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04/12/2018

Les gilets jaunes vus par Chantal Mouffe

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La philosophe belge du populisme de gauche est d'accord avec les analystes anti-libéraux français. Le mouvement ne se laissera pas désamorcer par les annonces du gouvernement, car il est bien plus profond. C'est "une réaction à l'explosion des inégalités entre super-riches et classes moyennes", et cette explosion est le produit du néolibéralisme... dont l'outil actuel se nomme Macron :


 

Extraits de l'entretien (Libération 4/12) avec Chantal Mouffe qui enseigne à l'université londonienne de Westminster ;

<<  On vit clairement une situation populiste. Par populiste, il faut entendre l’établissement d’une frontière politique entre ceux d’«en bas», «nous», le peuple, et ceux d’«en haut», la «caste». Cette construction d’une nouvelle frontière est le résultat de l’émergence de toute une série de résistances à trente années d’hégémonie néolibérale qui ont instauré une post-démocratie. Cette post-démocratie se caractérise par la crise de la représentation politique et la crise du système économique néolibéral. D’abord, les citoyens ont le sentiment de ne pas avoir de véritable choix entre les différentes offres politiques, ils ne distinguent plus le centre droit du centre gauche. Et se demandent pourquoi aller voter. C’est un mouvement de fond commun à toute l’Europe occidentale [...]: les individus ont l’impression d’être oubliés, ils veulent qu’on les écoute. [...] Il s’agit ensuite d’une réaction à l’oligarchisation de la société, et qui se caractérise par l’explosion des inégalités économiques entre un groupe de super riches et la classe moyenne. >>

<<  ...Emmanuel Macron essaie de renforcer la politique néolibérale qui a engendré la contestation actuelle. Il considère que le problème de la France est de ne pas avoir été suffisamment loin dans les réformes, notamment dans la remise en question de l’Etat-providence dans la droite ligne de la politique [...] engagée par Tony Blair en Angleterre. Macron est le stade suprême de cette post-politique. Non seulement, il est un président mal élu, mais il a réussi à neutraliser l’Assemblée en gagnant une majorité écrasante de députés, rendant le travail de ses membres obsolète. De fait, il ne reste plus que la rue pour s’opposer à la politique du gouvernement. >>

 

 

mouffe.jpg

 

12:45 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : gilets jaunes

Commentaires

QUE LA RUE

> Il ne reste plus que la rue…
Ou un ring ? Dans la catégorie « corps intermédiaires », pourquoi pas de vrais rounds en direct entre le Premier ministre et le Gilet Jaune qui finira bien par sortir du lot ?
L’idée devrait plaire à Edouard Philippe, boxeur pratiquant.
Reste que dans ses dernières propositions de « suspension » des taxes et hausses pour six mois, il donne l’impression de courir le ring à la façon de Mohammed Ali. Et que les « propositions » du boxeur qu’il va trouver en face de lui ressemblent furieusement, elles, à celles d’un Joe Frazier…
https://www.youtube.com/watch?v=GSfhea1JcCw
https://www.dailymotion.com/video/xm9bm3
(c’est à prendre au sens figuré, bien sûr !)…
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Écrit par : Denis / | 04/12/2018

OUTIL

> "produit du néolibéralisme dont l'outil actuel se nomme Macron "

exactement : l'outil ACTUEL

ACTUELLEMENT c'est Macron
mais ça a commencé bien avant
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Écrit par : E Levavasseur / | 04/12/2018

GILETS JEUNES

> Du pape François le 3 décembre aux jeunes de l’association italienne « Rondine-Citadelle de la Paix » au service des pauvres et de la paix, de la résolution des conflits depuis 20 ans :
« J'ai écouté l'appel que vous avez écrit et que vous présenterez à l'ONU le 10 décembre, à l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Écouter un jeune Palestinien et un jeune Israélien qui, ensemble, demandent aux gouvernements du monde entier de faire un pas qui puisse rouvrir l’avenir, transférer le coût d’une arme du budget de la défense au budget de l’éducation pour former un leader de la paix, est une chose rare, c'est une chose brillante ! (…)
« Il y a un besoin de leaders avec une nouvelle mentalité. Ceux qui ne savent pas dialoguer et échanger les uns avec les autres ne sont pas des leaders de la paix : un leader qui n'essaye pas de rencontrer “l'ennemi”, de s'asseoir avec lui à la table comme vous le faites, ne peut pas conduire son peuple à la paix. Pour ce faire, nous avons besoin d’humilité et non d’arrogance : Saint François vous aide à suivre ce chemin avec courage. En écoutant les jeunes, même lors du récent Synode dont ils étaient les protagonistes, j'ai beaucoup appris d'eux. J'espère que vos dirigeants viendront à Rondine et verront comment leurs jeunes préparent la paix. »
Pourquoi ne pas en appeler aux jeunes de cette association pour organiser le dialogue du gouvernement et des Gilets jaunes ? Ou à leur équivalent, s’il existe en France ?
A quand des « Gilets jeunes » pour la paix ?
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Écrit par : Denis / | 04/12/2018

LEUR AÉRER L'ESPRIT

> "Les individus ont l’impression d’être oubliés, ils veulent qu’on les écoute" : cette phrase serait encore plus juste en remplaçant "individus" par "personnes". Peut-être est-ce une notion à réhabiliter ?
A ce propos, un trait frappant du cabinet Macron & associés est son absence totale de retenue, de pudeur : ces gens ne se gênent plus pour exprimer leur mépris ; les exemples ne manquent pas. D'où le sentiment exprimé sur le calicot que vous avez mis en illustration.
Un autre trait, tout aussi frappant, est la logique purement comptable dans laquelle ce "cabinet" semble raisonner : pour lutter contre la pollution, instaurons une nouvelle taxe (et quoi d'autre ?) ; puisque cette taxe provoque des émeutes, reportons-là, ainsi que quelques autres mesures portant sur les finances des citoyens ; et puisque les policiers sont fatigués de réprimer des manifestations de plus en plus violentes, apaisons-les avec une prime.
L'argent n'est pas toujours inutile, mais il n'est pas l'alpha et l'oméga : de là, probablement, une persistance de la révolte, s'il s'agit aussi d'un problème de considération. Peut-être faudrait-il de temps à autre aérer l'esprit des financiers et des inspecteurs des finances.
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Écrit par : Sven Laval / | 04/12/2018

ROBIN DES BOIS

> Il faut rendre et redistribuer l'argent des taxes ! Qui sera notre Robin des Bois ?
https://www.youtube.com/watch?v=E9Yq3VdibwM

En tout cas, on voit très bien qui est notre Prince Jean :
https://www.youtube.com/watch?v=HgdsJ-Dq1Ns

"Les taxes, les taxes, magnifiques taxes !"

Bruno Lemaire dans ses oeuvres :
https://www.youtube.com/watch?v=z8-pjDUkRas

"Ils m'appellent Lourdaud, mais j'prends leur magot"...
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Écrit par : Alex / | 04/12/2018

SHERWOOD

> Bruno Lemaire complote avec F. de Rugy (l'animal vaguement vert) dans le dos de "PJ", alias "EM" :
https://www.youtube.com/watch?v=HqsylUeMJhQ

Pendant ce temps, sur un rond-point de Sherwood, les Gilets jaunes chantent et dansent pour se tenir chaud :
https://www.youtube.com/watch?v=kGGSjFMRkME

Haut les coeurs, camarades !
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Écrit par : Alex / | 04/12/2018

EFFETS ET CAUSES

> Je viens d'un temps ancien où « le populaire » ne se posait pas en victime permanente des « riches », n'exigeait pas auprès d'eux des mesures « favorables » – par ailleurs totalement contradictoires : moins de taxes, plus de services publics ; ou criminelles : baisse du prix de l'essence ; ou insignifiantes : l'ISF n'a jamais beaucoup « rapporté », il ne payait même pas le RMI/RSA – comme un enfant réclame auprès de ses parents.
Je viens d'un temps où existaient des organisations où des travailleurs se formaient, lisaient, analysaient une situation. Et devenaient en capacité de prendre leurs responsabilités politiques. Je viens d'un temps où le mot politique « classe ouvrière » avait un sens. Où la JOC et l'ACO n'étaient pas vidées de leurs forces. Où la CGT ne courait pas après n'importe quelle revendication « populiste ».
Je viens d'un temps où les Michéa, les Mouffe, les Ruffin et les Le Pen n'auraient pas eu d'espace politique.
Ce temps-là est révolu. J'en prends note mais me refuse à emboîter le pas aux « populistes » rouges ou bruns. Qui préparent les massacres à venir. Lorsqu'il s'agira de désigner des victimes expiatoires au « peuple souffrant et en colère »
Annick L.


[ PP à AL – Gardons-nous de confondre les effets et les causes.
Vous constatez ici des effets.
Quelles en sont les causes ?
Entre le temps dont vous venez (comme moi) et la phase actuelle, il y a eu la prise du pouvoir mondiale du néolibéralisme, qui disloque les sociétés et les pulvérise en cohue d'individus déboussolés.
Ne nous en prenons pas aux individus, qui sont nos frères et soeurs.
Prenons-nous en au néolibéralisme. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Annick Lachosme / | 05/12/2018

DÉPRESSION

> La pertinence des maux dénoncés et la faiblesse voire l’absence des mots pour les caractériser et les guérir, tant du côté des GJ que du gouvernement, témoignent de la gravité de la dépression qui atteint nos classes moyennes et laborieuses déclassées.
Il est urgent de rétablir la confiance. Cela passe par l’établissement du bon diagnostic sur la cause de cet état dépressif. A mon avis, pour surmonter leurs craintes du lendemain et affronter les défis futurs avec confiance, les Français ont besoin d’un père, d’un Père et un Papa… Or, les Papas, les vrais, ont disparu du paysage politique avec l’avènement du président Macron, que d’aucuns définissaient encore comme un jeune gandin à la mentalité de trader à l’heure où il trahissait François Hollande (2016), quatre ans après avoir rejoint son équipe (2012)…
Or donc, faute de véritable profil paternel tant à l’Elysée qu’à la tête du gouvernement, et sachant que M. Macron…
- primo, semble tout ignorer du concept de « gestion en bon père de famille » ;
- secundo, s’est acquis la réputation d’être un expert dans l’exercice œdipien du « meurtre symbolique du père » (cf. François Hollande)…
… l’impasse paraît totale.
Si j’étais à la place de M. Macron, je me ferai violence pour sortir de cette impasse, et j’opterai donc pour la nomination d’un homme d’autorité, paisible et rassurant, à Matignon… solution proposée par un représentant des GJ du Vaucluse, Christophe Chalençon qui suggérait la nomination du général Pierre de Villiers, figure paternelle s’il en est !
Pour le coup, une telle nomination serait de la part du Président « jupitérien » un bel acte d’humilité étant donné le désaccord public qui opposa les deux hommes sur le budget de la Défense en 2017.
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Écrit par : Denis / | 05/12/2018

LE TEMPS QUE NOUS VIVONS

> Annick, je dois être beaucoup plus jeune que vous : moi, je viens d'un temps
où l'on détruit les infrastructures de l'État au profit du puits sans fond de la spéculation financière,
où mes collègues bac+5 avec 10 ans d'expérience doivent vivre dans des chambres de bonne,
où je sais de science certaine que tout en travaillant 50 semaines par an comme cadre dans une TPE je terminerai ma vie dans une demi-misère,
où les centrales nucléaires à la construction et à la gestion quasi privatisées menacent de sauter à tout moment,
où l'on ferme des hôpitaux et des écoles,
où l'on met absurdement les revendications de justice sociale sur le compte de l'infantilisme des pauvres "qui réclament auprès de leurs parents",
où l'on feint de croire que les citoyens protestent contre les taxes qui financent les hôpitaux alors qu'ils protestent contre les taxes qui financent les aventures spéculatives et la défiscalisation des riches,
où le riche considère normal de vivre, de travailler et de se faire soigner en France mais pas d'y payer des impôts,
où on traite de communistes, de populistes et de nazis les gens qui réclament le maintien d'une assurance chômage à laquelle ils cotisent depuis 40 ans,
où l'on rénove les TGV qui vont à la City mais en fermant les petites lignes,
où l'on abandonne les infrastructures du pays quand on ne les vend pas au moins offrant,
où un quart de milliard d'enfants travaillent dans le monde pour fabriquer des portables ou extraire du cobalt pour des corporations planquées aux Maldives,
sans compter les gosses de 14 ans qui, en France, sont déjà en pré-apprentissage sur les chantiers
et nos mousses de la marchande dont le statut vient d'être "assoupli" (moins de repos et travail de nuit)
- le tout sous des volées permanentes d'injures (Parasites ! Flemmards ! Vous n'êtes rien !)

Vous ne voyez pas que ce ne sont pas les petites gens qui ont changé, mais les rapports de force ?
Que nous vivons sous une dictature financière à laquelle ne manque aucun attribut, même pas les tontons macoutes à la Benalla ?
Que la banque est, littéralement, à la tête de l'État ?
J'en prends note, mais je me refuse à emboîter le pas aux "passifs" qui offrent d'ores et déjà aux conseils d'administration des victimes propitiatoires âgées de 8 ans.
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Écrit par : Lucas / | 05/12/2018

à Annick Lachosme

> pitié, ne nous ressortez pas les fantômes du "brun" et du "rouge", ce monde-là est mort depuis belle lurette, nos problèmes sont sans précédents.
Et ne réservez pas le blâme aux méchants manifestants qui souillent "la-plus-belle-avenue-du-monde" en plein "marketing de Noël" !
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Écrit par : Gus Brandon / | 05/12/2018

TÔT OU TARD

> De toutes façons gilet jaune ou pas il va falloir se passer de gaz oil...et ensuite d'hydrocarbures tout court...il ne faut pas seulement augmenter les prix mais se préparer à des solutions beaucoup beaucoup plus coûteuses ...le climat devra tôt ou tard passer avant le gasoil...
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Écrit par : Phil / | 05/12/2018

> Le problème est que ce sera trop tard. Quelles souffrances de masse...
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Écrit par : Naboth / | 05/12/2018

TÉMOIGNAGE D'UNE POLICIÈRE

> Une femme policier raconte "je ne défends pas un gouvernement mais les institutions de la République. Notamment le droit de manifester en toute sérénité."

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" Des GJ pacifiques, des casseurs faisant des gestes d'égorgement
Irresponsabilité du gouvernement :
- 70 policiers encerclés par 500 casseurs
- selon la presse, au même moment, Edouard Philippe fêtait son anniversaire

Ana-Liste la vie des Flics
@Hannabahia
3 déc.
Samedi matin, je prends mon service très tôt en #BAC sur un arrondissement parisien. Au bureau en train de prendre l’indispensable café, nous débattons avec mon groupe sur la #manifestation du jour.
Très vite, nous pressentons que les tensions vont être grandes et redoutons surtout les débordements. Il faut savoir cependant que de notre côté, nous ne sommes pas prévus dans le dispositif sur les #Champs. En revanche, le groupe d’après midi/soirée doit avoir une prise avancée (Comprenez qu’ils vont commencer plus tôt leur vacation) en prévision de leur déploiement sur le dispositif (vers 14h00). Nous pensons donc être « tranquilles » et faire nos patrouilles comme à l’accoutumée.
Sereins mais pas naïfs, on a tout de même embarqué dans le coffre un simulacre de matériel de protection MO (maintien de l’ordre). A savoir des casques administratifs (mais surtout des casques perso de moto ou vélo), des protèges tibias, des lunettes de protection (perso), des caches cou (perso), des gants coqués (perso). Et ce qu’on appelle des AFI (armes de force intermédiaire) : tonfa, bâton de défense télescopique, aérosol lacrymogène, GMD (grenade à main de désencerclement), lanceur LBD 40 fournis par l’administration. Autant dire, pas grand chose puisqu’il n’y en a pas suffisamment de matériel pour la #BAC d’aprèm, on a dû répartir. Dans la bagnole, on écoute les ondes de l’ensemble de Paris. On entends que ça commence déjà à « chauffer » sur le 8ème, notamment aux abords de l’Arc de Triomphe
Machinalement, on lance #BFM sur nos portables. Et là, on voit que les débordements ont déjà débuté. Néanmoins, la situation semble être contenue et maîtrisée. Rassurés, on poursuit notre patrouille.
10h00 : un premier appel sur les ondes du district qui nous demande d’effectuer une reconnaissance sur un secteur sensible et de leur transmettre une « physionomie » (comprenez que nous devons décrire ce que nous voyons). Nous nous rendons sur place en toute discrétion et constatons que le secteur est très calme. RAS.
10h15 : nouvel appel sur les ondes du district qui nous demande de nous rendre très rapidement à un point de chute pour débrief avec d’autres #BAC et un officier qui nous supervisera.
Débrief effectué, nous sommes tous attendus « VITE » secteur #Etoile et #Champs. Sur les ondes, des collègues #CRS demandent des renforts urgents PARTOUT : on ressent la panique et la peur dans leur voix. On s’y rend en convoi, on se gare, on met pied à terre. On commence à s’équiper en protection (je rappelle que nous sommes habillés en « CIVIL » avec nos fringues perso).

Pas un seul geste hostile, pas une parole outrageante

Et là, alors que les portes et coffres des caisses sont ouverts et que nous ne sommes pas totalement équipés, un groupe de #GiletsJaunes débarque de nulle part. Sans que nous en ayons été avisés via les ondes et sans connaître leurs « intentions ». Putain, on n’est pas prêts ! On laisse tomber les protections, certains n’ont pas le temps de mettre un casque ou de sortir leur bouclier souple, ou même d’enfiler le deuxième protège tibia. J’ai le palpitant à 1000, je me dis « ça y est, on va se faire défoncer la gueule, c’est parti ».
On ferme les caisses, on commence à se placer devant pour tenter de les protéger un minimum, et là, le groupe passe devant nous. Pas un seul geste hostile, pas une parole outrageante ou insultante, à peine un regard en notre direction. De VRAIS #GiletsJaunes. Certains nous saluent, nous souhaitent « bon courage », nous préviennent que « ça commence à chier », nous informent juste vouloir rentrer dans le périmètre des #Champs en trouvant l’accès le moins dangereux.
Les ondes nous appellent quelques rues plus loin, on récupère les voitures et on s’y rend. On les laisse (sans savoir comment on va les retrouver), on nous demande de nous placer dans une perpendiculaire proche de l’#ArcDeTriomphe afin d’éviter que les casseurs ne s’y rendent. A peine arrivés, nous sommes une trentaine de « baqueux », on s’exécute au commandement de former des colonnes de chaque côté. On sent immédiatement les gaz lacrymogènes, le nez pique, les yeux brûlent et s’humidifient. Certains collègues commencent à tousser et à cracher au sol. ‏Ouais… On n’est pas #CRS, le MO on n’en fait pas tous les jours. Mais très vite, on s’habitue, alors même que nos protections sont spartiates voire inexistantes.

Des gestes d’égorgement

On progresse doucement dans la rue, ça hurle, ça crie, on perçoit au bout la Place de l’Etoile, toute l’agitation qu’il y règne sans pr autant savoir ce qu’il s’y passe exactement. Arrivés quasiment à l’angle, des individus déboulent d’un coup, casqués, porteurs de masques à gaz, lunettes de protection, vêtus tt en noir, il se met à pleuvoir des projectiles de toute sorte sur nous : pavés, boulons, vis de chantier de 15cm de long (tête de vis d’un diamètre de 5cm), bouteilles en verre, chaises, poteaux métalliques, barres de fer, etc..
Certains n’hésitent pas à s’avancer pr venir au contact des collègues porteurs du bouclier, tentent de leur porter des coups
Avec des battes de baseball, bâtons, barres de fer, etc.. Nous sommes le gibier, ce sont les chasseurs… On les repousse avec vigueur, on charge, on court, on crie, on attrape les collègues, on ne se lâche pas. On est ts collègues certes, mais on ne se connaît pas tous personnellement.
Mais là, il règne une cohésion extraordinaire, fraternelle, entre ns ts dès le début. Il doit être à peine 11h00, on vient seulement d’arriver et on sent que la journée va être longue, très longue.
Les casseurs repoussés, rebroussent légèrement chemin mais veulent marquer le coup : ils retournent une voiture 10 mètres plus loin en 2 secondes, y balancent un cocktail molotov et elle prend feu sous nos yeux ahuris par la scène. Clairement, on ne s’y attendait pas. Ils nous narguent, hilares et surexcités, assoiffés de sang et de violence.
Ils veulent en découdre, il n’y a aucun doute là dessous : ils le scandent, ils le miment (effectuant des gestes d’égorgement en notre direction). Je n’ai jamais assisté à pareille violence, aussi concentrée en quelques minutes, faisant face à des individus qui veulent ma mort et celle de mes collègues et qui ne s’en cachent pas. A ce stade, notre tort est seulement d’être identifiés #Police et de vouloir (du moins essayer) rétablir l’ordre face au déferlement anarchique dont nous sommes témoins.
Notre rôle n’est pas tant d’interpeller mais plutôt de préserver l’intégrité des biens et des personnes.
Arpentant les rues du 8ème, étant propulsés de points stratégiques en points stratégiques, au cœur des casseurs, souvent devant les #CRS ou #GM, nous nous regardons tous. Hagards, abasourdis, hallucinant des scènes de guérilla urbaine auxquelles nous sommes confrontés. On n’en revient pas, aucun de nous n’a jamais vu ça, pas même les plus anciens. Des voitures, des magasins, des banques brûlent tout autour de nous, le sol est jonché de verre, de pavés, de projectiles divers, les sirènes hurlent de toute part et résonnent dans ma tête, des explosions se font entendre au loin mais parfois se déclenchent à 2 mètres de moi. On a chaud alors que nous sommes trempés par la pluie qui s’est invitée, nos visières sont embuées et pleines de gouttes d’eau obstruant notre vue, les casques nous pèsent sur le front et la nuque, nos mains sont crispées sur nos télesco/tonfa, nos yeux effectuent des 360°, on est à l’affut, nos respirations sont fortes et haletantes, le rythme cardiaque à 180 puls’.

500 black blocks et casseurs

Sur le Bd Haussman et le Faubourg Saint Honoré, on a la sensation d’être dans les tranchées. Des bagnoles en feu de part et d’autre, des barricades enflammées en pleine voie, un incendie se déclare dans un préfabriqué de 10 mètres de hauteur, avec des manifestants à l’intérieur.
La fumée épaisse et noire nous enveloppe plusieurs minutes : on ne voit plus rien. On s’agrippe aux collègues, on se parle : « T’es là ? Je vois rien devant, fais gaffe ». On se serre les coudes, solidaires : « On avance ensemble, à la vie, à la mort les gars, on lâche rien ».
Il y a un tel esprit de corps, une telle cohésion, que nous avons la sensation d’être invincibles. Mais ce sentiment ne dure que quelques secondes.
Sur une place, donnant sur le Faubourg Saint Honoré et la rue de la Boétie, près d’une église, on sécurise chaque angle. Les #BAC d’aprèm nous ont rejoints, on est environ 70. En moins de 5min, nous nous faisons encercler de toute part, par environ 500 black blocs et casseurs.
Ils dressent des barricades dans notre dos, les projectiles tombent d’un seul coup du ciel, alors que nous pensions avoir un peu de répit. Pas de #CRS ou autre unités mobiles aux alentours. On est seuls. Ordre nous est donné de « récupérer le terrain ».
On respire un grand coup, « allez les gars, on y va ! ». Au fond de moi, je me dis que ça va être un carnage, qu’on court droit au casse-pipe et qu’on devrait refuser. 70 face à 500. Sauf que les 500 ont une volonté de donner la mort, du moins une grande partie. Pas nous.
« Et puis merde ! Je vais pas rester là alors que la Capitale de mon pays se fait saccager, piller, détruire, incendier ? Je vais pas laisser mes collègues tomber un par un ? Et puis je vais pas me laisser faire tout court ! »
On y va, la fleur au fusil, ça fait déjà 5h qu’on est sous tension, sans manger, sans pause, sans boire. Mais on y arrive, on les repousse, ils se regroupent un peu plus bas, on procède à quelques interpellations des plus virulents.
En attente d’un véhicule pour prendre en charge les interpellés, on nous transmet qu’on va « devoir amener A PIEDS nos interpellés jusqu’au BRISTOL où une compagnie de #CRS nous réceptionnera ». A PIEDS ? Avec une dizaine d’interpellés ?
Non non, je vs assure, ce n’est pas une blague. Les 500 hostiles sont toujours dans les parages et nous voilà descendre le Faubourg Saint Honoré en courant, à 70 baqueux, avec la dizaine d’interpellés que nous entourons pour les protéger.
Sans foi, ni loi. Sans âme.
Evidemment, ce qui devait arriver, arriva : on se fait assaillir et canarder. On court, on ne s’arrête pas, on s’encourage, on couvre les interpellés qui hurlent à leurs comparses d’arrêter de nous caillasser parce qu’ils sont là : ça n’a aucun effet.

Sans foi, ni loi. Sans âme.

On voit au loin la compagnie de CRS et leurs véhicules, c’est interminable : mon casque amorti plusieurs projectiles, je suis un peu sonnée, mais je continue d’avancer : je n’ai pas le choix. Je prends un pavé dans le mollet, puis un autre sur la cheville au niveau de la malléole.
Je crie de douleur, mais je cours toujours. Un collègue me tire et me dit : « c’est dans la tête, t’as pas mal, c’est dans la tête !!! Avance, continue ! »
On arrive au Bristol, les #CRS sont surpris et ne s’attendent pas à nous voir : nos respirations sont coupées, j’ai les poumons en feu, ma poitrine explose de peur, de stress, d’adrénaline. J’ai vraiment cru qu’on allait se faire lyncher. On leur explique, ils nous répondent : « mais bordel, nous on est là, c’est super calme, on aurait pu vous aider putain ! Pourquoi on nous a rien dit ? Pourquoi on vous laisse à 70, presque sans équipement, sur les points les plus sensibles alors que nous on se fait chier devant le Bristol à protéger les alentours de Beauvau « au cas où »? »
Ils nous filent de l’eau, des clopes, nous font nous asseoir quelques minutes dans les camions, nous renflouent en munitions pour les LBD, en grenades GMD, en lacrymogènes… On est déjà à sec. Il doit être 16h/17h.
Je reprends mon souffle, je frotte mes hématomes naissants, j’ai le regard dans le vide : je n’en reviens pas. On se regarde encore une fois tous, soulagés d’être tous en vie et sans blessé grave.
On leur remet les interpellés sains et saufs ; et on repart en petite foulée direction les Grands Magasins qui sont menacés d’être vandalisés, pillés et attaqués.

Des bombes artisanales

Même schéma, même guerre civile. Puis Saint Lazare. La nuit est tombée. La fatigue commence à se faire ressentir,
Les muscles sont endoloris, les douleurs vives des coups et projectiles reçus se réveillent lorsque les tensions retombent quelques instants. La faim, la soif, l’envie de pisser. Saint Lazare est pris d’assaut, on sécurise les arrières d’une CSI : (Compagnie de Sécurisation et d’Intervention, dont la mission première est la lutte anti criminalité, et non pas le maintien de l’ordre) en unité constituée, en ligne, prête à bondir. Ils chargent, des bombes artisanales leur sont lancées et explosent. Une dizaine de détonations, des flammes qui jaillissent, une odeur d’essence et la fumée opaque qui nous sépare désormais d’eux. Dans ma tête, je me dis que lorsqu’elle va se dissiper, on va retrouver un collègue au sol, brûlé vif, en pleine agonie. Miracle, pas de blessé.
Oui, cela relève du miracle et du professionnalisme de tous mes collègues.
Vers 20h, des locaux de Police sont pris d’assaut, attaqués, par une horde déchaînée. On s’y rend tous en catastrophe. Cela fait presque 14h que j’ai pris mon service.
Durant le convoi, vers le boulevard de Courcelles, le convoi est bloqué par des individus barrant la route. Nous sommes donc à l’arrêt. Nos véhicules sont alors pris pour cible, une centaine d’individus nous caillassent, brisent des pares brises, des vitres, nous balancent pavés de 2kg, chaises, barres de fer, boulons, vis de chantier. Les projectiles passent parfois à quelques centimètres de nos têtes et atterrissent sur les banquettes arrières ou à nos pieds. Certains collègues sont couverts de verre, hésitent à sortir des VL pr affronter ces auteurs de TENTATIVES D’HOMICIDE. Ms très vite, on se ravise : nos collègues ns attendent, eux aussi st attaqués et risquent leur vie.
Encore 1 fois, cela tient du miracle que ns n’ayons aucun blessé face à ce que ns venons de subir.
Finissant par être libérée, je rentre chez moi, entière mais choquée. Mon corps a subi des attaques durant des heures, sans répit. Il a du se défendre pour préserver son intégrité. Je n’ai jamais ressenti pareilles douleurs physiques, d’épuisement, d’effort et de tension.
Impossible de m’endormir rapidement, l’adrénaline était encore trop présente, les sirènes de secours ne parviennent pas à quitter ma tête, je les entends en bruit de fond, incessantes, accompagnées des bruits d’explosion.
J’ai l’impression d’avoir vécu un film de guerre, je n’ai pas la sensation que c’était la réalité, comme si la vie s’était coupée ce matin à 10h et commençait petit à petit à reprendre son cours.
Je suis épuisée, physiquement et mentalement. Je finis par trouver le sommeil vers 1h00 du matin, mais le réveil va sonner à 6h00 : eh oui, je bosse dimanche.

J'ai fait ce récit non pas pr rechercher la pitié ou la compréhension, mais pour partager cette réalité de terrain difficile à percevoir pour les non-initiés. Il est impossible de retranscrire parfaitement l'atmosphère de ce samedi, impossible de reproduire les sons, les odeurs
Les émotions, les craintes et les images. Sachez juste que les images que vs pouvez voir ds les médias ne sont le reflet que d'un dixième de la réalité. Ns ne cherchons pas la gloire ou la reconnaissance, ns voulons juste faire notre métier dans les conditions les plus normales.
Alors ici, je tiens à rendre hommage à tous mes frères et soeurs d'arme, CRS, GM, CI, BIVP, BAC, CSI, GSQ, VTT, BRI...Vous tous qui étiez là, vous tous qui savez. Je vous aime et vous remercie. Ce que vous avez fait, c'est GRAND. La France s'en souviendra, demain, et dans 50 ans. "

Charlotte T.
@034Lolita :
" En réponse à @Hannabahia
Sachez que la majorité des Français vous soutient et vous remercie. Ça ne change rien pour vous mais sachez le. "
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Écrit par : E Levavasseur / | 05/12/2018

IDÉES

> Puisque les taxes sur le gazole font gagner de l'argent, l'Etat ne supprimera JAMAIS le gazole

- créer des conditions de vie telles que le recours à la voiture soit rare : commerces de proximité, transports en commun, développement petites villes, stop aux grandes métropoles sources de problème de circulation, pollution, hausse des prix du logement anonymat et délinquance
- plus de panneaux publicitaires/info à écran à cristaux liquides mais des affiches
- plus d'éclairage des bureaux la nuit, ni des parkings, ni des stades
- plus de smartphones pour les mineurs (portables simples appels et sms) : limite porno, racolage par sugar daddy/mamy et baisse de la conso électrique
Les Français gaspillent l'équivalent de deux centrales nucléaires avec des appareils en veille
- pour l'AMM que les appareils consomment moins d'énergie
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Écrit par : E Levavasseur / | 05/12/2018

à E. Levavasseur

> oui bien sûr témoignage émouvant de la femme policier. Mais ce qu'elle raconte, objectivement c'est ça : encore une fois comme le 1er mai et le 24 novembre, les affrontements ont été réalisés par quelques centaines de black-blocs surentraînés, qu'on a laissés se rassembler alors qu'on pouvait les écraser dans l'oeuf si on l'avait prévu et voulu. Mais Beauvau ne veut pas. C'est trop bien que les BB fassent toujours dégénérer les manifs politiquement emmerdantes. Et voilà le travail.
La connerie des gouvernements est insondable.
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Écrit par : Raphaël R. / | 05/12/2018

CAZENEUVE ?

> Et le retour de Cazeneuve comme PM ? Il incarnait vraiment l'autorité, malgré sa petite taille. Il était crédible, sérieux, jamais de petites phrases. Le seul que je regrette un peu de l'époque Hollande. (Mais évidemment je suivais tout ça de loin, je ne sais rien des coulisses).
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Écrit par : Alex / | 05/12/2018

RESPONSABLES

> Beau témoignage Eric. Côté prof, je connais aussi beaucoup d'exemple d'abnégation de service.
Mais une question: quand les policiers, militaire et autre fonctionnaires qui servent ouvriront les yeux pour voir qu'ils servent de chair à canon envoyé au front sans armes, équipement ou moyens, pour le plus grand bien d'une caste de parasites ?
La policière raconte bien avoir été accueillie par des CRS qui attendent près de Beauvau. C'est pas le lieu du ministère? En gros, mais je m'avance peut-être, on a un ministre trouillard qui se garde des troupes d'élite comme protection mais envoie de simples flics au feu, seuls, sans aide? Et j'imagine, mais là je deviens cynique, que cela aurait fait bien d'avoir une ou deux victimes de plus, voire un flic au tapis histoire de hurler à la révolution bolchévique sur BFM ?
Les Black blocs sont connus. On peut les coffrer en moins de deux. Qui porte la responsabilité de cela?
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Écrit par : VF / | 05/12/2018

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