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17/03/2017

Budget de la Guerre : + 10 % / Environnement : - 31% / Aide internationale : - 28% / Recherche médicale : - 20 %

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Le budget Trump avoue l'imposture de la démagogie "populiste", version paléo-guerrière du  libéralisme économique :


 

Selon ses admirateurs, le président Donald Trump serait le pape du "populisme" (soleil levant des nations). Depuis novembre ils nous enjoignaient de ne pas commenter les proclamations de M. Trump et "d'attendre ses actes". Or voici les premiers actes : ils sont conformes à ce que nous jugions probable.

Constat n° 1 : le "populisme" est belliciste. Le budget américain de la guerre était déjà le plus énorme de la planète : 40 % des dépenses militaires mondiales cumulées, soit 622 milliards de dollars en 2016... (Comparaison : Chine 191,8 / Royaume-Uni 53,8 / Inde 50,6   / Russie 48,4 / France 44,3). Mais M. Trump va l'augmenter massivement : son "budget de rupture" [*] ajoute 52 milliards aux dépenses militaires, hausse de près de 10 % ainsi commentée par le président : "Ce budget est un message au monde." Ceux qui croyaient que M. Trump allait opérer un "repli" sont prévenus qu'il n'en sera rien. Washington va "compter ses amis et punir ses ennemis", selon la formule de la nouvelle ambassadrice des USA à l'ONU : la trumpiste Nikki Haley, quadra brutale et sans expérience du rest of the world. Premiers effets de cette militarisation de la politique étrangère US : la relance de la guerre politico-économique contre l'Iran, exigée par le Pentagone, en attendant la guerre tout court souhaitée par M. Nétanyahou.

Constat n° 2 : le "populisme" brade la biosphère. M. Trump sacrifie l'avenir : "après moi le déluge !"  Il réactive des chantiers dangereux qui avaient été suspendus (oléoducs géants Dakota Access et Keystone XL). Sur demande des industriels de l'automobile, il annonce l'abaissement des normes anti-pollution. Il lance un soutien massif aux énergies fossiles. Le budget Trump étrangle toute politique environnementale : perdant 31 % de son financement, l'Agence de protection de l'environnement doit arrêter cinquante de ses programmes et licencier un cinquième de ses effectifs. La recherche médicale va perdre 20 % de ses moyens. Tout ce qui n'est pas rentable à court terme ("bon pour la croissance") est dans le collimateur de M. Trump  - qui est aussi le modèle de la droite et de l'ultra-droite européennes, notamment dans l'Hexagone où la démagogie écolophobe se déchaîne de LR au FN.

Constat n° 3 : le "populisme" méprise les affamés. Les 28 % de dotation budgétaire (10 milliards de dollars) retirés au Département d'Etat visent l'aide internationale. M. Trump supprime également les 200 millions de dollars qui étaient versés au Programme alimentaire mondial  pour nourrir les écoliers des pays pauvres. Tous des losers et des fainéants ? So sad...

Voilà donc ce que cachait le "populisme" : une version cynique du libéralisme, pas moins guerrière - mais sous d'autres prétextes - que la vision sournoise de Mme Clinton. C'était prévisible.

 

___

[*]  "rupture" :  le mot est à la mode dans l'establishment transatlantique.

 

 

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11:30 Publié dans Trump, USA | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : trump

Commentaires

KOZ

> À propos du "mépris des affamés", lire absolument le tout dernier billet de Koztoujours, "Le poids des souffrances". Indispensable.
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Écrit par : Jean-Marie Salamito / | 17/03/2017

@ J-M Salamito

+ le bouquin qu'il cite dans son billet (et qu'il qualifie d'"anti-Camp des saints", rien de moins) :
http://www.editions-jclattes.fr/les-larmes-de-sel-9782709659727
______

Écrit par : Feld / | 19/03/2017

BANQUISES

> A diffuser : des nouvelles très inquiétantes du climat
https://docuclimat.com/2017/03/19/les-banquises-fondent-et-nous-regardons-ailleurs/
______

Écrit par : Nathalie Larnicol / | 19/03/2017

AUDI

> "...et même ce sentimentalisme officieux, qui, comme les pauvres, est si difficile à éliminer..." (Joseph Conrad), il semble que là, l'on y parvienne, pour ce qui est du sentimentalisme officieux.
Rien à ajouter qu'un:
Audi benigne conditor,
nostras preces cum fletibus...
(au reste de circonstances, en ce temps de Carême)
______

Écrit par : Aventin / | 19/03/2017

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