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22/06/2017

Sondages : macronisation quasi-générale à droite ?

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Cette bouffée transpartisane est assez compréhensible. Mais l'alliance de presque tous contre très peu esquiverait les réalités :


 

Les sondages confirment ce que nous disions : le "fragile triomphe" de la macronie plaît à la grande majorité des électeurs de droite (ceci explique d'ailleurs cela). A peine 10 % d'entre eux approuvent la ligne Ciotti-Wauquiez. Près de 50 % souhaitent que LR conclue de futurs accords électoraux avec la REM... En ce cas on aboutirait à une alliance de presque tous contre très peu de gens, et il faudrait trouver une autre définition pour la démocratie parlementaire.

Cette macronisation provisoirement générale, il y a deux façons de la lire.

On peut la voir comme un fruit du There Is No Alternative... À force d'infuser au public l'idée que "la" (seule) politique consiste à réduire constamment l'espace "du" politique (au profit du business), on obtient la République de juin 2017 : ministres technocrates, élus monobloc.

On peut, au contraire, voir cette ambiance comme un retour de l'idée de "bien commun" par delà les partis. Le bien commun n'est ni de droite, ni de gauche. Le voeu citoyen que réaliserait l'énorme alliage REM + néoModem + LR-Constructifs, ce serait de faire disparaître "l'opposition systématique qui ne menait nulle part"...

Cette seconde hypothèse correspond à ce que l'on entend dire un peu partout ces jours-ci.  On peut lui faire deux réponses :

-  la stérilité des postures partisanes était évidente. Les dépasser était l'intention de De Gaulle via 1958-1962.

- Mais "bien commun" est un mot-valise : quel contenu lui donne-t-on ? en quoi consisterait au juste le bien commun des Français ? et celui de la France (qui est plus que le total des Français) ? que faut-il penser de Bruxelles ? et de l'Otan ? et du libre-échangisme ?  etc ? Si quelqu'un posait ces questions sur la place publique, les réponses ne feraient pas l'unanimité  - et les intérêts dictant ces réponses ne seraient pas les mêmes selon les classes sociales. Les catholiques eux-mêmes sont loin d'être tous au clair (et d'accord) sur ces sujets... 

 

 

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19:40 Publié dans Idées, Macron, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : macron

Commentaires

MOT-VALISE

> Dépasser les postures partisanes est évidemment souhaitable. Le "et de gauche et de droite" de M. Macron peut à ce titre paraître séduisant, à ceci près que l'on peut y mettre le meilleur de chaque composante, aussi bien que le pire. En quelque sorte, cela revient à tout et le contraire de tout. En l'occurrence, "le bien commun" devient en effet un mot-valise.
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Écrit par : Sven Laval / | 22/06/2017

INCOMPATIBLE

> Puisque pas grand-monde a voté, la macronisation générale de la droite, ça doit bien faire la macronisation de pas grand monde. Les macronistes contre le peuple français, voilà le résultat. Pour ce qui est du bien commun on rappellera que Jean-Paul II le présentait en opposition à l'utilitarisme. Il n'est donc pas libéral et par conséquent macron-incompatible.
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Écrit par : ND / | 22/06/2017

NE PAS DÉRANGER

> Il n'y a pas plus d'union nationale vraie que d'unanimité politique et l'impossible opposition voire une simple alternative n'est rien d'autre qu'une dictature.
" Ni à droite ni à gauche ..." a quelques relents dont le fumet se perd dans l'amnésie historique programmée par le ministère de "l’Éducation nationale" dont à lui seul l’intitulé ne laisse pas d'interroger sur sa réelle et sous-jacente visée; rien à voir avec le ministère de l'Instruction publique qui avait une ambition plus noble...
Le consensus mou, la chasse éhontée aux prébendes et "marocains" gouvernementaux, et l'idéologie marchande formatée par les Écoles de Commerce devenues des Business School dont les débouchés s'arrêtent pour beaucoup aux remplissages des rayons des supermarchés ("un jour moi aussi je serai dans les bureaux ...."), forment un amalgame qui détruit l'or en vulgaire plomb inerte.
Les intérêts des employés ne sont pas ceux des cadres et encore moins ceux des actionnaires, faire croire que "casser les codes" est une fin en soi ou que des réformes sont nécessaires (pour qui?) sans rien définir au préalable n'est ni de l'enfumage ni de la prestidigitation mais du mensonge calculé par omission et abrutissement.
Le réveil sera douloureux mais pas forcément bruyant ni violent, les souffrances familiales s'étoufferont dans les sanglots des maisons vendues aux enchères pour emprunts impossibles à rembourser, les vieux, redevenus enfin de vrais vieux, seront montrés du doigt comme profiteurs improductifs à taxer pour punition d'être encore en vie seule la jeunesse aura son heure éphémère de récompense et les vrais riches, rentiers du travail mal payé des autres, seront les propriétaires du droit et de l'espace.
Cassons le peu de solidarité qui subsiste et le fruit trop mûr de la populace gênante sera abrutie de jeux et de rêves impossibles, le silence des prisons sans barreaux dans l'intérieur des cerveaux vides est encore le meilleur moyen de ne pas déranger finance, commerce et trading!
L'Homme? Mais qu'est-ce que ce mot?
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Écrit par : Albert E. / | 22/06/2017

VARIABLE

> Il faut nous y habituer, pauvres « cathos » que nous sommes : « bien commun » et « catholicisme » sont à géométrie variable…
Sur la ligne « Ciotti-Wauquiez » : la posture d’un certain nombre de journalistes consiste à lui opposer notamment celle, « humaniste », d’un Jean-Pierre Raffarin ou d'un Thierry Solère (sous-entendu : Wauquiez and Co seraient des fachos) ; la ficelle est grosse.
Ces mots – bien commun, catholicisme, humanisme – ont un sens. Il reste à définir lequel…
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Écrit par : Denis / | 23/06/2017

AU MILIEU

> "Ni à droite ni à gauche" était un slogan du PSF du colonel de La Rocque en 1938.
D'où le lazzi des extrême-droitistes : "NI à droite ni à gauche, au milieu comme le trou du c..."
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Écrit par : casimir / | 23/06/2017

MACRON ESSEULÉ DANS L'U.E.

> http://www.boursorama.com/actualites/a-bruxelles-macron-esseule-sur-le-controle-des-investissements-chinois-cb1fbc12c22f3573b1234e3c75a9ec3b

La décision d'Emmanuel Macron de demander à la Commission européenne que celle-ci contrôle à l'avenir les acquisitions chinoises dans l'Union relève davantage d'une logique protectionniste que d'une logique libérale.
Cette démarche est à mettre à l'actif du président de la République, au vu de l'appétit grandissant des sociétés d'État chinoises, que ce soit en Europe ou ailleurs dans le monde (en Afrique en particulier).
De ce point de vue, Macron se démarque à la fois du libre-échangisme radical des pays d'Europe du Nord et du tropisme pro-chinois des pays méridionaux que Pékin a déjà commencé à dépecer.
Il est immensément regrettable que cette courageuse proposition française n'ait pas reçu l'assentiment de la Commission - l'Europe d'aujourd'hui a pourtant besoin de se protéger de telles velléités !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 23/06/2017

NO ALTERNATIVE

> A noter les incohérences de cette politique économique libérale-libertaire-no alternative :
* liberté des flux de capitaux/mondialisation des échanges/tout peut s'acheter et se vendre à travers le monde/Les multinationales ont le droits d'acheter (et d'accaparer) les terres agricoles en Afrique et les pays pauvres, mais les chinois n'ont pas le droit (c'est mal) d'acheter des terres en France et en Europe.
* Les salariés français et européens ont le droits d'aller travailler dans d'autres pays d'Europe (ou aux US) pour gagner plus (et/ou couter moins cher à leurs patrons : ingénieur français en Allemagne ou plombier polonais détaché en France), mais les paysans ou ouvriers mal qualifiés africains n'ont pas le droit de venir travailler en Europe pour "gagner plus", ou seulement survivre : les migrants économiques c'est mal !
En gros ce que je veux faire, j'ai le droit, si toi tu veux le faire : tu n'as pas le droit.
Comme disait La Fontaine : que vous soyez riche ou pauvre, puissant ou misérable, la justice vous fera blanc ou noir.
3 siècles plus tard, c'est toujours vrai ...
Cdt,
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Écrit par : Bergil / | 23/06/2017

À hurler :

> http://www.la-croix.com/France/Politique/bienveillance-tente-entree-politique-2017-06-23-1200857641

Slogan du régime : "SOIS BIENVEILLANT ET MARCHE !"
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Écrit par : Alex / | 23/06/2017

POUR AVANCER

> Cher Patrice, pour avancer sur la question du Bien Commun, un article qui pose un cadre intéressant pour un dialogue avec nos contemporains (et pas seulement dans un entre-soi stérile que je n'ai que trop connu entre chapelles philosophico-théologiques):
https://usbeketrica.com/article/de-l-interet-general-au-bien-commun
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Écrit par : Anne Josnin / | 24/06/2017

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