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28/06/2018

Un livre à lire d'urgence pour les catholiques français ! (1)

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Par les deux chrétiens que sont la journaliste Mahaut Herrmann et son mari Johannes (écologue et ornithologue), ce véritable Que-sais-je scientifique et théologique fait le point sur : 1. les causes économiques de la destruction de l'environnement, et d'abord de la biodiversité ; 2. l'engagement chrétien pour la sauvegarde de la création, encouragé en urgence par tous les papes récents !  Un livre indispensable :


 

 

 

LA VIE OUBLIÉE

CRISE D'EXTINCTION  -  AGIR AVANT QUE TOUT S'EFFONDRE

éditions Première partie, coll. La limite  (149 p., 10 €)

 

Avant que tout s'effondre n'est pas un sous-titre "catastrophiste" :  ni plus ni moins catastrophiste, en tout cas, que l'encyclique de François Laudato Si' (2015). Ou que le si méconnu message de Jean-Paul II sur le saccage économique de la planète (1990).  Ou que le discours, encore plus méconnu, de Benoît XVI aux jeunes Italiens (2007) : 

"L’un des domaines dans lequel il apparaît urgent d’œuvrer, est sans aucun doute la protection de la création ! L’avenir de la planète, sur laquelle sont évidents les signes d’un développement qui n’a pas toujours su protéger les équilibres délicats de la nature, est confié aux nouvelles générations. Avant qu’il ne soit trop tard, il faut faire des choix courageux, qui sachent recréer une solide alliance entre l’homme et la terre. Un oui ferme est nécessaire pour la protection de la création, ainsi qu’un engagement puissant pour inverser les tendances qui risquent de conduire à des situations de dégradation irréversible..."

Beaucoup de catholiques français connaissent aujourd'hui ces encouragements des papes à la responsabilité environnementale. Mais beaucoup d'autres continuent à les ignorer, malgré les fréquents rappels des évêques. Comment cette surdité-cécité française est-elle possible alors que nous avons sous les yeux la destruction environnementale en cours, et que l'Eglise nous montre la responsabilité humaine envers le reste de la Création comme "jaillissant du coeur même de la rencontre avec le Christ" comme dit Laudato Si'

Aucun contemporain ne devrait ignorer le dossier scientifique du risque d'effondrement global. Par surcroît, aucun catholique ne devrait ignorer - ou moins encore défier - ce que l'Eglise dit de l'économie et de l'écologie !  Il est intenable de se proclamer "catholiques engagés dans la cité" tout en professant, dans ces domaines, des idées contraires à celles de l'Eglise. D'autant que ce que dit l'Eglise converge avec ce que disent les scientifiques...

D'où l'urgence de lire et faire lire le livre que viennent de publier Mahaut et Johannes Herrmann.

► Charpenté, documenté, bien écrit, convaincant, La vie oubliée explique dans son chapitre I en quoi la crise environnementale est le problème décisif de ce siècle. Une espèce animale ou végétale disparaît toutes les vingt minutes. Le taux d'extinction actuel est "dix à cent fois supérieur à ce qu'il était au cours des crises d'extinction précédentes" (la dernière datait de la fin des dinosaures) : cette perte de la biodiversité correspond à "une perte globale de la capacité de notre planète à accueillir la vie animale et végétale complexe".  Que ce soit un effet de la forme actuelle de l'activité (économique) humaine, un indice le révèle : "la grande crise d'extinction du Permien a duré deux cent mille ans avec un épisode paroxystique de vingt mille ans. Notre époque réalise les mêmes 'scores' en cent ans.La rapidité sans précédent de l'extinction dénonce sa cause ; ce qui devrait faire taire les avocats du système économique prédateur, selon lesquels "c'est naturel puisqu'il y a déjà eu la même chose autrefois".

Cependant les gens ne se rendent pas compte de l'impact de cette extinction sur l'avenir humain. Le consommateur urbain moyen croit que les "technologies" remplacent ou contrôlent la nature : chaque catastrophe naturelle le met "en état de choc", selon la formule de nos médias, mais il ne voit pas que les "technologies" sont cause de catastrophes naturelles. De même que le bétonnage des sols (l'équivalent d'un département français tous les sept ans) provoque les inondations, l'asphyxie des champs par l'agrochimie productiviste et la suppression des zones humides provoquent la disparition d'espèces animales dont chacune jouait un rôle nécessaire - voire indispensable - dans la vitalité des écosystèmes... dont dépend l'agriculture. Mais le Français moyen n'en a pas conscience : il continue (soulignent les Herrmann) à vivre dans les schémas mentaux d'un XXe siècle qui voulait croire à la résilience illimitée de "la nature" - pour se donner le droit de la surexploiter de façon non moins illimitée.

► Mais notre pression économique sur la nature dépasse le seuil au delà duquel elle ne peut plus se régénérer. En découle l'épuisement biologique des sols... [donc, ajouterai-je, la baisse inexorable du taux de rendement de l'agriculture industrielle et la panique d'une partie des exploitants : avec pour effet un recours aggravé à l'agrochimique qui était pourtant la cause du problème. Cette fuite en avant explique l'obstruction opposée par les agro-industriels aux velléités bio d'une fraction de l'opinion et d'une petite minorité de la classe politique].

► Ce serait donc le moment pour tous de s'ouvrir aux réalités de l'écologie, qui n'est pas une "idéologie" mais une science. Le chapitre II de La vie oubliée en donne la mesure : l'écologie est "la branche des sciences de la vie consacrée aux relations nouées par les êtres vivants", communautés définies par la combinaison des ressources offertes par le milieu et des conditions de viabilité des espèces. Aussi précises qu'évocatrices, les pages où les Herrmann évoquent les divers paysages d'écosystèmes avec leurs différents peuplements végétaux et animaux en apprendront beaucoup au citadin... L'écologie n'est pas de la mièvrerie : c'est, sur le terrain, la compréhension de ce que signifie la diversité du vivant et la complémentarité des espèces, infiniment plus complexe et nécessaire que nous ne l'imaginons si toutefois nous y pensons !  Dans la biosphère "tout est relation", insiste le livre ; piétiner ces relations  - comme le fait notre système économique dans tous les domaines - aura de lourdes conséquences sur la vie. Qualité des sols et des eaux, pollinisation, rôle des forêts, des oiseaux, des insectes, ressource halieutique, les services rendus par les écosystèmes équivalent au montant du PIB mondial... mais "nous courons le risque de détruire des processus vitaux sans même nous en rendre compte".

► D'où l'urgence d'une vision d'ensemble : une écologie intégrale, englobant l'homme et le reste de la création dont il est responsable. Des pas ont été accomplis depuis les années 1970 pour la protection de sites (la loi littoral...), mais peu en faveur de la biodiversité, et ce peu - ajouterai-je - est mis en question par les libéraux macroniens et "républicains" dont beaucoup ne cachent plus leur désir de supprimer ces "freins à la croissance". Aussi convaincants et alarmants que soient le diagnostic scientifique des Hermann et les tocsins des associations, le gouvernement Philippe (derrière le rideau de fumée verte de M. Hulot) tend à éroder les dispositifs qui freinaient encore l'artificialisation du territoire. Alors, que faire ?

 

 

à suivre : 

L'écologie intégrale, un devoir des catholiques

 

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Commentaires

PAS QUE

> Oui, et pas que les catholiques d'ailleurs!
Je partage un article d'Erwan le Morhedec, car j'ai connu l'ouvrage grâce à lui : http://www.koztoujours.fr/vous-nentendrez-plus-les-oiseaux-comme-avant
TZ


[ PP à TZ - Pas que les catholiques, bien sûr. Mais eux en priorité, dans la mesure où il y a parmi eux (en France seulement) le "milieu d'opinion" le plus réticent ; cela de façon incongrue, au regard de l'enseignement de l'Eglise depuis trente ans ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : TonyZ / | 28/06/2018

QUE FAIRE

> Que faire ? Allons bon… mais ça semble évident !
1. Quitter la grande ville.
2. Acheter ou louer une bicoque et un ou deux hectares en déshérence dans la périphérie d’une ville de 3000 à 10000 habitants, ça se trouve presque partout.
3. Créer localement une assoce « Laudato Si’ », voire une « zone de l’ami qui donne » (Zad) à l’enseigne de saint Martin ou saint François d’Assise, non seulement pour recommander à ceux-ci l’âme de M. Macron (comme nous l’a suggéré le pape François, en offrant au président français un médaillon représentant l’apôtre des Gaules partageant son manteau avec un mendiant), mais surtout pour revisiter la création avec les pauvres du cru : permaculture, potagers bio, ruches etc. Catéchiser en labourant, protéger en partageant, rassembler les cœurs et rendre toute sa saveur au pain de vie… « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous porte et nous nourrit, qui produit la diversité des fruits, avec les fleurs diaprées et les herbes… »
Chiche ?
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Écrit par : Denis / | 28/06/2018

VOIR

> Pour ceux qui veulent être convaincus de la catastrophe en cours voir:
1- https://www.youtube.com/watch?v=Z-b8-rJ2j_o
2- https://www.youtube.com/watch?v=NDMBxw1nQ3Q
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Écrit par : ND / | 28/06/2018

NICOLINO

> Il faudrait ajouter à cette publication cri d'alarme plus que nécessaire, un excellent livre, très documenté scientifiquement mais agréablement écrit, de Fabrice Nicolino sur les impacts terribles de l'invasion des produits chimiques dans notre environnement et donc dans notre corps humain, avec toutes les répercussions sur notre santé.
Quand l'on sait qu'un nouveau-né est "pollué" dès sa naissance par un cocktail de produits chimiques, cela donne l'ampleur du désastre en cours et à venir!
Le titre de ce livre: 'Un empoisonnement universel', éditeur LLL.
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Écrit par : Robert Culat / | 29/06/2018

PLUS GRAVE

> Même s'il y a une certaine corrélation entre les deux, c'est plus immédiatement grave que la question du CO2.
Mais on en parle moins car on ne peut pas se raccrocher aux "énergies vertes" qui sont en réalité de la pollution délocalisée, car lutter contre l'agrochimie, les plastiques, les déchets ne crée pas de bizness, donc pas de sacro-saints échanges internationaux et... pas de rentrées fiscales.
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Écrit par : Pierre Huet / | 29/06/2018

CHRISTIAN PACTEAU

> Sur la question des toxiques dans l'environnement je recommande également "Un pacte toxique" de Christian Pacteau. Il est épuisé, mais on peut le trouver dans les bibliothèques axées environnement. L'auteur, que j'avais croisé en Vendée, est un "busardeux", un ornithologue spécialiste de la protection des busards et autres oiseaux de plaine cultivée, qui a travaillé pendant des décennies avec des agriculteurs.
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Écrit par : Phylloscopus / | 30/06/2018

OLÉRON

> J'ai pris ce livre en vacances sur l'île d'Oléron…
Sur les panneaux à l'entrée de la ville, il a plusieurs pancartes : "COMMUNE HORS TAFTA" (officielle ?) - "Ville bio et engagée"
Plus loin, une affiche taguée avec "MC DO TUE !" (il n'y a aucun MC DO sur l'ile et visiblement certains voudraient que la marque s'implante…)
Et en effet j'avais le bonheur de revoir des oiseaux et insectes que je n'avais plus vu depuis un certain temps. La lecture du livre me semblait tellement saisissant avec la réalité de mon lieu de vie actuel (Région parisienne).
Le "chiche ?" du commentaire de Denis m'a paru encore plus évident !
Je voulais y répondre avant les vacances et maintenant que je suis rentré, cela se fait plus pressant encore :

Effectivement, cela semble évident mais je voulais témoigner avec humilité de la difficulté de la chose lorsqu'on est né en région parisienne :
- il y a beaucoup d'endroit où aller => peur de s'installer pas "au bon endroit" surtout si on a de la famille proche en IDF et aucune en province
- il y a pas forcément du boulot partout => peur du chômage
- peur de l'inconnu
- peur de la pauvreté
- pas autant d'infrastructure (médecin, école, etc.) qu'en IDF
Au final, malgré mon désir de changer de lieu de vie, la peur réside… Peur légitime ? J'ai bien peur que non (effet comique) !
Prions l'Esprit Saint qui nous donnera la force de surmonter tout ça.
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Écrit par : TonyZ / | 11/07/2018

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