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26/07/2018

Arrogance retrouvée : la Macronie de nouveau en marche

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Le boss montre les dents, l'affaire serait donc finie :


 

A la commission d'enquête, l'ambiance a changé aujourd'hui !  Les députés LREM ont ricané et grondé pendant que leurs collègues de l'opposition posaient des questions ; un de ceux-ci a fini par leur crier : "taisez-vous, c'est honteux !"

benalla,macronYaël Braun-Pivet, présidente LREM de la commission, a bloqué les travaux au point d'amener le co-président LR, Guillaume Larrivé, à "suspendre sa participation tant que seront refusées les nouvelles auditions"... "L'Elysée souhaite-t-il torpiller notre commission ? je le crois, je le crains", explique-t-il : "je pense qu'instruction a été donnée aux députés REM de bâcler la construction d'un vrai-faux rapport."

Quelques minutes plus tôt, le groupe LFI annonçait également la fin de sa participation "puisque la commission tourne en rond". Au nom du groupe, Eric Coquerel avait même demandé la démission de Mme Braun-Pivet pour docilité affichée envers l'Elysée.

benalla,macronDocilité partagée par le groupe LREM au sein de la commission. Ainsi son chef de file, Naïma Moutchou – députée de la 4e circonscription du Val d'Oise –, cherchant à détourner le débat en faisant d'Alain Gibelin (direction de l'ordre public) une sorte d'accusé... Gibelin venait. de montrer, involontairement, que certaines des réponses d'Alexandre Benalla au Monde impliquent l'existence d'un réseau parallèle au sein de la haute police. Cette piste était la seule importante. Or Mme Moutchou s'est évertuée à la brouiller en suggérant, à mots couverts, que le policier Gibelin pourrait bien être un affabulateur [1] ! Rappelons que Benalla, de son côté, le qualifiait aujourd'hui de menteur. Tout ça est visiblement concerté.

Les macronistes sont en effet requinqués depuis que leur boss montre les dents. Ils passent donc à l'attaque, avec le mépris des institutions politiques que peut ressentir un clan de commerciaux disrupteurs. Huer les représentants de l'opposition, c'est du jamais vu dans l'histoire des commissions d'enquête parlementaires ! Mais l'exemple vient du président de la République. Emmanuel Macron multiplie depuis 48 heures les cocoricos contre les députés, les sénateurs et la presse. Il se déclare "fier" d'avoir recruté et promu Benalla. Il affirme qu'en France "personne ne parle de cette affaire" – qui d'ailleurs n'en était pas une, puisqu'il en était "seul responsable" et qu'il change en or ce qu'il touche !  Il fait comme si tout était fini par décision du roi.

"Sire, la pluie de Marly ne mouille pas", disait un courtisan à Louis XIV... Mais les politologues pensent que la pluie mouille. Selon Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l'IFOP, "l'affaire risque d'abîmer à long terme l'image du président". Les Français n'aiment pas que l'on fasse l'inverse de ce que l'on a dit. Ils n'ont pas pardonné à Fillon d'avoir fait une campagne de père la Vertu alors qu'il n'en était pas un. Macron avait promis de moraliser la vie politique ; le voilà pris dans "les privilèges, le comportement clanique, les passe-droits, le pouvoir enfermé dans sa tour d'ivoire" [2] : il est en flagrant délit d'auto-contradiction.

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[1]  contre toute vraisemblance.

[2]  Chloé Morin, Ipsos (Le Monde 27/07).

 

 

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18:57 Publié dans Macron, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : benalla, macron

Commentaires

INFINIE

> Leur arrogance infinie. Leur partialité cupide faussement "progressiste".
Leur carriérisme déguisé en rénovation.
Beurk.
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Écrit par : Dolores / | 26/07/2018

"PROGRESSISTE" ET ROUÉ

> "Si l’on veut détruire des institutions ou des personnes, on commence à médire. On utilise la séduction que le scandale exerce dans la monde de la communication..." ainsi commence le commentaire de Radio Vatican à propos d'une homélie donnée, le mois passé à Sainte-Marthe, par le Pape François, qui livrait ses réflexions sur ce que lui inspirent les versets bibliques dits de la vigne de Naboth.
Souhaitons, sans trop y croire, que le président Macron ne fasse pas de la séduction un mode de gouvernement de façon exagérée...
https://www.vaticannews.va/fr/pape-francois/messe-sainte-marthe/2018-06/pape-messe-sainte-marthe-18-juin.html

Pour ce qui est du parfum de scandale, le président est assez roué pour s'en servir, le retourner à son avantage. A ce sujet, nos représentants élus et nos gazettes activent au soleil l'affaire Benalla, tandis que les lois de bioéthique profitent de la faveur d'une ombre qui leur est favorable: l'affaire Benalla s'achèvera sur le licenciement d'un lampiste ou deux, et nous nous réveillerons en septembre avec la fécondation in-vitro pour toutes gratuite et l'euthanasie pour chacun remboursée. En attendant, comme en Belgique et donc bientôt sur nos écrans, qu'on nous explique que le consentement éclairé d'un enfant de 5 ou 6 ans à mourir est un nec plus ultra civilisationnel, humaniste et progressiste.
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Écrit par : Aventin / | 27/07/2018

SEPT SUR DIX

> Près de sept Français sur dix considèrent l'affaire Benalla grave, sinon très grave. Ce n'est pas tant la faute commise par l'intéressé le 1er mai qui lui est reprochée, mais bien davantage le flot de privilèges dont l'Élysée l'a affublé après le 2 mai : comment par exemple admettre qu'un subordonné mis à pied quinze jours reçoive néanmoins son traitement intégral ? Ou qu'un homme ainsi "rétrogradé" soit logé aux frais du contribuable, un mois seulement après sa réintégration, au palais de l'Alma ?
Comment l'hôte de l'Élysée a-t-il pu offrir ces avantages à un homme qui, selon ses mots, l'a "déçu" et "trahi" ?
Les Français ne peuvent comprendre que ce qui serait impensable pour tout salarié du privé soit pratiqué au sommet de l'État ; cette cassure entre l'image que souhaite donner le président de sa gouvernance et la réalité de celle-ci sera difficilement rattrapable pour M. Macron.
Souvenons-nous de Louis XV, le "Bien-Aimé", détesté à la fin de son règne, qui dut être inhumé de nuit à Saint-Denis - après avoir évité la capitale - pour préserver le cortège des virulences de la foule...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 27/07/2018

HYPER-CLASSE

> Commentaire d'un collègue : "y aura t-il assez de réverbères dans Paris quand on réglera la question ?"
Je ne dis pas que c'est bien mais que ça résume le point de vue d'un nombre croissant de Français, ce dont les politiciens n'ont pas conscience.
Cette hyper-classe friquée et vulgaire ne se rend absolument pas compte qu'elle danse sur un volcan et que les Gardes républicains refuseront de la défendre.
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Écrit par : e levavasseur / | 27/07/2018

> Il n'y en a plus pour longtemps !
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Écrit par : Vincent / | 27/07/2018

LES ENFANTS

> Une chose importante se développe je pense, c'est la prise de conscience par de plus en plus de gens que leurs enfants ont peu de chance d'avoir un avenir.
Et là, cela risque de faire bouger les choses. mais comme la caste qui nous écrase n'a pas d'enfants ou si peu, elle ne risque pas de comprendre.
Alors on risque de voir une grande performance interactive et sociale se mettre en scène, mais en off bien sûr. Alors après, installations sur des réverbères, scènes pyrotechniques au centre des espaces municipaux, improvisation balisitiques le long de murs, il y a plein de possibilités d'expressions psycho-sociale en extérieur...
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Écrit par : VF / | 27/07/2018

Ça marche.

Écrit par : à Denis / | 27/07/2018

SOUCIS

> Benalla ne va pas se laisser faire; il va parler et faire parler. C'est loin d'être fini cette histoire... L'hôte actuel de l'Elysée à de gros soucis à se faire et à brève échéance !

BH


[ PP à BH - Si EM a des soucis à se faire, ils lui viendront des flics mais pas de Benalla : il parle, maintenant, mais pour réciter les éléments de langage prescrits par les spin-doctors de l'Elysée... ]

réponse au commentaire

Écrit par : B.H. / | 27/07/2018

@ VF

> Tout à fait d'accord avec vous sur le réveil de notre génération en réalisant que nos enfants risquent de mourir d'horrible manière, de maladies liées à la pollution, de faim, dans des cataclysmes terribles ou des guerres de désespoir.
Je ne sais pour vous, mais pour ma part j'ai tous les ans dans chacune de mes classes des élèves atteints de maladies graves, cancers, diabètes insulino-dépendants, maladies de Crohn, polyarthrites,...sans compter ceux qui sont sous antidépresseurs, toutes maladies qui étaient avant réservées aux adultes, et je sais par les médecins avec qui je travaille que les malformations congénitales liées aux perturbateurs endocriniens explosent.
Pour ce qui est de mes jeunes collègues, beaucoup passent par la PMA pour, au bout d'années de protocoles douloureux, réussir à avoir un enfant.
Cette sortie douloureuse de l'idéologie du progrès infini et de l'insouciance criminelle de nombre d'entre-nous, enfermés en des projets de vie individualistes par le système, se retrouve aussi et peut-être d'abord chez beaucoup plus de journalistes que nous ne le voyons.
La visibilité d'une Elise Lucet je pense est aussi un aiguillon pour la conscience de nombre d'entre-eux, qui savent par leur connaissance du terrain ce qu'il en est de l'état de notre planète et du système qui nous dirige. Ce pour quoi je ne vois pas que calcul bas des médias dans l'affaire Benalla, mais aussi un premier coup de semonce de ces journalistes qui, comme nous, pensent à leurs enfants et n'en peuvent plus de ne rien faire.
Dans le même ordre, j'observe une multiplication des émissions et articles de qualité, courageux, sur le réchauffement climatique, la pollution, Monsanto, la corruption des élites... et je ne sais si c'est effet d'optique, mais il me semble que des radios comme France Culture, des revues comme Le Monde, et même dans le Point ou le Figaro, on trouve des articles autrement plus profonds et instructifs que lorsque j'étais jeune. La superficialité, la suffisance insouciante colorent moins des médias que la crise de la presse et la concurrence du numérique oblige à une certaine humilité et à un travail de remise en cause.
Je constate la même chose avec les médecins.
Une Irène Frachon ou un Pr Joyeux sont des aiguillons pour la conscience de plus en plus de praticiens qui rentrent, par les failles du système politico-économique où ils sont tenus serrés de beaucoup plus près que nous pauvres pékins, en résistance active. De manière similaire, la crise du monde hospitalier, des EHPAD, les souffrances des soignants en burn out et conflits de conscience permanents, leur sont occasion d'une redécouverte , dans la douleur, de leur vocation profonde.
Un rapport de force est engagé en deçà des lignes officielles entre des foyers de résistances d'origine diverses et le mondia système. D'où aussi un durcissement inédit de ceux qui ont le pouvoir, qui n'hésitent plus à se constituer leurs milices privées, à arrêter arbitrairement et faire pratiquer violences physiques et psychologiques sans plus chercher à le cacher. Même plus besoin du terrorisme pour raison universelle.
Seuls les bourgeois dans leur secte d'illuminés (le film "En guerre" le montre très bien: ils flinguent la vie des gens en répétant des slogans surréalistes qui les maintiennent dans l'auto-hypnose, souffrant de la même folie que le Dr Lessings dans le film "La vie est belle") ; en particulier les bourgeois cathos, qui en plus voient dans leur bonheur artificiel la marque de leur prédestination," Merci Seigneur!", ne comprennent rien et se montrent les derniers idiots utiles du système. Et du fait de la sociologie du catholicisme chez nous, il ne peut remplir la mission à laquelle nous appelle le pape François, de faire, d'être, par nos écartèlements intimes, ces ponts qui relient entre eux continents et cultures, milieux et sensibilités, à l'intérieur de nos frontières comme dans le monde, dans cette internationale de la résistance pour la Vie.
Ne soyons donc pas étonnés que la grâce pour aujourd'hui se trouve aussi, chez nous, un autre chemin que celui de nos communautés catholiques; qu'elle nous invite à nous mettre à l'école de gens éloignés de l'Eglise, mais qui, à travers la docilité à leur conscience et aux appels d'une nature en souffrance, se révèlent pour nous secrètement habités de l'Esprit Saint. Saurons-nous le leur montrer, et les éveiller à l'Espérance qui sourd au coeur même du grand désespoir de notre monde en agonie?
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Écrit par : Anne Josnin / | 29/07/2018

> Et bravo, Anne.
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Écrit par : Michel Santini / | 13/08/2018

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