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18/10/2018

Lutte contre la pédophilie : l'Eglise doit "montrer l'exemple"

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Mgr Blaquart, évêque d'Orléans : “un pionnier”  (Libération 18/10)

Libération ce matin (il faut l'acheter) fait le point sur les responsabilités de l’Eglise – et explique pourquoi les évêques français ne s'opposent pas à l'idée d'une commission d'enquête extérieure :


 
 

Dès 2000 et l’affaire du père Bissey non-dénoncé par Mgr Pican (Bayeux), raconte Libération, la divulgation de la pédophilie de prêtres choque l’épiscopat français ; il “fait alors une déclaration solennelle, édicte des mesures, diffuse une brochure, enjoint à ses membres de signaler les cas à la justice.” Consigne inégalement suivie... En 2016 éclate à Lyon l’affaire des abus du père Preynat (années 1980) non-dénoncés par le cardinal Barbarin (archevêque de Lyon depuis 2002) quand il en fut informé en 2004. En 2008, à Orléans, Mgr Fort veut enterrer le dossier Castelet – il faudra attendre son successeur Mgr Blaquart pour que l’affaire soit transmise aux juges…

Ce type de situation s’est-il produit souvent en France ? C’est ce qu’établirait une commission d’enquête si les pouvoirs publics en créaient une. Mais le Sénat vient d’en repousser l’idée. Notant qu’aucun des évêques français ne s’oppose à l’éventualité d’une telle commission, Libération cite leur président Mgr Pontier (dans La Croix) : “Le regard extérieur nous aide et nous ne le redoutons plus comme nous avons pu le redouter par le passé”. Ou Mgr Crépy (Le Puy) : “L’Eglise ne s’oppose pas à ce que l’Etat se saisisse du dossier”. Plusieurs voix catholiques ajoutent que l’Eglise ne doit pas non plus devenir “le bouc émissaire” du drame de la pédophilie, qui touche aussi l’Education nationale etc... Certes, répond Libération dans son éditorial : “l’Eglise n’est pas la seule institution concernée, mais pourquoi ne montrerait-elle pas l’exemple ?”  Question redoutable, s’il faut Libé pour rappeler aux catholiques la responsabilité spéciale de l'Eglise dans la société !

D’autant que ce quotidien donne la parole à Mgr Blaquart, le très bergoglien évêque d’Orléans : “En rencontrant les victimes, explique-t-il, j’ai découvert une gravité insoupçonnée qui s’inscrit au-delà de l’acte lui-même. Les abus subis marquent les victimes pour la vie, brisant tous les repères, les réduisant en miettes…  Ces enfants abusés sont descendus dans l’abîme…” Citant le cas d’une petite fille aujourd’hui adulte ayant écrit un livre sur son drame, l’évêque souligne : “Le prêtre qui a abusé d’elle venait souvent dans la maison familiale. Elle a confié à ses parents ce qui s’est passé, ils ne l’ont pas crue et ils ont continué à recevoir le prêtre. D’autres victimes se sont adressées à des membres de l’Eglise, mais rien ne s’est passé. Il y a chez elles le sentiment terrible d’un abandon.”  “Ce qui me guide, dit l'évêque, c’est que la vérité et la justice soient rendues aux personnes qui ont été abusées.”

Libération indique que Mgr Blaquart “appuie à 100 %” l’idée d’une commission d’enquête parce que son Eglise, pense-t-il, “a besoin de ce regard extérieur”. C’est la logique du pontificat et de la Lettre du pape François au peuple de Dieu : si le regard extérieur est devenu nécessaire, c'est que le "cléricalisme"  (remplacer l'Evangile par l'illusion d'un pouvoir) aveugle une partie de l'institution. 

Cette analyse révulse les ennemis “réacs” de François, recroquevillés dans une carapace de juridisme introverti et de déformation du sacré. Laissons-les méditer ceci : le prêtre d’Orléans, qui comparaîtra le 30 octobre en correctionnelle pour atteintes sexuelles sur mineurs, était spécialiste éminent du droit canon et aumônier de scouts d’Europe.

 

► Dans ce dossier de Libération, lire aussi la page d'entretien avec le psychiatre Roland Coutanceau qui explique (en clinicien) les causes et les manifestations de la pédophilie. Sur le cas des prêtres pédophiles, il constate  : “Il y a parmi les prêtres des pédophiles qui se sont tournés vers l'Eglise pour de mauvaises raisons...” – "La chasteté et le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle. Ce ne sont pas des facteurs aggravants ou facilitants. La pédophilie, cette sexualité maudite, ne naît pas de ça..." – "Comme toutes les institutions confrontées à ce genre d'affaires, l'Eglise a voulu laver son linge sale en famille. Mais comme les autres, elle doit répondre à la justice des hommes. Ce que l'on pourrait conseiller à l'Eglise, c'est de parler vrai avec certains prêtres : beaucoup de gens parlent quand ils se sentent devinés...”

 

 

 

pédophiles

 

Commentaires

MAINTENANT OU JAMAIS

> Merci à Mgr Blaquart, à Mgr de Moulins-Beaufort etc. C'est maintenant ou jamais. Même si une partie des cathos français ne veulent pas s'en rendre compte car ils ont "d'autres priorités". (lesquelles ???)
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Écrit par : Jeanne Hardy / | 18/10/2018

Mgr de MOULINS-BEAUFORT

> Oui merci à Mgr de Moulins-Beaufort de son article de 'La Nouvelle Revue théologique' qui fait face au drame pédophile dans toutes ses composantes sans échappatoires.
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Écrit par : Marie Noura / | 18/10/2018

ÉCHAPPATOIRES

> Echappatoires en effet. Par exemple écrire que la pédophilie de prêtres vient "du progressisme dans l'Eglise qui désacralise tout" (lu ça sur Twitter). Et la pédophilie d'enseignants, ça vient peut-être de "l'influence marxiste à l'Education nationale" ?
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Écrit par : Christian Vandevelde / | 18/10/2018

LA SITUATION

> Merci à Mgr Blaquart, à Mgr de Moulins-Beaufort ... et à PP.
Réticent au départ, je suis maintenant convaincu. La gravité de la situation pour l'Eglise justifie ce ce courage et cette audace (pour moi).
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Écrit par : Roque / | 18/10/2018

CITOYENS

> Je partage totalement votre point de vue sauf sur un point.
Effectivement l'Eglise doit montrer l'exemple mais il me semble qu'elle fait un chemin de purification louable. Et s'il faut que le Sénat enquête, il me parait normal qu'il ne se saisisse pas que d'une partie des citoyens qu'il représente mais de la totalité, c'est-à-dire aussi les écoles publiques, les centres aérés etc.. Vu du Sénat, les membres de l'Eglise ne sont qu'une partie des citoyens. C'est peut-être pour cela que la pétition n'a pas été jugée recevable.
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Écrit par : Olivier le Pivain / | 18/10/2018

LES ANNÉES 1970

> Le progressisme n'explique pas la pédophilie, ça n'a rien à voir.
Mais comme déjà dit sur ce blog**, le progressisme notamment dans les années 70/80, a développé une fausse conception de "l'ouverture aux différences" et de la miséricorde qui amenait ces adeptes à considérer la pédophilie comme "pas si grave" & sa dénonciation comme une attitude rétrograde et méchante : "faut pas juger".
Et dans les milieux intellos de droite nationaliste, on dénonçait mais chez les autres (qui se glorifiaient de leur "ouverture")

**http://plunkett.hautetfort.com/archive/2018/08/16/usa-300-pretres-pedophiles-sur-70-ans-6072751.html#comments
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Écrit par : E Levavasseur / | 18/10/2018

UN AUDIT

> Vous dites que le Sénat a repoussé l'idée d'une commission d'enquête. Est-ce que cela veut dire qu'elle est enterrée ?
Si elle l'est, l'Église pourrait être amenée à demander un "audit" réalisé par un autre intervenant extérieur. Serait-ce possible ? Et par qui ?
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Écrit par : Guadet / | 18/10/2018

JUDICIAIRE

> Oui, une enquête extérieure peut être une très bonne chose.
Parlementaire comme le demandaient certains ? Mais comment en désigner les membres ? Ne serait-ce pas le rôle de l'Institution judiciaire ?
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Écrit par : Pierre Huet / | 18/10/2018

CE QUE LES DÉPUTÉS (SOCIALISTES ET COMMUNISTES) AVAIENT PROPOSÉ

'Le Monde' 17/10, sur la commission d’enquête proposée (avant les sénateurs de gauche) par les députés de gauche :

“Les députés socialistes proposaient, en outre, d’élargir le champ de l’enquête non plus uniquement à l’Eglise mais à tout type de structure accueillant des enfants (éducation nationale, clubs sportifs, etc.). Un souhait partagé par leurs collègues communistes qui avaient débattu de l’opportunité de répondre à l’appel de Témoignage chrétien.”
______

Écrit par : PP / | 18/10/2018

QUESTION DE SOCIÉTÉ

> Commission d'enquête oui mais peut-être pas "parlementaire" ?
ou alors pas que dans l'Eglise mais dans toute la société.

car les domaines dans lesquels peut s'exercer une commission parlementaire sont les 3 suivants :
1/gestion service public,
2/entreprise nationale
Ces deux-là ne peuvent englober une enquête DANS l'Eglise.
et 3/question de société qui peut englober englober une enquête DANS l'Eglise mais pas s'y limiter.

Car la pédophilie étant une question de société, une commission d'enquête sur la question pourrait donc s'exercer sur le sujet si et seulement si elle s'appliquait à LA SOCIÉTÉ c'est à dire à TOUTES les composantes de la société DONT L'EGLISE.
(ce qui serait d'ailleurs beaucoup plus profitable)

Il ne s'agirait donc pas d'être contre une enquête sur la pédophilie mais de rappeler que la restreindre à l'Eglise est juridiquement impossible.
Ce qui peut-être fait peur à certains...

"les "écrans de fumée" dont parle Laurence Rossignol pour qualifier le simple rappel du domaine d'application d'une telle commission ne sont pas à mon humble avis là où elle le pense (mais pense t-elle ?) mais seraient bien dans le fait d'en rejeter la simple idée de peut que ça ne touche d'autres institutions...
J'en ai bien peur.

http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/fonctionnement/parlement/assemblee-nationale-senat/qu-est-ce-qu-commission-enquete-parlementaire.html
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Écrit par : E Levavasseur / | 18/10/2018

LE SECRET DE LA CONFESSION

> Si la commission se mettait en place, il y a un point qui poserait problème: le secret de la confession. Désormais, la non-dénonciation de ces faits peut être poursuivie pénalement.
Quid alors si un prêtre entend en confession qu'un prêtre a abusé de tel enfant? Que ce soit de la bouche de la victime ou du coupable.
Si l'Eglise veut être sur la même longueur d'onde que le pouvoir temporel de ce point de vue, il faut résoudre ce nœud. Et il est probable qu'une commission d'enquête mette le doigt dessus.
______

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Sur un tout autre sujet, le procès du Cardinal Barbarin a repris. La justice française a compris qu'elle n'a rien a attendre du Vatican a qui elle réclamait des informations et témoignages. Le contre-témoignage est patent. L'Eglise formule plein de bonnes intentions pour l'avenir, mais pour le présent, elle refuse de collaborer avec la justice temporelle.

Écrit par : Cyril B / | 19/10/2018

LE FAUX DISCOURS DE LA "DIFFÉRENCE"

> Il faut en effet fermement fermer la porte au faux discours sur la tolérance , la différence et le pardon. cette conception dévoyée de la miséricorde est honteuse. Il faut que les bouches s'ouvrent et que les sanctions tombent sans pitié. La dureté voilà la solution. La complaisance cléricale doit finir. C est ce que veut François. C'est ce qu il fait.
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Écrit par : Phil / | 19/10/2018

ABERRANT

> Il me paraît aberrant et hors de question de parler de supprimer le secret de la confession, en ces matières comme en d'autres.

MG


[ PP à MG - L'idée n'est évidemment soutenue par personne chez les catholiques. Elle n'a pas non plus été exprimée par les députés ou les sénateurs. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Michel de Guibert / | 19/10/2018

LE CAS TOUVIER

> Un parallèle intéressant dans La Vie : l'instauration d'une commission historique par le cardinal Decourtray sur les complicités dont aurait bénéficié Paul Touvier dans l'Eglise, en 1989. René Rémond dénonçait déjà un certain cléricalisme :
"C’est d’ailleurs marquant de constater que l’une des conclusions du rapport de René Rémond est que ces personnes qui ont aidé Paul Touvier étaient marquées par une ecclésiologie trop cléricale, méconnaissant, ou dévalorisant, la consistance propre de l’institution judiciaire, parce qu’à leurs yeux l’Église catholique était la seule institution parfaite. Finalement, dans le cas de Paul Touvier comme dans le dossier concernant la pédophilie, on pointe du doigt le cléricalisme, la couverture de criminels, la non-prise en compte de la parole des victimes et le non-recours à la justice civile."
Extrait de l'interview de Charles Mercier

Antoine R.


[ PP à Antoine R. :
- En effet : pazrallèle très éclairant.
- Les analyses du pape François seraient donc plus pertinentes que ne le suggère par ailleurs, de mois en mois, l'éditorial de 'La Vie' ? ]

réponse au commentaire

Écrit par : Antoine R. / | 19/10/2018

@ PP

> La question était évoquée ci-dessus par Cyril B, d'où ma mise au point.
______

Écrit par : Michel de Guibert / | 19/10/2018

EN CONFESSION ?

> -Si une victime en parle en confession.
Ici, c'est de l'ordre de la confidence puisque ce n’est pas elle qui a péché.
Le prêtre doit l'encourager à aller au commissariat, à en parler à l’évêque et l'y accompagner.
C'est son rôle.
Le prêtre peut dire : "ce que vous me dites il faut le dire à l'évêque et à la police. Voulez-vous que je vous accompagne chez l'évêque ou au commissariat pour y faire votre déposition ?"
Attention : Le fait que la personne hésite ou refuse n’est en aucun cas la preuve qu’elle raconte des histoires.
Comme il ne s'agit pas d'une confession proprement dite mais d'une confidence le prêtre doit en parler à l'évêque, car il s'agit d'une accusation grave.
ça je pense que c'est à lui de le faire.
______

Écrit par : E Levavasseur / | 19/10/2018

INAPPLICABLE

> Poursuivre un prêtre sur une question de secret de la confession est typique de ces choses inapplicables:
- comment les autorités sauraient-elles qu'un criminel s'est confessé & que le prêtre n’en a pas parlé ?
De plus, limiter à l’Eglise la non dénonciation de crimes connus par son activité est aussi révélateur des fantasmes laïcards puisque les psychologues, les accompagnants, les médecins peuvent y être aussi et doivent eux aussi discerner : justice /secret professionnel.
-Pour les personnes ayant « seulement » des tendances pédophiles , il faut qu’elles suivent une thérapie (et soient accompagnées spirituellement) & donc se sentent libres de pouvoir en parler. Ici il n’y a pas de crime mais risque.
Le confesseur doit donc subordonner l’absolution à la prise de mesures de précautions (comme pour les pensées adultères) & le début d’une thérapie.
-Pour les personnes passées à l’acte, il faut qu’elles soient mises hors d’état de nuire et se fassent soigner : or comment peut-on le savoir en cas d’absence de découvertes ou de dénonciations par les victimes ? par le pédophile lui-même.
S’il sait qu’il va être dénoncé ou poussé à se dénoncer, va-t-il en parler ?
Oui s’il veut lui-même en finir avec son crime.
Evidemment non dans le cas contraire. Par définition, le criminel assumé ne se confesse pas. S’il le faisait, pour narguer un prêtre, par une sorte de cynisme satanique, il ne s’agirait plus d’une confession puisqu’il n’y aurait aucun regret ni désir de changer : le prêtre ne serait plus confesseur d’une faute mais témoin d’une vantardise criminelle (quelle horreur) : il doit donc en parler à qui de droit. Aucun état d’âme à avoir.
Comme l’efficacité de la confession, c’est-à-dire le pardon accordé, repose 1°) le regret d’avoir commis des fautes 2°) leur confession 3°)la pénitence/réparation quand c’est possible** qui revient ici à cesser toute activité avec des enfants et à se dénoncer, le rôle du prêtre doit être d’y pousser le pédo-criminel. L’absolution n’est accordée qu’après cela (et c’est comme ça pour tous les crimes) ; peut-on dire que le prêtre doit accompagner la démarche ? je pense que oui, c’est son rôle.
Mais que faire si le pédo-criminel, qui était sincère au moment de sa confession, finalement par peur, ne se dénonce pas ?
tout d’abord ses crimes sont-ils anciens ou d’actualité ? s’ils sont d’actualité, il y a danger pour le présent. Le prêtre pouvait-il demander les noms des victimes lors de la confession ? les rencontrer et leur demander de dénoncer ? avec l'accord du confessant, oui mais sans son accord ?
peut-on dire à qui de doit "il faut que vous ne mettiez plus telle personne ne soit plus en contact avec des enfants?"
Car il faut bien agir


**L’Eglise doit être très claire sur ce point et arrêter de laisser croire que ce sacrement est un simple exercice psychologique où l’on décharge sa conscience : la vie de foi n’est pas une recherche de « bien-être » (on ne parle plus que de ça aujourd’hui) ; il y a pénitence et réparation quand c’est possible.
Elle doit le rappeler & si ça jette un froid dans une « messe waouh », c’est le signe qu’il faut arrêter avec les « messes waouh » et autres célébrations marketing. Nous sommes en guerre.
______

Écrit par : E Levavasseur / | 19/10/2018

HYPOTHÈSE

> Oui l'Eglise ne doit pas faire obstruction à la justice
Mais attention à ne pas tomber d'un cléricalisme à l'autre, c'est à dire de la protection de l'institution par le secret à la protection de l'institution par une attitude politique qui mettrait les prêtres dans une situation de pression constante et exagérée ou dans disproportion de la sanction de tout geste, même totalement anodin.
Ce serait terrible car cela ferait payer tous les clercs pour présenter une institution "propre".

Ludo


[ PP à Ludo - Ne vous trompez pas de perspective.
La priorité pour l'Eglise est de témoigner du Christ.
Tout ce qui (dans l'Eglise) empêche ce témoignage doit être réformé.
Le scandale mondial de la pédophilie de prêtres est l'empêchement n° 1 : son ravage public est infini et c'est la seule chose "terrible".
Faire cesser ce scandale est la condition pour que l'Eglise redevienne "transparente au Christ", donc missionnaire.
Ne cherchons donc pas de faux-fuyants et d'hypothèses pour échapper à ce devoir urgent... ]

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Écrit par : Ludo / | 19/10/2018

PAS D'ACCORD

> Pas de faux fuyant ici
Il n’est pas question de remettre en cause la tolérance zéro
Je constate simplement en discutant avec des amis prêtres et en regardant ce qui se passe dans nos communautés que la tolerance zéro est bien appliquée. Et qu’on a du coup le risque de tomber dans un autre excès. Je ne considère nullement cet excès équivalent au premier mais j’en constate les dégâts. Et surtout je trouve que cette manière de traiter le sujet est très compatible avec le cléricalisme. C’est simplement une autre manière de protéger l’institution, en traitant tous les gestes sur le même plan, au risque d’un puritanisme qui n’est pas catholique et au risque de voir les prêtres subir une pression non justifiée.

Ludo


[ PP à Ludo
- Non ! Cette hypothèse est artificieuse. C'est un rebond de la campagne anti-François permanente, qui fait flèche de tout bois pour semer la méfiance.
Pour que ce soit complet, il ne reste plus qu'à prétendre :
1. que la mobilisation contre la pédophilie "n'est qu'une diversion pour détourner les catholiques de la lutte contre l'islam" ;
2. ou que "la pédophilie n'existerait pas si Vatican II n'avait pas désacralisé le prêtre"...
(Oui, j'ai lu récemment ces deux énormités intégristes). ]

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Écrit par : Ludo / | 21/10/2018

L'HYPOTHÈSE

> Merci de votre réponse
Il me semble qu’il y a une incompréhension sur la nuance que j’apporte - oui c’est une hypothèse - qui d’ailleurs est la mienne, elle ne vient d’aucun site pro ou anti françois, mais de mon observation d’un certain nombre de fait, et en premier lieu que la tolérance zero est déjà appliquée en France. C’est pour cette raison que je suis révolté contre les attaques contre Mgr Barbarin qui a largement prouvé (cf. le témoignage du journaliste Lyon Mag) qu’il l’appliquait.
______

Écrit par : Ludo / | 21/10/2018

CAS TRAGIQUE

> Très malheureusement mon hypothèse semble se confirmer dans ce cas tragique :

https://www.google.fr/search?q=la+croix+diocese+orleans&rlz=1CDGOYI_enFR719FR719&oq=la+croix+diocese+orleans&aqs=chrome..69i57j0l3.10229j0j4&hl=fr&sourceid=chrome-mobile&ie=UTF-8

Ludo


[ PP à Ludo - Oui, le cas est tragique et nous devons prier : le rosaire, à Marie mère de l'Eglise, comme le demande le pape.
Cela dit, ce prêtre innocent est tombé victime non pas de la sévérité (nécessaire) de l'Eglise envers la pédophilie, mais d'une situation infernale créée dans le public par le péché (monstrueux) des prêtres abuseurs. Et là c'est saint Michel archange qu'il faut invoquer, comme le pape le demande aussi. ]

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Écrit par : Ludo / | 22/10/2018

COUP DUR

> https://www.la-croix.com/amp/1200977781

Coup dur pour Mgr Blaquart et pour notre Église qui voit un nouveau suicide de prêtre en ce début d'année scolaire...
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Écrit par : TonyZ / | 22/10/2018

MANQUE DE SOUTIEN

> Bien sûr vous avez raison
Ce prêtre paie pour les autres
Mais pour connaître aussi un prêtre dans un cas similaire (innocent mais révoqué quand même pour geste déplacé) je peux vous dire qu’il manque cruellement du soutien de son évêque.
______

Écrit par : Ludo / | 23/10/2018

CRI DU COEUR

> Je connaissais le père PY Fumery, dans notre diocèse du Loiret. La situation ici est très difficile dans l'Église après cette tragédie. Ce cri du coeur la résume assez bien :
https://www.famillechretienne.fr/filinfo/le-cri-d-un-pretre-une-partie-du-clerge-est-au-bord-de-la-depression-243671

Aussi faut-il garder les yeux fixés sur Jésus, notamment par l'adoration réparatrice, et continuer à oeuvrer pour l'évangélisation dans nos paroisses.
______

Écrit par : Alex / | 25/10/2018

> https://www.nouvelobs.com/societe/20181102.OBS4836/pedophilie-dans-l-eglise-face-aux-eveques-des-victimes-a-l-heure-des-comptes.html
Article hélas lucide sur la situation de l'Église de France face à la pédophilie : les victimes sont présentes à Lourdes car elles l'ont exigé. Il est incompréhensible qu'elles ne peuvent s'exprimer en séance plénière ; pour cette seule raison, je comprends que François Devaux n'y aille pas. Incroyable également d'apprendre que l'abbé Vignon ait été démis de ses fonctions à l'officialité. Tout aussi inacceptable fut le manque d'empathie des responsables ecclésiaux lors du procès Castelet. On nous dit qu'il faut en finir avec le cléricalisme et l'omerta, mais ce qu'on voit donne à réfléchir...

PV


[ PP à PV - Je ne serai pas aussi formel que vous dans l'appréciation. Certaines des conditions posées par Devaux semblaient conçues pour être refusées (on se demande depuis un certain temps quel est son objectif personnel réel). D'autre part, le coup d'éclat du
P. Vignon contre l'archevêque de Lyon rendait "fonctionnellement impossible" son maintien au poste de juge ecclésiastique : impasse canonique, dans un domaine qui est précisément celui du droit canon... Ces deux faits (Devaux et Vignon) ne sont donc pas exactement ce que L'Obs (qui n'est peut-être pas une référence) dit d'eux. Même les commentateurs radio, ce matin, reconnaissaient que l'Eglise catholique française commence à prendre ses responsabilités. Le rapport de la CEF sur la lutte contre la pédophilie ne manque pas de substance. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 03/11/2018

à propos du Père Vignon et du Cardinal Barbarin

> Il ne s'agit pas d'une "éviction", mais d'un non-renouvellement de mandat, ce n'est pas la même chose ! Personne n'est propriétaire de sa charge !
La pétition du Père Vignon demandant la la démission du cardinal Barbarin, qui n'était pas responsable des agissements, ou plutôt des non-agissements de ses prédécesseurs, pour des faits bien antérieurs à sa venue à Lyon n'était pas juste à mes yeux, comme je l'ai dit au Père Vignon.
C'est d'autant plus vrai que pour des faits analogues survenus plus récemment, le Cardinal Barbarin a immédiatement agi.
Je suis très préoccupé par ces manipulations de l'information.
______

Écrit par : Michel de Guibert / | 04/11/2018

À Patrice et Michel de Guibert :

> Je souscris à l'esprit général de votre propos, tout en y apportant quelques nuances. Si je n'ai aucun doute sur le plein engagement du cardinal Barbarin dans la lutte contre la pédophilie, son lapsus de 2016 sur la prescription des faits, "grâce à Dieu", a laissé une image contrastée : si nous étions - comme l'est Fr. Devaux - victimes, comment aurions-nous reçu cette phrase ? Cela étant, si elle pouvait légitimement susciter le rejet des fidèles, cette phrase ne pouvait en aucun cas justifier un appel à la démission, ce que fit pourtant l'abbé Vignon il y a plusieurs semaines. La transparence dans l’Église ne saurait en aucun cas signifier une quelconque chasse aux sorcières.
Quant à la conférence épiscopale, dont on ne peut que se réjouir de la publication du rapport sur la pédophilie, je ne parviens toujours pas à comprendre pourquoi elle ne se dit "pas prête" à écouter les victimes en séance plénière à Lourdes. Un récent article du 'Monde' m'a en effet fait réfléchir : il y était fait état de "réticences" parmi les successeurs des apôtres, notamment à propos de la constitution d'une commission d'enquête. Les propos de Mgr Crépy sont clairs : « c’est une commission pour faire la vérité. Moi, je n’ai rien à cacher. Je n’ai pas peur. L’Église avance trop lentement, c’est vrai. Les évêques avancent à des vitesses différentes ». Que peut bien signifier ce "moi, je n'ai rien à cacher" ? Que d'autres auraient été moins vertueux et ne souhaitent pas voir étalés sur la place publique leurs manquements éventuels ? Je comprends que la culture du cléricalisme ne puisse prendre fin dans l’Église en quelques jours, mais face au drame de la pédophilie, ces "réticences" internes peuvent susciter une certaine amertume.

https://www.lemonde.fr/religions/article/2018/11/04/a-lourdes-les-victimes-de-pedophilie-reclament-des-actes-a-l-eglise-catholique_5378551_1653130.html

PV


[ PP à PV - Attention, j'ai toujours reconnu que le cardinal Barbarin n'avait pas eu les paroles et les gestes souhaitables au début de cette sinistre affaire. Tout le mal est venu de là... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 06/11/2018

à Philippe de Visieux

> Je vous accorde bien volontiers que le "Grâce à Dieu" du cardinal Barbarin était particulièrement malheureux, encore qu'il faudrait voir le contexte de cette expression : la prescription signifiait-elle ici le fait pour le cardinal d'échapper à des poursuites ou bien le fait qu'il s'agissait d'une histoire ancienne sans aucune récidive depuis plus de vingt-cinq ans ?
Pour ce qui concerne la commission d'enquête sur la pédophilie, l'objection principale était de limiter son champ aux faits survenus dans l'Eglise, ce qui apparaît évidemment particulièrement grave aux yeux des croyants (et à ceux qui accordent crédit à l'Eglise) ou de l'étendre à tous les faits de pédophilie dont on sait bien qu'ils surviennent aussi ailleurs, à commencer par l'intérieur des familles elles-mêmes, ou encore dans d'autres institutions.

MG


[ PP à MG - Certes, mais il serait catholiquement désastreux d'oublier que le sacerdoce fait du prêtre infiniment autre chose qu'un laïc. Relativiser le crime du prêtre en disant que "des laïcs le commettent aussi", ce serait perdre de vue ce qu'est le sacerdoce.
Ce relativisme guette actuellement beaucoup de catholiques français, qui "défendent" l'Eglise comme ils défendraient un parti. La "défendre" ainsi, c'est lui ôter son sens...
Ça devrait sauter aux yeux de tous les fidèles ! Mais depuis cinq ans, dans nombre d'esprits, la mentalité "parti catho" se substitue au sens surnaturel. C'est grave. L'essentiel est en cause. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Michel de Guibert / | 06/11/2018

@ PP

> Je suis bien d'accord avec vous qu'il y a une spécificité et une gravité particulière des actes de pédophilie commis par des clercs, je ne crois pas avoir en quoi que ce soit relativisé les crimes du prêtre en attirant l'attention sur la question de la pédophilie dans son ensemble qui est un problème de société bien plus vaste que les questions de pédophilie chez les clercs.
Je ne pense pas que le rôle des parlementaires soit de se saisir de cette question uniquement au regard de l'Eglise sans appréhender la question dans son ensemble.
Quant à votre conception du sacerdoce presbytéral, je ne suis pas sûr qu'il faille "sacraliser" le prêtre, mais c'est un autre débat...

MG


[ PP à MG - Je ne sacralise nullement la personne humaine du prêtre. Je rappelle que son ordination le configure au Christ. Ça me paraît difficile à nier, et ça donne la perspective... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Michel de Guibert / | 08/11/2018

Conférence de presse des victimes d´abus et des évêques de France / Conférences des Evêques de France

> Intégralité de la conférence de presse de ce samedi 3 novembre 2018 à Lourdes, au terme d´une rencontre entre des victimes d´abus sexuels commis par des clercs et les évêques de France. Véronique Garnier et Olivier Solignac sont intervenus pour rendre compte de leur expérience, avec Mgr Georges Pontier (président de la Conférence des évêques de France), Mgr Luc Crepy (président de la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie dans l´Eglise) et Mgr Antoine Hérouard (évêque auxiliaire de Lille). Cette rencontre a été organisée au premier jour de l´assemblée plénière de la conférence épiscopale.

http://www.ktotv.com/video/00251237/conference-de-presse-des-victimes-d-abus-et-des-eveques-de-france

... sans langue de bois ni de buis.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 08/11/2018

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