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29/08/2018

L’auteur du texte assumé par Vigano est un journaliste lié aux ultra-conservateurs

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Associated Press le révèle : le brûlot contre le pape a pour concepteur-rédacteur le journaliste romain (bergogliophobe) Marco Tosatti. Celui-ci dit avoir persuadé Vigano d’assumer la publication de ce libelle, dont Tosatti a eu l’idée et qu’il a rédigé “avec le prélat”. Le coup était lié aux ultra-conservateurs de la Curie... Ci-dessous la dépêche, suivie de notes et d'informations sur Tosatti :


 

<<  Rome (AP) – Un journaliste italien, disant avoir aidé un ancien diplomate du Vatican à écrire ses allégations explosives de “couverture d’abus sexuels” contre le pape François, dit qu’il a persuadé l’archevêque de publier cela après les révélations du grand jury de Pennsylvanie qui ont jeté l’Eglise US dans l’agitation.

Marco Tosatti dit avoir aidé l’archevêque Carlo Maria Vigano à écrire, réécrire et mettre en forme [1] ce “témoignage” de 11 feuillets, assis tous les deux côte à côte sur une table en bois dans le living-room de Tosatti, pendant trois heures, le 22 août.

Tosatti, adversaire notoire de François en Italie, a affirmé à Associated Press que Vigano l’avait “appelé à l’improviste” quelques semaines plus tôt en lui demandant de le rencontrer, puis lui avait communiqué l’information devenue “la base” du témoignage.

Le document Vigano affirme que François aurait été au courant de l’inconduite sexuelle de l’ex-cardinal Theodore McCarrick depuis 2013, et qu’il l’aurait réhabilité des sanctions que le pape Benoît XVI lui avait infligées [2]. Cette affirmation perturbe le pontificat de François.

Vigano appelle François à démissionner en raison de ce qu’il qualifie de complicité dans la couverture des crimes de McCarrick. Il y a pourtant des preuves que le Vatican, sous Benoît et saint Jean-Paul II, ont également tu cette information, et qu’aucune des sanctions de Benoît ne fut jamais appliquée. [3]  

Vigano a gardé le silence depuis son “témoignage” explosif, et l'on ne sait pas où il est. La reconstitution livrée par Tosatti est donc le seul aperçu sur la façon dont le document a été produit.

Tosatti, longtemps correspondant du quotidien italien La Stampa mais désormais rédacteur pour des blogs et des journaux plus conservateurs [4], assure qu’après leur rencontre initiale voici quelques semaines, Vigano aurait dit qu’il n’était pas prêt à intervenir publiquement. Selon Tosatti ils n’étaient “que des relations, non des amis”, et Vigano lui aurait dit avoir besoin de régler quelques questions personnelles avant de procéder. Mais Tosatti affirme que Vigano l’aurait rappelé après la publication du rapport du grand jury de Pennsylvanie, le 15 août, relatant que quelques 300 prêtres dans six diocèses de Pennsylvanie avaient abusé de plus de mille enfants en 70 ans, et qu’une série d’évêques avaient tu cela. [4]  >>

 

Mes notes :

[1] “Write, rewrite and edit” dans le texte original d’AP. Ce vocabulaire propre à la presse et à l’édition a une signification connue de tous les journalistes :  il veut dire que le ‘nègre’ (autre terme technique) a eu un rôle déterminant, celui de co-auteur. Voire d’auteur principal, le signataire n’ayant fait que fournir une matière première dont la pertinence est donc sujette à caution.

[2] et [3]  L’allégation concernant Benoît XVI ne tient pas. En 2013 le pape sur le départ était toujours en bon termes avec McCarrick (photo de presse officielle à l’appui), et celui-ci donnait de spectaculaires conférences de presse au séminaire américain de Rome avant le conclave ! Il n’était donc ni “destitué”, ni “interdit de parole publique”, et François ne pouvait le “réhabiliter” de quoi que ce soit. Ce mensonge central disqualifie le libelle Vigano.

[4]  "Plus conservateurs", le mot est faible. Tosatti s'est spécialisé dans le pope-bashing sur des sites ultras : voire ci-dessous. Il est (avec Sandro Magister) la référence des passéistes énervés en France, et des plus féroces ennemis du "socialist pope" aux USA.

[5]  Tosatti donne donc deux versions incompatibles : ou bien Vigano l’a appelé pour agir après le rapport de Pennsylvanie (version 2), ou bien c’est Tosatti qui a dû le persuader d’agir (version 1, au début). Tout ça ressemble de près à une situation classique : le monteur du coup circonvenant le futur “auteur”. Quiconque connaît la cuisine d’édition aujourd’hui sait de quoi je parle…

 

 

Marco Tosatti et le réseau anti-pape

Le journaliste italien fait partie des favoris de l’ultra-droite bergogliophobe en Italie et en France. Pour le retrouver dans les opérations de ce milieu, il suffit de consulter (par exemple) le site intégriste Riposte catholique, qui le qualifie (3/12 2017) de “vaticaniste réputé” et signale élogieusement que Tosatti est lié à Ettore Gotti-Tedeschi, banquier évincé par Benoît XVI et pilier du réseau anti-François ! (cf. les pages le concernant dans mon livre Cathos, ne devenons pas une secte, Salvator 2018). Riposte catholique tient Tosatti pour un grand journaliste et adresse un “hommage” au financier ultralibéral Gotti-Tedeschi… Sans surprise, Riposte catholique  (27/08) milite aujourd’hui en faveur de Vigano.

On est là au cœur du micro-milieu qui produit, de six mois en six mois, des actions haineuses contre le pape : campagne d’affiches dans Rome, désinformation de quotidiens et de magazines parisiens, etc. Exemples :

- en avril 2017, sur le site de la Nuova Bussola bergogliophobe, Tosatti battait le rappel pour une réunion “internationale” à l’hôtel Columbus contre l’exhortation apostolique Amoris laetitia (réunion à laquelle participait d’ailleurs le Français Thibaut Collin, acerbe anti-François, respecté des salons à Paris ; mais c’est un détail).

- en mai 2017, sur le site ultra Biblical False Prophet, Tosatti prenait la défense de l’indéfendable cardinal Burke qui venait de mentir au pape et d’envenimer la discorde dans l’Ordre de Malte. Discorde que le pape venait de cautériser en obtenant la démission du grand-maître… Mais aux yeux du journaliste il ne pouvait y avoir qu’un coupable : le pape argentin. D’où l’élégant titre de l’article : “Ceux qui ne sont pas d’accord avec le boss, ils y laissent leur tête !”

- en novembre 2017, sur le site ultra-conservateur First Things, Tosatti diffusait la fausse nouvelle de la création d’une “messe catholico-protestante” par le pape derrière le dos du cardinal Sarah ; Greg Burke, directeur du bureau de presse du Vatican, et Mgr Roche, de la Congrégation pour le culte divin, étaient obligés d’informer le public qu’il s’agissait d’une rumeur “totalement fausse”. Aujourd’hui First Things soutient Vigano !  Un certain monde est tout petit.

Etc.

 

Chaque jour fait un peu plus la lumière sur le marais bergogliophobe. Ne soyons pas des aveugles volontaires. Ne nous laissons pas démoraliser par les manipulateurs…

 

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Commentaires

> "Voyez comme ils s'aiment"...
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Écrit par : Fernand Naudin / | 29/08/2018

Mgr McElroy, évêque de San Diego :

> "Malheureusement, au cours des dernières semaines, des guerriers idéologiques des deux côtés de l’Eglise ont utilisé la tragédie des victimes d’abus pour promouvoir leurs objectifs.
"Dans ses évidents efforts pour régler de vieux comptes personnels, dans son omission de toute référence à la participation personnelle massive de l’archevêque Vigano dans la dissimulation des abus sexuels commis par les évêques [Vigano a été accusé de couvrir l'évêque de Minnéapolis] et plus profondément dans sa haine pour le pape François et tout ce qu'il a enseigné, l'archevêque Vigano subordonne constamment la poursuite de la vérité complète à la partisanerie, à la division et à la distorsion."
______

Écrit par : E Levavasseur / | 29/08/2018

ABONNEMENTS

> Eh bien, j'en apprends de belles sur votre blog.
Il confirme ma décision de résilier 2 abonnements.
Ces références me semblaient pêcher par carence dialectique : un point de vue politico-économique évoqué et un seul. Il s'agissait du mien, alors ça allait...
Le blog confirme (votre livre), mon ignorance d'autres points de vue.
Il me reste un hebdo, explicitement religieux celui-ci. onsolante satisfaction. Je tremble cependant à l'idée qu'il soit cité ici.

Michel Santini


[ PP à MS - Allons allons, nous ne sommes pas sans pitié ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Michel Santini / | 29/08/2018

MARCO TOSATTI NOUS RÉPOND
et ce qu'il déclare n'est pas pour surprendre...
(sauf l'assertion selon laquelle le moment de publication du libelle - pendant le voyage du pape en Irlande ! - fut l'effet du hasard des circonstances) :

« Messieur, je voudrais préciser:
Je n'ai convaincu personne de faire quoi que ce soit. Mgr Viganò m'a contacté parce qu'il voulait faire connaître les choses au public, et il voulait le faire - dans un premier temps - avec une interview. Après le premier contact, je me suis limité à lui faire remarquer que la publication du rapport du Grand Jury de Pennsylvanie allait aborder les questions dont il voulait parler, et que c'était peut-être le bon moment pour son initiative.
Je ne l'ai pas non plus persuadé de rendre le document public. Et ma contribution a été celle d'une révision professionnelle, c'est-à-dire que nous avons travaillé sur le projet, dont le matériel était intégralement du Nonce, pour vérifier qu'il était fluide et utilisable sur le plan journalistique.
Je crains de devoir démentir que ma participation ait quelque chose de sensationnel. Il est probable que si nous avions décidé de faire une interview, ma contribution aurait été encore plus grande, parce que j'aurais posé des questions, ce qui ne pouvait évidemment pas se produire dans un document-témoignage.
Le choix de l'heure de diffusion a été influencé par le fait que Mgr Viganò voulait que le document soit publié non seulement en italien, mais aussi en espagnol et en anglais. Cela a nécessité quelques jours d'attente pour les traductions; et depuis mercredi - date à laquelle le texte italien de base a été terminé - jusqu'au dimanche matin, seuls trois jours se sont écoulés.
Il est extraordinaire que cette circonstance - le fait que la personne qui devait faire l'interview ait contribué à l'édition du témoignage - soit instrumentalisée par certains pour tenter de discréditer cette opération de clarté et de courage menée par Mgr Viganò. Je dirais que cela peut être interprété comme un signe de désespoir de la part de ceux qui essaient de détourner l'attention d'un silence et d'un refus de donner des réponses, qui deviennent très lourds pour beaucoup de catholiques. »
______

Écrit par : marco tosatti / | 29/08/2018

"EN RÉPONSE À TOSATTI"

> En réponse au dernier paragraphe du commentaire de M. Tosatti :

- Si instrumentalisation il y a eu, celle-ci est davantage à trouver dans la date choisie pour la publication du texte, moins de vingt-quatre heures avant une conférence de presse du pontife : le ou les auteurs du documents l'ont manifestement forcé à s'exprimer sur son contenu.

- La clarté est souhaitée par tous les catholiques et le plus tôt possible. Pourquoi avoir attendu autant d'années avant de dénoncer la situation de l'ex-cardinal McCarrick ? Si ce dernier avait fait fi des sanctions dont il aurait été l'objet sous Benoît XVI, Viganò aurait dû agir il y a cinq ans au moins. Comment l'ancien nonce peut-il néanmoins expliquer que le pape émérite a reçu McCarrick le jour même de son départ du Palais apostolique, photos à l'appui ?

- Un baptisé ne se montre pas courageux en appelant le Saint-Père à la démission. C'est en effet méconnaître le sens même de l'élection du pontife : le pape est élu sous la direction de l'Esprit Saint. Seul le pape, en toute liberté et hors de toute pression, peut choisir de renoncer à sa charge.

- Point de désespoir là où les faits infirment la version de Mgr Viganò. Le désespoir est bien davantage de constater qu'un évêque n'a eu aucun scrupule à mettre en grave danger la très fragile unité de l'Église en portant, sans aucune preuve, un lourd discrédit sur la personne du souverain pontife.

- Le "refus de donner des réponses" est volontaire de la part du Saint-Père, qui n'a aucun intérêt à s'abaisser au niveau de ses détracteurs. Comme le pape l'a dit dans l'avion, le texte de Mgr Viganò parle de lui-même : tant d'inexactitudes n'appellent aucune réponse du pape.

- Ce qui devient très lourd pour beaucoup de catholiques, c'est de constater que ceux qui ont, par leur onction, choisi de servir le Christ, aiment si peu Son Église qu'ils agissent dans le sens inverse de l'unité. Nous ne sommes pas loin d'un schisme ; que ceux qui l'auront encouragé ou qui y auront participé se préparent, là-haut, à rendre des comptes.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 30/08/2018

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