien de plus sur Luigi Ventura, que je n'ai jamais rencontré. C'est une bonne chose pour l'Eglise qu'on ait levé son immunité. Il y a une volonté de transparence, et peut-être de réforme, qui tardait à venir. Désormais elle est là. J'espère simplement qu'on ne fera de personne un bouc émissaire.
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Écrit par : Bégand / | 12/07/2019

@ Philippe de Visieux :

> Si un prêtre aime dire des gauloiseries, ce n'est pas un crime.
Mais pour que même cela puisse être au service de l'évangile, peut-être aurait-il fallu l'encourager à viser le niveau de Brassens !
C'est gaulois, mais tout de même, avec humour, poésie et finesse...

"Ordinairement, la joie chrétienne est accompagnée du sens de l'humour, si remarquable, par exemple, chez saint Thomas More, chez saint Vincent de Paul ou chez saint Philippe Néri » (Gaudete et exsultate, 126)"
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Écrit par : Isabelle Meyer | 23/07/2019

@ Bégand :

> Pour faire la lumière, ou comprendre une éventuelle folie, voici un extrait de "Mieux vaut tard", lettre pastorale de Mgr Ravel :

- Sur la terrible "inversion de la culpabilité" :
"A la différence d'autres violences, les ABUS SEXUELS "échangent" la culpabilité du bourreau et l'innocence de la victime. On retrouve la culpabilité chez la victime et l'INNOCENCE CHEZ LE BOURREAU !
Ce fait vérifié rend extrêmement compliqué la dénonciation du crime par la victime [...]
A nous d'entendre la culpabilisation de la victime, symétrique du déni du bourreau".

Par exemple, à la fin du livre de Daniel Pittet, l'auteur a courageusement tenu à ce que le prêtre qui l'a abusé soit interrogé.
Résultat : On voit que ce prêtre est à l'ouest. Il ne se souvient pas. Il ne sait plus trop ce qu'il a fait.


- Sur le risque d'avoir des boucs émissaires :
Cette même lettre pastorale de Mgr Ravel appelle à la prise de conscience que nous sommes TOUS concernés, et appelés à rebâtir la Maison de Dieu.

Il ne s'agit pas de traiter uniquement des membres malades de l'Eglise comme des cas isolés, car à ce stade de pandémie (nombre de pays concernés, nombre de victimes), c'est toute l'Eglise, tout le corps qu'il faut traiter.
Nous sommes TOUS appelés à la conversion, face à la maladie du cléricalisme, qui est à la source de ces abus.
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Écrit par : Isabelle Meyer / | 23/07/2019

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