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19/04/2019

"Nous n'avons d'autre roi que César !"

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La condamnation de Jésus, triomphe des bonnes consciences :


 

Crier "crucifie-le" (Jean 19,15), c’est exiger l’aboutissement du procès romain indispensable pour une peine de mort. Devant le prétoire, il n’y avait en début de matinée que les grands prêtres, leurs hommes et des scribes pharisiens. Mais l’arrivée d’une foule populaire venant demander la libération de l’émeutier Bar-Abbas a changé la donne : les trois clans judéens qui se combattent habituellement (plèbe, oligarques, pharisiens) se retrouvent ligués contre un seul homme. Une série d’aveuglements et de fausses priorités identitaires se sont accumulés pour finir par écraser Jésus... Faire tuer un compatriote par l’occupant, pourquoi pas, si ce compatriote gêne la Cause ? Et tous ces très bonnes raisons disparates finissent par converger sur un même résultat : la mise à mort du bouc émissaire.

Pilate les a manœuvrés. Racontant la Passion, la communauté juive chrétienne primitive témoignera qu’il a appelé Jésus "roi des Juifs" alors qu’il parlait aux ennemis de Jésus, comme pour soulever délibérément leur indignation. Jouer avec les nerfs de l’auditoire n’est pas l’attitude d’un homme débordé ou apeuré. C’est une technique. Provoquer la foule judéenne est la méthode que Pilate a déjà employée dans d’autres circonstances, avec des succès inégaux.  Là il joue serré, encore une fois, mais il a dans sa ligne de tir deux cibles rarement réunies : les oligarques du Temple, et – exceptionnellement – les pharisiens, ces nationalistes circonspects qu’il va enfin pouvoir compromettre, avec les oligarques, quand il amènera ces derniers à pousser un cri d’allégeance à l’empereur. C’est ce qui se passe : “Nous n’avons d’autre roi que César”, finissent-ils par dire, au nom du peuple mais en reniant la tradition. Et dès qu’ils ont poussé ce cri, Pilate ordonne la crucifixion... Politiquement c’est lui le vainqueur : il vient, croit-il, de marquer un point pour sa carrière. Et de bien servir l'Empire.

La condamnation de Jésus, c’est le triomphe des bonnes consciences : celle du haut fonctionnaire soucieux de tout soumettre à l’autorité impériale ; celle des oligarques judéens, soucieux du salut de “la nation” (Jean 11,50) ; celle des militants pharisiens, soucieux de supprimer le rabbi laxiste complice des pécheurs ; et celle de la plèbe qui aimerait jeter les étrangers à la mer.

 

 

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Commentaires

> « Aujourd'hui s'avance la Croix et les enfers sont ébranlés » (saint Éphrem le Syrien)
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Écrit par : Michel de Guibert / | 19/04/2019

G. DE FONTENAY

> Eloquente Geneviève de Fontenay. Dans la nuit de Pâques, elle ne voit toujours pas pointer la Résurrection… de notre pauvre France. Et secoue la bonne conscience des "César" et autres substituts de Jupiter qui nous gouvernent : https://francais.rt.com/france/61192-genevieve-fontenay-indigne-macron-est-completement-scotche-aux-riches-entretien
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Écrit par : Denis / | 20/04/2019

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