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25/10/2018

Logement social : la macronie veut le liquider...

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…par idéologie libérale, quand le reste de l'Europe fait le contraire :


La presse économique découvre la crise du logement en Europe :  dans toutes les grandes villes, les familles des classes moyennes sont chassées du centre vers les banlieues par la flambée démentielle des loyers, bien vue des gouvernements comme élément de la croissance. Selon le rapport (septembre 2018) de la Fédération européenne des prêteurs hypothécaires, les classes moyennes européennes sont guettées par le surendettement et renoncent à devenir propriétaires.

Contre la pression spéculative sur les loyers, la seule ligne de défense était le soutien des Etats au logement social. Mais l’UE s’y est opposée au nom du dogme libéral…. En Suède, par exemple, les bailleurs privés ont porté plainte à Bruxelles contre le parc public de logements sociaux municipaux : la Commission européenne a donc ordonné à la Suède  – ainsi qu’aux Pays-Bas – de ne plus financer ce parc. Résultat : les municipalités ont cessé de bâtir des immeubles sociaux. Beaucoup de ceux-ci ont été vendus au privé, ce qui a fait flamber les loyers (c’était le but). Six fois plus de familles suédoises ont subi le manque de logement, et l’attente d’un logement social s’est démesurément allongée. Des phénomènes comparables se constataient en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Dans les grandes villes étaient alors menées “des réformes comme le retrait de l’investissement public ou la vente du parc social, dont on voit aujourd’hui les effets désastreux…” (Laurent Ghekiere, de la fédération française des HLM).

La crise de 2008 avait encore dramatisé la situation en paniquant les prêteurs et les gouvernements. Seule la France avait mieux tenu le choc : 100 000 logements sociaux par an continuaient à être construits, grâce à “l’épargne du Livret A qui alimentait les prêts de la Caisse des dépôts aux bailleurs sociaux” (Le Monde 26/10).

Ce que voyant, Bruxelles et les autres capitales d’Europe ont entrepris de virer de bord. Constatant les coûts sociaux ravageurs du mal-logement, la Commission met entre parenthèses son idéologie libérale et pousse à des investissements publics massifs. Theresa May et Angela Merkel lancent des plans de milliards d’euros…

C’est à ce moment que le clan Macron, se mettant ainsi en retard de vingt ans par rapport au reste de l’Europe, décide de casser le modèle français. La loi dite ELAN et le budget 2019 taxent à mort les bailleurs sociaux (1,5 milliard d’euros) pour qu’ils vendent leurs immeubles au privé. L’Elysée et Matignon ignorent que ce système dogmatique a déjà été essayé en Europe et que ses effets ont été néfastes. Est-ce cette ignorance que Jupiter appelle “innovation” ?

 

 

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19:06 Publié dans Macron, Social | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : logement

Commentaires

> Le logement est un très gros problème en France quasiment depuis des dizaines d'années, surtout dans les grandes villes où hélas se concentrent l'essentiel des classes moyennes. A Paris les prix sont très très élevés, et les constructions neuves même très chères sont médiocres (petites surfaces, on propose des deux pièces à 35 m2...). Le réseau des transports est en mauvais état (RER B...? mais pas que celui là...), et la ville est très sale. Un désastre ! Il aurait fallu décentraliser plus. Situation quasi irrécupérable.
Une seule solution pour ceux qui ne sont pas propriétaires : fuir ! (et même peut-être pour les propriétaires).
D'un autre côté l'Etat se désengage peut-être, mais en bradant d'ailleurs certains emplacements, et la Mairie de Paris préempte de son côté des logements revendus. Au final on a donc deux politiques contradictoires !
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Écrit par : BCM / | 25/10/2018

> Ignorance, vraiment? Ou calcul financier cynique d'un business plan à très court terme?
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Écrit par : VF / | 25/10/2018

MULTIPLE

> Macron, c'est "Bob Flapi, athlète complet" !
Il peut endosser de multiples personnages et il n'est aucun domaine dans lequel il n'excelle.
Faisons-lui confiance, il va s'occuper du logement social au mieux des intérêts des lobbies bruxellois et des oligarchies néo-libérales.
Ben quoi, "y'a qu'à traverser la rue" pour trouver un logement ; les trottoirs français sont suffisamment vastes pour loger un peu plus de sans-abri... Et puis, c'est comme pour le travail : en Roumanie, il y a encore des logements vides pour ceux qui cherchent !
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Écrit par : Réginald de Coucy / | 26/10/2018

TOUT

> Oui la macronie veut tout liquider. Tout.

vers la privatisation de l'Office National des Forêts :
https://twitter.com/afpfr/status/1055700804332486656

et après... privatisation des forêts ?

les petites lignes
http://www.revolutionpermanente.fr/SNCF-Vers-la-suppression-de-40-des-petites-lignes-en-Occitanie
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Écrit par : E Levavasseur / | 26/10/2018

LE MAIRE

> https://www.latribune.fr/economie/france/presidentielle-2017-bruno-le-maire-s-attaque-au-logement-social-600364.html

Il y en avait un, parmi les candidats à la candidature de la droite il y a deux ans, qui prônait ouvertement cette mesure : Bruno Le Maire, précisément. Macron et lui sont sur la même longueur d'onde. En la matière, l'ultralibérale Singapour offre un visage inattendu : presque quatre-vingt-dix pour cent de ses citoyens habitent en HLM. Ceux-ci sont de bonne qualité et ont permis à l'État d'héberger tout le monde malgré l'étroitesse de l'île. À méditer par nos hiérarques de Bercy...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 26/10/2018

CEUX QUI AVAIENT APPELÉ À VOTER MACRON

> J'espère que les gugusses grands cathos-mous de centre gauche, éternels donneurs de leçons qui appellent sans cesse la France d'en bas à la patience et à la compréhension envers les puissants mais impitoyables avec les faibles quand ils perdent contrôle, ont quelques remords d'avoir appelé à voter Macron ?
Mais je ne le crois pas.
le vote blanc était la seule chose possible.
Le vote c'est comme le mariage. On ne se marie pas pour se caser ou cocher une case ("ça y est c'est fait") mais parce qu'on est 2 à être d'accord.
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Écrit par : E Levavasseur / | 26/10/2018

PROPRIÉTAIRES

> Immense avantage d'un "pays de propriétaires" : la jugulation de toute contestation sociale. Quand le remboursement d'un emprunt immobilier (sur 15 ou 20 ans), le paiement des charges de copropriété et des taxes foncières (et si en plus, on reste redevable de la taxe d'habitation...) vous mangent quasiment la moitié de vos revenus, vous hésitez à faire des choix de vie un peu radicaux. Surtout quand l'achat a réduit votre "matelas" financier à peu de choses...
Sincèrement, je regrette presque d'être proprio (en proche banlieue parisienne, dans ce qui était il y a encore peu la "ceinture rouge"). Le souci d'avoir un toit au moment de sa retraite et de laisser quelque chose à ses enfants à sa mort se paye cher dans notre pays.

nb : j'habite dans une commune avec un très fort taux de logements sociaux.Ce qui, hélas trop souvent, va de pair avec un cadre de vie dégradé... (mon quartier est encore un - tout petit- peu préservé. Pour combien de temps encore ? ). On dira ce que l'on voudra, mais un propriétaire a souvent plus le souci du devenir du lieu où il habite qu'un locataire de HLM: il a plus à perdre. Ne serait-ce que financièrement !
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Écrit par : Feld / | 26/10/2018

ILS SAVENT

> Je ne sais pas si il faut toujours les traiter d'ahuris ou d'ignorants; parce qu'à chaque fois j'ai l'impression qu'on leur tend une excuse.
Je pense qu'ils savent très bien ce qu'ils font et pourquoi ils le font.
En Angleterre et en Allemagne, c'est l'argent du contribuable qu'on utilise maintenant pour réparer la gabegie de ceux qui s'en sont mis plein les fouilles ?
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Écrit par : Yvan / | 26/10/2018

@ Philippe de Visieux :

> de toute façon c'est la direction prise à Paris. Des propriétaires (le moins possible) d'un côté, et des pauvres - plus les amis bien placés au niveau politique - dans le logement social (et en nombre suffisant pour assurer un réservoir de voix). Singapour n'est pas forcément le cas idéal, car ça va de pair avec un contrôle étatique total.
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Écrit par : BCM / | 26/10/2018

L'EFFET BREXIT

> Résumé de la situation :
https://www.liberation.fr/france/2018/10/28/logement-paris-troisieme-grande-ville-la-plus-chere-au-monde_1688089

Autre possible facteur de poussée à la hausse du marché, qui n'est pas évoquée dans l'article : en raison du Brexit, l'arrivée à Paris d'un certain nombre de cadres de la City, pour qui 10 000 euros le m2 ne constituent pas un obstacle majeur à l'achat...
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Écrit par : Feld / | 28/10/2018

L'INSUFFISANCE DE CONSTRUCTION

> Conséquence fatale de la croissance des "métropoles" dans lesquelles les centres sont de plus en plus recherchés donc chers, et de l'amélioration excessive des normes de construction. On est donc de moins en moins capable de construire de façons à la fois économique et intelligente.
Sur ce, vendre des HLM à leurs occupants (et non à des financiers) pour dégager des fonds pour en construire d'autres ne serait pas idiot.
La tension du marché immobilier social ou non vient de l'insuffisance de construction souvent liée au gigantisme urbain.
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Écrit par : Pierre Huet / | 28/10/2018

à BCM :

> Effectivement, Singapour est loin d'être idéale. Mais en matière de logement, mes amis singapouriens m'ont toujours dit être satisfaits : ils sont bien logés et à prix raisonnable. La loi du marché voudrait que sur un tel micro-territoire surpeuplé, les loyers flambent ; ce n'est pas le cas, ce qui permet aux citoyens de ne pas consacrer une part gargantuesque de leurs revenus au budget habitation. De telles HLM seraient appréciées à Paris intra muros !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 08/11/2018

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