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19/10/2018

Régime saoudien : Trump empêtré dans ses incohérences

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...mais "l'Occident" est empêtré avec lui :


 

A Ryad, Mashad Saad al-Boustani vient d'être victime d'un "regrettable accident de la route". C'était le plus jeune – donc le plus bavard – des quinze militaires saoudiens soupçonné (par les Turcs et les Occidentaux) d'avoir assassiné le journaliste Khashoggi, à Istanbul, dans des conditions dignes d'un film d'horreur.

Une partie de ce commando était composé de militaires proches du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, surnommé "MBS" par nos médias. C'est donc vers ce dernier que s'orientent les soupçons des services turcs et des journalistes internationaux. Or MBS était depuis deux ans le favori des gouvernements occidentaux, en dépit des crimes de masse commis par Riyad au Yémen. Et c'est afin de plaire à MBS que M. Trump actionne contre l'Iran un engrenage de guerre – qu'il nous impose sous un prétexte et une menace : le prétexte aberrant de "lutte contre le terrorisme" (iranien, en 2018 ?), et la menace de représailles contre l'économie européenne.

Ankara et les enquêteurs internationaux accusant le régime saoudien du carnage du consulat d'Istanbul, M. Trump ne sait plus quoi dire. Il avait commencé par proclamer l'importance de préserver l'axe stratégique Washington-Ryad-Jérusalem et les ventes d'armes US aux Saoudiens.... Depuis hier, ébranlé par l'indignation médiatique devant les détails gore du carnage, il change de ton ("it's bad, very bad") et menace Riyad de "très graves conséquences" si la filière du crime est avérée. Le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin annonce boycotter la conférence économique de Riyad – imité aussitôt par le ministre français Le Maire. Envoyé dare-dare à Riyad, le secrétaire d'Etat Pompeo déclare cependant que la Maison Blanche laisse au régime saoudien un délai pour s'expliquer...

L'explication de Riyad consistera sans doute à faire porter le chapeau à l'un des chefs des services spéciaux saoudiens, qui sera censé avoir agi de sa seule initiative.  La Maison Blanche n'en demandera pas plus. Les "Occidentaux" non plus : notamment Paris et Berlin, qui vendent trop de blindés, d'avions et de missiles à Riyad pour prendre le risque d'une brouille.  Voilà ce qui arrive depuis que les capitales d'Europe ont substitué l'atlantisme et le business à toute géopolitique propre.

S'attendant à cela, plusieurs ONG appellent Ankara à demander une enquête des Nations-Unies : ce serait, estiment-elles, "la meilleure garantie contre une volonté de blanchiment saoudienne, ou contre les tentatives d'autres gouvernements de passer sous silence le problème afin de préserver des relations commerciales lucratives avec Riyad".

 

 

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11:58 Publié dans Trump, Turquie, USA | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : khashoggi

Commentaires

PRINCES

> On ne peut exclure un renversement de Mohammed ben Salman par d'autres princes saoudiens qui ont réuni un "conseil de famille".
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Écrit par : Michel de Guibert / | 19/10/2018

CLIENT COLOSSAL

> 3ème budget militaire mondial, l'Arabie saoudite ne risque pas grand chose car c'est un client colossal des industries occidentales, et surtout américaine.
Financière de groupe djihadiste et ennemie de l'Iran elle joue un un rôle clé dans "notre" politique de déstabilisation des états forts du proche orient. "On" ne peut s'en passer.
Cette affaire devrait tomber dans l'oubli plus vite que l'affaire Skripal, à moins que... Donald est si imprévisible!
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Écrit par : Pierre Huet / | 19/10/2018

ÉTONNANT

> Ce qui m'étonne dans cette affaire, c'est l'étonnement de ceux qui découvrent subitement que le régime saoudien n'est ni une démocratie ni le paradis des droits de l'homme.
Autre étonnement, l'empressement d'Ankara à dénoncer Riyad. Certes la Turquie est un peu plus démocratique que l'Arabie saoudite, mais il ne me semblait pas qu'Erdogan fût si soucieux de la liberté de la presse, c'est quand même l'hôpital qui se fiche de la charité.
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Écrit par : professeur Tournesol / | 21/10/2018

Au professeur Tournesol

> Quelles que soient ses turpitudes, la Turquie n'est tout de même pas comparable, tant s'en faut, à l'Arabie saoudite !
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Écrit par : Michel de Guibert / | 21/10/2018

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