Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/03/2017

"Identité" et catholiques : mais enfin, de quoi parle-t-on ?

25f9c1066090c2cfc95ede1724322a54.jpg

Répliques a illustré en grande partie la confusion mentale actuelle :


 

Ce samedi, l'émission d'Alain Finkielkraut s'intitulait : Le chrétien dans la cité. On s'attendait à ce que le sujet soit traité : par exemple sous l'angle du chrétien devant la présidentielle, ou devant le système économique, ou devant le coma civilisationnel consumériste...  L'un des deux invités (l'avocat-blogueur Erwan Le Morhedec) était là pour parler du sujet. Mais l'autre invité (Laurent Dandrieu, de Valeurs actuelles) était là pour parler d'autre chose. Finkielkraut n'a pas empêché ce déraillement.

Presque tout de suite, Dandrieu a imposé le sujet de l'invasion migratoire  - en lui ajoutant bien sûr la trahison du pape : pas seulement de François mais de tous les papes depuis saint Jean XXIII, premier à avoir trahi l'Occident comme chacun sait.

Le Morhedec s'est inscrit en faux contre ce détournement de sujet. Mieux vaudrait, a-t-il souligné, examiner le néant éthique et culturel de notre société riche... (Ce qui aurait permis de parler du rôle du disciple du Christ dans cette société : rôle civique et rôle apostolique).Finkielkraut a donné brièvement raison sur ce point à Le Morhedec.

Mais Finkielkraut sympathisait aussi avec l'idée fixe de Dandrieu ; au point de laisser ce dernier dévier le débat vers la question migratoire, sans lui faire remarquer que cette déviation sortait du sujet. L'émission n'a donc pas tenu (ou très partiellement et grâce au seul Le Morhedec) la promesse de son titre.

Tirons-en cinq leçons.

1. La "racialisation" de tous les débats a métastasé depuis vingt ans en France et en Europe. C'est la victoire psychologique de Daech. Car cette métastase est l'objectif stratégique de l'islamisme dans l'hémisphère Nord :  amener les citoyens de souche à considérer tous les immigrés comme "des migrants" donc des musulmans donc des djihadistes, et ne plus voir la cité que sous cet angle qui aboutit à la guerre ethnique.

2. La racialisation des débats serait l'échec à la fois de la pensée (en général) et du christianisme (en particulier). Echec de la pensée si elle cède la place à l'idée fixe ; échec du christianisme s'il se laisse annexer.

3. L'annexion du christianisme à l'idée fixe de clan et de lieu est ce qu'on appelle aujourd'hui "identitarisme" (maladie de l'identité, comme la pneumonie est une maladie du poumon). C'est le sujet du livre de Le Morhedec [*] ; ce qui fait de ce livre un acte chrétien au vrai sens du terme  - la foi en la personne du Christ -,  alors que l'identitarisme est un christianisme sans le Christ : variante d'une posture séculière incompatible avec l'Evangile et la doctrine sociale de l'Eglise [**].

4. Dandrieu n'a pas manqué d'énoncer le sophisme de tous les cathos tombés dans l'idée fixe d'ultra-droite : que critiquer cette déviance serait tomber dans un "spiritualisme désincarné"... Est-ce à dire que pour avoir une attitude "incarnée" (concrète, responsable etc), il faut être dans l'idée fixe ?

5. Sur les réflexions de Le Morhedec : l'intelligence de la foi est le non-conformisme d'aujourd'hui. Mutatis mutandis, ne l'a-t-elle pas toujours été ?

 

__________

[*]  Identitaire - Le mauvais génie du christianisme (Cerf).

[**]  On s'étonne de voir certains membres de l'Eglise snober ce livre, comme s'il les perturbait.

 

 

Commentaires

QUESTION

> une explication : L'islamophobie certaine de Dandrieu ne doit pas déplaire beaucoup à celle un peu plus refoulée de Finkielkraut...?
______

Écrit par : Tangui / | 18/03/2017

DÉSINCARNATION

> Pour aller dans le sens de votre point 4 et dans celui d'Erwan Le Morhedec ce matin sur le "néant éthique et culturel de notre société" (ou de ce qui en tient lieu), l'idée fixe des identitaires ne serait-elle pas en fait une forme de désincarnation ? Une manière facile de ne pas se sentir obligé à l'égard de réfugiés en ne faisant rien pour avoir l'assurance (notamment par la conscience et l'illustration de notre identité et non par l'adoration nostalgique de celle-ci) qui permet l'accueil ?
______

Écrit par : Sven Laval / | 18/03/2017

DANY ROBERT DUFOUR

> Il y a cette idée intéressante du philosophe Dany-Robert Dufour, qu'il expose dans un article du 'Comptoir' ( https://comptoir.org/2017/03/13/dany-robert-dufour-nous-nous-sommes-embarques-dans-une-escalade-de-lhorreur/ ) consacré à son dernier livre.
Il définit 3 délires: le délire occidental de vouloir toujours plus, le délire de retrouver une pureté originelle entre Dieu et les hommes (le fondamentalisme djihadiste) et un délire identitaire.
Selon lui, les 3 délires formeraient un système et il serait impossible de sortir de l'un sans tomber dans un autre.
Et l'espérance dans tout ça ? Entre tous les délires, il y a bien le christianisme...
______

Écrit par : Pierrot / | 18/03/2017

"JE NE VAIS PAS ME PLAINDRE..."

> Je ne vais pas me plaindre d’Alain Finkielkraut, bien qu’il me fasse peur avec son athéisme et sa crainte quasi superstitieuse, me semble-t-il, des gens de foi ; avant tout, il aime la civilisation judéo-chrétienne et laïque dans laquelle nous avons grandi, lui comme moi, comme Eric Zemmour, et je comprends qu’il veuille garder cela.
Je ne vais pas me plaindre de Jean-Luc Mélenchon, bien qu’il me fasse chier avec son révérenciel communard ; avant tout, il aime la fraternité digne et partageuse des petits et des ouvriers en lutte pour leur pain et pour la reconnaissance qui leur est due, et je comprends qu’il veuille garder cela.
Je ne vais même pas me plaindre de Marine Le Pen, bien qu’elle hérite et se montre incapable de se débarrasser de l’identitarisme rétréci de son paternel facho ; avant tout, elle a le culte de la nation et de l’histoire, elle aime l’héroïsme et la douceur de vivre en ce pays marqué par ses rois, ses chefs et ses saints, et je comprends qu’elle veuille garder cela.
Je ne peux pas me plaindre de Finkielkraut, Mélenchon ou Le Pen… tout simplement parce qu’ils ne partagent pas ma foi en Jésus-Christ, Seigneur et Sauveur, le Fils unique de Dieu, par qui nous recevons la grâce d’aimer en vérité, cette grâce que nous savons (oui, je le crois) ne devoir attendre de nul autre que Lui.
Et donc, oui, je suis fondé en revanche à me plaindre des identitaires qui se réclament d’une politique incarnant le catholicisme – et qui plus est l’incarnant contre le pape – parce qu'une telle ambition est intenable à vues (trop) humaines et aboutit immanquablement à travestir la Parole d’amour du Christ pour tout homme et pour tout l’homme.
Et il n’en reste pas moins, cher PP, que je suis fondé à me plaindre de la France libérale-laïcarde-libertaire de 2017, à bien des égards lâche, aveugle et sourde, et que j’aspire moi aussi à une forme de transcendance politique… grâce dont notre pays a bénéficié épisodiquement et qui nous sera de nouveau offerte, j’en suis convaincu.
Je prie tous les jours à cette intention, si malmenée soit-elle dans les chaînes de l’info (oui « chaînes »). Avec cette consolation de savoir, comme le disait un prêtre ami, que « face au mal, Jésus choisit d’être victime plutôt que d’être ministre » ; et parce que, dans l’octave de l’évangile de la Transfiguration, où nous sommes céans, il est bon que je fasse cette expérience universelle de la création qui gémit dans l’attente de la Rédemption. Et en définitive (et tant pis si je suis pompeux) parce que, connaissant mon histoire sainte et celle de la France, je sais que Dieu dit « oui » à ceux qui, comme son Fils, acceptent la voie de la solidarité radicale avec les opprimés et les victimes de l’histoire.
______

Écrit par : Denis / | 18/03/2017

LASSALLE

> Il y a bien longtemps que je n'écoute plus France Culture; on y entend tellement de conneries que cela devient lassant à la longue.
Si Finkielkraut avait voulu parler de l'identité française, il aurait invité Jean Lassalle. On lira avec profit un excellent article de 'L'Obs', que je recommande de lire jusqu’au bout, sur cet homme qui a fait l'effort, lui, de s’intéresser à ses concitoyens. Cet homme mérite le titre d'homme politique, même si je ne comprends pas son attachement au centre. La lecture de l'article montrera qu'il aurait été tout à sa place dans l'émission de France Culture. Elle apprendra aussi au lecteur pourquoi il ne risquait pas d'y être.
Pour le reste du personnel politique, il est bien dommage que la fessée soit désormais interdite. Les hommes et femmes politiques mériteraient, tous autant qu'ils sont, comme on dit dans la ma famille, "un coup de pied au cul" de chacun de leurs 65 millions de concitoyens, et quelques aller-retours. Cela leur ferait sans doute le plus grand bien en leur permettant d’atterrir dans la réalité. Qui aime bien châtie bien, comme le dit la Bible.
La réalité, Jean Lassalle, lui, il a le droit de dire qu'il la connaît.
C'est à lire là: http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/election-presidentielle-2017/20161023.OBS0196/les-confidences-du-depute-lassalle-candidat-des-sans-voix-en-2017.html
Mes origines me font goûter particulièrement, les propos qu'il rapporte de son père berger: "Mon père n’était qu’un berger, lui ai-je répondu, mais je me rappelle son conseil : 'Méfie-toi si quelqu’un te donne de l’argent sans que tu saches pourquoi il te le donne. Quand tu l’oublieras, lui te retrouvera, et pas forcément au moment où ça t’arrangera le plus.'"

ND


[ PP à ND - Ça s'applique aussi au don de costumes. ]

réponse au commentaire

Écrit par : ND / | 18/03/2017

à Pierrot:

> Ce n'est pas le christianisme (un isme de plus?) qui sauvera des délires mais le Christ. Seul un Dieu vivant peut nos sauver de ces délires qui sont simplement des tentatives pauvrement humaines de répondre à l'angoisse de l'homme sans Dieu.
La seule solution est la rencontre personnelle avec le Dieu vivant. Lui seul comble le vide angoissant de l'homme moderne, Lui seul peut nous empêche de tomber dans l'abîme par son amour inconditionnel.
______

Écrit par : VF / | 18/03/2017

MONARCHIE ?

> Pour certains, l'avenir de notre pays ne pourra passer que par un changement politique sommital ... plus que radical qui, paradoxalement, adviendrait par l'action des petits et des humbles :
http://www.yannikbonnet.com/La-France-peut-elle-se-relever-de-son-cinquieme-naufrage-republicain-Pere-Y-Bonnet_a353.html
Extrait (en parlant de Jeanne d'Arc) :
"Ce sont le plus souvent les gens simples qui ont saisi d'emblée que sa mission était d'origine divine et que le roi d'Angleterre ne serait jamais celui de France. Et le reflux des troupes anglaises a commencé quand les soldats de la " base" ont compris qu'ils avaient brûlé une Sainte. Si on ne médite pas l'histoire singulière de cette Fille aînée de l'Eglise, (pensez au baptême de Clovis, au Testament de Saint Rémy, à la vie exemplaire de Saint Louis, au voeu de Louis XIII, aux martyrs de la Révolution Française), on a du mal à imaginer que la France va connaître un renouveau spirituel, moral et culturel, sans précédent. "
Je ne suis pas loin de penser comme lui. Même si je ne vois pas trop comment l'on pourrait passer directement de la Vème République à la Royauté. L'entre deux risque d'être une horreur sans nom...
Autre prêtre monarchiste : le P. Viot (dignitaire de la FM devenu pasteur avant de rejoindre l'Eglise catholique).
Je vais essayer de regarder ce qu'il raconte sur le sujet dans son dernier livre (et même si un de ses précédents ouvrages, 'La révolution chrétienne', m'avait profondément déçu) :
http://via-romana.fr/foi-chretienne/259-il-y-a-quelque-chose-de-pourri-au-royaume-de-france-michel-viot-9782372710688.html
______

Écrit par : Feld / | 19/03/2017

FIXE

> "Finkielkraut sympathisait aussi avec l'idée fixe de Dandrieu" : personne ne s'en étonnera !
______

Écrit par : Thomas Mousset / | 19/03/2017

"POSTURE BIEN PRATIQUE"

> La posture anti-migrant est bien pratique : elle permet de se poser en victime d'une déferlante d'envahisseurs. Et elle évite de poser la question : pourquoi tous ces migrants sont-ils arrivés ici, ou plutôt, pourquoi ont-ils fui leurs pays ?
Evidemment, la réponse à cette dernière question nous laisse la conscience moins tranquille : réponses en vrac :
- parce que nos gouvernements sont allés y semer la guerre pour des raisons plus ou moins inavouables
- parce que notre mode de vie consumériste a appauvri ces pays, et a réduit ces populations en esclavage
- parce que...
Finalement, c'est plus simple de fermer les yeux et d'accuser les papes !
______

Écrit par : Pema / | 20/03/2017

'LES RACINES DU CIEL'

> Je viens de finir 'Les Racines du ciel' de Romain Gary (1956). Sublime, même si très 'dignité de l'homme sans Dieu' typique du XXe siècle après Auschwitz... Cependant, il m'a rappelé, à travers le personnage principal de Morel, un moment qualifié de "gaulliste attardé", le fort extrait de De Gaulle, cité dans le récit :

"Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison. Ce qu'il y a en moi d'affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J'ai d'instinct l'impression que la Providence l'a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S'il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j'en éprouve la sensation d'une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n'est réellement elle-même qu'au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu'il est, parmi les autres, tels qu'ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur."
- Charles de Gaulle, 'Mémoires de guerre', tome 1, Plon, 1954

Cependant, hors Jésus connu, aimé et répandu, i.e. hors l'évangélisation par la base, que faire ?
Un personnage de Gary pense ainsi (Folio, p. 466) : "Pour l'essentiel, la condition humaine n'était pas susceptible de recevoir une solution politique, l'injustice était telle qu'il n'y avait pas de révolution humaine capable de la redresser".
Mais Gary ne pense jamais à une révolution "en Dieu" ; dans 'La Promesse de l'aube', son autobiographie (1960), il montre bien qu'il n'a jamais eu d'instruction religieuse, sinon quelques intuitions instinctives ici ou là.
L'écologie intégrale, qui balbutiait chez Gary, est peut-être enfin arrivée, notamment avec 'Laudato si' ; en tout cas, elle ne peut exister sans ancrage transcendant.
______

Écrit par : Alex / | 20/03/2017

BALTHASAR

> bonjour à tous,
il y a très très longtemps que je ne me balade plus sur les blogs ou les réseaux sociaux; je regardais totalement par curiosité aujourd’hui le blog de Patrice de Plunkett, et j'ai la joie d'y découvrir une page d’évangile, celle de la Samaritaine, une très belle page bien connue de nous tous chrétiens.
je suis surtout très heureux de voir ce commentaire de cette évangile de Hans Urs Von Balthasar ! il est dommage que cette page ne soit pas ouverte au commentaire; en tous les cas, je passe ici simplement pour vous dire plusieurs choses : que le directeur de la Casa Balthasar (le directeur de la maison Balthasar, située à Rôme) est le Père Jacques Servais, jésuite, et membre éminent de cette maison spirituelle. Un séminaire. La casa Balthasar est ouverte à tous ceux qui souhaitent réfléchir à leur vocation ! nous y sommes allés en famille pendant l'année de la divine miséricorde, c'était notre première visite d'Italie, et notre pèlerinage pour l'année de la divine miséricorde. oui, en famille. à caractère exceptionnel. l’accueil a été admirable, chaleureux, inoubliable ! dans chaque pièce, trônent des murs de livres !!! ils traduisent tous les ouvrages en français, italien, allemand, grec, latin, hébreu, anglais, espagnol, .... le Père Servais maîtrise toutes ses langues et les parle couramment !!! c'est un immense théologien au service de ses frères prêtres. Le Père Servais rend visite à Benoit XVI puisqu'il est l'un de ses très anciens amis quand il était cardinal. Le dernier texte du Père Servais, je l'ai personnellement collecté (une grâce), à ma demande, pour obtenir de lui un long commentaire sur l'apparition de Fatima, pour une revue d'une communauté religieuse française : VIVRE MARIE de la Cotellerie en Mayenne (ça paraîtra en octobre 2017). Jacques Servais était le secrétaire particulier de Hans Urs Von Balthasar. Ce dernier est décédé deux jours avant son incardination par JP II. Je conseille à tous de lire et découvrir Hans Urs Von Balthasar, son oeuvre est immense et marquera la chrétienté à tout jamais, ainsi que sa comparse mystique Adrienne von Speyr. Je recommande surtout à tout ceux qui se sentent appelés, ce livre extraordinairement inspiré : "Et il appela à lui ceux qu'il voulait, cinq contributions à une théologie de la vocation" aux éditions Johannes verlag : franchement un bijou, une joie et une confirmation de tous les appels.
Un commentaire personnel de l'Evangile de la Samaritaine : les apôtres rapportent à manger à Jésus qui attendait au puits, et ils lui proposent de manger, et Jésus leurs répond : "j'ai une autre nourriture à manger; ma nourriture à moi est de faire la volonté de mon Père". Puissions nous nous nourrir pour toujours de la nourriture du Père ! amicalement et un grand salut aux lecteurs.
______

Écrit par : jean christian / | 23/03/2017

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.