Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/02/2017

Accord CETA : une Europe à la dérive

my-beady-eyes-is-the-ceta-trade-agreement-a-threat-to-democracy-01.jpg

Les Européens ne croient plus à l'UE -  Mais Bruxelles continue à leur imposer l'algorithme du libre-échangisme global :


 

 

Réunis à Strasbourg en séance plénière, les eurodéputés ont voté aujourd'hui l'adoption de l'accord de libre-échange UE-Canada (CETA) : "à une courte majorité", comme le prédisaient les pages économiques hier.

Pourquoi cet accord ? Parce que le libre-échangisme est l'algorithme de Bruxelles depuis les années 1990, en violation des buts affichés autrefois par la "construction européenne" : d'où cette fuite en avant économique et financière, comme si l'UE n'existait plus que dans le programme des multinationales.  Pendant que l'UE se défait dans l'opinion publique, l'engrenage libéral de Bruxelles continue à tourner. En faveur non des populations, mais des grandes entreprises.

Il s'agit de faire (toujours plus) de l'Europe une plate-forme libre-échangiste ouverte à tous les vents. La Commission opère en vertu d'un mandat datant de 1999 et jamais révisé depuis, bien que le monde ait changé (l'irréversibilité est l'une des caractéristiques euro-libérales) : la commissaire  au Commerce, Cecilia Malmström, programme des accords libre-échangistes avec le Brésil, le Japon, la Nouvelle-Zélande, Singapour, l'Indonésie, les Philippines... Pour aujourd'hui il y a le CETA, qui fera du marché européen le déversoir des productions nord-américaines.

Le CETA est vigoureusement critiqué par des économistes : il contient le fameux dispositif de "système judiciaire (?) sur l'investissement", conçu pour donner aux multinationales le moyen de faire plier les Etats. D'autre part, il permettra aux multinationales US - basées aussi à Ottawa - d'envahir le marché européen, même si le projet TAFTA (libre-échange euro-américain) était abandonné par Trump.

Le CETA est critiqué non moins vigoureusement par les défenseurs de l'environnement : il se traduira en effet par une intensification des transports transatlantiques, donc des émissions de gaz à effet de serre, en violation de l'accord climatique international de 2015. Et il entraînera une augmentation du productivisme notamment alimentaire (agriculture + élevage), au détriment du bien commun de la planète...

Ces arguments sont inaudibles à Bruxelles où les lobbyistes roulent en limousine. L'abus de pouvoir permanent de l'exécutif européen irrite donc l'opinion. Son mécontentement croissant finit par influencer certains élus,  fussent-ils de droite comme l'eurodéputée française Tokia Saïfi qui déclare au Monde (15/02) : "L'UE doit arrêter de donner l'impression (!) qu'elle ouvre sans cesse de nouveaux fronts de négociation. Finissons-en avec la course en avant, concentrons-nous sur quelques accords. Il nous faut une vraie discussion politique sur notre stratégie commerciale..."  (Mme Saïfi oublie que deux mots ne doivent pas être prononcés à Bruxelles : "politique" et "stratégie", qui sont une offense envers la Main Invisible du Marché). Le ministre-président socialiste de Wallonie, Paul Magnette, qui bloqua le CETA à l'automne 2016, réclame que les mandats de négociation bruxellois soient désormais soumis aux parlements nationaux... "L'UE évolue dans des directions différentes selon les pays, des directions difficilement compatibles entre elles", constatait Jean-Claude Juncker le 12 février à la radio Deutschlandfunk. Ajoutant qu'il ne briguerait pas de deuxième mandat en 2019, alors qu'en 2013 il avertissait : "Ce sera la Commission de la dernière chance."

Y a-t-il un politicien en France pour défendre le CETA ? Oui : Emmanuel Macron, ce qui n'étonnera personne. Pourtant le CETA a été voté à Strasbourg en ce mercredi 15 février, non seulement par la majorité de droite (c'est-à-dire libérale) mais par la gauche libérale... Incestueux mystères des "partis de gouvernement".

 

 

ceta,europe

 

10:17 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ceta, europe

Commentaires

16 SUR 74

> Ce sont les députés des pays de l'Europe de l'Est qui ont majoritairement voté "pour".
Seuls 16 des 74 députés européens français ont approuvé le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, ratifié mercredi par le Parlement européen.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/02/15/traite-ceta-les-eurodeputes-francais-ont-majoritairement-vote-contre_5080287_4355770.html#tmqUeUILviZ1dfsM.99
Bravo à Jean Arthuis qui a voté contre en défense des éleveurs et qui termine son plaidoyer (disponible sur son blog) par les demandes suivantes :
"Je demande donc que la souveraineté alimentaire et la protection de notre ruralité ne soient pas de vains mots. Je demande une révision des modalités d’octroi à la Commission européenne de ses mandats de négociation – ils devraient être limités dans le temps et revus régulièrement, sous contrôle démocratique. Je demande une transparence accrue et un débat de fond transparent et inclusif, avec l’ensemble des acteurs de la société civile européenne sur notre stratégie commerciale. "
______

Écrit par : JR Larnicol / | 17/02/2017

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.