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21/03/2019

Affaire Benalla et autres : la Macronie explose d’incompétence agressive contre les sénateurs

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2 décembre 1851 : les troupes présidentielles arrêtent les élus

Ivres de rage de la décision sur Benalla et les élyséens, le Premier ministre et LREM déclarent la guerre au Sénat. En des termes dont la maladresse révèle l’incompétence politique du groupe Macron – et soulève de fâcheux relents :


Vu le rapport de la commission d’enquête, et concluant que Benalla et Crase s’étaient parjurés lors de leurs auditions, le bureau du Sénat en a saisi aujourd’hui le parquet. Cette saisine va aussi entraîner vérification (par les magistrats) des “omissions, incohérences et contradictions” dans les réponses de trois proches de Macron (le secrétaire général de l’Elysée, le directeur de cabinet et le chef du groupe de sécurité) lors de leurs propres auditions.

Le coup est dur pour la Macronie. Il démasque doublement sa nature de bande improvisée : en braquant les projecteurs sur son côté obscur, et en la faisant réagir avec une agressivité qui montre son incompétence politique.

Le Premier ministre Philippe, hors de lui, décide – incongruité de la part de ce personnage – de boycotter jeudi prochain la séance des questions au gouvernement au Sénat.

M. Griveaux, porte-parole du gouvernement, se permet de qualifier l’acte du Sénat de “bas” et ”moralement très grave”, et d’accuser les sénateurs de diviser le pays : ce qui – venant d’un macroniste et en ce moment – ressemble à de la ‘hutzpah (culot d’enfer).

M. Ferrand (président de l’Assemblée nationale !) annonce qu’il ne coopèrera plus avec le président du Sénat, à commencer par la conférence commune qu’ils devaient tenir demain à SciencesPo Lille – et qu’il boycottera.

M. Le Gendre (selon qui les macronistes sont “trop subtils et intelligents” pour être compris) proclame que la décision du Sénat “abîme cette institution et la projette très loin des attentes concrètes des Français”. Rappel de la volonté de Macron – encore réaffirmée durant le prétendu Grand Débat — de supprimer la deuxième assemblée.

M. Patriat, chef de file des sénateurs macronistes, taxe ses collègues d’illégitimité : selon lui, ils veulent non pas “faire la lumière sur Alexandre Benalla” (contrairement à Macron, sans doute), mais “mettre à mal l’exécutif” pour annuler le résultat des élections de 2017 ; autrement dit violer la Constitution. Souhaiterait-il un 18 brumaire contre le Sénat ?

De même M. Guérini, actuel gérant du parti présidentiel, accuse les sénateurs d’avoir une intention cachée : attaquer le président de la République. Souhaiterait-il un 2 Décembre contre le Sénat ?

Et l’Elysée ?  A la mi-journée il n’avait pas émis de commentaire, à part une réponse à l’AFP évoquant la possibilité plus tard de “faire une réaction”. On reconnaît là le vocabulaire de Mme Ndiaye, qui commenta en ces termes la mort de Simone Veil le 30 juin 2017 : “Yes, la meuf est dead”.


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20:24 Publié dans Macron | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : macron, benalla

Commentaires

IMMATURITÉ

> Une incompétence et une immaturité qui sont celles de toute une bande et de son chef lui-même. Et cette fois, on frôle la folie avec le projet d'employer les pauvres militaires de l'opération "Sentinelle", déjà épuisés et maltraités, à des tâches de maintien de l'ordre pour lesquelles ils ne sont nullement formés.
Où s'arrêteront donc l'inconscience, l'arrogance et la mégalomanie d'Emmanuel Macron? Les prédécesseurs de cet étrange jeune homme avaient d'énormes défauts; mais on se dit, en fin de compte, qu'ils étaient moins dangereux.
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Écrit par : Jean-Marie Salamito / | 21/03/2019

NAÏF

> Et surtout EM est un naïf car il croit que la séparation des pouvoirs interdit au Sénat de conduire des enquêtes !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/03/2019

> Badinguet, sors de ce corps !
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Écrit par : Philippe S./ | 22/03/2019

REGRETTABLE

> Mais non Patrice, vous n'y êtes pas : ce n'était pas un boycott, c'était un déplacement d'Édouard Philippe au Havre pour rappeler de toute urgence à son poulain qu'en jouant aux étalons à l'heure d'internet, on court certains risques...
Blague à part, ce boycott (car c'en est un) est un regrettable pied de nez au Parlement et à l'État de droit en général. Un premier ministre n'a pas à boycotter le travail parlementaire, a fortiori lorsqu'une commission sénatoriale est dans l'obligation de dénoncer une infraction (le parjure) dont elle a connaissance : rappelons que chaque personne entendue avait dû prêter serment de ne dire la vérité, rien que la vérité. M. Philippe reproche donc au Sénat de faire application de l'article 40 du Code de procédure pénale... et de ne pas suivre en cela l'exemple de MM. Kohler et Colomb qui, en faisant croire qu'ils n'étaient au courant de rien concernant les agissements du lieutenant-colonel de réserve Benalla, ont ignoré leur obligation au titre de l'article 40.
Tout ceci n'est pas très sérieux.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/03/2019

LES CHARS ET LES AFFAIRES

> L'utilisation de militaires pour le maintien de l'ordre est, symboliquement, extrêmement grave. Le peuple français est donc, désormais, l'ennemi du pays, la cible de l'État.
Qu'un Luc Ferry, au-delà de la violence qu'il exige pour rétablir l'ordre bourgeois et calmer la panique des nantis, réclame l'usage de l'armée contre Georgette et son thermos de soupe au rond-point nous en dit long sur la terreur des bénéficiaires du régime libéral, mais aussi sur l'absence totale de compréhension de ce qu'est une armée dans une nation démocratique, y compris chez les anciens ministres.
Lors des émeutes de 2005, un ami officier m'a dit que, dans l'effroi, le gouvernement avait tâté le chef d'état-major des armées, qui avait répondu sèchement : "Si vous nous en donnez l'ordre, on met fin aux émeutes en deux heures. Mais ce sera un acte de guerre civile. Vous avez intérêt à bien réfléchir". Ils avaient renoncé.
Macron ne renoncera pas. C'est un libéral radical, c'est à dire un crypto-fasciste, et les fascistes aiment bien faire rouler les chars dans les avenues. Pour que les affaires reprennent, rien de tel qu'un peu de sang d'apprenti de onze ans sur les pavés.
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Écrit par : Lucas / | 22/03/2019

> Face à ces gens là , il ne nous reste plus que la prière.....
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Écrit par : dgx / | 22/03/2019

RETOUR AU XIXe

> EM devait nous projeter vers l'avenir, et nous voici revenu au XIXe siècle ! Ce n'est pas "Retour vers le futur" mais "En avant vers le passé". Et ce en tournant toujours plus le dos aux urgences qui sont les drames de demain : l'écologie et les inégalités.
Les Français voulaient un homme fort pour redresser les choses ; l'homme fort, ils l'ont, ce qui explique que celui-ci garde un certain succès de popularité, mais c'est pour leur malheur.
Nous payons pour nos péchés : le contre-débat organisé par les gilets jaunes prouve la puissance de la pensée dominante, avec par exemple l'euthanasie largement plébiscitée.
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Écrit par : Guadet / | 22/03/2019

MACRON ET L'ARMÉE

> Tout à fait d'accord avec Lucas et surtout en fin de commentaire.
Macron a un rapport étrange avec l'armée : sa descente des Champs-Elysées en blindé, ses déguisements d'aviateur de l'Armée de l'Air, son "plaisir" à destituer et humilier le général de Villiers pour assoir son autorité.
Et maintenant voilà qu'il place l'armée en position de chèvre, avec toutes les chances pour qu'il y ait des dérapages.
Il rêve à quoi ?
https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/etat-durgence-etat-dexception
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Écrit par : Yvan / | 22/03/2019

LA SUITE

> Macron et Castaner prendraient la suite de Mac Mahon et Galliffet ?
https://www.histoire-image.org/fr/etudes/ecrasement-commune
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Écrit par : Denis / | 22/03/2019

> "Macronie, bande improvisée" écrivez-vous. Tout à fait. Et le scandale du Havre accentue ce constat.
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Écrit par : Pierre Huet / | 23/03/2019

> Bien sûr, il faut lire: sors, avec un S! C'est bien la peine de pester contre l'orthographe de l'internaute moyen...
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Écrit par : Philippe S. | 23/03/2019

"OUVRIR LE FEU" ?

> Et maintenant on déploie l'armée face aux Gilets Jaunes comme avant 1907.
Alors que l'armée ne cesse de multiplier les missions et comme si c'était son travail dans un pays démocratique, un État de droit.
Et le gouverneur militaire de Paris qui se prend pour un Cavaignac et qui déclare tranquillement à la radio que l'armée peut ouvrir le feu...
Se rend-il compte de l'effet de ses paroles ou est-ce au contraire l'effet recherché ?
La République va encore s'illustrer comme à Fourmies.
Est-ce qu on espère un dérapage ?
Les fils à papa des black blocs vont pousser deux ou trois excités parmi les gilets jaunes en espérant qu'ils se fassent tuer...
Et ce seront les militaires qui seront montrés du doigt comme le préfet de Paris qui a été viré alors que c'est Castaner le grand responsable.
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Écrit par : E Levavasseur / | 23/03/2019

MEUF

> Vous êtes prophète Patrice... La meuf est maintenant porte-parole du gouvernement !
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Écrit par : TonyZ / | 01/04/2019

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