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14/08/2018

Pesticides : après la victoire de Dewayne Johnson [1]

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Face aux géants agrochimiques (et leurs amis de Washington-Bruxelles-Paris), le combat ne fait que commencer... Ainsi, Générations futures, Pollinis etc alertent sur un fongicide ré-autorisé par l'exécutif européen :


L'Usine nouvelle :

<< Après le glyphosate, c'est un autre pesticide qui est au coeur de la polémique : les fongicides et plus précisement la molécule SDHI. [...] Des chercheurs de l’INRA, de l’INSERM et du CNRS pointent les risques pour la santé humaine de l'utilisation intensive de ce pesticide. Ils demandent la mise en place d'un moratoire le temps qu'une étude indépendante soit réalisée. 

Aujourd'hui en France, les fongicides SDHI sont utilisés dans près de 70% des surfaces de blé tendre, 80% des surfaces d’orge d’hiver mais servent également pour la conservation des fruits et graines.

Des risques pour la chaine alimentaire

Problème : selon les chercheurs, l'efficacité des inhibateurs de la succinate déshydrogénase ne se limiterait pas aux champignons et pourrait contaminer l'ensemble de la chaîne animale et alimentaire. "La chaine respiratoire est similaire dans toutes les espèces vivantes", souligne le scientifique. "Selon les doses et la permanence dans les produits, les agents inhibiteurs de la succinate déshydrogénase peuvent donc également bloquer l’enzyme de nombreuses espèces vivantes", s'inquiète le chercheur.

Spécialiste des maladies génétiques de la chaine respiratoire, Pierre Rustin évoque notamment le lien entre l'utilisation intensive de ce pesticide et les maladies graves: "Depuis 30 ans, nous savons qu’il y a des maladies qui bloquent la succinate déshydrogénase causant des problèmes neurologiques graves chez l’enfant, et des cancers chez les adultes. Nous nous posons la question du rôle de ces inhibiteurs."

La mise en place d’un moratoire

Face à ce danger, les scientifiques signataires de la tribune remettent en cause les analyses menées par les autorités lors de l'autorisation de la commercialisation des SDHI. Ils précisent notamment que les tests réalisés à l'époque n'étaient pas opérants pour révéler les dangers de cette classe de fongicides. "Les tests de toxicité faits à l'époque se basent sur les cellules mortes au contact de la molécule. Or, dans le cas du blocage de la succinate, les cellules ne disparaissent pas mais prolifèrent. Le blocage n’est pas génotoxique en tant que tel mais change l’entourage de l’ADN et des gènes. En conséquence, ceux-ci ne peuvent plus fonctionner normalement", précise Pierre Rustin qui, avec les autres signataires, réclame que de nouvelles études indépendantes soient réalisées pour évaluer les risques. 

Générations Futures alerte sur le boscalide

En attendant, les chercheurs demandent à l’ANSES la mise en place d’un moratoire pour que ces produits soient rétirés en application du principe de précaution. Pour le moment, l'autorité sanitaire ne s'est pas prononcée. Générations Futures appelle, quant à elle, à leur retrait immédiat du marché français et européen, "à titre conservatoire".

Le 24 avril, l'ONG environnementale explique s'être penchée sur "l’exposition importante de la population au fongicide SDHI le plus utilisé : le boscalide", une substance active autorisée en Europe de 2008 au  31 juillet 2018. Elle est présente, en France, dans une douzaine de produits utilisés pour protéger le blé, l’avoine, l’orge, le tournesol, les pommiers, la carotte... Or on la détecte dans les eaux de surface, l'air et les aliments, relève Générations Futures. "Le boscalide est le résidu de pesticides le plus fréquemment quantifié dans les aliments au niveau européen (...). On le retrouve dans presque 10% des recherches le ciblant, tous aliments confondus."

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  Pollinis :

<< Les constats de terrain se multiplient mettant en cause des pesticides de la classe “SDHi” dans des épisodes de mortalité massive d’abeilles. Ces pesticides sont connus pour leur effet délétère sur les organismes aquatiques et les vers de terre indispensables à l’agriculture, et de nouvelles études scientifiques mettent en lumière leurs effets potentiellement alarmants sur la santé humaine (cancers, tumeurs, affections cérébrales, maladies neurodégénératives…). Ces substances sont parmi les plus utilisées en agriculture en France et dans certains pays européens, couvrant près de 70 % des surfaces traitées de blé tendre et 80 % de l’orge d’hiver, et elles font partie des molécules les plus communément retrouvés dans nos aliments. Pollinis exhorte donc la Commission européenne à appliquer un moratoire immédiat sur toutes les substances fongicides SDHI. >>

 

 Pétition :

https://info.pollinis.org/petition-non-aux-pesticides-sdhi/

 

PÉTITION À LA COMMISSION EUROPÉENNE POUR UN MORATOIRE IMMÉDIAT SUR TOUTES LES  SUBSTANCES FONGICIDES SDHI 

<<  Attendu que les constats de terrain se multiplient mettant en cause des pesticides de la classe « SDHi » dans des épisodes de mortalité massive d’abeilles, que ces pesticides sont connus pour leur effet délétère sur les organismes aquatiques et les vers de terre indispensables à l’agriculture, et que de nouvelles études scientifiques mettent en lumière leurs effets potentiellement alarmants sur la santé humaine (cancers, tumeurs, affections cérébrales, maladies neurodégénératives…) ;

Attendu que ces substances sont parmi les plus utilisées en agriculture en France et dans certains pays européens, couvrant près de 70 % des surfaces traitées de blé tendre et 80 % de l’orge d’hiver, et qu’elles font partie des molécules les plus communément retrouvés dans nos aliments ;

Attendu que vous êtes sur le point de renouveler l’autorisation de mise sur le marché du Boscalid®, le fongicide SDHI le plus répandu, malgré son classement par l’EPA américaine comme « probablement cancérigène », malgré la classification de l’EFSA d’une substance similaire (SDHi), le penthiopyrad, comme « Carc. Cat. 2 (H351)», susceptible de provoquer le cancer, et malgré la non-approbation par 16 Etats membres sur 28 (dont l’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne et l’Espagne) de cette même substance à cause de sa toxicité dangereuse ;

Je vous demande instamment un moratoire immédiat sur l’ensemble des substances fongicides de la classe « SDHi », afin de suspendre leur utilisation tant que des études indépendantes n’auront pas été menées pour évaluer leur impact réel sur l’environnement et la santé humaine.  >>

https://info.pollinis.org/petition-non-aux-pesticides-sdhi/

 

 

[ à suivre : F. Nicolino entre en campagne ]

 

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Commentaires

INCOMPATIBLE AVEC LES RESSOURCES NATURELLES

> À cela s'ajoute le lien entre libéralisme financier ("grand casino mondial") et destruction de l'environnement :
https://mobile.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/08/13/une-etude-montre-les-liens-entre-paradis-fiscaux-et-degradation-environnementale_5342079_1652692.html
Le but du capitalisme, qui consiste en une augmentation perpétuelle des revenus du capital, est incompatible avec le principe de finitude inhérent aux ressources naturelles et plus généralement à l'environnement.
Ce lien entre dégradation de la planète et libéralisme, expliqué dans Laudato Si, est hélas quotidiennement illustré : Nestlé, par exemple, qui pompe la nappe phréatique de Vittel jusqu'à tarissement pour maintenir ses objectifs commerciaux.
______

Écrit par : Philippe de Visieux / | 14/08/2018

DÉFAUT TECHNIQUE

> Attention: l'article de Pollinis est très intéressant, or, les fin de lignes apparaissent tronquées. Est-ce général ou sur mon engin? Dommage !
PH


[ PP à PH - Oui, dommage, car ce document m'a été envoyé sous un format qui entraîne inexorablement ce défaut au copié-collé. Je suis donc forcé de le supprimer et de le remplacer par un autre texte issu du site de Pollinis... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 14/08/2018

BIÈRES

> En fait... mais je ne l'ai pas conservé : en faisant un copier coller de l'article Pollinis ce matin dans Libre Office (version 5) j'avais pu récupérer l'intégralité du texte sans être tronqué !!!.
Je suis à peu près certain qu'une fois ce travail fait, il devient possible de modifier la police, sa taille.... puis de le réintégrer dans votre CMS (ou la page web) sans dommage et dans les bonnes dimensions.
A mon sens, cela doit pouvoir fonctionner avec n'importe quel autre traitement de texte.
Bon en attendant, les agro-industriels cherchent visiblement à breveter la fabrication de la bière:
https://act.wemove.eu/campaigns/non-brevets-sur-la-biere
Bière, dans laquelle nous pouvons retrouver des pesticides.
Cela étant, il me semble avoir vu dans 60 millions de consommateurs que la Kronenbourg de base ne contenait pas de pesticide contrairement à certaines fabrications de petites brasseries :-(
______

Écrit par : Pierre O. / | 14/08/2018

SOLUTIONS

> Bonjour,
Il serait intéressant de présenter dans le même temps des alternatives les moins toxiques possible pour protéger les céréales et permettre leur conservation, voire quelques rappels simples. Eviter par exemple le retour du seigle ergoté qui rendait autrefois les consommateurs gravement malades, mais l'éviter sans empoisonner la planète. Des solutions existent surement, même si elles peuvent nécessiter plus de suivi et de main d'oeuvre.
______

Écrit par : Airault Alain / | 15/08/2018

Olivier à Airault Alain

> Comme vous dites si bien, «plus de main d'œuvre»:
Il faut une conversion pour voir cette condition comme un bien.
______

Écrit par : olivier / | 16/08/2018

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