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02/04/2019

L'évangélisation est le contraire du prosélytisme

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La polémique (gravement biaisée) du Figaro contre le pape est l'occasion de remettre les pendules à l'heure :


Confondant ses réflexes de micro-milieu avec une attitude de croyante, une dame très chic et très furieuse vitupère (sur Facebook) ce qu'elle ne connaît qu'à travers le prisme tendancieux du Figaro. : la visite papale au Maroc. Condamnant François pour n'avoir pas invité le royaume chérifien à se convertir au Christ, elle conclut, péremptoire : "Ce pape est-il même chrétien ?"  

Apprenons à la noble dame qu'avant François, saint Jean-Paul II et Benoît XVI avaient fait la même chose que lui dans leurs visites en pays d'islam. L'objectif de ces visites en notre temps étant de soutenir le bien commun des peuples qui est la paix mutuelle, ils savaient que ce n'était ni le lieu ni le moment de déclencher un conflit théologique. La dame estime-t-elle que Jean-Paul II et Benoît XVI non plus n'étaient pas "chrétiens"

En réalité elle ignore ce que ces deux papes ont dit et fait. Car l'ignorance est la principale caractéristique de ces ultras-super-croisé(e)s persuadés néanmoins d'en savoir plus long qu'un jésuite ; quiconque a vu et entendu le public des "grandes conférences du Figaro" – ou pire encore, de ses croisières –  sait quelle colère il aurait donnée à Bernanos, bien placé après 1932 pour connaître ce petit monde. Depuis au moins un demi-siècle, une rêveuse bourgeoisie refuse la distinction doctrinale (édictée par l'Eglise) entre prosélytisme et évangélisation. C'est cette droite qui accusait saint Paul VI de "relativisme", alors qu'Evangelii nuntiandi explique avec profondeur ce qu'est le vrai témoignage évangélique du chrétien croyant (cf le commentaire de Bernard ci-dessous).
Et la vérité oblige à dire que pour beaucoup de ceux qui reprochent à l'Eglise de "refuser le prosélytisme", ce dernier se confond à leurs yeux avec la prise d'Alger en 1830 plus qu'avec l'entrevue de François d'Assise et du sultan.

On ne peut donner à la dame et à son salon qu'un conseil : lire le livre d'Olivier Legendre paru chez Médiaspaul en 2014, Pourquoi je crois (Catholique, il me restait à devenir chrétien). C'est le chemin que nous devons tous parcourir.

 

 

Commentaire de Bernard, reçu hier

 

<<  Paul VI dans Evangelii nuntiandi au n°21 :

" L’Évangile doit être proclamé d’abord par un témoignage. Voici un chrétien ou un groupe de chrétiens qui, au sein de la communauté humaine dans laquelle ils vivent, manifestent leur capacité de compréhension et d’accueil, leur communion de vie et de destin avec les autres, leur solidarité dans les efforts de tous pour tout ce qui est noble et bon. Voici que, en outre, ils rayonnent, d’une façon toute simple et spontanée, leur foi en des valeurs qui sont au-delà des valeurs courantes, et leur espérance en quelque chose qu’on ne voit pas, dont on n’oserait pas rêver. Par ce témoignage sans paroles, ces chrétiens font monter, dans le cœur de ceux qui les voient vivre, des questions irrésistibles : Pourquoi sont-ils ainsi ? Pourquoi vivent-ils de la sorte ? Qu’est-ce — ou qui est-ce — qui les inspire ? Pourquoi sont-ils au milieu de nous ? Un tel témoignage est déjà proclamation silencieuse mais très forte et efficace de la Bonne Nouvelle. Il y a là un geste initial d’évangélisation. Les questions que voilà seront peut-être les premières que se poseront beaucoup de non chrétiens, qu’ils soient des gens à qui le Christ n’avait jamais été annoncé, des baptisés non pratiquants, des gens qui vivent en chrétienté mais selon des principes nullement chrétiens, ou des gens qui cherchent, non sans souffrance, quelque chose ou Quelqu’un qu’ils devinent sans pouvoir le nommer. D’autres questions surgiront, plus profondes et plus engageantes, provoquées par ce témoignage qui comporte présence, participation, solidarité, et qui est un élément essentiel, généralement le tout premier, dans l’évangélisation. "   >>

 

L'évangélisation c'est "être prêt à donner à qui nous la demande la raison de l'espérance que nous montrons" (1ère lettre de Pierre).


Le prosélytisme, c'est le tapage du sergent recruteur.


Les deux choses n'ont aucun rapport.
.

 

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Commentaires

SOUFFRANCE ?

> Evangéliser, selon saint Paul VI, à partir de ce qui est « noble et bon » et en rayonnant de l’amour du Christ… bien sûr, nous aspirons tous à cela !
Mais ne soyons pas naïfs ni béats, le rayonnement évangélique auquel Jésus nous appelle passe assez largement aussi par la souffrance, celle que saint Paul décrit dans 2 Cor 4, 5-15, et que cite Mgr Pontier en conclusion de son discours d’ouverture aux évêques réunis à Lourdes, ce matin…
« Pressés de toute part, nous ne sommes pas écrasés ; dans des impasses, mais nous arrivons à passer ; pourchassés, mais non rejoints ; terrassés, mais non achevés ; sans cesse nous portons dans notre corps l’agonie de Jésus afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre corps. Toujours, en effet, nous les vivants, nous sommes livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre existence mortelle. Ainsi la mort est à l’œuvre en nous, mais la vie en vous. (…) »
En vérité, c’est peut-être ça le plus difficile à accepter et à vivre, pour moi comme pour « la dame qui vitupère » contre le pape François sur Facebook, et pour nos évêques réunis à Lourdes : « être livrés à la mort à cause de Jésus ».

Denis


[ PP à Denis – Il serait présomptueux de présumer de nos forces en souhaitant les épreuves, mais pousser des cris d'horreur à l'idée d'une épreuve est l'antithèse d'une attitude de croyant. Or c'est ce que font les bourgeois d'ultradroite dans leur façon de "défendre le catholicisme" comme si c'était une maison de campagne menacée de cambriolage... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Denis / | 02/04/2019

CLERGÉ POLONAIS...

> Et pendant ce temps là, leur bon journal leur annonce une nouvelle qui va les ravir: des prêtres bruleraient des livres "dangereux" en Pologne....(http://www.lefigaro.fr/livres/des-pretres-brulent-des-livres-des-sagas-harry-potter-et-twilight-en-pologne-20190402)
Je ne sais pas si c'est vrai mais franchement, si cela se vérifie, il est urgent de faire quelque chose contre ces malades....
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Écrit par : VF / | 02/04/2019

DU XIIe SIÈCLE

> Dans la geste de Charlemagne (un ensemble de légendes qui se veulent édifiantes écrites au XIIème siècle) il est relaté l'épisode suivant :
Charlemagne, après avoir vu saint Jacques en songe, part à sa demande en Espagne se battre contre les Sarrazins et rendre l'Espagne à la chrétienté.
Le chef des Sarrazins est le roi Agolant.
Avant la bataille les rois se rendent des visites mutuelles en essayant de se convertir l'un l'autre.
Charlemagne réussit à presque convaincre Agolant de se convertir au christianisme.
Agolant se rend alors au camp de Charlemagne avec dans l'idée de se faire baptiser.
Là il trouve Charlemagne en train de banqueter avec des ecclésiastiques richement vêtus.
Agolant demande qui sont ces gens. Charlemagne explique qu'il s'agit d’évêques très savants, qui sont des docteurs des la loi de Dieu chargés de guider son peuple, des moines qui prient pour le peuple de Dieu, des chanoines qui prient pour les évêques.
Agolant avisent aussi des pauvres en haillons, maigres, maladifs et qui rongent les os des volailles dont Charlemagne et les clercs ont mangé la chair. Il demande qui ils sont.
Charlemagne explique qu'il s'agit des pauvres et qu'ils sont à l'image de Dieu.
Agolant demande pourquoi, alors que ces personnes sont à l'image de Dieu, Charlemagne n'en prend pas plus soin, ne leur donne pas de riches vêtements et une nourriture abondante.
Charlemagne explique que s'il faisait cela les pauvres ne seraient plus pauvres, et donc vers qui pourrait-il dans ce cas exercer sa charité ?
Agolant trouve cette réponse absurde et choquante et renonce à se faire baptiser. La guerre peut éclater.
Mais à partir de ce jour, dit l'auteur inconnu (sans doute un clerc du XIIe siècle), Charlemagne décida de prendre mieux soin des pauvres qui suivaient l'armée ...
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Écrit par : Nicolas / | 02/04/2019

FRANÇOIS ET LE SULTAN

> Damiette 2019 : https://franciscains.fr/damiette2019/
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Écrit par : Alex / | 02/04/2019

DISCUSSION

> Qui aujourd'hui se livrerait au "tapage du sergent recruteur" ?
J'ai ainsi beaucoup de mal à comprendre ce qui ferait la distinction entre ce prosélytisme fantôme et la réalité de l'évangélisation.
Ne faudrait-il qu'il n'y ait plus aucune annonce explicite de la foi ? Comme si l'enjeu pour l'Eglise aujourd'hui serait de réduire au silence ces légions entières de missionnaires qui sillonnent le monde, les villes, les quartiers et les périphéries en annonçant clairement et explicitement la Bonne Nouvelle du Seigneur ? Personne n'est forcé de la recevoir, de toutes façons. Personne n'est jamais chrétien contre son gré... Vous l'aviez expérimenté vous même, cher Patrice de Plunkett, lors de cet aprés midi d'évangélisation à la Place d'Italie, à Paris 13e, avec moi et quelques autres. Faisions nous alors oeuvre de "prosélytisme" en interpellant les passants ? Aurions nous du refuser d'aller les rencontrer pour discuter avec ceux qui le voulaient, et leur annoncer ainsi le Christ ? Aurions-nous du nous taire ?
Tout est si confus... La fameuse pastorale de "l'enfouissement" prônée dans les années de ma jeunesse n'a pas vraiment donné les effets escomptés. Est-cela l'évangélisation de témoignage passif que mentionne Bernard ?

Odon Lafontaine


[ PP à Odon Lafontaine – Ne faites pas dire à Paul VI, à François et à Bernard (qui n'est pas sans quelque expérience en ce domaine) ce qu'ils ne disent pas. Personne ne prétend exhumer la théorie de l'enfouissement. Mais si l'évangélisation n'est pas témoignage de vie de la part du croyant, elle n'existe simplement pas !
Quant au "tapage", vous ne le pratiquez évidemment pas, mais tout un pan du milieu catho français - qui visiblement ne fréquente pas votre paroisse - en est chaud partisan, confondant manif et apostolat. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, je peux vous en parler... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Odon Lafontaine / | 02/04/2019

GESTE INITIAL

> Merci beaucoup de nous donner l'occasion de lire (relire ? peut-être, ma mémoire n'est pas si bonne) ce passage d'Evangelii Nuntiandi qui nous lance dans l'évangélisation.
C'est en tout cas l'attitude profonde et intérieure de départ (le "geste initial"), car ensuite, bien sûr, la "question irrésistible" est exprimée, et l'occasion d'une véritable annonce du kérygme.
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Écrit par : Xavier C. / | 02/04/2019

VÉDRINE DÉCEVANT

> Hubert Védrine, hier invité comme 'Grand Témoin' sur RND, a lui aussi participé au grand orchestre bergogliophobe : selon l'ancien ministre, le pape "reprend la confusion dominante entre migrants, immigrés, réfugiés, asile, etc. C'est une confusion tout à fait néfaste et nuisible qui met les populations des pays d'arrivée sous pression. Il parle un peu comme un Latino-Américain, issu d'un pays dans lequel il n'y a plus de premiers occupants, qui ont été exterminés. C'est vrai au Canada, aux États-Unis, en Australie. [...] Il ne tient pas assez compte de la sensibilité européenne. Le pacte de Marrakech est typique de cette confusion ; il est complètement inutile. Ça ne change absolument rien à aucune situation, ça n'aide personne, que ce soient les Européens, les Africains. [...] Ça mélange les catégories des gens, que l'on ne peut pas traiter de la même façon. [...] La confusion est mauvaise."
On a connu Védrine plus inspiré : il sous-entend que le pape encourage l'Afrique à se déplacer massivement en Europe, à l'image de ces Européens qui ont émigré aux Amériques (du Nord et du Sud) quasiment nettoyées de toute population autochtone. Védrine se fourvoie en affirmant cela. En signant le pacte de Marrakech, le pape ne fait que reconnaître la dignité de chaque personne humaine, sans chercher à placer les uns et les autres dans des catégories qu'il n'est ni en son pouvoir ni en son autorité de déterminer.
Le Saint-Père n'est par ailleurs évidemment en rien pour une émigration désordonnée. Il ne fait que dire qu'une régulation des flux migratoires repose sur une pacification des pays de départ, au Sahel et au Levant pour l'essentiel, mais que l'Europe ne peut rester insensible aux personnes qui ont fait le choix d'émigrer : il ne fait qu'affirmer qu'on ne peut résoudre ce drame humain en ostracisant l'étranger qui arrive.
Védrine devrait comprendre que le pape François se place non en regard de sa propre filiation italo-argentine, mais exclusivement dans une perspective évangélique. Contrairement à ce que l'ancien ministre sous-entend, le pape (et l’Église) estime que la solution du problème se trouve en Afrique, en offrant de bonnes conditions de vie à la population. Mais lorsque Védrine critique François pour affirmer qu'"il faut accueillir tous les gars qui arrivent parce qu'on est chrétiens, on est généreux", il oublie que le pape est le Vicaire du Christ, non un fonctionnaire de l'OFPRA... mais que dans le même temps, il ne défend en aucune manière une immigration de masse "latino-américaine". Par son appréciation confuse, Védrine contribue à faire croire aux auditeurs de RND que le pape est pour la création d'une société multiculturelle en Europe alors qu'il n'en est évidemment rien. Très décevant de la part de l'ancien pourfendeur de l'"hyperpuissance américaine"...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 03/04/2019

A Odon et Patrice,

les deux mon capitaine
Si vous lisez Evangelii Nuntiandi, vous comprenez bien que l’évangélisation est un processus. Il n'y a pas de méthode absolue mais des critères réels qui définissent la véritable évangélisation (travail fait depuis toujours par le Magistère).
Voilà ce qui est écrit après le §21 cité par le commentateur:
22. "Et cependant cela reste toujours insuffisant, car le plus beau témoignage se révélera à la longue impuissant s’il n’est pas éclairé, justifié — ce que Pierre appelait donner “ les raisons de son espérance ”[52] —, explicité par une annonce claire, sans équivoque, du Seigneur Jésus. La Bonne Nouvelle proclamée par le témoignage de vie devra donc être tôt ou tard proclamée par la parole de vie. Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés.
L’histoire de l’Eglise, depuis le discours de Pierre le matin de Pentecôte, s’entremêle et se confond avec l’histoire de cette annonce. À chaque nouvelle étape de l’histoire humaine, l’Eglise, constamment travaillée par le désir d’évangéliser, n’a qu’une hantise : qui envoyer annoncer le mystère de Jésus ? Dans quel langage annoncer ce mystère ? Comment faire pour qu’il retentisse et arrive à tous ceux qui doivent l’écouter ? Cette annonce — kérygme, prédication ou catéchèse — prend une telle place dans l’évangélisation qu’elle en est souvent devenue synonyme. Elle n’en est cependant qu’un aspect.

La foi catholique véritable, ce n'est jamais "ou, ou" mais "et,et".......
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Écrit par : elgringos777 / | 03/04/2019

MADELEINE DELBREL

> Madeleine Delbrel nous dit, elle aussi, des choses profondes sur ce sujet de l'évangélisation :

" Nous n'annonçons pas la Bonne Nouvelle, parce que l'Évangile n'est plus une nouvelle pour nous : nous y sommes habitués, c'est une vieille nouvelle. Le Dieu vivant n'est pas un bonheur prodigieux et bouleversant ; il est un dû, toile de fond de notre vie. Le bonheur, ce sont des surplus variables en marge de lui qui est permanent. Nous ne nous rendons pas compte de ce que serait l’absence de Dieu pour nous ; donc, nous ne nous rendons pas compte de ce qu’elle est pour les autres. Nous discutons d'une idée quand nous parlons de lui; nous ne témoignons pas d'un amour reçu et donné. Nous ne pouvons pas annoncer aux incroyants la foi comme une libération de l'absurdité d'un monde sans Dieu, car cette absurdité, nous ne la percevons pas.
Nous défendons Dieu comme notre propriété, nous ne l'annonçons pas comme la vie de toute vie, le prochain immédiat de tout ce qui vit. Nous ne sommes pas les informateurs de la nouveauté éternelle de Dieu, mais des polémistes défendant une vision de la vie à faire durer. Aussi, serait-il inutile d'être assez proches pour être entendus, de parler la langue de nos semblables, de leur être présents et existants si, toutes ces conditions étant remplies, nous n'avions pas retrouvé nous-mêmes le message total que nous avons reçu et que nous avons à transmettre.
(« Nous autres, gens de rue, pages 256-257)
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Écrit par : bernard / | 03/04/2019

à P. de Visieux

> Cela dit Hubert Védrine se savait invité d'une tranche radio qui n'aime notoirement pas du tout le pape. L'homme politique se met en phase avec le média qui l'invite.
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Écrit par : Amicie Terray / | 03/04/2019

VÉDRINE

> à Philippe de Visieux – Védrine est un incroyant n'ayant aucune sympathie pour l'Eglise catholique. Cela ne semble guère compter pour Radio Notre-Dame, l'important est bien sûr qu'on tape sur le "pape immigrationniste" etc, peu importe d'où viennent les coups.
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Écrit par : Arnaud Bodin / | 03/04/2019

Mgr SARAH

> Paradoxe : beaucoup de catholiques pensent "vivement que François dégage, pour que Mgr Sarah soit élu pape tant qu'il est encore papabile", alors que les deux hommes sont exactement sur la même ligne (ce qui est un peu logique ; le dernier livre d'entretiens du cardinal est là pour le démontrer).
Le problème est que la façon de s'exprimer de François, souvent très "jésuite", permet plus facilement de déformer certains de ses propos. Alors qu'avec Mgr Sarah...
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Écrit par : Feld / | 03/04/2019

à Amicie Terray et Arnaud Bodin :

> Effectivement, mais je pensais Védrine suffisamment intelligent et fin pour ne pas dire à l'antenne ce que l'animateur et la majorité des auditeurs avaient envie d'entendre.
Lui, le grand analyste, affirmer en gros que le pape étant Argentin, le 'grand remplacement' lui est donc familier et qu'il ne comprend rien à l'Europe, c'est excessivement simpliste !
Le pape est celui des Européens comme il est celui des Africains ou des Proche-Orientaux.
Si nous étions un jeune catholique africain ayant fait le choix d'émigrer en Europe, aimerions-nous entendre le Saint-Père dire qu'il faut ériger l'Europe en forteresse, qu'il faut refouler tous les arrivants en fermant les ports, etc. ? Non, ce n'est pas son rôle : le pape ne fait que répéter ce que l'Évangile nous enseigne.
On aurait pu penser Védrine suffisamment intelligent pour le comprendre.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/04/2019

PROSÉLYTES

> Il y a eu un glissement sémantique du mot "prosélytisme".
Étymologiquement, les prosélytes sont des nouveaux convertis, et même plus précisément à l'origine des païens convertis au judaïsme.
Le terme a pris aujourd'hui le sens d'une conversion plus ou moins forcée, ou au minimum suscitée sans grand respect des personnes et de leur liberté de conscience.
Soyons donc prudents avec les termes employés.
Il est bien clair que l'évangélisation passe d'abord par un dialogue respectueux des personnes, par une ouverture à l'autre, par le témoignage de notre foi et de notre espérance aussi bien par la parole que par la vie, dans la cohérence des deux.
Merci à elgringos777 de mettre en cause une vision binaire opposant l'annonce de Jésus-Christ et le témoignage de la vie.
Et comme le souligne bien Bernard en citant Madeleine Delbrel, l'évangélisation passe d'abord par notre propre conversion.

MG


[ PP à MG – Le sens des mots change au fil des millénaires. Rien ne sert d'opposer au sens actuel du mot "prosélyte" le sens qu'il avait au Ier siècle, qui était l'inverse exact ! N'invoquons pas contre les réalités présentes une religion de cercles d'étude intemporelle. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Michel de Guibert / | 04/04/2019

A propos de Radio Notre Dame

@ Philippe de Visieux, @ Amicie Terray, @ Arnaud Bodin, @ etc.

> Je ne suis pas d'accord avec les accusations graves et répétées que vous portez contre Radio Notre Dame et ce Radio Notre Dame #bashing ("bergliophobie" aujourd'hui, "des ondes supposément catholiques", "dérive impossible à cautionner", etc. dans des commentaires plus anciens)
Ce n'est pas parce qu'une radio invite des personnalités douteuses (et je ne mets pas Hubert Védrine dans cette catégorie), voire tenant des propos contraires à ce que dit ou pense l’Église (sur les questions sociales ou sur d'autres questions), qu'elle cautionne ce que ces personnes disent.
L'auditeur peut garder une oreille critique sur ce qu'il entend, c'est du reste ce que vous faites à juste titre !
J'ai moi aussi parfois mes agacements ou mes indignations...
Pour autant, faut-il rester dans l'entre-soi et n'inviter que des personnes qui pensent comme vous, je ne le pense pas.
Il ne faut pas mettre sur le même plan ce qui est enseignement et ce qui est débat.
Une radio peut être ouverte et critique sans tomber dans les psittacisme...
Du reste les personnes invitées sont très variées.
Je mettrai plus volontiers en cause une certaine forme de journalisme, fréquente aujourd'hui, qui n'hésite pas à couper la parole à ses invités en s'imposant au micro pour faire le buzz... une enflure matinale de l'ego !
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Écrit par : Michel de Guibert / | 04/04/2019

ATTITUDE

> Le problème n'est pas les invités mais l'attitude insidieuse de permanents de la radio. Et seule la matinale d'infos est en cause. Mais comme dit le vieux proverbe, "nul pire sourd que celui qui ne veut point entendre"...
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Écrit par : Amicie Terray / | 04/04/2019

@ Amicie Terray

> Ok, mais alors limitons-nous comme vous le faites à critiquer l'attitude de l'animateur de la tranche matinale à l'ego surdimensionné (c'est à aussi à Annet Sauty de Chalon que je pensais).
Il y a bien d'autres choses de qualité sur Radio Notre Dame, radio qu'avait voulue et créée le cardinal Lustiger, et je ne voudrais pas que cette radio disparaisse.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 04/04/2019

à Michel de Guibert :

> Je ne remets pas en cause le fait que RND invite tous les matins des personnalités venant d'horizons très divers ; certaines interventions sont d'ailleurs intéressantes.
Ce qui est regrettable, c'est d'entendre sur la radio diocésaine officieuse de Paris un ancien ministre des Affaires étrangères traiter le pape d'immigrationniste revendiqué (car "Latino-Américain" !) sans qu'une telle énormité suscite une interrogation, un commentaire, un froncement de sourcils de la part de l'animateur. On aurait pu souhaiter entendre un "tout de même, vous y allez un peu fort, là, non ?" mais il n'en fut rien.
Or c'est à mes yeux très grave parce que tout auditeur qui aurait écouté cette intervention de Védrine en aurait conclu de la même manière qu'après la lecture des récents articles de Guénois : le pape est pour une société multiculturelle en Europe.
Avouez qu'on devrait être en droit d'attendre d'une radio catholique qu'elle rétablisse un tant soit peu un minimum de vérité : le pape n'encourage en aucune manière l'immigration désordonnée, il rappelle les fondements de l'Évangile, il ne s'inscrit pas comme un pseudo défenseur de l'Europe. C'est à la radio et à ses animateurs de faire ce travail. Or, les vendredis matins, cette voix objective fait souvent défaut lorsqu'il est question de l'actuel pontife.
Que RND garde cette ligne, soit, mais qu'elle le fasse sous un autre nom et en n'arborant pas les tours de Notre-Dame comme logo...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/04/2019

@ PP

> La prise d'Alger c'est 1830.
1827 c'est la victoire de Navarin en Grèce contre les Turcs.
Au passage on peut aussi dire à ces gens que de prise d'Alger n'avait rien de religieux.
Et encore moins la conquête de l'Algérie : décidée par les milieux libéraux et par Louis-Philippe, le fantoche qu'ils avaient délégué sur le trône.
L'armée ne voulait pas.
Les libéraux économiques pensaient y trouver des richesses, les libéraux universalistes pensaient y amener le progrès social tout en ne s'en préoccupant pas en France !
Pour Louis-Philippe c'était une question de gloriole pour son régime fantoche et pour éloigner l'armée essentiellement composée de Républicains dont des admirateurs de Robespierre, on a vu le résultat : ils sont conduits avec les populations d'Algérie comme avec les ouvriers, notamment les Canuts.
Quant à l'évangélisation, elle a été interdite aux Musulmans (contraire à "l'esprit de progrès" saint-simonien qui avait mené à la conquête) et elle n'aurait pas marché, car elle aurait été vue comme la religion des conquérants.
Aujourd'hui, la nature des "actions d'évangélisation" fait que la foi est en passe d'être vue comme la religion de ceux qui tirent leur épingle du jeu de la mondialisation, des jeunes américains et en France de ceux qui les admirent issus des écoles de commerce.
"God bless you !" comme a dit dans ma paroisse une petite Sœur des Pauvres venue pour terminer son appel aux dons.

EL


[ PP à EL - 1827 : oui, j'en étais resté au coup d'éventail du dey d'Alger. Alors finalement ils ont débarqué ? J'étais sûr que notre bon roi allait faire quelque chose. Dieu le veult. ]

réponse au commentaire

Écrit par : E Levavasseur / | 04/04/2019

à Philippe de Visieux :

> Un autre nom, oui, bonne idée. "Radio Courtoisie" ?
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Écrit par : Jean Kerber / | 05/04/2019

RWANDA

> Mais Védrine a au moins rappelé que la France n'était en rien responsable des massacres qui se sont déroulés au Rwanda.
Cette nouvelle vient de tomber. On voudrait à tout prix faire haïr la France que l'on n'y prendrait pas autrement, non ?
https://www.liberation.fr/france/2019/04/07/genocide-au-rwanda-macron-veut-faire-du-7-avril-une-journee-de-commemoration_1719908
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Écrit par : Feld / | 07/04/2019

ENCORE

> Et allez donc, encore une journée à la mord moi le noeud que je vais être obligé de faire en classe...A caser entre le brossage de dents, la lutte contre le harcèlement sur les réseaux sociaux, le recyclage et le compostage, les addictions ou l'homophobie...
Peut-être que j'arriverais à placer mon cours sur la guerre froide....
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Écrit par : VF / | 07/04/2019

IL FAUT DISTINGUER

> Il me semble qu’il faut distinguer entre évangélisation et prosélytisme :
Evangéliser c’est répondre à la mission du Christ « allez enseignez », car nous ne pouvons rester indifférents au fait que 6 milliards de nos contemporains ne connaissent pas le Christ. Autant que nous chacun d’entre eux a le droit de se savoir aimé et de connaître la mesure sans mesure de l’amour fou de celui qui les a aimés jusqu’à la fin. Pourquoi les priver de ce bonheur qui nous fait vivre, pourquoi ne pas leur proposer les meilleures conditions pour se laisser atteindre par le fleuve d’eau vive qui jaillit incessamment du côté transpercé du Christ crucifié, pourquoi les empêcher d’entendre la parole dite à la samaritaine au bord du puits : « si tu savais le don de Dieu » ?
Tandis que le prosélytisme est d’avantage tourné vers nous : il s’agit d’assurer la survie du groupe auquel j’appartiens en lui donnant de nouveaux membres, de nous rassurer par notre nombre ; c’est plus de l’ordre de la comptabilité. Et si Jésus a demandé d’enseigner toutes les nations, il a des paroles dures contre ceux qui cherchent à faire des prosélytes.
Cette distinction a sans doute quelque chose d’excessif, mais peut orienter la réflexion.

MB


[ PP à MB – Cette distinction est très claire. Merci ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Michel Benoît / | 09/04/2019

DÉFENSIF

> Le prosélytisme peut aussi être vu comme une défense. Je convertis le "barbare", comme cela il devient comme moi au lieu de m'envahir et de me soumettre ou me détruire. On est dans une logique de peur et non de d'amour et de joie. D'où, peut-être, l'agressivité des prosélytes ?
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Écrit par : VF / | 09/04/2019

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