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30/05/2019

Européennes (3) : notes en la fête de l'Ascension

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...inspirées des commentaires des lectures par H.U. von Balthasar :


 

Presque tous nos médias ont glosé sur un sondage : celui qui veut que la forte majorité des "catholiques pratiquants" aient voté pour la liste macronienne le 26 mai. Aucun de ces articles ne remarque que le nombre allégué de ces votes "catholiques" dépasse de très loin le nombre avéré des véritables pratiquants : ceux qui prennent part régulièrement à l'eucharistie, coeur de la vie catholique depuis deux mille ans. Explication de cette discordance des chiffres : les "catholiques" allégués par le sondage sont simplement des habitants de départements labellisés "catholiques" par habitude, c'est-à-dire paresse d'esprit. La véritable tonus de la foi catholique se vérifiant par le nombre d'entrées dans les séminaires, et ceux-ci fermant les uns après les autres en France faute d'impétrants (y compris dans les départements du Grand Réveil Catho de 2013 et la suite), on devine que ces cathos de sondages (ou de bulletin de vote) ont d'autres motivations que le kérygme pour se déclarer catholiques : ce qui fait d'eux des "catholiques zombis", formule assassine  d'Emmanuel Todd en 2017.

Quelles motivations autres que la foi ?  Afficher que l'on n'est pas musulman. Se serrer les coudes entre gens du même milieu – une certaine bourgeoisie, vu le déclin du catholicisme populaire dans bien des régions françaises... Et quand on vous interroge, répondre en invoquant "les valeurs" :  comme si ce mot du marketing voulait dire quoi que ce soit dans le christianisme.

À en croire les commentateurs de sondages, le "catholique" d'enquêtes d'opinion ne parle jamais de la foi. Il parle du respect dû à sa "communauté" (si malmenée en France, etc). C'est pourquoi, selon les journaux, "les catholiques" sont censés avoir été séduits par deux performances de M. Macron : 1. son déploiement de culture catholique lors d'un discours aux Bernardins en 2018 ; 2. sa promptitude à s'ériger en "monsieur Notre-Dame" il y a six semaines... Aussi superficiel que brillant, le discours de 2018 n'engageait M. Macron à rien ; quant à son arbitraire non-informé quant à la "reconstruction" (?) de Notre-Dame, il effraie les experts des monuments nationaux. Mais le bourgeois est content.  Le vote Macron n'est pas un vote d'idées : c'est un vote de classe.

Or rien – rigoureusement rien –  dans le Nouveau Testament ne permet au chrétien de placer au centre de ses motivations les "valeurs" de son cercle social, ni une considération qui serait due aux catholiques en tant que tels. C'est tout le contraire. La première lettre de Pierre ne donne qu'une mission aux croyants : être prêts à "donner les raisons de leur espérance" (aucun sondage ne montre des cathos parlant d'espérance).

Et voici ce que Hans Urs von Balthasar dit des lectures de la fête de l'Ascension que nous célébrons aujourd'hui :

Sur Actes 1, &-11 : << Le départ de Jésus vers le Père se produit avec une bénédiction finale qui enveloppe tout l'avenir de l'Eglise, bénédiction dont l'efficacité dure à travers les temps et régit tout notre activité...>>  (Pourquoi les sondages ne montrent-ils que des "catholiques" mus par des peurs socio-politiques, donc dénués d'espérance surnaturelle ?).

Sur Luc 24, 46-53 : << Cette lecture écarte les attentes limitées des disciples qui espèrent toujours la restauration du royaume d'Israël...>>  (Que dire de ceux d'entre nous qui n'espèrent toujours que le Bon Gouvernement – et ne tirent aucune leçon de leurs perpétuelles déceptions ?).  << Les apôtres ne feront pas de la propagande pour une religion déterminée, mais annonceront un événement divin qui concerne tous les humains et les a déjà atteints, qu'ils le sachent ou non...>> (À méditer, à l'heure du repli narcissique sous toutes ses formes).

Sur Hébreux 9-10 :  << Ce qui paraissait nous séparer de Dieu, notre chair mortelle, est, dans l'Ascension du Christ, devenu justement ce qui a pénétré jusqu'au Père et nous a donné, indéfectible, la confession de l'espérance en la fidélité de Dieu...>>  (C'est de cette espérance que parle un catholique croyant, plutôt que de ses craintes de milieu social).

Mais pour parler d'espérance aux enquêteurs, il faudrait que les citoyens considérés comme "catholiques" par les instituts de sondages adhèrent au kérygme de la foi.

Et nous autres, sommes-nous dans la foi ?

La seule réponse à faire est celle de Jeanne : "Si je n'y suis, Dieu veuille m'y mettre. Si j'y suis, Dieu veuille m'y garder."

 

 

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Commentaires

ILLUSIONS DES "CATHOS"

> Merci pour cet article qui positionne bien les choses. Tous les catholiques n'ont pas voté pour la liste Renaissance et encore moins pour le RN. Comme vous en avez fait la recommandation de lecture "Ils reconnaîtront en vous mes disciples, ce qui fait que nous sommes catholiques" : cela fait le point à propos de la mission donnée par le Christ et réceptionnée par St Pierre quand à déployer notre Espérance qui est bien au-delà des discours politiques.
Quant au message aux Bernardins, on y voit un doigt d'honneur concernant la décision à propos de la PMA. Cela n'a pas ému d'un pouce l'auditoire qui aurait pu réagir et marquer son sentiment profond !

De Vos


[ PP à De Vos – L'auditoire n'avait pas voix au chapitre ce soir-là ! Et le discours introductif de Mgr Pontier, avec les témoignages de personnes représentant "les fragilités", était plus proche de le sensibilité des futurs Gilets jaunes que de l'idéologie business de LREM.
Le décalage entre ce discours et les propos, ensuite, de M. Macron, n'en fut que plus palpable.
Mais la réaction à laquelle allaient faire écho les médias du lendemain et des jours suivants, fut celle de "notables cathos" éperdus de joie à l'idée qu'un Président leur parlait de nouveau poliment (la teneur réelle de ses propos n'ayant à leurs yeux aucune importance).
Ils avaient tellement souffert, n'est-ce pas, du mépris de M. Hollande... Eux dont les arrière-grands-parents avaient déjà tant souffert en 1882 du krach de l'Union Générale... Et en 1905 de la séparation de l'Eglise et de l'Etat... ]

réponse au commentaire

Écrit par : De Vos / | 31/05/2019

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