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13/02/2017

Benoît Hamon : sous la "résistance", "l'adaptation"

hamon

Ambiguité du discours du candidat PS "venu faire oublier le bilan" :


 

 

Intéressante tribune du libraire alsacien Alexis Weigel [*]. Extraits :

<<  Ce que les jeunes, qui se sont déplacés en masse pour sacrer Benoît Hamon, vivent quotidiennement : cinq années en moyenne après la fin des études pour trouver un emploi stable, parfois précaire, souvent sous-qualifié ; 18,4 % des moins de 25 ans de l’Union européenne aujourd’hui au chômage, et les promesses que le même système, en place depuis vingt ans, pourra l’enrayer demain avec les mêmes recettes. Le constat est pourtant simple : nous sommes de plus en plus, 67 millions aujourd’hui en France, 73 millions en 2060, et 10 milliards sur la planète entière en 2050, selon l’Insee. Les robots poussent progressivement vers la sortie les travailleurs des ateliers, des usines et des laboratoires. Les caisses automatiques remplacent des employés, nous commandons nos livres, nos vêtements et nos meubles sur Internet, téléchargeons de la musique et des films au détriment des commerces de proximité ou des grands ensembles...

A travers le projet porté par Benoît Hamon, les anciens entendent simplement s’exprimer une nouvelle génération : celle de Black Mirror, du nom de cette série britannique laquelle nous montre quels pourraient être les effets néfastes des nouvelles technologies sur nos vies. Un monde dominé par les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) que nous avons accepté, encore nié par nos aînés, et que Benoît Hamon entend réguler. Cet état de fait sur lequel toutes les résistances nationalistes, patriotiques et souverainistes ne changeront rien. Les jeunes «irresponsables», «utopistes» et «rêveurs», charmés par le discours de Benoît Hamon, ne sont-ils pas ceux qui comprennent la nécessité de s’adapter au plus vite aux nouvelles donnes d’une société régie par les lois que nous imposent les géants de la Silicon Valley ? Il faut en appeler au politique pour résister. Il est indispensable que celui-ci endosse le costume de garde-fou pour empêcher une poignée de multimilliardaires de priver les individus de leur souveraineté, réduits en avatar consumériste face à la puissance des machines.  >>

 

Weigel a raison de souligner que ce problème est le point aveugle des discours Fillon-Macron-LePen ; contrairement au discours de Benoît Hamon qui paraît plus lucide sur ce point précis. Mais la question est ailleurs.  Dans cet article et dans les propos de M. Hamon, il y a une contradiction de fond. Elle oppose les deux propositions suivantes :

"En appeler au politique pour résister",

► "Nécessité de s'adapter au plus vite aux nouvelles donnes d'une société régie par les lois que nous imposent les géants de la Silicon Valley".

Résister est une chose. S'adapter ("au plus vite") en est une autre. M. Hamon doit lever cette ambiguité : est-il dans un esprit d'adaptation aux lois de la Silicon Valley, ou dans un esprit de résistance politique ?

Faire mine de s'insurger contre "une poignée de multimilliardaires" mais admettre l'inexorabilité de leur système économique et financier (et ne pas en souhaiter d'autre), c'est un discours de capitulation. Au risque d'étonner M. Hamon, et de choquer une partie de ces "jeunes" qui s'enthousiasment paraît-il pour lui, soulignons qu'il y a plus de volonté de changement dans l'encyclique Laudato Si' et le discours de Santa-Cruz que dans les oeuvres complètes du candidat de la Belle Alliance Populaire : "l'homme dont la présence dans cette campagne présidentielle répond à un objectif principal, faire oublier le bilan libéral du quinquennat PS". Qui a dit ça ? M. Mélenchon, dont M. Hamon ferait bien de se méfier.

 

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[*]  Libération, 13/02

Commentaires

SANS JAMAIS AVOIR OSÉ

> Ce gars là a été frondeur pendant un septennat sans avoir jamais osé aller au bout de ses idées quand l'occasion s'est présentée. Il promet un revenu universel comme un autre a pu promettre la fermeture d'au moins une centrale nucléaire, ou d'aller guerroyer contre la finance avec les résultats que l'on sait. Une fois au pouvoir il n'aura pas d'autre issue que de s'assoir sur sa promesse en déclarant qu'il faut être réaliste, il aura à son tour un petit groupe de frondeurs et on attendra que cinq ans passent.
Qu'est ce que fait Piketty dans cette galère ?
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Écrit par : Yann / | 13/02/2017

DECEVANT

> J’ai été séduit au premier abord par le discours de Benoît Hamon, mais il me déçoit par sa pusillanimité dans l’effort qui aurait été nécessaire pour créer un axe « Frondeurs-Insoumis » en lien avec Mélenchon.
Il est sorti de la primaire avec une image dense et forte, et l’image est déjà sérieusement délavée. Comme vous dites, il s’adapte (et pour commencer, au PS). Et ça fait PSchitt… A se demander s’il n’a pas présumé de ses capacités à endosser le costume du présidentiable.
J’avoue en outre avoir été douché par sa promotion répétée de l’euthanasie. J’y vois une preuve supplémentaire de son sens de l'« adaptation »… En l’occurrence, à la culture de mort, la culture du déchet dénoncée par nos papes.
Aucune rupture avec le libertarisme de la gauche hollandaise : si demain, avec le président Hamon, tu n’avais pas de boulot, si tu crevais la dalle, si t’étais pas content… tu serais assuré d’une chose ; il a une ultime proposition à te faire, libérale-sociale en diable, avec toute la Silicon Valley : « Va mourir ! »
Je crois qu’au premier tour, je vais lui retourner le compliment.
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Écrit par : Denis / | 13/02/2017

TRANSPOSEUR

> Hamon ne veut pas sortir de l'Union européenne. J'en conclus qu'il sera un simple "transposeur de directives".
A bien étudier le droit positif français, je ne vois plus que deux utilités au président qui sera élu dans trois mois:
- transposer les directives,
- imposer aux français des nouveaux postes de consommation, notamment dans les technologies de l'information (imposition de l'informatique à l'école, obligation en 2020 de développer une maquette 3D pour leur immeuble, obligation d'isoler toutes les maisons même les plus anciennes, paiement du stationnement par appli smartphone, paiement sans contact...).
En 2017, la résistance ne s'appelle pas forcément "élection".
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Écrit par : Cyril B / | 13/02/2017

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