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31/08/2017

Macron veut "une France capable de se faire entendre" ?

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Il a raison : alors elle doit sortir de l'Otan. Sinon elle et l'Allemagne finiront en champ de bataille, dans la guerre que visiblement la classe politique US veut rendre inéluctable contre la Russie :


 

Parlant aux ambassadeurs, Emmanuel Macron a esquissé une diplomatie française qui ne s'alignerait pas tout à fait sur Washington : respect des engagements internationaux pris envers l'Iran, méfiance envers le noeud de vipères du Golfe, maintien de la position de Paris sur la question israélo-palestinienne, volonté de "ne pas nous enfermer dans un camp"... Si M. Macron suivait réellement cette ligne, il ferait mieux que ses deux désastreux prédécesseurs.

La question est de savoir si M. Macron pense vraiment ce qu'il dit, et s'il a les moyens de tenir la France à l'écart de la catastrophe que les bellicistes de Washington souhaitent déchaîner contre la Russie - donc sur le champ de bataille européen.

Un à un, les voyants rouges s'allument. Le déploiement stratégique américain touche la frontière russe, en violation de la promesse faite naguère à Boris Eltsine. Moscou ne peut faire autrement que de relever le gant : d'où les manoeuvres conjointes  des troupes russes et biélorusses de leur propre côté de la frontière. Exercice  très classique auxquels sont invités les observateurs occidentaux, et qui ne mobilise que 12 700 soldats : mais la presse américaine affirme qu'ils sont  plus de 150 000 et qu'ils menacent les pays baltes. Pour parachever l'ambiance de guerre imminente, le New York Times (6/08) est allé jusqu'à annoncer ces manoeuvres comme se déroulant "dans la périphérie de l'Otan" ! Formule qui réduit les territoires russe et biélorusse au statut de cible de "l'Otan"... Et l'on sait que ces territoires ne sont devenus proches de "l'Otan" que dans la mesure où Washington a fait avancer "l'Otan" vers l'Est depuis vingt ans, dans la perspective d'un affrontement voulu - quoique sans raisons légitimes - avec la Russie.

Dernier point : Donald Trump, qui avait fait campagne en tant que non-interventionniste, est en voie de se ranger parmi les pires boute-feu de l'histoire américaine. En partie par irréflexion ; en partie par soumission au parti de la guerre, qui a reconquis tout le terrain perdu à Washington sous Obama. Coincé par le formidable buzz sur l'ingérence russe dans la campagne 2016, M. Trump ne peut plus bouger ; il a dû signer de nouvelles et surréalistes sanctions contre la Russie ; il se laissera demain glisser vers la guerre. Il laisse déjà son vice-président crier au "spectre de l'agression russe".

Les Américains vont-ils faire de la France et de l'Allemagne un champ de bataille parce qu'ils ont fabriqué un spectre ?

D'où la question que nous posions au sujet de M. Macron. La réponse est trop claire : revenue dans l'Otan  - merci à MM. Chirac et Sarkozy -, la France ne peut pas ne pas participer à une guerre voulue par Washington. Et comme le disait le sénateur américain Lindsay Graham le 1er août à propos des deux Corée (mais ce pourrait être à propos de l'Europe) : "Si des milliers de gens meurent, ils mourront là-bas. Pas ici."

 

 

 

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19:55 Publié dans Macron, Otan, Trump | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

MANU LE HÉROS

> Emmanuel Macron a ici une occasion rêvée d’illustrer son désir d’incarner l’héroisme en politique : dire non au bellicisme américain, avec ou sans Mme Merkel.
Il est vrai que calmer les ardeurs US est simplement une question de bon sens… Mais puisque le chef de l’Etat aime l’héroisme, ne mégotons-pas !
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Écrit par : Denis / | 31/08/2017

GUERRE ET ÉCONOMIE

> Il n'est pas de mal de civilisation qui ne puisse être résolu par une guerre sanglante (nb : c'est du 4ème degré ! ). Contrairement à ce que l'on croit souvent, ce n'est pas le New Deal qui a sauvé l'économie US, mais la Seconde Guerre mondiale !
Surtout que, ici ou là, l'on dit que notre modèle socio-économique délirant serait viable ..avec une population divisée par 10.
Souci : un conflit nucléaire majeur, c'est a priori difficile à circonscrire précisément. Surtout qu'en plus, ce serait là une grande première (voire aussi une grande dernière) pour l'Humanité. Mais bon : En marche, que diable !
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Écrit par : Feld / | 31/08/2017

DOCILES

> Docilité dangereuse de la Pologne et des pays Baltes que le crainte de la Russie, compréhensible pour des raisons historiques, pousse à obéir à n'importe quoi.
Plus encore que nous, ils seront LE champ de bataille.

PH


[ PP à PH - En cas de conflit frontal OTAN-Russie, le théâtre des opérations serait le continent tout entier. Et l'arme nucléaire serait utilisée. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 01/09/2017

@ Pierre Huet :

> La crainte de la Russie est en effet un facteur de docilité envers les Etats-Unis. Elle existe aussi dans des pays comme la Suède, où l'opposition fait en ce moment les gros yeux à la ministre des affaires étrangères, laquelle penche pour ratifier un traité d'interdiction des armes nucléaires, ce qui n'a pas l'heur de plaire aux Etats-Unis (qui l'ont fait savoir par le biais de leur secrétaire à la défense). Entre un traité - peut-être - intéressant et le bon plaisir des Etats-Unis, certains semblent avoir fait leur choix...
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Écrit par : Sven Laval / | 01/09/2017

COM'

> Macron m'apparaît comme un communiquant remarquable (à un époque pas si ancienne cela se nommait propagandiste), mais c'est tout. Je le vois se refaire là une popularité en surfant sur une peur tout à fait réaliste. Quand il faudra agir, il invitera le ministre des affaires étrangères allemand pour décider quoi faire.
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Écrit par : DidierF / | 02/09/2017

VENDRE DES ARMES U.S.

> l'attitude des USA me fait penser à l'évangile de la remise de dettes.
Les USA se font dépasser par la Chine et la seule attitude dont il sont capables c'est de s'en prendre à un plus petit. (Le budget des armées russes est plus de 10 fois moindre que celui des USA).
En fait le vrai but est de créer une peur côté OTAN afin que celle-ci, ou plus précisément ses pays membres achètent plus d'armes (américaines).
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Écrit par : Franz / | 07/09/2017

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