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10/10/2018

Ces businessmen US qui voudraient prendre le contrôle de l'Eglise catholique

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Invoquant la (très réelle) crise des abus sexuels, un réseau d'hommes d'affaires américains prétend placer sous son contrôle les cardinaux du monde. Ce serait suspect même s'il s'agissait vraiment de moralité. Mais ne s'agit-il pas aussi de politique américaine, avec visées sur le prochain conclave ? 


 

La guerre américaine contre le pape argentin a commencé dès le début du pontificat, après le premier discours de François critiquant le capitalisme ultralibéral. Puissamment financés, les médias de la "Religious Right" – dont la télé hypercatho EWTN – se déchaînèrent aussitôt contre ce pape "socialiste" et même "pur marxiste". Les attaques n'allaient plus cesser... C'est un média catholique appartenant au réseau EWTN qui allait lancer, en août dernier, le pamphlet signé Vigano exigeant la démission de François.

Mais le scandale Vigano n'était que le coup d'envoi d'une opération de grande envergure, inédite à l'époque moderne et ambitionnant de faire passer le catholicisme sous le contrôle d'une puissance temporelle : en l'occurrence la droite d'affaires américaine. Tout se passe désormais comme si ce milieu s'en croyait capable !

D'où deux événements révélateurs, fin septembre et début octobre.

 

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1. Le 30 septembre à Washington, le projet Red Hat Report a été annoncé lors d'un symposium pour “une nouvelle gouvernance de l’Eglise” (tenu sur le campus de la Catholic University of America). Il s'agit d'une opération de déstabilisation dans l'Eglise : déstabilisation assumée comme telle par ses concepteurs américains ! Financé à une hauteur escomptée d’un million de dollars, le projet Red Hat est dirigé par un comité d'universitaires catholiques et de businessmen trumpistes. Son managing editor est un nommé Philip Nielsen,  executive director du lobby pour une ‘nouvelle gouvernance de l’Eglise’, jusqu’ici directeur de recherches d’un Center for Evangelical Catholicism.

Voici la stratégie du projet Red Hat Report : le comité va former une task force d'anciens agents du FBI (pour la technique) et de militants (pour l'idéologie), répartis en équipes de six et chargés d'aller "investiguer" chaque cardinal à travers le monde. On pense à un film de Coppola : Gene Hackman dans Conversation secrète (1974, photo ci-dessus) ! Les remontées de ce big data seront mises en forme par un desk de quarante membres qui classera chaque cardinal dans l’une de ces trois catégories : 1. culpabilité grave, 2. accusations crédibles, 3. clean...  Les accusations seront fixées “selon les indications des meilleurs experts » : après quoi elles seront balancées simultanément à tous les médias et réseaux sociaux. C'est ce que le comité de Washington appelle "un blitz médiatique" ("media blitz"), parce que l'opération se présente comme un bombardement.

Ce "blitz" a pour objectif allégué de dénoncer les "corrompus", ce qui est censé plaire aux catholiques indignés par le scandale pédophile.. Mais les businessmen trumpistes qui mènent le projet ont aussi dans leur collimateur (aux Etats-Unis et ailleurs) les cardinaux unis au pape et qui suivent sa ligne géopolitique et socio-économique : celle que la Religious Right dénonce avec fureur depuis cinq ans. L'habileté du projet Red Hat  pourrait consister à masquer une chasse aux sorcières politique sous des allégations morales en assimilant les amis du pape à "des corrompus" : opération déjà largement commencée, ne serait-ce que dans le pamphlet Vigano.

Un indice supplémentaire est apporté par la hâte avec laquelle Nielsen et son groupe ont effacé de leur programme l'allusion (qu'il contenait initialement) au prochain conclave. Car le lien se fait de lui-même : supprimer certains cardinaux mal vus des intérêts US, aurait pour résultat d'élire "a better pope" !  De la présentation powerpoint du projet, l'un des participants à la réunion du 30 septembre rapporte cette punchline : “Si nous avions eu le Red Hat Report il n’y aurait pas de pape François aujourd’hui“.

En tout cas ces gens ont les moyens de leurs prétentions. Le management  du “blitz médiatique” sera confié à un universitaire américain nommé Jacob Fareed Imam, désormais development director du projet à Washington ; comme Nielsen et le reste de l'équipe, ce dernier a quitté son job actuel pour le Red Hat Report.  Et  le projet ne s’en tient pas aux cardinaux : s’il se développe financièrement comme prévu, et une fois un pape US friendly installé à Rome, le 'Comité pour une nouvelle gouvernance de l'Eglise' compte devenir permanent et étendre son contrôle aux évêques.

C'est l'irréalisme, la mégalomanie, la paranoïa et le délire d'espionnage technologique qui caractérisent une certaine mentalité d'outre-Atlantique : par exemple celle des irresponsables qui déclenchèrent la guerre du Vietnam en 1963, ou celle d'Irak en 2003, sur la base de distorsions mentales et d'analyses fausses. Mais ici nous avons affaire à des gens qui se disent catholiques tout en "pensant" et agissant de façon non-catholique ;  des gens qui disent agir pour le bien de l'Eglise universelle mais ne servent que l'America first. L'aveuglement trumpien transposé dans l'ecclésial.

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Tim Busch. Les immobilistes se prétendant partisans d'une "réforme"...

 

2.     Les 1er et 2 octobre, à Washington aussi, une autre réunion prétendant vouloir une “authentique réforme de l'Eglise” était organisée par Timothy Busch : le milliardaire cofondateur du lobby Napa Institute, ce mélange contre-nature de "catholicisme" et d'idéologie économique libertarienne. Le 2 octobre, devant une assistance de 250 personnes composée d'hommes d'affaires du Napa et d'ecclésiastiques en quête de donateurs, M Busch n’a pas hésité à proclamer : “Nous allons restaurer l’Eglise dans sa sainteté” et cela “sans tenir compte du droit canon”. Ce qu’il appelle “restaurer l’Eglise dans sa sainteté” est d’ailleurs singulier à nos yeux d’Européens : “Je respecte prêtres et évêques dans la mesure où ils se conforment au comportement du business ordinaire”, explique-t-il... En dépit de la présence de trois prélats dont le cardinal Müller (inévitable dans ces milieux), le climat de la réunion était hostile au pape : les participants ont estimé que son autorité était “grandement ternie” grâce à l'opération Vigano, et M. Busch a déclaré à propos de l’ex-nonce demandant la démission du pape : “Vigano nous a tracé la voie. Nous devons la suivre et faire avancer les choses dans cette direction.”

Il y a des affinités entre M. Busch et le président Trump :  la grossièreté mentale, le manque de culture et d'informations sur tout ce qui n'est pas l'Argent, et la certitude que l'Amérique doit : a) ne penser qu'à elle, b) régenter néanmoins le rest of the world, c) par la méthode du bras de fer. Appliqué à la politique mondiale, c'est le chaos trumpien. Appliqué à la religion, c'est M. Busch voulant aligner l'Eglise du Christ sur "le comportement du business ordinaire".

Reste une différence. Il n'y a pas de fourberie dans M. Trump. Il y en a beaucoup chez M. Busch, chez M. Nielsen, et chez les aboyeurs intégristes d'EWTN avec leur marionnette Vigano et leurs clones à Paris (hélas). La fourberie de ces gens consiste à se prétendre partisans de "changements dans l'Eglise"... alors que leur idée fixe est de faire élire un pape immobiliste, voire rétrograde et partisan d'une Eglise-bunker ; et pour cela, de renverser le pape François qui – lui – préconise de grands changements dans l'Eglise pour que ce siècle découvre le Christ.

 

L'un des participants de la réunion du 2 octobre a lancé : “Ce n’est pas une crise, c’est une guerre et nous devons la mener.” Une guerre sale se prépare en effet dans l'Eglise ; c'est l'agression d'une certaine Amérique contre le pape François et le peuple des catholiques loyaux. Cette agression ne manquera pas de supplétifs dans les rangs du catholicisme français et de ceux qui s'en prétendent les amis (avec de tels amis on n'a pas besoin d'ennemis). Il faudra leur tenir tête.  Décidés à marcher avec le successeur de Pierre, nous parlerons fort et clair : avec mesure, mais nettement. C'est le devoir des Christifideles laici.

 

 

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Commentaires

POURQUOI PAS MORMONS

> Pourquoi ces fous américains ne deviennent-ils pas mormons, si leur Credo commence par "America first" ? Je me pose vraiment la question. Uniquement parce que le catholicisme est un réseau mondial influent et potentiellement utile au "business ordinaire" ?

Alex


[ PP à Alex - Non, parce que les mormons sont déjà des rouages de l'America first.
Sur les catholiques (bien qu'ils aient subi depuis dix ans la contagion des évangéliques de droite) pèse encore un peu le vieux soupçon WASP : les "papistes" sont suspects d'échapper à la religiosité de Mammon.
D'où l'entreprise actuelle, qui cherche à utiliser le drame de la pédophilie pour faire éclater le catholicisme : d'un côté les 'American Catholics', de l'autre les 'Roman Catholics'.
C'est d'ailleurs aussi le rêve de nos propres identitaires : rompre avec l'universalisme romain et se fabriquer un "catholicisme ethnique". C'est à quoi travaillent certains groupuscules encadrés par de jeunes soutanes, épinglés naguère dans le livre d'Erwan Le Morhedec. ]

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Écrit par : Alex / | 10/10/2018

CEUX QUI TRONQUENT LES TEXTES

> La guerre ouverte a commencé dès Benoit XVI et s'est aggravée sous François.
Sous Jean-Paul II, c'était des mensonges par omission ; l'exemple le plus connu étant ce citer "Centesimus Annus" de manière tronquée :

"L'Eglise reconnaît le rôle pertinent du profit comme indicateur du bon fonctionnement de l'entreprise. Quand une entreprise crée du profit, cela signifie que les facteurs productifs ont été dûment utilisés et les besoins humains correspondants convenablement satisfaits.
Cependant, le profit n'est pas le seul indicateur de l'état de l'entreprise. Il peut arriver que les comptes économiques soient satisfaisants et qu'en même temps les hommes qui constituent le patrimoine le plus précieux de l'entreprise soient humiliés et offensés dans leur dignité. Non seulement cela est moralement inadmissible, mais cela ne peut pas ne pas entraîner par la suite des conséquences négatives même pour l'efficacité économique de l'entreprise. En effet, le but de l'entreprise n'est pas uniquement la production du profit, mais l'existence même de l'entreprise comme communauté de personnes qui, de différentes manières, recherchent la satisfaction de leurs besoins fondamentaux et qui constituent un groupe particulier au service de la société tout entière. Le profit est un régulateur dans la vie de l'établissement mais il n'en est pas le seul ; il faut y ajouter la prise en compte d'autres facteurs humains et moraux qui, à long terme, sont au moins aussi essentiels pour la vie de l'entreprise."
http://catho.org/9.php?d=35#by

chez les libéraux, ce texte devient seulement :

"L'Eglise reconnaît le rôle pertinent du profit comme indicateur du bon fonctionnement de l'entreprise. Quand une entreprise crée du profit, cela signifie que les facteurs productifs ont été dûment utilisés et les besoins humains correspondants convenablement satisfaits."
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Écrit par : E Levavasseur / | 10/10/2018

CATÉECHÈSE DU PAPE

> Il est intéressant de noter que le résumé en français de la longue catéchèse de François lors de l’audience générale de ce 10 octobre, sur le thème : « Tu ne tueras pas », cible particulièrement le regard dévié des conservateurs américains. Extraits trouvés sur vatican.va : « On pourrait dire que tout le mal réalisé dans le monde se résume dans le mépris pour la vie. (…) Ce qui conduit l’homme à refuser la vie, ce sont les idoles de ce monde : l’argent, le pouvoir, le succès. Ce sont de faux paramètres pour apprécier la vie. L’unique mesure authentique de la vie est l’amour. (…) Que personne ne mesure la vie selon les tromperies de ce monde, mais que chacun s’accueille lui-même et les autres au nom du Père qui nous a créés. »
Transmis à MM. Philip Nielsen, Timothy Busch et consorts, c’est cadeau.
On notera en parallèle que la traduction du résumé de la même catéchèse du pape, en anglais, donne un tout autre son, et notamment celui-ci :
« Les agressions contre la vie se produisent dans de nombreuses situations, depuis la guerre et l’exploitation jusqu’à la répression des personnes vulnérables, des personnes âgées et des enfants à naître. En fin de compte, c'est la peur qui donne lieu au rejet de la vie. Accueillir l'autre, cependant, défie une telle peur. Nous voyons une attitude qui accueille plutôt que de rejeter la vie dans la préoccupation déchirante des parents pour un enfant malade. Leur désir de protéger et de sauver est un signe de la valeur précieuse de la vie, surtout chez ceux qui souffrent, qui sont en fait un don de Dieu et qui nous aident à grandir dans son amour. »
Je propose qu’on échange les rédacteurs de ces synthèses papales : l’auteur du résumé français ne conviendrait-il pas mieux aux Américains ?
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Écrit par : Denis / | 10/10/2018

UNE OPÉRATION U.S. "DÉGUEULASSE"

> Peu après l'élection de François, le jésuite français Henri Madelin avait estimé que le pape ferait comme son prédécesseur, renoncerait à sa charge, mais seulement après s'être assuré que son impulsion pastorale serait relayée par son successeur. À l'évidence, le Saint-Père est conscient de la guerre idéologique qui est menée contre cette impulsion ; il ne peut dès lors renoncer, puisqu'une déferlante menace.
Ces éléments sont remarquablements bien expliqués par le père basilien Thomas Rosica, fondateur de la chaîne canadienne Sel et Lumière, hier et aujourd'hui au micro de KTO :
https://youtu.be/esU9qKdhfx4
https://youtu.be/p1UY5dnlbIo
Le père Rosica (proche du pape) parle d'opération "dégueulasse" (sic) pour désigner ce qui se passe actuellement dans l'Église et a bien raison : il établit en quoi l'opposition à François vient de l'Ouest et des États-Unis en particulier. Un entretien sans tabou.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/10/2018

IDOLÂTRES

> C'est dingue comme ces pseudo-catholiques idolâtres de Mammon font du mal à l'Eglise. Ils divisent, et jouent le jeu du Diabolos... Le pape à bien raison d'appeler St Michel à la rescousse et ce n'est pas seulement pendant le mois d'octobre qu'il faudra réciter la prière de Léon XIII mais les mois suivant aussi. Et il nous faut agir, et nous agirons, soyez en sûr.

CV


[ PP à CV - Oui, il faut agir. Les fourbes et les imposteurs ont trop accaparé la visibilité depuis 2013. ]

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Écrit par : Charles Vaugirard / | 10/10/2018

FRACTURE

> L'Église se fracture entre collabos et résistants, symptôme que se met bien en place un totalitarisme néolibéral.
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Écrit par : Guadet / | 10/10/2018

MIGRANTS

> Je suis étonné que vous n'ayez pas fait mention sur ce blog de l'entretien de François au journal économique italien "Il Sole 24 Ore" (début septembre): https://www.ilsole24ore.com/art/notizie/2018-09-06/lavoro-denaro-europa-migranti-intervista-papa-francesco-192336.shtml?uuid=AEn2tdlF&fromSearch
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Écrit par : Raphaël R. / | 10/10/2018

OBAMA ?

> Cher Patrice votre analyse est sérieuse et crédible.
Mais on a envie d'aller plus loin.
Pourquoi Benoit a t il démissionné et pourquoi le conclave a t il choisi un pape si différent ?
Ce que les républicains US tentent aujourd'hui , n'est ce pas le symétrique de ce que Obama a fait en 2013 ?

Phil


[ PP à Phil - Deux objections à votre question :
1. L'Esprit Saint
2. Ce qui s'est passé au conclave de 2013 ne porte aucune trace d'intervention américaine.
Les seuls à prétendre (sans l'ombre d'un indice évidemment) qu'Obama a fait élire Bergoglio, sont... les amis de M. Bannon : ceux qui pensent que "catholics = niggers". ]

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Écrit par : Phil / | 10/10/2018

IMPASSE

> “Si nous avions eu le Red Hat Report il n’y aurait pas de pape François aujourd’hui“, proclament-ils. Ne feraient-ils pas comme une impasse sur l'action du Saint-Esprit ?

Sven Laval


[ PP à SL - Nous vivons à une époque de catholiques (ou de protestants) non chrétiens. Pour une grande partie des évangéliques US, l'Esprit Saint s'appelle Netanyahou. ]

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Écrit par : Sven Laval / | 10/10/2018

RELAIS

> On peut supposer que ces gens ont des relais au Vatican. Qu'en pensez-vous?

PH


[ PP à PH - Bien sûr, et chez les folliculaires romains anti-François : on a vu le circuit fonctionner lors du coup Vigano. ]

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Écrit par : Pierre Huet / | 10/10/2018

MENTALITÉ

> Je ne comprends pas cette mentalité américaine. Doit-on encore emballer le profit par le religieux? Perdent-ils des part de marchés s’ils ne se disent pas catho-friendly ? Où est-ce pour enfumer les hispanophones qui travaillent pour eux à bon marché. Les catholiques sont une minorité chez les chrétiens au US. Déjà que le Vatican y est dépeint comme la Babylone, la grande prostituée depuis des siècles.
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Écrit par : Théophile / | 10/10/2018

PÄROLIN CIBLÉ

> https://www.ncronline.org/news/people/red-hat-report-audit-cardinals-ahead-next-conclave
Le cardinal Parolin, actuel Secrétaire d'État du Saint-Siège, semble être une cible affichée du groupe, et pour cause ! Élu pape, il proposerait sans doute la continuation de l'enseignement du Saint-Père François, inacceptable à leurs yeux.
Il nous faudra exercer une vigilance particulière en ce qui concerne les pages Wikipedia des cardinaux, également visées par le groupe pour les pourvoir d'informations liées aux activités soi-disant suspectes des cardinaux.
Le but de l'opération est manifestement de diffamer les cardinaux dont le groupe ne souhaite pas l'élection : le prochain pape doit être à leurs yeux pro-business et pro-U.S. Et l'Esprit Saint dans tout ça ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 11/10/2018

HALLUCINANT

> C'est proprement hallucinant.
Il n'était pas étonnant de voir le monde de la finance essayer de décrédibiliser le pape et l'Eglise par tous les moyens, y compris le mensonge, mais tenter de faire de l'Eglise un instrument de sa domination, je ne l'aurais jamais imaginé. Et en plus ils ne s'en cachent même pas !
De ce fait, l'histoire drôle sur le pape et la firme Coca-Cola n'est presque plus de la fiction. Je me permets de la raconter ici pour ceux qui ne la connaîtraient pas, un peu d'humour fait parfois du bien.
Le PDG de Coca-Cola demande une audience au pape. Celui-ci, dans sa grande bienveillance, la lui accorde. Les journalistes postés alentours, se demandent la raison de cette rencontre. Le PDG envisage-t-il de se convertir au catholicisme ? Soudain, la porte s'ouvre et le PDG apparaît, propulsé par un vigoureux coup de pied.
Les journalistes se précipitent aux nouvelles.
"Cet homme est nul en affaires !"rugit le PDG qui en bégaie presque. "Vous vous rendez compte qu'il a refusé un milliard ?" "Comment cela ?" s'étonnent les journalistes. "Figurez-vous que je lui offrais un milliard par an pour ses pauvres s'il acceptait de remplacer le vin de messe par du Coca-Cola et il m'a mis à la porte."
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Écrit par : Bernadette / | 11/10/2018

MACHIAVÉLIQUE

> Ce plan est machiavélique à souhait. Après avoir dénoncé 2 ou 3 évêques aux mains sales (ils vont en trouver), ils pourront tenter de diffamer l'un ou l'autre des évêques qui les gênent le plus. (presque) tout le monde n'y verra que du feu, car juste avant ... ils avaient vu juste (le vieux truc de crucifier 2 criminels autour d'un innocent, ca ne vous rappelle rien ?).

Reste a voir si les cardinaux (dans leur ensemble) se soumettront à cette pression médiatique et populaire, ou s'ils résisteront en écoutant le souffle de l'Esprit-Saint. J'ai foi en la Toute puissance de Dieu.
La solution, pour le croyant, se trouve dans le témoignage de la vérité (pas forcément de convaincre, mais témoigner), et dans la prière.
Je crois que la prière des tous petits, des plus faibles, des fragiles, pourra renverser ces puissants orgueilleux. Le monastère invisible, né sans bruit (http://www.lemonastereinvisible.com/) est peut-être le buldozer qui les écraseras. Mais il faudra lutter...
Cdt,
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Écrit par : Bergil / | 11/10/2018

SCHISME ?

> Avec de tels moyens mis en oeuvre, il est fort à parier que le schisme aura bien lieu. Si du prochain conclave, truqué, devait sortir un antipape "aligné" sur les USA, ce sont peut-être les chrétiens fidèles à François qui seront tentés par le schisme. L'Eglise américaine catholique deviendrait alors la seule Eglise visible (préparant les chemins de l'Antéchrist ? ) et l'Eglise catholique romaine, réduite à un "troupeau" étique, ne serait plus "dirigée" que par des papes errants. Une lignée de "François", à l'instar des "Benoît" de 'L'Anneau du pêcheur" de Jean Raspail ?
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Écrit par : Feld / | 11/10/2018

Le "Blitz"...

> C'est pas un truc de nazi, ça ?...
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Écrit par : Fernand Naudin / | 11/10/2018

LIBÉRAUX ET COMMUNISTES

> Ils veulent donc des cardinaux coupés du pape, mais dociles à des intérêts prétendûment patriotiques, et blacklister les cardinaux fidèles au pape ?
Ultra-libéraux et communistes, on voit que les extrêmes se rejoignent !
L’Église chinoise est donc en avance, elle qui a déjà vécu cette expérience de division entre évêques "bons patriotes" et évêques fidèles au Pape. Cette expérience est heureusement en train de se clore, rendons grâce à Dieu.
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Écrit par : Isabelle Meyer / | 11/10/2018

BUSCH EN RUPTURE AVEC LA DOCTRINE SOCIALE

> https://youtu.be/y8pXQikO974
Entretien de Timothy Busch sur le thème 'le catholicisme est-il anticapitaliste ?'... Après la présentation de la doctrine sociale de l'Église, qualifiée par le journaliste de "sous-religion" au sein du catholicisme, Busch se lance dans un plaidoyer en faveur de l'ultra-libéralisme : le Chili qui a mis en application les théories de Milton Friedman connaîtrait la prospérité alors que le Vénézuela socialiste, sous influence des jésuites sud-américains (pique à qui l'on sait) s'enfonce dans le marasme économique.
Au final, Busch expose ce qu'est, pour lui, le lobbying catholique : ne parler que des questions morales. Mariage, avortement, mais pas économie. On comprend pourquoi "this current pope" ainsi désigné avec condescendance est un problème pour ce monsieur.

PV


[ PP à PV – N'importe quel catholique un peu instruit de sa religion sait que la doctrine sociale "fait partie de la théologie morale", et que "les fidèles du Christ doivent l'accueillir avec une docilité aimante" (JP II).
M. Busch ne veut pas le savoir.
La plupart des bourgeois de droite français ne veulent pas le savoir non plus.
Là est la "base de classe" de l'espèce de schisme en train de s'organiser. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 12/10/2018

WHAT HAPPENED

> https://www.ncronline.org/news/opinion/what-happened-catholic-church-0
Une bonne analyse de la situation de l'Église, dans une perspective historique, par un catholique britannique. Il parle d'âges sombres à venir et du danger que représente le fondamentalisme qui gangrène une partie de l'Église américaine.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 12/10/2018

LE CHILI

> Le Chili doit sa prospérité à l'exportation massive du cuivre, sa principale richesse, pas à l'application des théories des économistes à gages de l'École de Chicago. Du reste, depuis la baisse des cours des métaux en 2015, l'économie chilienne est en difficulté. C'est de surcroît le pays le plus inégalitaire de l'OCDE, bel exploit quand on connaît l'extension de l'inégalité chez les autres. La prospérité au Chili ? Busch est un menteur.
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Écrit par : Lucas / | 12/10/2018

KOONS

> http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2018/10/12/03015-20181012ARTFIG00114--le-bouquet-de-tulipes-de-jeff-koons-bientot-plante-dans-les-jardins-pres-du-petit-palais.php
Toujours dans le registre du business US, l'"artiste" Jeff Koons qui voulait le Palais de Tokyo comme écrin à son "cadeau" démesuré, avait affirmé ne tolérer comme alternative qu'un lieu connu, à la hauteur de sa renommée mondiale. Mme Hidalgo lui offre donc les Champs-Élysées : de quoi satisfaire l'ego et le portefeuille d'un homme à la recherche de publicité gratuite et voyante !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 12/10/2018

MARITAIN, MAURRAS, HAYEK etc

> De vous lire PP, je ne puis m’empêcher de vous citer Jacques Maritain dans son ouvrage intitulé « La philosophie morale ». La passage intéressant, ici concerne le positivisme d’Auguste Comte. Voici donc ce qu’il écrit :

« On ne verrait qu’à moitié, croyons-nous, la signification de l’opération entreprise par Comte, et ne comprendrait pas comment il a pu rêver de l’effectuer, si on ne prenait pas en considération la dégénération religieuse qui s’était produite dans certaines couches sociales contemporaines et qui fournissait à l’esprit de Comte une image déjà faussée du catholicisme. Comte est un phénomène bourgeois-français outrancier mais singulièrement représentatif, et c’est sur l’arrière-fond de la bourgeoisie française de son époque qu’il faut voir se détacher sa physionomie. Thomas Huxley a dit que le positivisme est le « catholicisme moins le christianisme ». Le fait est que du temps de Comte une notable partie de la bourgeoisie française avait déjà inauguré cette sorte de catholicisme.
Si Comte a pu rêver de fonder un catholicisme athée, c’est que la classe en question avait parmi ses membres les plus solides quantité d’athées pratiques, plus ou moins nourris de Voltaire et de Béranger, qui se disaient catholiques en niant dans tous leurs principes de conduite Dieu, le Christ et l’Evangile, et en soutenant la religion pour des raisons toutes temporelles et politiques, afin de préserver l’ordre social et la prospérité des affaires, d’asseoir leur propre domination économique, et de maintenir les classes inférieures dans l’obéissance grâce à une vertueuse rigueur sanctionnée d’en haut.
L’existence de cette sorte de soi-disant catholiques rendait moins impossible à concevoir l’idée d’une transposition athée du catholicisme ; et en même temps l’espèce d’inconsistance et d’hypocrisie dont ils souffraient incitait le fondateur du positivisme à les régénérer. La religion de l’humanité était comme une réplique à leur négativité. Elle leur disait : avouez donc ce que vous êtes, et au lieu d’adorer Dieu des lèvres sans croire réellement en lui, et en étant socialement inutiles parce que vous méprisez le commandement de vous aimer les uns les autres qu’il vous a donné, adorez le Grand-Etre que la sociologie vous fait connaître et rendez-vous utiles en le servant avec cet amour athée qui s’appelle l’altruisme. »

(Jacques Maritain, 'La philosophie morale', Salvator, 2009, page 362-363).

On a une étrange impression lorsqu’on lit cela, et qu’on lit votre post. On parle beaucoup ces derniers temps de Charles Maurras : or, ainsi qu’on le sait Maurras était positiviste. C’était bien lui, si j’ai bon souvenir qui a écrit : « je suis catholique, mais je suis athée. » Vous faites remarquer PP, combien les jeunes, qui aujourd’hui se tournent vers ses œuvres, sont par ailleurs contaminés par le libéralisme. En regardant la page wilkipedia, consacrée au nationalisme intégral, on apprend que : « Dans l'avant-propos de son ouvrage 'Mes idées politiques', Charles Maurras entend définir le domaine au sein duquel la notion de justice a un sens car pour lui de nombreuses erreurs politiques procèdent d'une extension abusive de ce domaine : "L'erreur est de parler justice qui est vertu ou discipline des volontés, à propos de ces arrangements qui sont supérieurs (ou inférieurs) à toute convention volontaire des hommes. Quand le portefaix de la chanson marseillaise se plaint de n'être pas sorti des braies d'un négociant ou d'un baron, sur qui va peser son reproche ? À qui peut aller son grief ? Dieu est trop haut, et la Nature indifférente. Le même garçon aurait raison de se plaindre de n'avoir pas reçu le dû de son travail ou de subir quelque loi qui l'en dépouille ou qui l'empêche de le gagner. Telle est la zone où ce grand nom de justice a un sens".

Pour Maurras, l'inégalité peut être bienfaisante en ce qu'elle permet une répartition protectrice des rôles et il doit s'agir pour l'État non soumis à la démagogie de les organiser au bénéfice de tous ; il est vain de vouloir supprimer les inégalités, cela est même dangereux du fait des effets secondaires pires que le mal que l'on prétend résoudre :

« Les iniquités à poursuivre, à châtier, à réprimer, sont fabriquées par la main de l'homme, et c'est sur elles que s'exerce le rôle normal d'un État politique dans une société qu'il veut juste. Et, bien qu'il ait, certes, lui, État, à observer les devoirs de la justice dans l'exercice de chacune de ses fonctions, ce n'est point par justice, mais en raison d'autres obligations qu'il doit viser, dans la faible mesure de ses pouvoirs, à modérer et à régler le jeu des forces individuelles ou collectives qui lui sont confiées. Mais il ne peut gérer l'intérêt public qu'à la condition d'utiliser avec une passion lucide les ressorts variés de la nature sociale, tels qu'ils sont, tels qu'ils jouent, tels qu'ils rendent service. L'État doit se garder de prétendre à la tâche impossible de les réviser et de les changer ; c'est un mauvais prétexte que la « justice sociale » : elle est le petit nom de l'égalité. L'État politique doit éviter de s'attaquer aux infrastructures de l'état social qu'il ne peut pas atteindre et qu'il n'atteindra pas, mais contre lesquelles ses entreprises imbéciles peuvent causer de généreuses blessures à ses sujets et à lui-même. Les griefs imaginaires élevés, au nom de l'égalité, contre une Nature des choses parfaitement irresponsable ont l'effet régulier de faire perdre de vue les torts, réels ceux-là, de responsables criminels : pillards, escrocs et flibustiers, qui sont les profiteurs de toutes les révolutions. […] Quant aux biens imaginaires attendus de l'Égalité, ils feront souffrir tout le monde. La démocratie, en les promettant, ne parvient qu'à priver injustement le corps social des biens réels qui sortiraient, je ne dis pas du libre jeu, mais du bon usage des inégalités naturelles pour le profit et pour le progrès de chacun. » » Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nationalisme_int%C3%A9gral

Or, il se trouve, que cette critique de la justice sociale, est exactement la même que celle que formule…Friedrich Hayek, dans "Droit, Législation et Liberté" qui lui valut le prix Nobel d’économie et à sa suite, Margaret Thatcher, et tous ceux qui l’ont suivi, etc. C’est-à-dire : une société n’a pas de volonté, donc elle ne peut pas être juste, il est donc vain de se plaindre. Chez Margaret Thatcher cela donnait : de toute façon la société n’existe pas, donc il n’y a pas de justice sociale.
On peut toujours refuser de commémorer Maurras, mais quand on la même conception de la justice sociale que lui, cela mériterait quelques éclaircissements.
Pour ce qui est du "prix Nobel" d'économie, le cru 2018, est plus risible encore que les autres: https://www.nouvelobs.com/planete/20181010.OBS3745/ok-pour-un-rechauffement-de-3-5-degres-les-etranges-calculs-du-prix-nobel-d-economie.html
Pour le reste, et pour sourire, notre Président a parlé le 29 août dernier de Gaulois réfractaires au changement. Il semblerait qu’au fond il souhaitait nous entretenir de lui-même, vous ne pensez pas ? https://www.rtl.fr/actu/politique/en-aucun-cas-je-ne-changerai-de-politique-previent-emmanuel-macron-7794990194
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Écrit par : ND / | 12/10/2018

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