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12/04/2019

L'article de Benoît XVI devrait être lu sérieusement

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Les réflexions du pape émérite dans la revue ecclésiastique allemande Klerusblatt ne signifient aucunement (comme le croit Claude Askolovitch) que l'Eglise "ne doit pas se réformer" :


 

Ce matin à la revue de presse de France Inter, Claude Askolovitch affirmait : "Benoît XVI dit que la pédophilie c'est de la faute de la société et qu'il ne faut pas réformer l'Eglise". Askolovitch n'avait évidemment pas lu l'article, ni même son résumé par ‘Vatican News’.

Dans Klerusblatt, Benoît XVI commence par exprimer son approbation du sommet romain de février (les présidents de conférences épiscopales convoqués par le pape pour la protection des mineurs) : François, écrit-il, a donné là "un signal fort". Et ce sommet, souligne-t-il, a eu pour but de "rendre à nouveau l'Eglise crédible en tant que lumière des peuples et force qui aide dans la lutte contre les puissances destructrices." 

Ce "rendre à nouveau" signifie très exactement que l'Eglise doit se réformer pour redevenir crédible

Si elle doit le redevenir, c'est dans la mesure où elle a cessé de l'être : Benoît XVI  – connu pour peser chaque mot  – le dit ici sans ambiguité et même d'une façon terriblement radicale. 

Ensuite il examine plusieurs aspects du drame des abus sexuels. Comme de nombreux sociologues d’aujourd’hui (étrangers au catholicisme), le pape émérite prend en considération l’explosion du relativisme libéral-libertaire et l’émiettement de l’hyper-individualisme selon lequel “il ne pouvait y avoir ni quoi que ce soit d’absolument bon, ni quoi que ce soit de toujours mauvais”. Cette dislocation libérale (approuvée vers 1980 par toute l’intelligentsia !)  n’épargna évidemment pas le milieu catholique ni les séminaires, où se répandit une anti-théologie morale selon laquelle la miséricorde excuserait tout... [NDPP – c’est à partir de cette époque qu’on voit le plus grand nombre d’abus homosexuels, pédophiles ou plus souvent éphébophiles comme dans l’affaire lyonnaise]. Benoît XVI reconnaît que Rome fut lente à prendre conscience du problème et à adopter des mesures, et dit que ce retard “aurait dû être évité”.

Puis l’article évalue les réponses à apporter aujourd’hui. Soulignant – quel chrétien croyant lui donnerait tort ? – que tout dépend d’un retour à Dieu, il appelle à “comprendre à nouveaula grandeur de la Passion du Christ et de l’eucharistie, compréhension certainement absente de l’esprit de prêtres criminels : et cette absence signale la profondeur et la radicalité de la crise interne de l’Eglise. 

Au passage (c’est loin d’être le message central de l’article), Benoît XVI critique une confusion dans l’idée de réforme. Il soulignait au début de l’article l’urgence de rendre l’Eglise “de nouveau crédible” ; il met en garde ensuite contre l’illusion – qui n’est pas nouvelle – de vouloir une Eglise non pas reçue du Christ mais “faite par nous”, c’est-à-dire alignée sur l’idéologie sociétale dominante. [NDPP – une Eglise bobo ne vaudrait pas mieux que toutes les Eglises nationales ou citoyennes expérimentées au cours de l’histoire ].  

Et le pape émérite conclut en remerciant François de montrer la lumière de Dieu au monde actuel : “Merci, Saint-Père !”, écrit-il. 

 

Reste la distinction – classique, fondamentale – rappelée par Benoît XVI,  entre la situation surnaturelle de l’Eglise, “sainte" de la sainteté du Christ, et sa situation naturelle faisant que des pécheurs et des criminels ont toujours existé dans ses rangs. On en voit pourtant dès les Actes des apôtres, récit dans lequel il arrive malheur à des chrétiens criminels : la sainteté surnaturelle de l'Eglise ne permet aucunement aux criminels d'échapper à la punition terrestre de leur crime. Personne dans l’Eglise catholique, sauf sans doute les abuseurs eux-mêmes, ne nie que la faute mérite sanction.

Mais beaucoup de responsables ecclésiastiques ont commis par ailleurs une autre faute, celle de fermer les yeux : et cela non plus n’est pas supportable. Cette faute est en partie due à la contagion du laxisme moral de l’époque, comme le rappelle Benoît XVI. Elle vient certainement aussi d’une conception fausse du statut clérical, comme le pape François le constate dans sa Lettre au peuple de Dieu. Ces deux aspects du drame sont complémentaires. L’un et l’autre rendent urgente la Réforme catholique.

 

 

 

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Commentaires

> Oui, j'avais lu les réserves exprimées par exemple par Koz sur le texte.
L'ayant lu, je ne voyais pas le problème :
1) Benoît XVI ne prétend pas donner toute la solution au problème, mais uniquement sa contribution
2) Elle se marque par la densité de la réflexion, et sa hauteur de vue (comme toujours pourrait-on dire).
C'est sûr que si l'on y cherche des recommandations concrètes pour lutter contre le cléricalisme ou sur les abus, on est forcément déçu!
Mais se servir de ce texte pour dire qu'il ne faudrait pas faire AUSSI tout cela, ce serait trahir sa pensée, comme vous le rappelez bien !
Par contre, il redonne, avec justesse à mon sens, les grands thèmes : l'importance de la Foi (qui rappelons-le est la seule garante du Salut!), et la nécessité d'un amour lucide pour l'Eglise.
J'ai beaucoup apprécié pour ma part la notion de mise en danger de la Foi qui vient, si j'ai bien compris, contrebalancer la présomption d'innocence et la miséricorde envers les clercs criminels (ou supposés comme tels), dans les sanctions canoniques à appliquer. A notre époque où les doubles discours/doubles vies sont de plus en plus insupportables à l'opinion publique, c'est vraiment à prendre en compte.

Ce texte me fait penser à ce que l'on dit (légende dorée?) sur la vieillesse de St Jean. Quand on allait le trouver, il répétait toujours "Aimez-vous les uns les autres". A ses proches qui lui reprochaient de radoter, il rajoutait : "S'ils ne feraient que cela, cela suffit déjà".
A nous de faire toujours grandir en nos coeurs, et par contagion dans ceux de nos prochains, l'Amour de Dieu, la grandeur de la Passion et de l'Eucharistie. Ce sont des remèdes sûrs contre l'acharnement dans le péché.
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Écrit par : Charles-Marie Bera / | 12/04/2019

ÉVIDEMMENT

> "Cette dislocation libérale n’épargna évidemment pas le milieu catholique ni les séminaires".
Tout le cœur du problème se trouve dans ce "évidement".
On défend la Vérité depuis des millénaires et un beau matin on a une révélation en regardant Cohn-Bendit à la télé : bon sang mais c'est bien sûr, tout est relatif, évidemment !

RH

[ PP à RH - Eh oui. Ça laisse songeur sur l'authenticité de certaines "vocations" des années 1950, celles qui ont dégénéré dans les années 1970. ]

réponse au commentaire

Écrit par : RH / | 12/04/2019

ARTICLES

> Ce qui me surprend, ce sont les deux articles de ce jour dans la Croix qui traite quasiment de sénile le pape émérite, se faisant manipulé par un entourage douteux.
Il ne voit pas l'impact considérable de la révolution sexuelle des années 60 dans l'Eglise et ses conséquences dramatiques: acceptation de cette nouvelle morale, laxisme sur le discernement spirituel, etc...
Les deux papes ont bien raison tous les deux insistant chacun sur leur domaine de prédilection ou d'attention....
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Écrit par : elgringos777 / | 12/04/2019

'LUMEN GENTIUM'

> Merci Patrice pour cette explication de texte très utile. La notion de réforme est bien explicitée, notamment sa dimension profondément spirituelle et cette quête de « former à nouveau » (sens premier du mot : re-former). Cela ne dépend pas d’un mécano institutionnel fondé sur des considérations socio-managériales, même s’il y a probablement des changements concrets à faire au plan institutionnel : par exemple curies romaine et diocésaines ou encore droit canon et tribunaux ecclésiastiques.
Un point d’attention concernant la « conception fausse du statut clérical » : cette notion est peut-être à préciser. En effet, pour répondre au problème du « cléricalisme », qui est l’abus de pouvoir, certains remettent en cause le lien entre sacerdoce et hiérarchie. Du coup, j’ai relu 'Lumen gentium' et le chapitre III exprime clairement que la succession apostolique est au fondement du lien entre sacerdoce et hiérarchie : « Les évêques ont reçu, pour l’exercer avec l’aide des prêtres et des diacres, le ministère de la communauté. Ils président à la place de Dieu le troupeau, dont ils sont les pasteurs, par le magistère doctrinal, le sacerdoce du culte sacré, le ministère du gouvernement. »
J’ai lu également plusieurs fois qu’il fallait en quelque sorte réinventer la place des laïcs. Là encore, il n’y a rien à inventer, mais tout simplement à appliquer le chapitre IV de 'Lumen gentium'. Quand on veut réformer, ne faut-il pas aussi s’appuyer sur l’autorité des conciles ? Les conciles ne sont-ils pas faits pour donner une boussole sûre au « semper reformanda » ?
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Écrit par : Guillaume de Prémare / | 12/04/2019

UNE FOIS DE PLUS

> Une fois de plus Benoit XVI n'est pas compris.
La subtilité de sa pensée et la profondeur de sa réflexion échappent totalement aux journalistes actuels.
Comme pour son très grand discours de Ratisbonne, cet article est brocardé, signe de la médiocrité intellectuelle de ceux qui se permettent de la commenter du fond de leur totale incompétence.
Il s'agit du papier d'un intellectuel catholique destiné aux catholiques et spécialement aux clercs donc à références internes.
Ce qui est dit l'est à destination des croyants pour recadrer les déviances inadmissibles et recentrer les esprits sur le mystère divin et ses implications pratiques.
Qu'il me soit permis, en aparté, de signaler le gouffre abyssal qui sépare la médiocrité de nombre d'intellectuels français de leurs homologues transalpins dont l'immense culture feraient pâlir de honte les premiers s'il venaient à les découvrir.
Je pense en particulier au philosophe Giorgio Agamben qui fut aussi la figure de l'apôtre Philippe dans l’Évangile selon St Matthieu de Pasolini ...
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Écrit par : Albert E. / | 12/04/2019

> Très utile mise au point.
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Écrit par : collignon / | 12/04/2019

QUESTION

> D'où l'étonnement que l'on peut avoir devant l'article du 'Monde'. Mme Chambraud est journaliste spécialiste en religions ; si même elle ne voit pas ce que Benoît XVI a voulu dire dans son texte (pourtant très clair pour quiconque a reçu un minimum d'éducation chrétienne), qui dans les rédactions de grands quotidiens le pourra ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 12/04/2019

A PROPOS DE CERTAINS ARTICLES

> Il est absurde de reprocher à un manuel de golf de ne pas être un règlement de pêche en haute mer.
Le pape émérite n'ayant aucune autorité magistérielle, on ne doit pas attendre de lui une synthèse normative du drame des abus sexuels.
Son article est destiné au clergé bavarois, dans la revue bavaroise d'une asociation de prêtres ('Klerusblatt'), et veut simplement rappeler au prêtre que tous les enlisements le guettent s'il perd de vue l'essentiel – c'est-à-dire le Christ.
Je sais que cette idée, comme celle de la prière, est considérée comme risible par les grands polémistes redresseurs de torts qui ont tout compris mieux que tout le monde et ne se demandent pas pourquoi leur propre conception de l'Eglise a... vidé les églises (à partir des années 1960, comme le constatent les historiens et les sociologues) !
Mais n'importe quel chrétien croyant sait que la prière est l'influx vital de l'Eglise, et que les déviances, les errements et les crimes commis par des membres de l'Eglise correspondent toujours à l'absence de la prière, c'est-à-dire, évidemment, à l'absence de foi surnaturelle !
C'est cela, simplement, que rappelle le pape émérite.
Le lui reprocher, c'est montrer une fâcheuse absence de sens surnaturel.
Reprocher au pape émérite de ne pas s'exprimer en décideur-responsable, c'est, au choix :
a) regretter – comme les intégristes – qu'il refuse d'être l'étendard des bergogliophobes ;
b) n'avoir aucune idée de la psychologie de Joseph Ratzinger, caractérisée par une loyauté sans faille envers l'Unam Sanctam, par delà les turpitudes de certains de ses cadres.

► Il est particulièrement indigne d'accuser Benoit XVI de "ne pas parler des victimes", quand on sait quelle compassion et quelles larmes il a eues pour ces mêmes victimes lors de ses rencontres avec elles, dans les pays visités pendant son pontificat !
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Écrit par : PP / | 12/04/2019

TERRIBLEMENT INJUSTE

> Il est particulièrement indigne d'accuser Benoit XVI de "ne pas parler des victimes". Je viens de lire avec tristesse une réflexion de ce genre de la part d'un prêtre de la Compagnie de Jésus qui s'est exprimé dans le journal Le Point. C'est stupide et terriblement injuste.
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Écrit par : Anne / | 12/04/2019

DIVISEURS

> Le quotidien 'La Croix' s’oppose de manière assez nette au texte du pape émérite, tant sur le fond que sur le principe même de sa publication. Dans la foulée de sa parution, Nicolas Senèze, correspondant au Vatican, publie un article intitulé « Un texte troublant de Benoît XVI », voyant une opposition entre ce que dit le pape François et ce que dit son prédécesseur : « On est ici loin de l’analyse du pape François », écrit-il, avant d’ajouter que ce texte est « dérangeant à bien des égards ».
Nicolas Senèze conclut en évoquant l’hypothèse d’un faux, ou tout au moins celle d’un vieil homme sous influence : «Certains vont toutefois jusqu’à mettre en doute la paternité d’un texte dans lequel ils ne reconnaissent pas la plume habituelle de l’ancien pape qui, à 92 ans la semaine prochaine, leur apparaît plus que jamais sous la coupe de son entourage. »
Ensuite, le quotidien publie un entretien avec la théologienne Marie-Jo Thiel, intitulé « Ce texte de Benoît XVI » pose beaucoup de questions. Elle y conteste l’analyse de BXVI (ce qui est son droit) et exprime une approche différente en matière de théologie morale.
Sur l’opportunité de la publication du texte, le désaccord s’exprime sur Twitter. Nicolas Senèze poste l’extrait d’un texte publié en 2004 par le Congrégation des évêques, intitulé 'Apostolorum Successores' : « L’évêque émérite aura soin de n’interférer en rien, ni directement ni indirectement, dans la conduite du diocèse et il évitera toute attitude et toute relation qui pourraient même donner l’impression qu’il constitue presque une autorité parallèle à celle de l’évêque en place. L’évêque émérite aura soin de n’interférer en rien, ni directement ni indirectement, dans la conduite du diocèse et il évitera toute attitude et toute relation qui pourraient même donner l’impression qu’il constitue presque une autorité parallèle à celle de l’évêque en place ».
N. Senèze semble penser que le pape émérite outrepasse son rôle. Isabelle de Gaulmyn ajoute, toujours sur Twitter : «L’intervention de Benoît XVI pose la question du statut du pape émérite. Si on veut que les papes démissionnent, alors ils doivent ensuite observer un devoir de réserve. Sinon, on va au schisme ».
Que penser de l’évocation d’un risque de schisme ? Y a-t-il ici une certaine dramatisation ou un risque réel ?

GP


( PP à GP – Aucun risque de schisme, sinon dans la tête d'intégristes bergogliophobes en état de soustraction d'obédience (politisé) depuis 2013. Le texte de Benoît XVI est profondément complémentaire de la 'Lettre au peuple de Dieu' de François. Ceux qui soutiennent le contraire manquent simplement d'honnêteté intellectuelle... et de sens surnaturel. Prions pour eux. ]

réponse au ciommentaire

Écrit par : Guillaume de Prémare / | 12/04/2019

DEUX PAPES ?

> J'ai été très étonné de l'accueil fait à la lettre de Benoît XVI par les médias. Il faudrait certes pouvoir la lire en entier, quand elle sera disponible en français et en librairie ou sur un site. Mais dans tout ce que vous rapportez, et même dans tout ce qu'a rapporté la presse, nonobstant les commentaires malfaisants de celle-ci, le pape émérite s'appuie sur des arguments avérés, et en tire quelques conclusions sérieuses. Réjouissons-nous plutôt, en ces temps difficiles, d'avoir deux papes plutôt qu'un ! L'aide de Benoît XVI est précieuse.
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Écrit par : Bégand / | 12/04/2019

MODERNISME

> "C'est cette pauvreté, cette misère spirituelle et cette richesse temporelle qui a fait tout le mal. C’est ce modernisme du cœur, ce modernisme de la charité qui a fait la défaillance, la déchéance dans l’Église, dans le christianisme, dans la chrétienté même qui a fait la dégradation de la mystique en politique. »
C’était écrit en 1910
Charles Péguy, « Notre jeunesse ».
Il parlait de politique, mais cela peut s’appliquer à d’autres déviations.
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Écrit par : Pierre Huet / | 13/04/2019

à Patrice :

> Venant d'Askolovitch, qu'il ne s'intéresse pas à ces choses est regrettable mais pas étonnant. Ce qui l'est davantage, c'est cet unisson (négatif) de la presse française devant l'Église en général et la figure du pape en particulier, depuis des mois et des mois. Benoît XVI sort un texte ? Déformé illico. François s'investit pour la paix au Soudan du Sud ? Silence radio.
Je ne vois pas comment y réagir autrement que comme nous le faisons, mais cela n'a qu'une influence limitée sur les journalistes concernés. J'écrirais volontiers au nonce pour mettre en lumière cet antipapisme de plus en plus manifeste... mais l'homme a comme on le sait d'autres priorités. Alors qui alerter ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 13/04/2019

ANNÉES 70

> Dans les années 70, la dépénalisation et la promotion de la pédophilie étaient un sous paragraphe du programme du FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire). Et Cohn-Bendit ridiculisait l'écrivain Paul Guth dans un débat télévisé sur cette question. Il y avait aussi les chroniques ambiguës de Gabriel Matzneff dans le journal 'Le Monde' (pendant plus de dix ans). Et que dire d'une certaine pétition de 1976 pour défendre des pédophiles condamnés par la justice (tout le gratin de 68 a signé cette pétition, sans que l'on ne demande jamais des comptes, il y a même un futur ministre des affaires étrangères et un futur ministre de l'éducation nationale parmi les signataires !) Heureusement qu'il y a Internet aujourd'hui pour rétablir les choses à l'égard de ceux qui ont perdu la mémoire...
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Écrit par : B.H. / | 13/04/2019

@ BH & PP

> Quand on voit avec quelle facilité tant de prêtres des années 70 - donc ordonnés avant le concile - ont cru que les HERESIES que racontaient les progressistes étaient ce qu'enseignait un CONCILE de l'Église CATHOLIQUE,
- on se dit que la formation doctrinale dans les séminaires avant le concile était ARCHI NULLE !
- que le panurgisme était bien plus répandu que le sens de la Foi, la lâcheté camouflée en discipline largement supérieure au souci de la Vérité : surtout pas d'histoire, pas de vague !
- comment s'étonner alors des abus sexuels et de leur absence de dénonciation ?
La crise des années 70 c'est la crise sous sa forme ouverte ; en réalité la crise avait commencé bien avant mais de manière moins visible par une crise de la formation dans les séminaires.
Tout ça est également bien la preuve que la solution n'est pas "le retour à avant".
Justement pas !
Mais dans l'application du concile qui s'érige contre tout cela.
La crise de l'après Concile est causée par l'Église d'avant le concile.

EL

[ PP à EL – Bravo et merci de l'avoir dit. C'est la stricte réalité. ]

réponse au commentaire

Écrit par : E Levavasseur / | 13/04/2019

IL A VISÉ JUSTE

> Merci Patrice
L’effervecsence , y compris chez les catholiques contre cet article démontre que J. Ratzinger a visé juste !
Ce que les journalistes n’ont pas compris , comme beaucoup d’autres qui critiquent J Ratzinger, c’est que le texte du pape émérite est profondément complémentaire de l’action du pape François, et n’est pas à voir en opposition. Cette complementarité est la clé de compréhension de la démarche du pape émérite qui n’a aucune prétention ici à revenir sur toutes les actions concrètes qui ne sont plus de son ressort.
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Écrit par : Ludovic / | 14/04/2019

À CÔTÉ DE LA PLAQUE

> Comment peut-on entendre un journaliste religieux suggérer au pape François de ne surtout pas lire le texte du pape émérite ? Et d'autres juger Benoît XVI complètement à côté de la plaque : l'un d'eux allant jusqu'à affirmer que Ratzinger l'avait habitué à nettement mieux, à des textes pleins d'érudition, mais que là, on tombait de haut...
Ces journalistes considèrent qu'en appelant l'Église à se concentrer sur le Christ, Ratzinger se fourvoie. Ils préféreraient des directives et des procédures, mais voilà : l'Église n'est pas Rhone-Poulenc ou la BNP : elle est l'épouse du Christ. Entendre des spécialistes de questions religieuses traiter le pape émérite d'homme au bord de la sénilité est indigne de leurs auteurs...
Mais ont-il d'ailleurs réellement lu l'article en question pour parler ainsi ? Benoît XVI a parfaitement isolé le problème : c'est en plaçant Dieu au centre que l'on guérira l'Église.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 14/04/2019

à Guillaume de Prémare :

> Ce qui est surtout dérangeant, c'est de constater que même 'La Croix' s'engage dans ces bas-fonds. Mme de Gaulmyn, M. Senèze, surtout l'an passé avec la crise Vigano, nous avaient habitué à davantage de lucidité : car s'il y a quelqu'un qui est très au fait de son statut, c'est bien Benoît XVI qui a été, et reste depuis 2013, d'une intégrité irréprochable à tous égards (et d'une grande lucidité : le texte en question rejoint à maints égards son analyse développée sur la question dans 'Dernières conversations').
Très étonné également de constater que Mme Thiel se soit prononcée contre l'analyse de Benoît XVI. Car, pour le coup, ce n'est plus Askolovitch qui s'exprime mais une théologienne chevronnée, particulièrement au fait des questions d'abus dans l'Eglise. Ceci est déstabilisant.
Ces gens sont suffisamment informés pour savoir qu'opposer les papes entre eux n'a strictement aucun sens, a fortiori lorsqu'une telle polémique se fonde sur rien de tangible : ces tentatives de division sont extrêmement déplorables et parfaitement inutiles en ces temps suffisamment chargés pour l'Eglise.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 15/04/2019

Le texte du pape émérite :

> https://fr.aleteia.org/2019/04/12/document-lintegralite-du-texte-du-pape-emerite-benoit-xvi-sur-les-abus-sexuels/
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 15/04/2019

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