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23/11/2018

Non, la taxe carburants n’ira pas à l’écologie ! (1)

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En 2019, les recettes issues de la hausse de la taxe sur les carburants n’iront pas à la transition énergétique. “Elles sont entièrement affectées au budget général de l’Etat”, constate la commission des finances du Sénat :


 

L’ensemble de recettes de la TCIPE était de 33 milliards d’euros l’an dernier ; en 2019 cela atteindra 37 milliards d’euros, répartis en principe entre l’Etat, le compte d'affectation spéciale "transition énergétique", et (pour une petite part) les infrastructures de transport… Or, souligne le sénateur socialiste Vincent Elbé, “dans le budget de l’année prochaine, seule la part de l’Etat est en augmentation. Donc l’ensemble de la croissance de la recette du produit attendu de cette taxe sur les carburants est entièrement affecté au budget général de l’Etat ! Ni la transition énergétique, ni les infrastructures de transport, ni les sommes mises à disposition des collectivités ne sont en augmentation en 2019 par rapport à 2018… Il n’y a que le budget général de l’Etat qui est abondé.”

Constat partagé (relève Public Sénat) par le rapporteur général de la commission des finances, le sénateur LR Albéric de Montgolfier. La semaine dernière il constatait déjà que 577 millions d’euros avaient disparu du budget de la transition énergétique en 2018. Aujourd’hui il dépose avec son groupe un amendement disant que “sur les 37,3 milliards d’euros de recettes attendues au titre de la TICPE en 2019, seuls 7,2 milliards d’euros sont affectés au compte d’affectation spéciale ‘transition énergétique’, chiffre en légère hausse par rapport à 2017 mais stable au regard de la prévision 2018”. La part 2019 revenant à la transition énergétique ne progressant donc pas par rapport à 2018, on constate que la hausse de la taxe sur les carburants va intégralement au budget général de l’Etat.

Rivé à l'idéologie néolibérale (dogme du “ruissellement”), M. Macron a privé l’Etat de ressources par ses cadeaux aux plus riches : abolition de l’ISF sur les actions et obligations, prélèvement forfaitaire maximal sur les revenus financiers,  abolition de l’exit tax qui pénalisait l’exode fiscal…  Des milliards d’euros étant ainsi soustraits aux Finances,  le pouvoir a cru s’en tirer en réduisant les services publics et en matraquant fiscalement les classes moyennes et les retraités. Tout en alignant des faux-semblants : d’abord la “baisse progressive de la taxe d’habitation” censée doper le pouvoir d’achat (alors que 20% des contribuables en sont déjà exonérés et que 40% ont des plafonnements). Puis maintenant l’écologie, par la hausse des taxes sur les carburants, alors que ce gain fiscal sera dépensé ailleurs...

Le bilan du macronisme est déjà sous nos yeux. L’argent ruisselle mais vers le haut : ce qui aggrave, en même temps, la fracture sociale et la financiarisation rongeant l’économie réelle. La société perd sur les deux tableaux. Et dans le cas présent, dit le sénateur Elbé, "l’Etat ayant baissé ses recettes est bien obligé de trouver quelques ressources de bouche : d’où le recours à la fiscalité des carburants alors que ce n’est pas sa vocation. Ça choque et heurte un grand nombre de nos concitoyens...”  Sauf bien entendu deux groupes de CSP+ : les bourgeois macronistes, ravis de larguer “la France des losers” ; et les bourgeois guindés, qui veulent “l’ordre dans la rue”. Est-il déraisonnable d’espérer qu'une certaine bourgeoisie catholique finisse par prendre ses distances par rapport à ces gens  –  et lire Laudato Si' ?

 

 

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11:19 Publié dans Ecologie, Macron | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : macron, écologie

Commentaires

GROSSES VANNES

> Sur les bourgeois cathos, on peut toujours rêver mais ce que j'entends est décourageant. Ce qu'ils trouvent "fulgurant" ce sont les grosses vannes genre "l'écologie c'est un luxe, les pauvres ont d'autres priorités" etc. Oui, c'est très con mais il y a un public pour ça et c'est ce qui compte pour le secteur marchand du prêt-à-penser.
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Écrit par : Alain Tilmont / | 23/11/2018

VERSAILLES, PAYS DE MISSION ?

> Il y aurait bien une manière de faire évoluer la bourgeoisie catho macroniste, cher Patrice : faire en votre compagnie, avec quelques camarades de votre blog, un raid sur un marché de Versailles, à l’enseigne des « Pauvres du Christ en gilets jaunes ou en costards contre le casino spéculatif mondial » ; proposer, provoquer un débat public sur le sujet avec l’adjoint au maire de Versailles, François-Xavier Bellamy, philosophe éclairé et politique ambitieux (voir son mouvement, « Unis pour servir » : https://www.unispourservir.fr/reflexions/ ).
Versailles, pour évangéliser le catholique macronisé, confronter ses opinions politiques avec la Bonne Nouvelle du Christ, Roi de l’univers, dans la foi et la raison… ça serait un bon début, non ?
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Écrit par : D. Solignac (Denis) / | 23/11/2018

> Je vois plutôt de mon côté une convergence des luttes et le bourgeois catho soutenir le mouvement.
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Écrit par : Ludovic / | 23/11/2018

FAIRE AVALER AUX GENS CE DONT ILS NE VEULENT PAS

> Vu sur fb, excellent: Philippe a dû dire aux gilets jaunes qu'il ne fallait pas aller manifester à Paris samedi. Réponse de gilets jaunes: M. Philippe, nous vous comprenons, nous vous écoutons, mais nous gardons le cap.
Cette façon qu'ont les gens de LRM de comprendre tout le monde, d'écouter tout le monde, voire d'être compatissant, est une autre façon de dire en français : allez vous faire voir.
La réalité de tout cela c'est qu'il y a une petite minorité de gens aisés pour laquelle travaille exclusivement la classe politique. Ces gens là s'opposent à l'immense masse des gens normaux et des pauvres. Macron l'a dit lui-même: il nous a dit fin août que les Français étaient des gaulois réfractaires au changement. Et il nous a dit un mois plus tard qu'en aucun cas il ne changerait de politique. En clair il garde le cap.
Il n'y a donc pas qui que se soit qui soit réfractaire à quoi que ce soit (ce qui est encore une façon de plus d'insulter les gens): il n'y a en réalité que deux groupes face à face qui ont des avis divergents et incompatibles, la petite minorité précitée utilisant tous les artifices de communication (du mensonge en français) pour faire avaler aux gens ce dont ils ne veulent pas.
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Écrit par : ND / | 23/11/2018

à Alain Tilmont :

> Cet argument n'est pas seulement donné par des bourgeois (cathos). Je l'ai entendu d'une militante PS issu de parents illettrés en 2007.
Même encore actuellement je ne saurai pas trop répondre à cette question si quelqu'un de pauvre me donnait ce point de vue. Et pourtant je suis maintenant catholique et en plein accord avec l'encyclique Laudato Si.
C'est une réalité, certains ne peuvent voir qu'à court terme dans l'urgence du quotidien...
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Écrit par : TonyZ / | 23/11/2018

GOUFFRE

> Macron a dit que les Gaulois étaient réfractaires au changement. Il a également déclaré qu'en aucun cas il ne changerait de politique. J'en déduis logiquement que selon ses propres critères, il est un Gaulois.
Malheureusement, je crains fort que cette seule particularité ne lui permette pas de comprendre le peuple qu'il veut gouverner. Il y a un gouffre entre ce Gaulois en chef et les autres Gaulois.
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Écrit par : Bernadette / | 23/11/2018

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