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19/04/2018

Qui donc agite "le spectre de Maurras", et pour quoi faire ?

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Pourquoi ce prétendu "retour de Maurras" ? après les prétendus "retours" d'autres auteurs tout aussi éloignés des réalités de 2018 ?


 

Un gros quart de la une du Monde et deux pleines pages de son cahier Livres du 20/04 ! Pas grand'chose n'en ressort, sinon - comme le dit Laurent Joly (du CNRS - auteur de Naissance de l'Action française [1]), que les écrits de Charles Maurras sont "datés fondamentalement" : "journaliste politique influent et redouté, il s'est situé dans les polémiques de son temps, et il est passé avec son temps." Pour s'en convaincre il suffit d'ouvrir un livre de Maurras. Son style a plus mal vieilli que celui d'autres auteurs, ses contemporains. Et l'énormité de certaines erreurs de jugement condamne une pensée politique - surtout lorsqu'elle se veut "empiriste"... Ce n'est pas le nouveau volume de la collection Bouquins qui donnera envie aux étudiants d'entrer dans ce mausolée.

J'en parle avec d'autant plus de liberté que, vers 1968, je faisais partie d'un petit groupe d'étudiants qui croyaient pouvoir mettre au goût du jour un Maurras "redécouvert" (quitte à le réinventer en oubliant sa part toxique). Entreprise vouée à l'échec... L'histoire reste : nous avons dû constater, après nos prédécesseurs, que la fameuse "synthèse maurrassienne" d'avant 1914 n'avait été qu'un mirage. Hormis le dogme de l'indépendance nationale, plus ou moins suivi (mais très inégalement) sous la IIIe République, la "conclusion monarchique" ne le fut par personne au delà de la ligue ; quant aux haines qui hantaient les colonnes de L'Action française, elles étaient vouée aux poubelles de l'histoire. Il suffit de feuilleter aujourd'hui les vieilles collections de ce journal pour le vérifier [2] : pénible expérience. Quand une entreprise historique a fait faillite, tenter de la ranimer est une ineptie.

Mais voilà, paraît-il, qu'on veut la ranimer en 2018. Qui ça ? Commençons par le paysage politique : une droite LR diminuée, sans idées, réduite à tirer des bords... Un bloc macroniste hégémonique mais lui aussi démuni d'idées, sinon celles des écoles de commerce (chez les élus) et de l'ENA (à l'Elysée)... Une gauche-de-gauche non sans culture(s) mais incohérente, incapable de choisir entre un vrai populisme de gauche et un communautarisme racisé...

Le bloc Macron et la gauche-de-gauche n'ont qu'un élément commun : accuser LR de vouloir combler son absence d'idées par des "idées d'extrême droite". Toujours la vieille recette.

Mais en 2018, où diable trouver des idées d'extrême droite (je ne parle pas de slogans) qui soient recyclables chez LR ?  Difficile de pointer du doigt Marine Le Pen, réduite à peu de cbose. On finit donc par réactiver le mythe Patrick Buisson. On nous apprend que M. Buisson a déjeuné chez Drouant avec Mme Maréchal Le Pen, dont les médias attendent le "retour en politique". Or M. Buisson, nul n'en ignore, est "maurrassien" !  Je ne sache pas qu'il soit partisan de "la monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée" sans quoi nul n'est maurrassien : mais pour nos médias, "maurrassien" désigne n'importe quelle forme de populisme de droite orné de nostalgies cléricales (encore que l'Eglise ait évincé le maurrassisme depuis près d'un siècle)... Pour que M. Buisson soit médiatiquement "maurrassien", il suffit de savoir qu'il cuisine depuis quinze ans l'idée d'un "pays réel" (terme maurrassien de 1898), et que le "pays réel" 2018 concocté par M. Buisson serait formé par la rencontre des exclus révoltés et de l'aile conservatrice de la bourgeoisie... Cette alliance des pauvres et du Figaro relève du mirage ? Oui, mais le mirage est l'arme du mage.

Récapitulons : le maurrassisme était dans son sarcophage. Le mage l'a réveillé pour qu'il fasse le troisième à table chez Drouant, déjeuner embelli par la présence de Mme Maréchal Le Pen. La voilà donc "maurrassienne" aussi... Il n'en faudra pas plus aux médias, aux macronistes et à la gauche-de-gauche pour rouvrir le feu sur M. Wauquiez, puisque chacun le soupçonne de projets marionnistes... Tout ça est totalement virtuel, théâtre d'ombres et diversion. Pendant que le tout-Paris sonne l'alarme contre un écrivain décédé en 1952, d'autres choses se passent en coulisses et autrement plus sérieuses.

__________

[1]  Grasset, 2015.

[2]  Je tiens d'accablants extraits à la disposition de qui ne me croirait pas !

 

 

 

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Parmi ceux qui agitent son nom en 2018,

combien ont lu ne serait-ce qu'un seul  de ses livres ?

 

 

 

19:43 Publié dans Histoire, Idées | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : maurras

Commentaires

EXPÉRIENCE

> Exact : quand l'histoire a tranché, elle a tranché.
Maurras disait : "Notre maîtresse en politique c'est l'expérience."
L'expérience Maurras a été faite.
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Écrit par : Lucien Lacour / | 19/04/2018

EDITEURS

> Coups d'éditeurs que tout ça. D'abord Rebatet, ensuite le projet avorté des pamphlets de Céline chez Galiimard, maintenant Maurras en Bouquins. Tout ça pour suivre l'actualité qui est dit-on à l'extrême droite. Les éditeurs font du journalisme.
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Écrit par : Stanislas Kotska / | 19/04/2018

POSES PASSÉISTES

> Nous avons toute une jeunesse, à l'AF, chez les Jeunes Identitaires, au GUD,chez certains scouts, qui se réclame de Maurras, d'un Bernanos réannexé à l'AF pour la garantie morale, de Nimier pour l'esthétisme décadent, (ainsi sur les réseaux sociaux les jeunes filles posent en petite dentelle, avec "Le Hussard bleu"). C'est plus qu'un effet de mode: une quête existentielle.
Ces mêmes jeunes qui ne vivent qu'à travers l'obsession du grand remplacement se préparent activement à se battre pour défendre les "valeurs de l'Occident chrétien".
Dérive hélas prévisible de la manière dont ces mêmes jeunes il y a quelques années, alors encore enfants, ont été utilisés par les adultes dans les MPT: ils vont jusqu'au bout de la pensée non assumée de leurs aînés, parents d'ailleurs je le crains fiers de leurs jeunes qui, à la différence du vulgum pecus aux enfants mollusques analphabètes, en ont, eux, et se cultivent dans la bibliothèque de grand-papa.
Leurs héros télévisuels sont les mafieux irlandais de Peaky Blinders, toujours pour l'esthétique sombre, l'alcool, le sexe gore des cyniques, le code d'honneur.
Ils ont intuitivement compris que le nazisme n'était pas réaction à la décadence des années 20 mais son évolution logique: ils se programment à mourir héroïquement pour la civilisation européenne en se vautrant jusqu'à l'écoeurement dans les excès des "forts". (Ainsi du retour en vogue, aux côtés de la vodka russe, de l'absinthe, boissons politiquement incorrectes).
J'accuse ma génération, après avoir bassement profité du matérialisme libéral, honteuse de ses compromissions, de corrompre l'âme de nos enfants en les programmant ou laissant programmer, pour racheter notre propre lâcheté, au sacrifice pour "l'Occident chrétien".
En enfant zélés, les plus sensibles d'entre eux foncent droit vers leur martyr dans un combat insensé et désespéré.
Il est grand temps que de vrais adultes s'intéressent à eux, et ne laissent pas aux prêcheurs de croisade, civils ou en soutane, le monopole de l'âme.

Anne Josnin


[ PP à Anne :

1. Votre diagnostic est impressionnant et fondé. C'est en effet le climat du confusionnisme mental actuel, qui laisse prévoir des comportements nocifs.

2. Arrghhh ! no !!!! Les Peaky Blinders sont tout sauf irlandais ! Ce sont des truands de Birmingham, dont ils ont l'accent (à couper au couteau), et dont la souche familiale est "gypsy" (gitans roumains installés en Angleterre au XVIe siècle). Certes, dans les premiers épisodes, ils sont combattus par un flic nord-irlandais et un commando de la Red Hand d'Ulster venus pour ça à Birmingham ; mais ils sont tout autant en conflit avec l'IRA...
Dans le dernier épisode, Tommy Shelby couche avec une communiste et devient député aux Communes sous l'étiquette... du Labour, abomination de la désolation pour nos petits amis.
Comme vous voyez, je ne rate aucune saison de "PB". Nobody's perfect. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Anne Josnin / | 19/04/2018

@ Stanislas

> l'idée de faire un livre de la collection Bouquin consacré a Maurras date d'il y a longtemps.
Il faut du temps pour sélectionner les textes les plus représentatifs, éventuellement obtenir les droits etc.
Il ne s'agit donc pas d'une quelconque réaction à une pseudo actualité.
La collection Bouquins a pour objet de proposer un éventail des écrivains les plus divers ayant marqués leur époque, ce qui est le cas ici.
D'ailleurs ce genre de livre est extrêmement instructif comme le dit PP : après cela on peut plus dire n'importe quoi sur l'auteur on a les textes sous les yeux.
Le responsable de la collection est historien.
______

Écrit par : eric levavasseur / | 20/04/2018

QUAND...

> Quand la politique n'a plus de projet d'avenir à proposer, quand la république se contente de suivre les cours de bourse, quand les hommes d'états, d'un bord ou d'un autre, montrent leur mollesse et leur incompétence, quand gouverner ne consiste qu'a faire de l'argent au plus vite sans considération pour l'avenir, alors oui je comprend que le royalisme puisse faire rêver ... le roi, et la dynastie c'est s'inscrire dans la durée, c'est mettre un visage sur l'unité de la nation (et pas une mariane à tête variable tous les 5 ans), c'est construire un pays pour l'avenir et pas pour l'immédiat, c'est s'inscrire dans une histoire qui va durer de générations en générations ...
Et puis c'est bien connu : c'était mieux avant !
C'est oublier les inconvénients de ce type de régime (que personne n'a connu aujourd'hui en France), oublier que si les monarchistes sont unis pour flinguer la république, ils s’étripent aussi entre eux pour prendre la place (il faut voir les soubresauts des derniers rois de France post-napoléoniens, ainsi que la liste des députés qui ont votés la mise à mort de Louis XVI ...).
En politique aujourd'hui, à défaut d'avoir un drapeau à défendre (ou pour rallier les foules), certains préfèrent agiter un épouvantail en haillons ... au moins ça leur occupe les mains.
Cdt,
______

Écrit par : Bergil / | 20/04/2018

à Bergil

> Personne ne reproche à Maurras d'avoir été monarchiste.
Ce qui lui est reproché c'est le reste : toutes ses haines qu'il ajoutait à l'idée royaliste et qui ont fait de lui le diviseur n° 1 alors que la monarchie était censée incarner l'unité. D'où la rupture entre lui et le comte de Paris, la fondation de 'Courrier royal' etc.
Relire aussi le jugement de Bernanos quittant l'AF par royalisme : "à Dieu, Maurras, à la douce pitié de Dieu". Selon lui, la théorie maurrassienne était étrangère à l'âme capétienne et ne formait que "de durs petits esprits". L'opinion de Bernanos reposait sur l'expérience.
Comique : d'après 'Le Monde' il y a des néo-maurrassiens qui se posent aussi en bernanosiens ! Mais cette acrobatie échappe à leurs lecteurs, qui ne pensent qu'à virer les immigrés.
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Écrit par : Charlotte Montard / | 20/04/2018

à Eric Levavasseur

> oui mais selon le critque du 'Monde' le choix et le découpage des textes de ce volume-là est discutable. Il faudrait regarder le livre et vérifier si ce que dit 'Le Monde' est exact en comparant avec les originaux.
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Écrit par : Stanislas Kotska / | 20/04/2018

LA NOTE CI-DESSUS SOULÈVE AUSSI
DES COMMENTAIRES SUR FACEBOOK.
ÉCHANTILLONS :

Denis Blanc - Au moins, l'Immonde a bien mis deux r à son nom...Et puis c'est vrai, c'est la faute à Buisson, NKM l'avait dit. Plus sérieusement je suis d'accord avec " partisan de "la monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée" sans quoi nul n'est maurrassien". Maurras a écrit des milliers d'articles des centaines de bouquins etc...Il y en a des datés, "c'est clair". Quant aux" énormes erreurs de jugement", lire-relire la Démocratie Religieuse, Kiel et Tanger, L'Avenir de l'Intelligence"...Enormité de la prescience. J'ai reçu le livre "Bouquins" que vous évoquez, il se vend comme un petit pain su Amazon et La Librairie de Flore Moults "évènements en préparation...Etc...

Patrice de Plunkett à Denis Blanc
- Epargnez-nous les brèves de comptoir ("l'immonde", "NKM" etc). Vous savez que je connais à fond Maurras, et vous savez pourquoi : je viens d'ailleurs de le rappeler une fois de plus.
- La relecture hagiographique et sélective ne trompe personne.
- 'Kiel et Tanger' ne fait pas partie des erreurs de jugement. Mais 'La démocratie religieuse', par exemple, oh que si. Et n'ayons pas la cruauté de parler du reste.
- Quant à la "prescience" d'un penseur qui n'a jamais discerné le rôle déterminant de l'économique...
- Suggestion : vous devriez relire Maurras. Vous verriez.

Denis Blanc - C'est justement ce que je suis en train de faire, d'où mon post. Quant aux "brèves de comptoir", je consens pour le" journal de référence", mais pour la politicienne en retraite, c'est immarcescible.

Patrice de Plunkett à Denis Blanc - Je n'ai pas besoin de la triste NKM pour savoir quoi penser du "maurrassisme" de Patrick Buisson.

Patrice de Plunkett - Faut-il réellement considérer 'L'avenir de l'intelligence' comme un texte génial ? Ce que ce texte a de meilleur, c'est son titre. Mais le contenu...Parmi beaucoup de généralités vagues, on trouve une poignée de constats nullement originaux sur la dégradation du statut de l'intellectuel et l'hégémonie de l'argent : mais pas de faits, pas d'analyse, pas de démonstration... Tout ça vieillot, allusif, contourné.

Patrick Isambert à Patrice - Pourrions nous considérer qu'à la NAF devenue fort heureusement par la suite la NAR nous poursuivions alors derrière Gérard L. et Bertrand R. et d'autres et sans nous en douter... loin de là ! une route commune avec Patrice S. ?

Patrice de Plunkett à Patrick Isambert - Il y a un décalage chronologique. Vous aviez commencé à voir clair avant moi ! (rires dans la salle)

Patrick Isambert Il te sera beaucoup pardonné... ;-) (les mêmes sourient)

Frederic Pichon - Vous êtes injuste avec Maurras. Je le dis d'autant plus librement que je n'ai jamais fait partie de son école. Bernanos, Maritain et bien d'autres grands penseurs catholiques de l'époque sont passés par l'AF. Quant aux relents que vous dénoncez ils étaient présents aussi dans LA CROIX de l'époque. il faut donc contextualiser des propos qui aujourd'hui peuvent paraitre choquants.

Patrick Isambert - Ces "relents" ont duré bien au-delà de l'époque de Bernanos et de Maritain !

Frederic Pichon à Patrick Isambert - dans ce cas il faut citer aussi les cadres et proches de l'AF qui ont rejoint la résistance.

Patrick Isambert à Frederic Pichon - C'est ce qu'a écrit dans un livre indispensable, mais malheureusement épuisé, mon ami François-Marin Fleutot. Mais la plupart de ces cadres et proches comme Jacques Renouvin avaient quitté ou avaient été exclus de l'AF en désaccord politique avec elle ! "Des royalistes dans la Résistance", Paris, Flammarion, 2000 (notice BnF no FRBNF37628158).

Patrice de Plunkett à Frédéric Pichon :
- Soyez complet : Bernanos et Maritain, ayant très bien connu Maurras et le maurrassisme, ont ensuite écrit (à deux moments différents) les diagnostics les plus sévères à ce sujet. Je vous conseille de relire Maritain en particulier : 'Une opinion sur Charles Maurras et le devoir des catholiques', 'Primauté du spirituel', et en particulier le chapitre 2 de 'Clairvoyance de Rome' :
'Les erreurs de M. Maurras', qui montre la profondeur philosophique et spirituelle du problème. Problème nié par les maurrassiens gardiens du mausolée, mais problème évident si l'on a un peu de rigueur intellectuelle.
- Je n'ai pas parlé de "relents", mais des haines ajoutées au royalisme par le maurrassisme.
'La Croix" en partageait certaines en 1898. Mais plus en 1936...

François Crespin - Maurras ne sert plus que d’épouvantail : son œuvre, énorme, pertinente et complexe, plus subtile qu’il n’y parait, échappe totalement aux journaleux d’aujourd’hui. Incapables de le lire, de le contextualiser. Le réflexe pavlovien est de s’en écarter, de le juger de haut de ses 3 pommes, et de le condamner évidemment. On dit de Maurras qu’il a lu « tout ce que vous avez lu et une grande partie de ce que vous n’avez pas lu ».
Aujourd’hui : qui donc a lu Maurras ? Ni NKM qui prétendait pour qui Buisson était « maurrassien »(ah ? Oui ? En quoi ? Un exemple en tête ??), ni Pecresse qui prétendait « avoir choisi entre Maurras et De Gaulle », ce qui est comique quand on sait tout ce que ce dernier a hérité de Maurras...
Non : décidément cet anniversaire est loin d’être à la protée de tous...

Patrice de Plunkett à François Crespin - La "dette" de de Gaulle envers Maurras est très exagérée. De Gaulle est à l'origine un barrésien, non un maurrassien. Et c'est lui qui a eu l'un des mots les plus durs au sujet de Maurras : "Il pensait tellement avoir raison qu'il en est devenu fou."

Denis Blanc - Il me semble bien que la citation de DG est "il a eu tellement raison...."

Patrice de Plunkett à Denis Blanc - Comme souvent avec les citations du Général, celle-là a plusieurs versions. Mais la version "a eu tellement raison" ne cadre pas avec ce que de Gaulle pensait du rôle final de Maurras.

Philippe Houbart - Les maurrassiens d'aujourd'hui sont ceux qui gigotent à l'Action française actuelle et ses micro-scissions et micro-sous-scissions : c'est à qui cassera du "gaucho" le plus fort, collera pour Marine et défendra Civitas avec le plus d'enthousiasme. Le fameux "compromis nationaliste" consiste à se faire cocufier par des gens qui se fichent complètement de la monarchie, et de toute façon la monarchie "traditionnelle, antiparlementaire et décentralisée" est une vision fantasmée, idéologique, totalement déconnectée de la réalité historique : la monarchie a progressivement évolué vers le parlementarisme (Restauration et Monarchie de Juillet) et les Capétiens n'ont cessé de centraliser, roi après roi. C'est ce qu'avait compris le feu comte de Paris et il l'a dit clairement.
Conscients du boulet que représente aujourd'hui l'inféodation de l'AF à Vichy, les archéo-maurrassiens exhibent les ancêtres qui avaient rejoint la Résistance (voir ce qu'en dit plus haut Isambert), mais en oubliant qu'ils étaient en rupture de ban avec Maurras, lui qui, dans les colonnes de son journal, fustigeait avec la même véhémence juifs et gaullistes, appelant au meurtre à leur égard. La phrase de Maurras apprenant sa condamnation résume tout : "C'est la revanche de Dreyfus !". La farce de l'empirisme organisateur conduit de l'antisémitisme forcené au patriotisme, puis au nationalisme, puis à la monarchie fantasmée. Tout cela est terriblement daté : Auguste Comte, Frédéric Mistral, tout cela n'est que l'itinéraire personnel d'un sourdingue adulé par des champions de la canne plombée. Tout cela sent le grenier poussiéreux ou la cave humide. Qu'il y reste.

Patrice de Plunkett - Quant à ce qui prétend être actuellement l'AF, ce n'est qu'une annexe du micro-milieu de l'extrême droite. Ses grands copains en 2018 sont ceux avec qui les jeunes d'AF de 1968 étaient à couteaux tirés !

Philippe Houbart - Remember Assas...

Patrice de Plunkett à Philippe Houbart - Remember le drapeau à croix celtique arraché par Pierre Juhel à un rigolo d'Occident pendant les premiers cortèges de l'Arc de Triomphe, et qui fut exposé à l'hilarité générale dans la permanence des étudiants pendant un bout de temps...::

Marc Hedelin - Excellent ! Oublions une bonne fois pour toute Maurras.::::::::::::

Patrick Isambert - Pas d'accord Marc n'oublions sutout pas !...Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs ! c'est aussi notre devoir pour de plus jeunes séduits par les habitants du "mausolée"

Claude Malherbe - En effet qui pour souffler sur des cendres éteintes? D’intemporel qu’on l’a cru, on le découvre inactuel. Pour le style, je serai moins sévère que vous. Au regard de ce qui s’écrit aujourd’hui, son style a de beaux restes. À part cela, quel intérêt, sinon pour l’histoire?

etc.
______

Écrit par : PP / | 20/04/2018

à Anne Josnin :

> Les jeunes filles qui posent en petite dentelle dans les réseaux "sociaux" un livre de Nimier à la main feraient mieux de le lire, et de lire tout Nimier (ce qui leur permettrait de ne pas confondre l'écrivain avec certains de ses personnages). Elles trouveraient par exemple ceci sur Maurras dans "Journées de lecture" :
"Les sages patries qu’il s’était constituées lui ont fermé les yeux sur le monde enragé des années 40. Il lui est arrivé de raisonner en philosophe grec, aveugle et sourd aux cris de l’époque, quand ses hypothèses, maniées par des fous et transformées en vérités d’Etat, servaient à tuer. Pendant l’Occupation, il continuait à manier ses balances, sans savoir que les poids étaient truqués et que son antisémitisme littéraire, félibre, imbécile et d’ailleurs modéré, s’appelait ailleurs Auschwitz ou Dachau. Il est grave pour un politique d’ignorer son temps."
______

Écrit par : Sven Laval / | 20/04/2018

EFFARANT

> Ironique situation que celle du "spectre" de Maurras : à l'occasion, certainement, du cent-cinquantième anniversaire de sa naissance, on exhume pour en faire un épouvantail ou une idole un homme qui, paraît-il, aurait dit à l'issue de son procès après la Libération que c'était là la vengeance de Dreyfus.
Il me paraît donc assez effarant que certains se réclament en 2018 de la pensée d'un homme qui en 1945 en était resté à 1894, ou que d'autres fassent de cette pensée la matrice de tous les dangers qui nous guetteraient
______

Écrit par : Sven Laval / | 20/04/2018

LE MONDE

> Eh bien c'est le point de vue du 'Monde' voilà tout. Quelle importance ? Honnêtement on peut difficilement considérer 'Le Monde' comme un journal de référence.
D'accord ce n'est pas le sujet ici mais franchement, un journal qui pendant 20 ans a considéré la pédophilie comme une sexualité alternative, a vu Pol Pot et Khomeiny comme des libérateurs, de telles erreurs dans sur des sujets aussi graves : j'ai tendance à ne pas me fier à ses jugements.
Amicalement
______

Écrit par : E levavasseur / | 20/04/2018

@ Bergil

> J'avais déjà abordé ce sujet de la "nostalgie de la monarchie" sur le présent blog. Je vais largement m'auto-plagier... comme je ne tape pas vite, je suis un adepte du "copier-coller", quand c'est possible. Bref...
Je ne suis pas un nostalgique de la royauté, c'est clair. Mais je suis de plus en plus convaincu qu'à terme (10, 20 ans, une ou plusieurs générations ? ) la France aura à nouveau un monarque héréditaire à sa tête.
Encore une fois, aucune nostalgie de l'Ancien Régime (qui a préparé la Révolution...) de ma part. Simplement le constat que le régime républicain - pas que la Ve République ! - est à bout de souffle, qu'il est incapable de tracer un véritable destin pour la France. Le fait que M. Macron adopte ostensiblement une "posture royale "(avec à la clé un projet de catholicisme d'Etat 2.0..discutable) n'est pas nécessairement un hasard.
Fondamentalement, le monarque héréditaire ne conquiert pas le pouvoir. Il le reçoit, comme une charge qu'il n'a pas méritée...et pour laquelle il n'a pas toujours été préparé (le cas de Louis XVI est assez flagrant). Le "monarque républicain" (ou assimilé : même problématique pour les deux Empires...) reste en place tant qu'il est le plus fort. Le roi peut être battu, rebattu, fait prisonnier, devenir fou, ... il reste le roi, quoi qu'il arrive (enfin presque...).
L'être le plus ambitieux, au sein du personnel politique, sait qu'il y aura toujours quelqu'un au-dessus de lui. D'un côté : un roi qu'il sait qu'il n'a pas mérité son trône ; de l'autre, des hommes qui savent qu'ils n'atteindront jamais la première place : dans l'épure (je dis bien : dans l'épure), cela ne peut que favoriser l'esprit d'humilité de part et d'autre !
Les rois de France ont souvent été des êtres faillibles, à divers titres (ainsi Philippe Auguste, qualifié par je ne sais plus qui de "Staline perdu dans une chanson de geste"). Mais, sauf erreur de ma part, tous (je mets de côté Louis-Philippe, le "roi des Français") étaient convaincus de tenir leur pouvoir du Très-Haut. Et aucun n'a été totalement indifférent au sort de son peuple.
Non, c'est clair, la nation française n'est pas née en 1789. Comme pères fondateurs (entre autres...) un psychopathe asexuel et un DSK avant la lettre (Robespierre et Danton, c'est ça, quand même...), on fait mieux, non ?
Pour ne pas sombrer, la France devra se réconcilier avec elle-même, avec son histoire. Les "barbares" qui nous envahissent, qui sont aussi nos frères, nous rappellent que nous sommes des chrétiens, que nier ce à quoi nous hommes appelés ne pourra qu'attirer leur mépris et leur haine.
Plus qu'un retour des Bourbons sur le trône de France (ce clone de Macron qu'est le chef légitime de la maison de France, je ne le sens pas du tout), je vois l'instauration d'une "quatrième dynastie", dont le fondateur serait éventuellement issu des rangs des nouveaux venus sur notre sol...
La France est un être vivant, donc mortel. Mais elle a trois "anges gardiens" : la Très sainte Vierge Marie, respectée de tous les musulmans de la planète, Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, qui a fait ch... toute le monde pour se voiler dès l'âge de 15 ans, et Sainte Jeanne d'Arc, qui savait ce que se battre voulait dire.
En tout cas, militer pour une Restauration me semblerait pour le moins vouloir "mettre la charrue avant les boeufs".

Feld


[ PP à Feld - Votre thèse est originale. Cela dit, ce qui est reproché à Maurras n'est pas le monarchisme : c'est le faisceau de haines qu'il lui ajoutait très inutilement, gâchant ainsi une idée qui était belle faute d'être réalisable... Ce qui ne l'empêcha pas d'écrire vers la fin : "Ce vieux coeur de soldat n'a pas connu la haine" (au lieu d'exprimer un repentir dont on doit chtétiennement espérer qu'il l'a ressenti ensuite, 'in articulo mortis'). ]

réponse au commentaire

Écrit par : Feld / | 21/04/2018

"PAYS RÉEL"

> Pour faire quoi? Et si c'était pour détourner les lecteurs non pas ses prises de position qui n'ont plus d'intérêt mais des certains diagnostics encore actuels, de l'un d'eux surtout, la coupure entre pays réel et légal. Car il est plus vrai que jamais, les trois pouvoirs: politique, financier et médiatico-culturel sont confisqués par une oligarchie hors sol insensible aux besoins et aspirations de ceux "qui ne sont rien" comme dirait Macron. L'idéal hégelien de l'oligarchie est de toujours changer et rompre pour rompre comme le montre la dérive de l'architecture contemporaine, le besoin des peuples est d'améliorer leurs sorts dans un contexte de stabilité.

PH



[PP à PH :

À ceci près que :

- Maurras avait emprunté le contenu de la notion de "pays réel" (familles, communautés locales, métiers) à la pensée sociale catholique antérieure ; il a récupéré, durci et réduit une notion prise ailleurs et qui lui survit sous d'autres formes ;

- il ne voulait pas voir que l'ennemi principal du "pays réel" n'était pas le fragile "Etat jacobin" mais le capitalisme libéral, comme la fin du XXe siècle allait le démontrer.
Non seulement le capitalisme libéral a vassalisé l'Etat devenu l'outil de sa propre négation, mais il a substitué le règne de la marchandise à la société "naturelle", mettant ainsi en cause l'existence même d'un pays réel jusque dans le psychisme des individus ; cf. les analyses de François Cusset dans le livre ('Le déchaînement du monde') auquel je fais écho ici dans la note de ce matin 21/04...

- Je ne crois pas que 'Le Monde' ait voulu détourner le public de lire l'illisible Maurras, que l'on ne peut aborder que si l'on connaît en détail l'histoire de la IIIe République ( "le temps inoubliable des Documents Verts", comme le clamait le gros Léon dans un discours).
Il est plus probable que ce tapage démesuré (deux pleines pages à propos d'un simple volume de la collection Bouquins !), flanqué à quelques jours près d'une pleine page présentant trois jeunes paumés marseillais comme un terrible réseau terroriste d'extrême droite "issu de l'Action française", n'est que la énième version d'une manoeuvre médiatique déjà souvent déployée depuis les années 1980. Auquel cas les réacs se retrouvent dans leur position habituelle : être et faire exactement ce que leur adversaire allégué veut qu'ils soient et fassent...
("Oui mais ça défoule", diront-ils. Car les réacs sont des postmodernes comme les autres : ils jouissent de "se lâcher"...). ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 21/04/2018

BIBLIOTHÈQUES

> Une chose m'a étonné, lorsque j'ai voulu lire Maurras "dans le texte" : rien dans les réserves du réseau des bibliothèques de la Ville de Paris.. Alors que l'on peut y trouver des éditions anciennes d'ouvrages depuis longtemps épuisés...
Par contre, les crapules staliniennes que l'on inflige (depuis longtemps) même aux collégiens, elles, sont en rayon.

Feld


[ PP à Feld

Deux raisons à cela :

1. Aucune bibliothèque officielle d'après 1945 ne pouvant conserver les livres d'un "auteur condamné pour haute trahison", ce fut la raison de l'absence des 'Oeuvres capitales' en quatre volumes collationnées par Maurras lui-même et publiées chez Flammarion en 1954.

2. Les rares rééditions ultérieures (p. ex. en 1993 celle du peu convaincant 'Mes idées politiques', recueil d'articles collationnés en 1937) n'ont pas éveillé la curiosité d'un public. Qu'on le veuille ou non, les livres de Maurras ne peuvent plus intéresser que des historiens de la IIIe République. Et leur style a plus vieilli (paradoxe) que celui de Michelet, mort en 1874 !

Nous fûmes quelques-uns (autour notamment de Pierre Debray) à faire de grands efforts en 1968-1970 pour tenter de dépoussiérer la chose : mais nous n'allions pas tarder à comprendre qu'il n'y avait rien, dans le corpus des textes de Maurras, qui corresponde aux problèmes de l'ère nouvelle. Je m'en suis rendu compte en 1970 quand j'ai réalisé un débat avec le "mao" Philippe Hamel (publié chez Beauchesne sous le titre 'Mao ou Maurras') : force m'a été de constater que rien chez Maurras ne faisait contrepoids à l'analyse marxienne du capitalisme. Occasion de constater aussi que j'avais énormément à apprendre, après quatre ans dans la bizarre thébaïde mentale d'un postmaurrassisme en circuit fermé... Je suis donc allé "apprendre" ailleurs, y compris en des lieux que j'aurais mieux fait d'éviter. Mais la jeunesse est présomptueuse. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Feld / | 21/04/2018

TOCQUEVILLE

> "force m'a été de constater que rien chez Maurras ne faisait contrepoids à l'analyse marxienne du capitalisme".
D'où la réévaluation de Tocqueville, effectuée par des auteurs comme Raymond Aron et ses amis du Figaro, car Tocqueville, lui, faisait et fait toujours le poids.
Je me demande si ce coup de projecteur, finalement assez vain, sur Maurras n'est pas là pour cacher le massif tocquevillien, beaucoup plus crédible, c'est le moins qu'on puisse dire... et pas seulement dans les colonnes du vieux Figaro.
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Écrit par : Bégand / | 22/04/2018

MAURRAS etc

> Personnellement je ne considère pas Maurras comme monarchiste/royaliste puisqu'il cherchait plus la polémique que la vérité et par conséquent ne cessait de diviser.
La monarchie a quelque chose de familial, les parents aiment tous leurs enfants et veulent leur union.
C'est ce que je reproche à une république libérale comme la nôtre : son libéralisme entraîne le relativisme moral : ni de bien ni de mal, "c'est comme ça" et le côté électif fait que la présence d'un homme au gouvernement symbolise la défaite électorale de l'autre moitié des français.
Je ne dis pas que je suis contre les élections mais elles ne sont possibles que si elles reposent sur des divergences de conceptions des moyens pou parvenir à un même but, pas de fond.
Cela est aggravé par le fait que l'Etat veut TOUT prendre en main, a énormément d'ambition : "trop embrasse mal étreint", l'Etat en oublie ses devoirs premiers au profit d'amusettes et d'enfumages, pour la plus grande joie des libéraux.
C'est parce qu'elle est fondée sur les principes anti-chrétiens de la Révolution que la République veut prendre la place de Dieu et tout prendre en main, la république en soi n'est pas un problème.
Là où j'approuve Maurras c'est :

- quand il parle "des républiques" ce qui désigne d'après ce que j'ai compris (je l'ai très peu lu) des citoyens qui au plan local s'organisent seuls sous la houlette du gouvernement.
Mais ici Maurras s'auto-contredit :
Car hélas, Maurras n'est pas catho-compatible puisqu'il est souvent haineux & cette haine le rend incapable de recherche du bien commun, de "res publica" = de république dont le roi est le garant !

-quand il parle de "la république confisquée par les partis politiques" ce qui justement empêche le fonctionnement "des républiques".
Ces "républiques" me semblent assez proches de ce qui se dit à gauche avec la démocratie participative.
Dans cette dérive-là, la république d'aujourd'hui va très loin : des "initiatives citoyennes" qui naissent du fait de la démission de l'Etat, sont condamnées.
Un comble ! la "république" ce sont d'abord les gens, pas le gouvernement lequel n'est qu'une délégation.
Il y a une véritable confiscation.

Le but de la monarchie est de faire vivre la république. Sinon, aucun intérêt.
De la même manière, chrétiennement parlant, la "nation" est l'ensemble fraternel que doivent former les gens qui ont reçus du Père la même patrie, (le même patrimoine) pour vivre ensemble leur temps sur terre et faire leur Salut.
"Puisque la patrie est un don alors la nation est un devoir" a résumé le Pape François.
On a le devoir de s'unir et quand on a la même culture, la même langue, on n'a aucune excuse de ne pas le faire.

De toute façon, une monarchie ou république, ce n'est qu'un "moyen", pas un but.
Le but de la vie sur terre, c'est le Ciel ; ici le but des idées politiques c'est d'avoir un système politique permettant le plus possible que "son règne vienne, que sa volonté soit faite sur la terre comme au cCel"
"sur la terre comme au Ciel" : c'est très exigeant et doit être rapproché de "soyez parfaits".
Et comme c'est dans le Notre Père ce n'est pas négociable.
"sur la terre comme au ciel" : on ne peut pas se contenter des fadaises des programmes des partis.
Fillon et Cie ne se préoccupent pas que "son règne vienne, que sa volonté soit faite sur la terre comme au Ciel".

EL


[ PP à EL - Les deux points positifs que vous décelez chez Maurras ne venaient pas de lui : il les avait reçus d'autres penseurs au XIXe siècle... Sa marque personnelle est d'avoir transformé une idée "familiale" (comme vous le dites très justement) en prétexte de divisions inexpiables. ]

réponse au commentaire

Écrit par : eric levavasseur / | 23/04/2018

> Autre chose qui me frappe chez Maurras : sa vision de l'Eglise est proche de la constitution civile du clergé mise en place par la Révolution** qu'il déclare exécrer.

** et largement en germe dans le gallicanisme, largement encouragé par les loges... et en filigrane je trouve, dans le discours de Macron aux Bernardins.
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Écrit par : eric levavasseur / | 23/04/2018

@ PP

> oui "les républiques" c'est la subsidiarité en fait ?
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Écrit par : e levavasseur/ | 23/04/2018

@ Eric

> Je crois que nous rejoignons sur beaucoup de points... Retrouver cette conception "paternelle" du pouvoir me semble essentiel, au moment où notre pays où la composition ethnique de notre pays va connaître des bouleversements sans précédent. La royauté, tout en raccrochant ces nouvelles populations à l'histoire de notre pays, serait pour elles quelque chose de radicalement nouveau, en quelque sorte "vierge" de ce qu'elles pouvaient rejeter de la France (notamment le relativisme moral érigé en Absolu).
La question étant : comment (re)bâtir une monarchie chrétienne, tout en conservant les acquis de la séparation des Eglises et de l'Etat ?
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Écrit par : Feld / | 23/04/2018

@ feld

> "comment (re)bâtir une monarchie chrétienne, tout en conservant les acquis de la séparation des Eglises et de l'Etat ?" La priorité n'est pas de rebâtir une monarchie chrétienne mais un monde où les gens vivent fraternellement, en commençant par soi et donc par chez soi, son pays.
Or cette vie fraternelle n'est possible que par la seule foi qui est 100% vraie, celle de l'Evangile.
(les autres ont des morceaux qui sont vrais ; ce n'est pas de l'orgueil de la dire puisque nous n'avons fait que recevoir).
La séparation des Eglises et de l'Etat n'est possible qu'en étant 100% chrétien puisque cette séparation est dans les évangiles.
("à césar ce qui est à césar etc")
ou plus exactement 100% chrétien catholique puisque la notion de religion d'Etat est protestante, que le protestantisme est intrinsèquement relativiste & qu'il y a bcp d’ambiguïté dans la pratique dans l'orthodoxie sur les relations avec l'Etat.
Un chrétien et un incroyant peuvent être aussi bien l'un que l'autre de bons conducteurs : ils respectent le code de la route lequel est fondé sur le bon sens et l'attention aux autres.
C'est la m^me chose pour les institutions.
Dieu nous appelle, il ne nous soumet pas.
La foi ne peut être décrétée, légale.
Notre vie chrétienne est librement consentie; aucune contrainte : nous voulons être chrétiens.
On prie parce qu'on aime & non parce que c'est légal, écrit dans la constitution.
La constitution, les lois, devraient faire appel à la morale naturelle comme un rappel au bon sens et non pas directement aux évangiles car alors les lois seraient une question de foi et non de bon sens, de vérité et de justice, de loi naturelles admissibles par tous.
Ce qui fait que les gens se convertissent c'est quand ils constatent l'adéquation entre le bon sens et la morale chrétienne.
Les dogmes sont admis aussitôt après, beaucoup plus facilement.
Evidemment un tel système fondé sur la loi naturelle demande de constamment se poser des questions, de ne pas forcément suivre ses premières impressions.
(Dieu nous appelle, il ne nous soumet pas : ouf ! on en a fini avec la traduction erronée du Notre Père !!)
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Écrit par : eric levavasseur / | 23/04/2018

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