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06/07/2019

Mercosur : le piège libéral qui choque l'opinion en Europe

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[1]  De l'aveu même de la commissaire Malmström, l'Union européenne n'est qu'un plate-forme technique du libre-échangisme :


En France, le traité de libre-échange UE/Mercosur choque l'opinion publique et révolte le monde paysan (tous syndicats confondus). Refilé aux gouvernements le 28 juin par une Commission Juncker en fin de parcours, ce traité montre une fois de plus la vraie nature de la "construction européenne" : une plate-forme de libre-échange indéfiniment extensible, dans l'intérêt non des peuples mais du taux de croissance global. Le traité révèle par ailleurs la contradiction intenable (ou la mauvaise foi ?) de l'Elysée ornant de vert sa politique ultralibérale.

► L'U.E. plate-forme de libre-échange.  Commissaire au Commerce, Cecilia Malmström le dit nettement dans Le Monde du 5/07 : "Je ne minimise pas le déficit climatique, mais on ne va pas s'y attaquer en refusant de faire du commerce !"  Elle "minimise" le "déficit" (?) climatique en oubliant ce qu'il doit au  gigantesque transport commercial planétaire – quelle que soit la qualité des produits transportés (très suspecte dans le cas du Brésil)...Quant au danger de ces produits pour la santé, la commissaire garantit que les "contrôles" de l'UE nous en protégeront : ce qui est douteux. Parlant de la crainte de voir les géants agro-industriels brésiliens attaquer devant l'OMC d'éventuelles lois européennes protectrices, Mme Malmström dit ceci : les partenaires étrangers accepteront ces lois... "tant qu'elles ne sont pas discriminatoires".  Or, dans ce domaine comme dans les autres, s'interdire de "discriminer" c'est s'interdire (par idéologie économique libérale) de désigner les problèmes, donc s'interdire toute protection concrète ! 

On le voit bien en ce qui concerne l'U.E. face au Brésil : si cet Etat-voyou environnemental persiste à déforester l'Amazonie (ce qui met la planète en péril), le traité cher à Mme Malmström ne prévoit aucune sanction mais seulement des "consultations gouvernementales", puis la mise en place d'un "panel indépendant d'experts" chargés de faire des "recommandations". Lesquelles sont repoussées d'avance par le général Heleno (ministre brésilien de la "Sécurité institutionnelle") en ces termes : "L'influence étrangère est inutile et néfaste".  Même son de cloche de la part de la ministre de l'Agriculture, Tereza Cristina : "La France a peur des produits brésiliens. Elle va devoir s'adapter."

Et au sujet de la toxicité des aliments destinés à l'exportation, il suffit de lire la presse du Brésil pour mesurer la situation : le propre fils (député) du président Bolsonaro escamote le problème en le réduisant à une "peur" des producteurs français devant "le gigantisme de l'agro-négoce brésilien"... Pourtant, s'il y a peur en France, elle est surtout le fait des consommateurs. Et elle semble justifiée, sachant que le Brésil a autorisé cette année 239 nouveaux pesticides, et qu'il utilise massivement des molécules interdites en Europe car cancérigènes, neurotoxiques ou favorisant l'anti-biorésistance (le Brésil est le plus gros utilisateur mondial d'antibiotiques pour animaux)...

La ministre brésilienne de l'Agriculture ironise sur les Européens et leur "principe de précaution" (pourtant si peu utlisé !) : il devra, tranche-t-elle, céder aux prescriptions de l'OMC sur l'incontournable liberté de circulation des biens à l'échelon mondial.

Ce que confirme à Bruxelles Mme Malmström, artisan du traité avec le Mercosur. Rien, dit-elle, en aucun domaine, ne doit contrarier le libre-échangisme global et la division internationale du travail : 'Le village d'à côté ne produit pas les iPhones ! Tant que les gens veulent acheter ces produits, il y aura du commerce." C'est la définition du système qui saccage la planète, en assujettissant les masses à l'achat compulsif de ces "produits"..

 

 

Prochaine note :

la contradiction (ou la mauvaise foi) de l'Elysée

 

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Commentaires

¨PIRES QUE TRUMP

> "Je ne minimise pas le déficit climatique, mais on ne va pas s'y attaquer en refusant de faire du commerce !"
On ne fait pas mieux que Trump qui au moins avance l'excuse de ne pas croire au réchauffement. En Europe, non : on sait bien que la catastrophe écologique approche mais on intensifie la guerre contre la nature quand mê
Et on s'en vante ! On se contente de peindre la catastrophe en vert et on s'imagine que les milliardaires pourront échapper aux conséquences et que seuls les "riens" en pâtiront.
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Écrit par : Guadet / | 06/07/2019

DÉPASSÉS

> Tous ces libéraux sont des has been, ils appartiennent au passé, eux et leurs idées. Un bon article sur le sujet:
https://www.nouvelobs.com/edito/20190703.OBS15404/les-arguments-depasses-des-defenseurs-de-l-accord-de-libre-echange-avec-le-mercosur.html
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Écrit par : ND / | 06/07/2019

LE FILM 'PARASITE'

> Quelques mots, si vous le permettez, à propos du film 'Parasite' qui obtint la Palme d'or cette année à Cannes. Il est lié au thème de cette note en ce qu'il dépeint avec réalisme et gravité la société libérale dans laquelle nous vivons, qu'elle soit sud-coréenne ou qu'elle soit européenne. L'absurdité d'un monde dans lequel le travail est devenu une denrée rare, obligeant une famille pauvre et au chômage à évincer d'autres travailleurs : tous ceux qui, comme moi, ont vécu et subi un plan social ont pu ressentir cette injustice.
Y est également dépeinte l'absence de compréhension, sinon de compassion, de riches architectes à l'égard de ceux qui, n'ayant pas eu leur chance, en sont réduits à les servir, parfois jusqu'à l'humiliation. Arrogance d'une hyperclasse vivant dans un monde ignorant tout de la misère qui l'entoure comme de l'urgence écologique : orgie de luxe d'un goûter d'anniversaire avec orchestre de chambre et domestiques déguisés en Indiens.
Tout le mal-être exprimé par les gilets jaunes se retrouve dans 'Parasite', preuve que l'ultralibéralisme conduit à la destruction du lien social et du vivre ensemble quel que soit l'endroit. En forçant notre modèle agricole à être compétitif face au Brésil ou à l'Argentine, Bruxelles nous entraîne davantage dans cette fuite en avant, dégradation progressive de la société. L'ultralibéralisme est destructeur des rapports humains : on ne pourrait que conseiller à Mme Malmström de visionner 'Parasite'.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 06/07/2019

KOENIG

> Terrifiant : "Le principe de précaution dessine en filigrane le rêve cartésien d'un monde intégralement maîtrisé par la raison humaine. Et c'est en ce sens qu'il contredit fondamentalement l'activité entrepreneuriale." Gaspard Koenig, en 2014 http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/08/11/31002-20140811ARTFIG00111-quand-ebola-relance-le-debat-sur-le-principe-de-precaution.php

Isabelle


[ PP à Isabelle – M. Koenig est le pire pense-faux du libéralisme. Une sorte de clown triste... ]

réponse au coimmentaire

réponse au commentaire

Écrit par : isabelle / | 06/07/2019

> Manifestement, ces gens choqués n' avaient rien compris jusqu'ici.
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Écrit par : Pierre Huet / | 08/07/2019

LEUR PROPAGANDE

> Les arguments climato-sceptiques du moment :
https://i.imgur.com/qdxpm6b.jpg
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Écrit par : Aurélien R. / | 08/07/2019

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