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25/07/2018

Peut-on escamoter une affaire tout en la disant "grave" ?

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La prestation de M. Macron ne dissipe pas le malaise public :


 

► Contrairement à ce que répètent les médias, hier soir M. Macron n'est pas "sorti de son silence" :  il ne s'est pas adressé aux populations, mais aux membres du bloc macroniste de l'Assemblée nationale réunis à huis clos dans les jardins de la Maison de l'Amérique latine.

► Sa très longue allocution (deux pages du Monde daté de demain) ne visait pas à répondre aux questions des Français : doutes, soupçons et reproches nés de la surprenante ascension, à l'Elysée, d'un personnage tel que M. Benalla. La prestation de M. Macron ne visait qu'à développer, rectifier et ajuster l'argumentaire officiel. Les députés macroniens ont applaudi. Certain[e]s d'entre eux[elles] ont laissé fuser un gros soulagement ; le boss cru perdu était de retour, bon pied bon oeil, faraud as usual et jouant (ou croyant jouer) de son attribut jupitérien : une majesté souveraine à lui consubstantiellement infuse par droit de mystère – et censée tout subjuguer.

► D'où les étranges accents de ce discours aux jardins : "Le seul responsable de cette affaire, c'est moi et moi seul !" – "S'ils veulent un responsable, il est devant vous, qu'ils viennent le chercher !"  Sous-entendu : je suis invulnérable, devant moi tout se dénoue. Sosegaos, "reprenez vos esprits", disait Philippe II aux sujets introduits en sa présence.

► On peut d'ailleurs se demander de quelle "affaire" M. Macron condescend à parler (et en la disant "grave"), puisqu'il l'avait réduite à une broutille ne méritant qu'une pseudo-sanction sans article 40 ; et qu'il avait laissé au pseudo-puni : 1. un ahurissant logement de prestige (domiciliation le 9 juillet) ; 2. l'exercice de ses pouvoirs para-policiers habituels le 14 juillet, puis le 16 au retour des Bleus (festivité d'ailleurs volée aux centaines de milliers de supporters pour la mise en scène élyséenne, comme le prouve Le Canard enchaîné de ce matin).  Quant aux véritables questions – l'ascension d'un personnage comme M. Benalla, le réseau qui l'entourait et pénétrait dans la haute police, etc – , pas un mot n'y fait même allusion dans le discours des jardins.

► On peut aussi sourire, en entendant M. Macron ressortir, contre les médias et les élus d'opposition, les leitmotive de tous les politiciens embourbés dans des affaires. "Les médias se substituent à la justice..." (non, ils informent). "Certains croient qu'il appartient au Parlement de se substituer à la justice..." (non, l'opposition pose à l'exécutif des questions que se posent les Français).

Le plus beau est que M. Macron qualifie l'opposition de "coalition baroque". Cette formule conviendrait mieux à la Macronie ! L'opposition n'est coalisée que momentanément, objectivement, par le désir d'éclairer une affaire que l'Elysée voudrait enterrer. Ce n'est pas baroque... La Macronie, en revanche, est cimentée par le culte (réellement baroque) de la personnalité du Chef  – et par la duperie baroque de l'en-même-temps, truc d'illusionniste pendant que les choix s'opèrent en coulisses.

 

 

 

 

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19:26 Publié dans Macron | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : macron, benalla

Commentaires

PAS SINCÈRE

> http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/07/25/01016-20180725ARTFIG00294-pma-la-republique-en-marche-presse-le-pas.php
... et en attendant, M. Macron n'oublie pas de faire passer "sa" réforme sociétale, la PMA pour toutes remboursée par la sécu. On voit ici combien les élégantes allocutions devant les évêques de France n'étaient qu'un rideau de fumée ; depuis son accession au pouvoir, la République En Marche entendait faire adopter cette réforme. Vous aviez raison, Patrice : l'épisode "CEF" n'était pas sincère côté Macron.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 26/07/2018

CHAOS À LA R.E.M.

> L'affaire Benalla me semble de peu d'importance par rapport au chaos que nous donne à voir En Marche. D'abord l'attaque lancée par Le Monde, Pravda du néolibéralisme, puis le cafouillage des lieutenants de Macron, se contredisant et se renvoyant la patate chaude, et enfin la crise de Macron, ahuri de voir les médias lui échapper. Est-ce que les soutiens ploutocratiques de Macron commenceraient à le lâcher, trouvant que sa méthode au forceps est dangereuse ?
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Écrit par : Guadet / | 26/07/2018

> en effet, je ne le peux pas ! ce serait diffamatoire.
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Écrit par : PP à P. S. | 26/07/2018

PHILIPPE

> Bonjour Patrice connaissez vous cette série web qui parle du sujet qui devrait mobiliser tout le monde plutôt que Benalla.
On y voit Édouard Philippe parler de l'effondrement d'une manière étrangement calme et sans évoquer la moindre solution .
https://m.youtube.com/watch?index=18&list=PL6g6uC6ZfFJkfO1NACqSUUMRg_0AEB3rW&t=0s&v=lkDEnyIgGR0
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Écrit par : Nathalie Larnicol / | 26/07/2018

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