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18/05/2017

Comme avant, mais d'un pied plus léger

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"Redistribution des cartes au sein de la classe dirigeante", disent (à juste titre) les éditorialistes. C'est un gouvernement de la France qui va mal par celle qui va bien :


 

► "La droite aux affaires, la gauche en vitrine", titre un quotidien ce matin à propos du gouvernement Philippe. Mais peut-on encore parler de gauche et de droite ? Sur l'essentiel à leurs yeux (servir le libéralisme économique), ex-PS et ex-LR sont d'accord. Là-dessus, bien fin qui verrait une différence entre M. Ferrand et M. Le Maire, ou Mme Pénicaud et M. Darmanin, ou M. Collomb et Mme Goulard !  La gauche et la droite n'existent plus en tant que pensées adverses. Elles subsistent en tant que boutiques : mais de moins en moins. M. Baroin peine à trouver au nom de quel dogme excommunier les 170 "salopards", ces cadres LR qui osent dire qu'eux et Macron ont le même logiciel libéral - et que l'avantage de Macron est de pouvoir l'appliquer. 

► M. Macron l'applique en effet, jusque dans le détail. Le ministre de l'Agriculture est un sénateur radical proche de la FNSEA. La ministre du Travail, applaudie par le Medef, est une ex-directrice générale de Dassault et d.r.h. de Danone. Le Premier ministre est un ancien d'Areva. Ce gouvernement n'est "qu'une redistribution des cartes au sein de la classe dirigeante", constatent les éditorialistes.

► Quant à M. Hulot, les paris sont ouverts : avalera-t-il la couleuvre nucléaire-aéroport ? ou claquera-t-il la porte ? Et s'il la claque, sera-ce avant ou après les législatives ? Son tempérament le pousserait à la claquer ; mais ses gestionnaires lui rappelleront que sa fondation est financée par EDF, L'Oréal, Carrefour  - et Vinci, autrement dit l'aéroport Notre-Dame-des-Landes dont M. Philippe est un partisan résolu. Dans Libération de ce matin, un "fidèle" de M. Hulot révèle que celui-ci n'a posé "aucune condition" à son entrée au gouvernement. Les autres ministres sont indifférents ou hostiles à l'écologie ; M. Philippe lui-même envisage le souci de l'environnement comme l'ennemi naturel de l'emploi. On sait où on va. On ne sait pas si M. Hulot ira jusque là.

 

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Commentaires

J.J.S.S.S

> Cela va peut-être tourner comme pour l'éphémère "ministre des réformes", Jean-Jacques Servan-Schreiber, dans le premier gouvernement de la présidence Giscard d'Estaing en 1974. La crise avait éclaté à l'époque immédiatement après sa nomination, à cause de la poursuite des essais nucléaires dans le Pacifique.
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Écrit par : B.H. / | 18/05/2017

ENCYCLIQUE

> Et si on faisait une pause « Centesimus annus » de saint Jean-Paul II (1er mai 1991), en l’honneur de Nicolas Hulot, si tant est que le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire ait besoin de réviser les fondamentaux. En lui recommandant par exemple les pararaphes 37 à 40. Mais il faudrait qu’il relise l’intégralité de cette encyclique, en lien avec les enrichissements apportés par ses successeurs et bien évidemment François dans « Laudato Si »
http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_01051991_centesimus-annus.html et http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html
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Écrit par : Denis / | 18/05/2017

SCHIAPPA DÉLIRE

> Tout est dit. Sur les vacances de M. Hulot au Ministère de l'environnement, il n'y a que 3 possibilités : soit la politique du Gouvernement va être effectivement anti-nucléaire et anti-NDDL : ce serait tellement contraire à la logique du Gouvernement Philippe et des sponsors qui ont fait élire M. Macron que l'on a du mal à l'imaginer ; si la politique du Gouvernement en ces matières sera telle qu'on peut l'imaginer, alors soit M. Hulot se renie complètement, soit M. Hulot devra démissionner après la 1ère interview au cours de laquelle on lui demandera son avis sur le nucléaire ou sur NDDL.
Par ailleurs, cher Denis, j'allais suivre votre conseil et lire « Centesimus annus » de saint Jean-Paul II, mais j'ai appris que le nouveau Secrétaire d'Etat à "l'égalité entre les femmes et les hommes", Mme Schiappa, avait déclaré (entre autres délires, lors d'un discours à la Fondation Jean Jaurès) que "la doctrine sociale de l'Eglise est un outil pour combattre les droits des femmes" (sic-sic-sic). Du coup je me méfie.
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Écrit par : Thibaud / | 18/05/2017

ROMAIN GARY

> Cela me fait penser au très beau livre de Romain Gary, 'Les racines du ciel', toujours tristement d'actualité en ce qui concerne la protection de la nature et dont je tire l'extrait ci-dessous , lui aussi d'actualité :

"....Le député était préoccupé. Il essayait de se rappeler à quelle formation politique il appartenait. Son parti s'était scindé en deux, les éléments des extrémités de chaque tronçon se repliant eux-mêmes par des systèmes d'imbrication vers trois formations diverses, lesquelles exécutaient un mouvement tournant autour du centre afin de s'y substituer, cependant que le centre lui-même subissait un glissement vers la gauche dans ses éléments centripètes et vers la droite dans ses éléments centrifuges. Le député Jean Dubord était à ce point dérouté qu'il en venait à se demander si son devoir de patriote n'était pas de susciter lui-même la formation d'un groupement nouveau, une sorte de noyau centre-gauche-droite avec apparentements périphériques, lequel pourrait fournir un pivot stable aux majorités tournantes, indépendamment des charnières qui articulaient celles-ci intérieurement, et dont le programme politique pourrait être justement de sortir du rôle de charnière pour accéder au rôle de pivot. De toute façon, le seul moyen de s'y retrouver était d'avoir un groupe à soi. Il leva brusquement vers le barman un regard désemparé.... "

(Romain Gary, 'Les racines du ciel', 1956)

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Écrit par : Hervé / | 18/05/2017

Pas si léger !

> Ministre des armées qui ne se sent pas française :
http://resistancerepublicaine.eu/2017/05/18/quand-sylvie-goulard-nouveau-ministre-de-la-defense-se-confiait-je-ne-me-sens-pas-francaise/
Ministre de la santé favorable à l'euthanasie:
http://www.famillechretienne.fr/politique-societe/politique/la-nouvelle-ministre-de-la-sante-agnes-buzyn-est-favorable-a-l-euthanasie-218619

Qu'en pensent les cathos-castors faisant barrage à la bête immonde ?

PH


[ PP à PH - Si l'on peut se fier à Myard (???). Mais on aimerait connaître le reste de cette conversation... Avérée, la phrase de SG serait symptomatique. Surtout quand on apprend (Facebook) que cette ex-chroniqueuse au 'Pèlerin' est considérée comme une chrétienne exemplaire. Est-on chrétien moins exemplaire quand on ne copine pas avec Bruxelles ? ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 18/05/2017

SCHIAPPA (2)

> Intéressante remarque de Thibaud. Voyons par exemple la pertinence de l’occurrence « femme » dans « Centesimus annus », et comment elle est susceptible de nourrir les « délires » de la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Mme Schiappa.
Au paragraphe 7 :
« Avec ce droit [à l’association syndicale] que le Pape [de « Rerum novarum », Léon XIII] – il est juste de le souligner – reconnaît explicitement aux ouvriers, ou, pour reprendre ses termes, aux “prolétaires”, sont affirmés de manière tout aussi claire les droits à la “limitation des heures de travail”, au repos légitime et à une différence de traitement pour les enfants et les femmes en ce qui concerne la forme et la durée du travail. »
Au paragraphe 8 :
« Malheureusement, aujourd'hui encore, on trouve des cas de contrats passés entre patrons et ouvriers qui ignorent la justice la plus élémentaire en matière de travail des mineurs ou des femmes, pour les horaires de travail, les conditions d'hygiène dans les locaux et la juste rétribution. »
De fait, Jean-Paul II se réfère dans ces deux passages à la sollicitude montrée par l’Eglise depuis Léon XIII vis-à-vis des conditions de travail réservées aux enfants et aux femmes, qui nécessiteraient un traitement différencié mais pas pour autant l’inégalité salariale trop souvent de mise… Que ne se soit trouvée une Mme Schiappa en 1891, et encore plus en 1991, pour dénoncer avec une même éloquence un tel état de fait !
Il est vrai que dans ces deux encycliques, l’Eglise ne se soucie sans doute pas assez, aux yeux de nos féministes, d’affirmer que la femme doit être libérée de toute entrave à ce qui est son « propre » et celui de l’homme : le travail ! A commencer par la responsabilité qui lui est toujours faite de mettre au monde les enfants (et j’ai ici une pensée pour ce symbole de l’oppression que ne manqueront pas de dénoncer Mme Schiappa et les imprécateurs officiels du nouveau quinquennat : l’affreuse expression, de mise dans trop de maternités, « le travail est commencé… »).
Au paragraphe 39 :
« La première structure fondamentale pour une “écologie humaine” est la famille, au sein de laquelle l'homme reçoit des premières notions déterminantes concernant la vérité et le bien, dans laquelle il apprend ce que signifie aimer et être aimé et, par conséquent, ce que veut dire concrètement être une personne. On pense ici à la famille fondée sur le mariage, où le don de soi réciproque de l'homme et de la femme crée un milieu de vie dans lequel l'enfant peut naître et épanouir ses capacités, devenir conscient de sa dignité et se préparer à affronter son destin unique et irremplaçable. »
Il est clair, à l’heure du mariage homosexuel et du plein développement du business de l’embryon humain (PMA, GPA… en attendant l’utérus artificiel) – et de leur corollaire, les facéties-arguties juridiques autour de la filiation humaine –, que Mme Schiappa ne peut être d’accord avec la « dignité » que l’Eglise entend promouvoir et protéger, dans le cadre familial, pour l’enfant. Lequel est d’abord et avant tout, comme de bien entendu, ce travailleur dynamique en devenir, qui garantira notre prospérité.
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Écrit par : Denis / | 18/05/2017

SCHIAPPA (3)

> Schiappa à la télé fait surtout l'effet d'une gourde très sûre d'elle.
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Écrit par : Kaspar Hauser / | 18/05/2017

Kaspar Hauser,

> vous avez absolument raison. De toute évidence, Mme Schiappa a voulu utiliser une expression savante pour faire intelligente, malheureusement elle n'a manifestement pas la moindre idée de ce qu'est la "Doctrine sociale de l'Eglise".
A un autre moment elle indique que la "Doctrine sociale de l'Eglise" est utilisée pour opprimer les femmes depuis "plusieurs siècles".
Instrument d'oppression des femmes ou non (et la réponse est : non), la Doctrine sociale de l'Eglise remonte à seulement 1891, soit beaucoup moins que "plusieurs siècles".

Thibaud


[ PP à Thibaud - Ça me rappelle la jeune journaliste radio qui croyait que "sanctuaire" signifiait "lieu de tuerie" (sang-tuaire). Ou, dans le même ordre d'idées, le jeune normalien (oui) qui expliquait que les "massacres de l'intolérance" ont commencé dans le cadre urbain médiéval avec la procession du Saint-Sacrement, la "notion catholique" de "sacrement" étant "un appel à verser le sang des impies".
Le domaine religieux est le Disneyland de l'ignorance.
C'est sur cette ignorance que surfe Michel Onfray, dont nous allons reparler à propos de l'ouvrage de Jean-Marie Salamito qui paraît ces jours-ci. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Thibaud / | 18/05/2017

> Pour compléter, regard sur la littérature primo-ministérielle:
http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20170516.OBS9461/edouard-philippe-romancier-cynique.html
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Écrit par : Pierre Huet / | 18/05/2017

CHE VERGOGNA

> Affreuse révélation… Les mauvaises langues diront que c’était écrit.
L’italien « schiappa » signifie en français : « cancre ».
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Écrit par : Denis / | 19/05/2017

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