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13/03/2018

Sondage BVA : "La popularité du pape François faiblit chez les catholiques", titre Le Figaro

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"Il paraît que le pape est socialiste ? On aura tout vu."

Le sondage BVA confirme que chez certains "catholiques pratiquants", le libéralisme économique compte apparemment plus que de marcher avec l'Eglise :


 

 

Dans le Figaro.fr  d'hier, un sondage BVA affirme que François perd 12 points de popularité "chez les catholiques pratiquants réguliers"  - "et même 17 % chez les sympathisants du parti politique Les Républicains". Le sociologue (EHESS) Philippe Portier commente ce sondage pour le quotidien de la rêveuse bourgeoisie :

► 1. "dans ces milieux, on comprend mal l'ouverture pastorale aux situations d'homosexualité ou au remariage" ;

► 2. "...on trouve dans ces catégories une vision volontiers identitaire de la nation, que le discours papal sur les migrants, et souvent sur les musulmans, vient troubler..." ;

► 3. "...la dénonciation du libéralisme économique par le pape François peut susciter la critique dans toute une fraction du catholicisme français, qui n'a jamais accepté totalement la doctrine sociale de l'Église."

Ces trois points (disséqués par ailleurs au chapitre 2 de mon livre Cathos, ne devenons pas une secte), sont le symptôme du virus sectaire qui se développe dans une certaine bourgeoisie catholique de droite :

1. Si ces milieux "comprennent mal", c'est qu'ils ne cherchent pas à comprendre. Quasiment personne dans cette bourgeoisie n'a lu Amoris laetitia. Ni écouté les nombreux curés de paroisse qui ont expliqué, aux messes dominicales, qu'une "ouverture pastorale" est... pastorale : démarche fondée sur la foi pleine et entière, mais avec la douceur et la bienveillance sans laquelle aucun contact évangélique n'est possible. Où lit-on dans l'Evangile qu'il ne faut être pastoral ni envers les homosexuels, ni envers les divorcés remariés ? Nulle part ! (relisons le passage où le Christ parle avec la Samaritaine). Les bergogliophobes sondés par BVA se reconnaissent-ils mieux dans les pharisiens de l'Evangile, qui ne se soucient que d'exclure ?

2. Ces milieux ne veulent pas que le pape les "trouble" dans leur vision "identitaire" de la nation... Etranges catholiques, qui refusent d'être "troublés" par des impératifs chrétiens - et  qui posent leurs conditions au successeur de saint Pierre (sans d'ailleurs connaître son livre La patrie est un don, la nation est un devoir, éd. Parole et Silence)... Et leurs conditions postulent une introuvable définition "identitaire" de la France : comme si une collectivité nationale au fil des siècles pouvait être définie, c'est-à-dire réduite. Et réduite à quoi ? inexorablement à l'ethnique... L'effet de cette dérive, ce sont deux récentes vagues de tweets : contre la jeune catholique française d'Orléans accusée de n'être ni catholique ni française parce qu'elle est métisse ; et contre un évêque auxiliaire de Paris, traîné dans l'opprobre parce qu'il a osé distinguer entre le devoir de l'Etat (réguler l'immigration) et le devoir du chrétien (regarder la personne de l'immigré comme étant son prochain)...

3. Mais le noeud du problème est dans le troisième point souligné par Portier : "toute une fraction du catholicisme français n'a jamais accepté totalement la doctrine sociale de l'Eglise". Merci au sociologue de l'EHESS de valider ce constat, qui est l'objet même de mon livre !  Tant que la critique radicale du libéralisme et du saccage consumériste était exprimée en langage un peu trop "papal" (Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI), elle passait au dessus de la tête des gens, et la bourgeoisie catho de droite pouvait faire semblant de n'avoir rien vu ni rien entendu... Mais François développe cette critique dans un langage direct, précis, clair, et même rude, donc immédiatement compréhensible de tout le monde ; c'est cela qui donne des vapeurs à la bourgeoisie depuis 2013. Les attaques contre François  ont commencé dès le premier trimestre de son pontificat, après ses premiers discours contre l'idole Argent ; et elles ont commencé par les Etats-Unis avec les clameurs de médias ultralibéraux - y compris la si pieuse EWTN - contre "ce pape socialiste". On ne s'étonne donc pas que, chez les cathos US aussi, la cote de François soit en baisse...

Dans les années 1970, l'esprit de clan chez certains catholiques était au progressisme : ils reprochaient à l'Eglise de ne pas avoir leurs opinions politiques.

Dans notre seconde moitié des années 2010, l'esprit de clan chez certains catholiques est au libéral-conservatisme [*] :  ils reprochent à l'Eglise de ne pas avoir leurs opinions économiques.

C'est la même erreur en sens inverse !

L'heure vient, pour les catholiques unis à leur Eglise, de ne plus laisser les clans monopoliser la parole.

 

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[*] "Libéralisme conservateur" est une coquecigrue, puisque le libéralisme en soi exclut toute conservation. Sa raison d'être est la déstabilisation perpétuelle : sinon ce ne serait plus le libéralisme.

 

 

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Commentaires

L'AFFREUX MODI

> De tout temps, les riches et les puissants ont été prêts à tout pour protéger leurs magots et marigots.
A cet égard, le libéral-conservatisme de nos bourgeois catholiques et hostiles au pape François ne me paraît guère différent de celui affiché par Narendra Modi, le Premier ministre indien auquel le chef de l’Etat français vient de « prodiguer des mamours », lors d’une visite d’Etat, comme le rappelle Jean-Claude Guillebaud, dans sa dernière chronique de ‘La Vie’.
Loin de mettre ses pas dans ceux de Gandhi, assassiné il y a tout juste 70 ans, Modi, comme partisan de l’« hindouïté » et comme « ultralibéral », « porteur d’une pensée fondamentaliste, agressive et islamophobe »… aurait par sa politique « encouragé des violences communautaires », indique le confrère. Une politique qui n'en serait pas moins suivie et validée par « les élites et les classes supérieures » indiennes, lesquelles apprécieraient la « connivence » entre le « fondamentalisme » du Premier ministre et le « tout marché ».
Il nous reste à espérer que cette partie de la bourgeoisie catholique française que nous voyons se replier de façon quasi-religieuse sur son pouvoir économique ne cédera jamais au rejet et à la violence contre le prochain, le pauvre, l'étranger…
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Écrit par : Denis / | 13/03/2018

ÉCHANTILLON DE COMMENTAIRES SUSCITÉS SUR FACEBOOK PAR MA NOTE CI-DESSUS

Constance de Boisanger - j'applaudis à 2 mains à vos commentaires !...sauf peut-être sur le fait que les anti-François n'ont pas "écouté les nombreux curés de paroisse qui ont expliqué, aux messes dominicales..." : honnêtement, lors de mes passages en France, je ne les pas entendus tellement ces prêtres !(sauf dans un petit coin de Bretagne, par un prêtre qui, clairement, n'était pas d'origine bretonne d'ailleurs, mais plutôt de l'autre côté de la méditerranée) ... J'en ai plutôt entendu qui ne citaient jamais ni les paroles ni les écrits du Pape...je ne suis pas sûre de les avoir beaucoup écoutés ceux-là...

Fabrice Gauduin - Pas chez moi.

Arnaud Le Bour - Des catholiques qui avouent, implicitement, d'être de moins en moins chrétiens...

Nicolas de Rauglaudre - Merci. Bien d'accord. Mais rappelons que la France, c'est 0,8% de la population mondiale et peut-être 2% des chrétiens... et que les émois de quelques cathos tradis n'ont pas grande importance. À discuter naturellement…

Constance de Boisanger - juste rappel !...

Patrice de Plunkett à Nicolas de Rauglaudre - Hélas il ne s'agit pas de "quelques cathos tradis" : ça c'était la situation
d'il y a trente ans. Aujourd'hui les tradis ne sont pas en cause : on a affaire à un phénomène sans précédent, une ultra-droite pseudo-catholique, qui est en réalité l'annexe "catho" d'une ultra-droite séculière objectivement ou intentionnellement incompatible avec l'Evangile... Quant au fait que les tempêtes dans le verre d'eau de la droite française sont indifférentes au reste du monde chrétien, c'est évident - et c'est bien ce que pense le pape !

Alix Decan à Patrice de Plunkett - tout à fait ! Des personnes qui ne veulent pas renoncer à leur petite vie bien rangée, qui veulent conserver leurs prérogatives pécuniaires. Le souci étant que beaucoup ne s'en rendent pas compte...

Olivier Richou - On ne comprend pas bien ce qui vous inquiète. 12% des pratiquants et 17% chez les Républicains ça n’est pas « l’ultra droite » dont vous parlez. Attention à ne pas qualifier « d’extrême droite » tout contradicteur, pour l’exclure du débat, comme faisait Hollande,

Patrice de Plunkett à Olivier Richou :
1. Justement si : le problème est la dérive d'un pan de la droite "catho" modérée vers des réflexes venus d'ailleurs : notamment l'hostilité viscérale envers le pape, symptôme le plus flagrant de cette dérive.
2. Il ne s'agit pas d'exclure des gens d'un débat, il s'agit de combattre un virus idéologique.
Dire dans ce cas "je ne comprends pas de quoi vous parlez", c'est nier le problème : pour quelle raison ?

Odon Lafontaine - C'est la réédition du Sillon contre l'Action Française... La poursuite de l'infusion dans l'Église des logiques idéologiques progressistes (droite comme gauche) déchaînées par les Lumières.

Patrice de Plunkett - Nos prétendus "réacs" sont les plus postmodernes des postmodernes : enfermés dans leur subjectivisme clanique.

Emmanuel Briand - Enfin, faut rester objectif, 78%, ça reste ultra majoritaire. Ceux qui le critiquent ont certainement épluché ses ouvrages et interventions. Si jamais, c'est le cas, ils se rendront compte de la fidélité de François au magistère et à la doctrine sociale de l'Eglise.
La communication de Benoît XVI de ce jour vient appuyer en ce sens. Opposer les 2 pontificats n'est absolument pas juste. Faut sortir des postures et de la forme et étudier le fond.

Patrice de Plunkett - Exactement. Il ne faut pas se lasser d'y inciter tout le monde.
Notez tout de même que selon le sondage BVA, la chute de popularité du pape est beaucoup plus nette dans la droite "catho" que dans l'opinion publique...

Alain Pauly - Les catholiques ont des options différentes et alors ?
La doctrine sociale de l'Eglise n'est en rien libérale évidemment.. Elle est même très "castratrice" d'un point de vue économique... Comment peut on être libéral économiquement et catholique traditionnaliste ?? C'est insensé.... Il y a des cathos tradis... C'est ainsi. Je me sens de leur bord et en effet même si les tradis prient pour le Pape ils n'en ont pas ses idées.. Tout le monde n'est pas parfait Patrice de Plunkett...

Jean-Pierre Isnard - Il ne s’agit pas d’être parfait il s’agit simplement d’être chrétien et d’écouter l’Évangile. L’objectif pour un chrétien n’a jamais été la perfection mais la sainteté.

Patrice de Plunkett à Alain Pauly - Vous m'obligez à me répéter. Le problème n'est absolument pas du côté des tradis, et le truc consistant à faire croire que je leur en veux est malhonnête. Je suis d'ailleurs très attaché à la forme extraordinaire du rite romain.
Veuillez donc lire ce que je réponds ci-dessus à Nicolas de Rauglaudre : le problème est dans l'emprise, sur un pan de l'ultradroite politique prétendument catho, d'une extrême droite idéologique séculière, objectivement ou intentionnellement incompatible avec l'Evangile.

Arnaud Le Bour - Les idées du pape ou plutôt celles des Évangiles et de la Doctrine sociale de l'Eglise. Le pape François ne fait pas part de ses opinions personnelle mais de la parole de l'Eglise ( incontestablement semblable aux siennes. Ce qui doit aussi être le cas de tous chrétiens)

Alain Pauly - Si vous le dites !

Patrice de Plunkett Alain Pauly - Ce "si vous le dites" est une formule caricaturalement postmoderne. La question n'est pas de savoir ce que dit X ou Y ( l'Eglise n'est pas une démocratie). La question est de suivre saint Jean-Paul II quand il appelle pour l'avenir chaque catholique à une "docilité aimante" envers le magistère social et économique de l'Eglise.

Alain Pauly - Vous voulez donc parler de Civitas ?

Patrice de Plunkett Alain Pauly - Civitas ? qui voudriez-vous voir perdre son temps à parler de ce machin dérisoire ?

Alain Pauly - Je ne comprends pas tous ces propos.. Donnez des noms et puis c'est tout.. Moi aussi je perds mon temps..

Patrice de Plunkett Alain Pauly - Alors cessez de le perdre... et puis c'est tout. Dans mes fils de discussion on parle des idées ; on ne colle pas d'étiquettes sur des noms propres, sport favori de la grosse droite.

Nathalie de Williencourt - Merci cher Patrick... concernant la pastorale pour les personnes homosexuelles et leurs familles, je me permets de poster le flyer joint, car on a du mal à faire passer l'info dans les paroisses, il y a encore des peurs! C'est un groupe de parole pour les proches, à Boulogne Billancourt, à la maison des familles du diocèse de Nanterre, et c'est top! Infos et inscription, me contacter en MP.
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Écrit par : de Facebook / | 13/03/2018

LE SONDAGE

> Une variation aussi forte est curieuse : quel événement l’expliquerait ?
N’est ce pas un biais de sondage ?

Ludovic


[ PP à Ludovic - Ce sondage confirme ce que j'avais constaté moi-même et qui est l'objet de 'Cathos, ne devenons pas une secte' ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Ludovic / | 13/03/2018

Mgr de SINÉTY

> Qu'il me soit permis de relier votre propos à celui développé par Mgr Benoist de Sinéty, le prêtre qui officia lors des obsèques de J. Hallyday, dans son excellent ouvrage "Le cœur de l'homme, quelle pagaille !". Son approche est celle d'un pasteur pétri de miséricorde. Il y évoque le quotidien d'un curé de Paris, à l'écoute des âmes, loin de toute tentation identitaire. Un témoignage bouleversant.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 14/03/2018

1892

> PP, vous êtes quand même à mon avis un ultramontain. Pour ce qui est de la doctrine sociale de l'Eglise, je voudrais ici rappeler le souvenir de l'historien jean-Maris Mayeur qui avait bien vu que les catholiques engagés dans l'oeuvre des cercles ouvriers d'Albert de Mun et qui, après Rerum Novarum (1891), sont devenus les militants du ralliement à la république, conformément au voeu de Léon XIII (1892), venaient quasiment tous de l'aile légitimiste intransigeante du royalisme (la mort du comte de Chambord les laissa libres de tout engagement de loyauté). Leur but dorénavant ? restaurer l'influence de l'Eglise, en fait "baptiser" la République, ce que la bourgeoisie républicaine "opportuniste" ne pouvait accepter. J'en parle avec bienveillance car je compte mon arrière grand père dans les rangs de ce qui fut au terme de cet itinéraire, la "seconde démocratie chrétienne". L'échec tient autant au refus des bourgeoisies catholiques qu'au magistère lui même (Pie X). L'Action catholique a ensuite pris le relais sous Pie XI dans le même esprit... avec le même sort.

Martin


[ PP à Martin - Je connais cette période, notamment l'aventure de l'Action libérale de Jacques Piou. Mais en quoi tout cela ferait-il de moi un "ultramontain", ce que je ne suis pas - et qui ne veut plus dire grand-chose aujourd'hui ? Dites-m'en plus... ]

réponse

Écrit par : Martin / | 14/03/2018

NOTRE PAPE

>C'est fou comme l'époque moderne associe popularité et véracité. Qui est populaire doit forcément détenir la vérité. D'où l'importance proclamée de la popularité.
Mais peu importe que le pape soit ou non populaire, il n'est pas à mettre sur le même plan que nos vedettes de la chanson ou du petit (ou grand) écran. Il ne brigue pas non plus une réélection.
L'aune selon laquelle il faut mesurer l'action du pape est : répond-il à sa mission, qui est de proclamer l'Evangile, de redresser ce qui est tordu, de réveiller la foi des tièdes, d'ouvrir les yeux des aveugles ?
J'ajouterai que si nous pouvons apporter une réponse à cette question, elle ne sera que partielle, et peut-être partiale, car en définitive, seul Dieu sonde les reins et les cœurs et sait véritablement ce qu'il y a dans le cœur de l'homme. A vue humaine, notre pape s'attache réellement à bien remplir sa mission. Et il demande même avec insistance la prière des fidèles pour le soutenir, car il sait comme la tâche est difficile. Que souhaiter de plus ?
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Écrit par : Bernadette / | 14/03/2018

CENTRALISME

> C'est vrai que le terme "ultramontain" n'est plus guère utilisé aujourd'hui. Peut-être parce que le centralisme pontifical (dites, si vous voulez : le primat de l'Eglise de Rome) a finalement tout emporté après Vatican I, supprimant la liberté des Eglises locales. Peut-être aussi parce que la théologie dogmatique et morale a suivi ensuite la même pente : elle est désormais exclusivement élaborée à Rome (et simplement "déclinée" dans une forme agréée dans toutes les Eglises locales, car je pense, à l'inverse de vous, que la théologie n'est plus depuis longtemps "polysémique"). Ces deux tendances de fond posent la question du rapport entre primauté et synodalité, un équilibre entre la papauté et l'épiscopat, entre le centre et les périphéries. Or, il me semble que cette question commande toutes les autres y compris la "doctrine sociale de l'Eglise".
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Écrit par : Martin / | 15/03/2018

BOURGEOISIES ET D.S.E.

> Pour une "exploration" des rapports des bourgeoisies françaises avec la doctrine sociale de l'Eglise :
Puel Hugues, « Le néolibéralisme, modèle économique dominant », Revue d'éthique et de théologie morale, 2005/1 (n°233), p. 29-51. DOI : 10.3917/retm.233.0029. URL : https://www.cairn.info/revue-d-ethique-et-de-theologie-morale-2005-1-page-29.htm
L'auteur pointe à la fin de son article la réticence de l'Eglise à l’égard du libéralisme politique qui demeure un motif de rejet de sa doctrine sociale, mais l'article dit aussi à rebours de ce que je pense : "À la doctrine pontificale succède la pluralité des discours, ceux des évêques et des épiscopats locaux, des commissions « Justice et paix », des mouvements chrétiens dans leur diversité. Lors du centième anniversaire des Semaines sociales, célébré à Lille les 23-26 septembre 2004, l’évêque de la ville, Gérard Defois, a défendu avec talent et conviction la même thèse. La pensée sociale chrétienne est passée d’un programme à prétention d’universalité à un appel à la responsabilité des chrétiens, pour débattre dans leurs lieux d’engagements, pour y défendre les solutions adaptées à des situations complexes et particulières. En s’intégrant de façon vivante dans le débat public, les chrétiens permettent à la pensée sociale chrétienne inspirée de l’Évangile transmis par leur Église d’accéder ainsi à une authentique universalité, celle de l’espace public où se confrontent démocratiquement les intérêts et les valeurs. Ainsi un effort d’authentique universalité succède à une prétendue universalité qui, en réalité, mettait en concurrence la doctrine sociale catholique avec la diversité des programmes de politique économique et social".
Le problème : c'est que la pratique dominicale étant de 2% désormais, l'adhésion des "bourgeoisies catholiques" à la doctrine sociale de l'Eglise est probablement du même ordre. L'article passe sous silence ce fait "communautaire" totalement nouveau.
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Écrit par : Martin / | 18/03/2018

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