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11/04/2017

Nouvelle évangélisation : avec toutes les réalités

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Le synode des jeunes est ouvert à "toute la jeunesse" : ainsi se vit la nouvelle évangélisation. "Et construisez un pont avec le futur en parlant avec les anciens !", dit le pape François aux jeunes  : 


 

 

 

Discours du pape François aux jeunes du Latium

(8/04, veillée de prière à Sainte-Marie-Majeure en vue des JMJ de 2019)



<< Chers jeunes,

Merci d’être présents ici ! Cette soirée est un double commencement : le commencement du chemin vers le Synode, qui a un nom bien long : « Les jeunes, la foi et le discernement de la vocation », mais nous dirons : « le Synode des jeunes », on comprend mieux ! Et le second commencement, du chemin vers Panama : il y a ici l'archevêque de Panama [il le désigne et se tourne vers lui] : je te salue bien !

Nous avons écouté l’Évangile, nous avons prié, nous avons chanté ; nous avons porté des fleurs à la Vierge Marie, à la Mère ; nous avons porté la Croix qui vient de Cracovie et qui demain sera confiée aux jeunes de Panama. De Cracovie à Panama : et entre les deux le Synode... Un Synode dont aucun jeune ne doit se sentir exclu ! "Mais nous faisons un Synode pour les jeunes catholiques, pour les jeunes qui appartiennent aux associations catholiques, ainsi c’est plus fort…" Non ! le Synode est pour tous, et de tous les jeunes ! Les jeunes sont les protagonistes. "Mais également les jeunes qui se sentent agnostiques ?" Oui ! "Même les jeunes qui ont une foi tiède ?" Oui ! "Même les jeunes qui se sont éloignés de  l’Église ?" Oui ! "Même les jeunes qui (je ne sais pas si il y en a quelques uns… peut-être il y en aura quelques uns) les jeunes qui se sentent athées ?" Oui ! C’est le Synode des jeunes : nous voulons tous vous écouter. Chaque jeune a quelque chose à dire aux autres, a quelque chose à dire aux adultes, a quelque chose à dire aux prêtres, aux sœurs, aux évêques, au pape. Nous avons tous besoin de vous écouter !

Souvenons-nous un peu de Cracovie ; la Croix nous le rappelle. Là-bas j’ai dit deux choses, peut-être quelqu’un s’en souvient-il : c’est mal de voir un jeune qui part à la retraite à 20 ans, c’est mal ; c’est mal aussi de voir un jeune qui vit sur un canapé. C’est pas vrai ? "Ni jeunes ‘à la retraite’, ni jeunes ‘sur le canapé’..." Des jeunes qui marchent ! des jeunes sur la route ! des jeunes qui vont de l’avant, côte à côte mais regardant le futur !

Nous avons écouté l’évangile (Luc 1:39-45). Quand Marie reçoit ce don, cette vocation si grande de porter le don de Dieu jusqu’à nous, ayant également eu la nouvelle que sa vieille cousine attendait un enfant et avait besoin d’aide, elle s’en va "en hâte". En hâte ! Le monde d’aujourd’hui a besoin de jeunes qui vont "en hâte", qui ne se lassent pas d’aller en hâte ; des jeunes qui aient cette vocation de sentir que la vie leur offre une mission. Et, comme l’a beaucoup dit Maria Lisa [jeune religieuse] dans son témoignage, des jeunes en marche. Elle a raconté toute son expérience : cela a été une expérience en marche. Nous avons besoin de jeunes en marche. Le monde ne peut changer que si les jeunes sont en marche. Mais c’est le drame de ce monde : que les jeunes – et c’est le drame de la jeunesse d’aujourd’hui ! – que les jeunes sont souvent mis à l’écart. Ils n’ont pas de travail, ils n’ont pas d’idéal à suivre : manque l’éducation, manque l’intégration... Tant de jeunes doivent fuir, émigrer vers d’autres terres… C’est dur à dire, aujourd’hui souvent les jeunes sont des matériaux de rebut. Cela nous ne pouvons pas le tolérer ! Et nous, nous devons faire ce Synode pour dire : "Nous les jeunes, nous sommes là !" Nous allons à Panama pour dire : "Nous les jeunes nous sommes ici, en marche. Nous ne voulons pas être des matériaux de rebut ! Nous nous avons de la valeur à donner !".

Pendant que Pompeo [second témoignage] parlait, j’ai pensé : par deux fois il a été pratiquement à la limite d’être un matériel de rebut, à 8 ans et à 18 ans. Et il l’a fait, il l’a fait, il a été capable de se relever. Et la vie, quand nous regardons l’horizon – Marie Lisa l’a dit aussi -, nous surprend, toujours. Tous les deux ils l’ont dit.

Nous, nous sommes en marche, vers le Synode et vers Panama. Et cette marche est risquée ; mais si un jeune ne prend pas de risque, il a vieilli. Nous devons risquer.

Maria Lisa a dit qu’après le sacrement de la Confirmation elle s’est éloignée de  l’Église. Vous vous savez bien qu’ici en Italie le sacrement de la Confirmation on l’appelle « le sacrement de l’au revoir » ! Après la Confirmation on ne va plus à l’église. Pourquoi ? Parce que beaucoup de jeunes ne savent pas quoi faire… Et elle [Maria Lisa] ne s’est jamais arrêtée, toujours en marche : parfois sur des routes obscures, sur des routes sans lumière, sans idéal, qu’on ne comprend pas bien ; mais à la fin, elle aussi elle l’a fait. Vous les jeunes vous devez risquer. Aujourd’hui vous devez préparer le futur. Le futur est entre vos mains.

Pendant le Synode, toute l’Église veut écouter les jeunes : ce qu’ils pensent, ce qu’ils sentent, ce qu’ils veulent, ce qu’ils critiquent et de quoi ils se repentent. Tout. L’Église a besoin d’encore plus de printemps, et le printemps c’est la saison des jeunes.

Par ailleurs je voudrais vous inviter à faire cette marche, cette route vers le Synode et vers Panama, à la faire avec joie, à la faire avec vos inspirations, sans peur, sans honte, à la faire courageusement. Il faut du courage. Chercher à prendre la beauté dans les petites choses, comme l’a dit Pompeon : cette beauté de tous les jours, la prendre, ne pas perdre cela. Remercier pour ce que tu es : "Je suis ainsi : merci !". Bien souvent, dans la vie, nous perdons du temps à nous demander : « Que suis-je ? ». Mais tu peux te demander "qui" tu es" et passer toute ta vie en cherchant "qui" tu es... Demande toi : « Pour qui suis-je ? ». Comme la Sainte Vierge, qui a été capable de se demander : « Pour qui, pour quelle personne, suis-je, en ce moment ? pour ma cousine », et elle est allée. Pour qui suis-je, et non qui suis-je : cela vient après, si c’est une demande qu’on doit faire, mais avant tout pourquoi faire un travail, un travail de toute une vie, un travail qui te fait penser, qui te fait sentir, qui te met en action. Les trois langages : le langage de la pensée, le langage du cœur et le langage des mains. Aller toujours de l’avant.

Il y a une autre chose que je voudrais vous dire : le Synode ce n’est pas un parloir. Les JMJ ne seront pas un parloir ou quelque chose d’approchant, ou une belle chose, une fête et ensuite ciao j’oublie... Non, concrétisez ! La vie nous demande du concret. Dans cette culture "liquide" il faut du concret :  le concret c’est votre vocation.

Je voudrais finir – il y avait un discours écrit, mais après vous avoir vus, avoir entendu les deux témoignages, il m’est venu de dire ceci : il y aura des moments pendant lesquels vous ne comprendrez rien, des moments obscurs, mauvais ; des beaux moments, des moments lumineux… mais il y a une chose que je voudrais souligner : nous sommes dans le présent. A mon âge, nous sommes sur le départ … ah non ? [il rit]. Qui garantit la vie ? Personne. Votre âge a l’avenir devant lui. Aux jeunes aujourd’hui, aux jeunes la vie demande une mission ; l’Église leur demande une mission et aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin, nous avons besoin du pont, du dialogue entre les grands parents et les jeunes, entre les vieux et les jeunes. Le prophète Joël, dans le chapitre 3, verset 1, nous dit ceci, comme une prophétie : "Vos anciens seront instruits par des songes et vos jeunes gens par des visions", c’est à dire qu’ils porteront en avant par des prophéties les choses concrètes. Ceci est un objectif que je vous donne aussi au nom de  l’Église : parler avec les anciens. "Mais c’est ennuyeux...  ils disent toujours les mêmes choses..." Non : écoute l’ancien. Parle. Demande des choses. Fais en sorte qu’ils songent et à partir de ces songes va de de l’avant, pour prophétiser et pour rendre concrète cette prophétie. Aujourd’hui c’est votre mission, c’est la mission que vous demande aujourd’hui l’Église.  Chers jeunes, soyez courageux ! "Mais, Père, j’ai péché, je tombe si souvent..." Il me vient à l’esprit une chanson alpine, très belle, que chantent les alpinistes : "Dans l’art de monter, l’important n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas rester à terre..." Avance ! Tu tombes ? Lève-toi et va de l’avant. Mais pense à ce qu’a songé le grand-père, ce qu’a songé le vieux ou la vieille. Fais-les parler, prends cela et fais le pont avec le futur. C’est l’objectif et la mission qu’aujourd’hui vous donne l’Église.  Merci beaucoup pour votre courage, et… à Panama ! Je ne sais pas si j’y serai, mais le pape y sera. Et à Panama, le pape vous demandera : "Avez-vous parlé avec les vieux ? Avez vous parlé avec les anciens ? Avez vous pris les songes de l’ancien et les avez vous transformés en prophéties concrètes ?" C’est votre objectif. Que le Seigneur vous bénisse. Priez pour moi et préparons-nous tous ensemble pour le Synode et pour Panama.  >>

 

 

trad. Zenit

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Commentaires

TOUS EN MARCHE

> Intéressant de voir le pape retenir comme antienne de cette exhortation adressée aux jeunes, l’expression « en marche ». S’il est vrai, comme je le notais l’autre jour, à propos des Béatitudes traduites par André Chouraqui, que nous ne pouvons être heureux qu’« en marche » – de l’hébreu « ashréi », « heureux » ou « en marche » (dans l’avancée, dans la dynamique) –, ça me gêne tout de même un peu d’être prioritairement renvoyé à mes « songes » par François sous prétexte que j’ai 61 ans.
C’est vrai, quoi, c’est pas parce que je rêve encore tout éveillé que je fais du sur-place. Moi aussi, je suis et je veux rester en marche. Hé, pape François, je n’ai pas envie de m’arrêter de marcher ! Je claudique un peu, tout comme toi, mais je marche, et je cours même encore parfois pour choper un RER !
Appréciable également dans ce discours adressé aux futurs participants des JMJ, la référence papale à la société « liquide » (cf. les ouvrages de Zygmunt Bauman), à croire que François a lu le dernier numéro de « La Décroissance » (page 12, la chronique de Cédric Biagini, « Le monde liquide ») ! « La vie nous demande du concret, dit le Saint-Père. Dans cette culture "liquide" il faut du concret : le concret c’est votre vocation. »
Puissent nos jeunes entendre ce discours pour ce qu’il est, en vérité : un plaidoyer pour que soient jetés des ponts toujours plus nombreux, entre riches et pauvres et entre « jeunes » et « vieux », contre tous les tenants d’une culture du « liquide » et du « rebut ». Puissent les jeunes générations devenir les prophètes d’une société toujours plus « solide » et solidaire et donc résistante aux flux de l’individualisme, du consumérisme, de la finance et de l’ubérisation macronesques…
Allons enfants… tous en marche, oui, mais bras dessus, bras dessous. Avec Jésus, Marie, Joseph. Tous ensemble, contre les Hérode du 21e siècle et les liquidateurs de toutes espèces !
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Écrit par : Denis / | 11/04/2017

@ Denis

" (...) à croire que François a lu le dernier numéro de « La Décroissance » " - Il y a deux ans, j'avais abonné le pape François à 'La Décroissance' (édition en espagnol).
Peut-être a-t-il renouvelé son abonnement (mais bon, à mon avis, chaque numéro a dû finir...je ne sais pas où, mais je suppose pas dans le bureau du pape !) ?
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Écrit par : Feld / | 11/04/2017

NUMÉRIQUE

> Sortir de Twitter & co., pour retrouver notre nature humaine, et la spiritualité : voir le compte-rendu de ce livre qui paraît très intéressant :
http://fr.aleteia.org/2017/04/17/le-numerique-nous-rend-il-solitaire-et-depressif/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr
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Écrit par : Alex / | 18/04/2017

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