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17/12/2016

"Le dimanche de la pénombre"

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C'est ainsi que Hans Urs von Balthasar appelle ce dernier dimanche de l'Avent, où les trois lectures montrent Marie, Jésus et la prophétie dans la "pénombre" de la très progressive révélation divine. Car "Dieu a le temps" :


 

bible,noël

 

Isaïe 7:10-14

 

Le Seigneur parla encore ainsi au roi Achaz : « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. »

Achaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. »

Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). De crème et de miel* il se nourrira, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. Avant que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, la terre dont les deux rois te font trembler sera laissée à l’abandon.»

 

 

Hans Urs von Balthasar

 

<<  Martin Buber** a dit de la prophétie de la première lecture (Isaïe 7, 10-14) que c'était le texte le plus controversé de la Bible. Au roi Achaz un signe est offert par Dieu ; il le refuse, ne veut pas tenter Dieu. Isaïe le blâme pour ce refus, mais Dieu donne cependant par lui un signe... Qui est la jeune femme ou la vierge*** (le mot peut avoir les deux sens), qui est l'enfant qui doit s'appeler "Dieu avec nous" ? Est-ce une promesse de salut ou une annonce de malheur ? Ce n'est que dans la traduction [juive] grecque de l'Ancien Testament, bien avant le Christ, qu'on parle clairement de "la vierge", et maintenant on attend : le "Dieu avec nous" sera le Messie... Et ce fut seulement lorsque l'événement sans importance se fut produit à Nazareth, que le sens suprême de la prophétie s'éclaircit. Les évangiles - ultérieurement encore une fois - le découvrirent grâce à l'illumination de l'Esprit. Pour le dévoilement du sens de ses paroles aussi, Dieu a le temps. >>

 

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* "De crème et de miel" "Loin de constituer un menu de choix, ces termes indiquent au contraire des temps difficiles que l'enfant aura à vivre, avec les siens, au début de son existence. Ce menu de fortune est le résultat de la dévastation du pays mentionnée aux v. 21-25. Ce langage signifie que l'enfant vivra des temps d'humiliation (il est effectivement né en période d'occupation romaine)..." (Bible d'étude du Semeur).

**  Martin Mordekhaï Buber (Vienne 1878 - Jérusalem 1965), philosophe austro-israélien.

***  "La jeune fille" ou "la vierge" ? "Le terme hébreu désigne la jeune fille non mariée (avec le sous-entendu qu'elle n'a pas eu de rapports sexuels). L'ancienne version grecque [Bible juive dite 'des Septante'], suivie par Matthieu 1,23, a traduit par un terme signifiant "vierge". A juste titre, la tradition chrétienne y a discerné l'annonce de la naissance virginale du Messie, Jésus." (Semeur, ibid.).

 

 

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17:24 Publié dans Bible | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bible, noël

Commentaires

JOSEPH ET MARIE

> Le site "évangile au quotidien" donne pour sa part cet intéressant commentaire de Léon XIII, tiré de l'encyclique 'Quanquam pluries', qui se laisse lui aussi très volontiers méditer:

" « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse »
Les raisons et les motifs spéciaux pour lesquels saint Joseph est nommément le patron de l'Église et qui font que, en retour, l'Église espère beaucoup de sa protection et de son patronage, sont que Joseph fut l'époux de Marie et qu'il fut réputé le père de Jésus Christ. De là ont découlé sa dignité, sa faveur, sa sainteté, sa gloire.
Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si haute qu'il ne peut être créé rien au-dessus.
Mais, toutefois, comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n'est pas douteux qu'il n'ait approché plus que personne de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées.
Le mariage est, en effet, la relation personnelle et l'union la plus intime de toutes, qui entraîne de sa nature la communauté des biens entre l'un et l'autre conjoints. C'est pourquoi, en donnant Joseph pour époux à la Vierge, Dieu lui donna non seulement un compagnon de sa vie, un témoin de sa virginité, un gardien de son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, un participant de sa dignité sublime.
Semblablement, Joseph brille entre tous par la plus grande dignité parce qu'il a été, par la volonté divine, le gardien du Fils de Dieu, regardé par les hommes comme son père. D'où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu'il lui obéissait et qu'il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs parents.
De cette double dignité découlaient d'elles-mêmes les charges que la nature impose aux pères de famille, de telle sorte que Joseph était le gardien, le gérant et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef... Or, la divine maison que Joseph gouverna comme avec l'autorité du père contenait les prémices de l'Église naissante... Telles sont les raisons pour lesquelles ce bienheureux Patriarche regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude des chrétiens qui compose l'Église. "

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20161218
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Écrit par : Aventin / | 18/12/2016

DISCUSSION

> Ci-dessous une discussion en cours sur Facebook à propos de la note ci-dessus :

" Jay Bee Gee - A noter tout de même que ces textes sont très récents. Avant 1969 il était question de celui qui vient. Il y a même chez saint Paul un appel clair à ne pas juger ses pasteurs...
Isaie s'y trouve aussi mais pour préfigurer l'action fécondante du saint esprit sur la fleur de la terre, Notre Dame.
Ce dimanche s'appelait le dimanche de Rorate...

Patrice de Plunkett - Pardon, mais de quels textes "récents" parlez-vous ?

Patrice de Plunkett - "Rorate caeli desuper, et nubes pluant iustum" est en effet le premier mot d'Isaïe 45:8 selon la traduction latine (Vulgate) et la forme extraordinaire du rite romain : 'Cieux, répandez votre rosée, nuées, faites pleuvoir le juste".
L'hébreu, dont la polysémie autorise beaucoup de versions, dit littéralement : "Dégouttez, cieux, d'en haut ! que le ciel ruisselle de justification !".
La traduction liturgique selon la forme ordinaire du rite romain donne : "Cieux, distillez d'en haut votre rosée / Que, des nuages, pleuve la justice."
Ces diverses versions convergent, selon le processus de la Révélation indiqué par Balthasar dans le texte que j'ai cité. L'intérêt de la version liturgique "ordinaire" est de remettre sous les yeux du fidèle ce processus historique : le long labeur de l'Esprit à travers les âges. Ce qu'on appelait "l'Histoire Sainte".

Patrice de Plunkett à Jay Bee Gee - A travers saint Joseph, Notre Dame est (si j'ose dire) l'héroïne de la liturgie de ce dernier dimanche d'Avent dans la liturgie selon la forme ordinaire du rite romain. L'évangile est Matthieu 1,18:24. La prière d'ouverture, la prière sur les offrandes et l'antienne de communion ont pour angle la Vierge Marie. C'est un autre avantage par rapport à la forme extraordinaire (dimanche de Rorate), qui ne parle de Marie qu'une fois et allusivement (dans le chant de communion tiré d'Isaïe 7:14, "Ecce virgo concipiet, et pariet filium.").

Jay Bee Gee [réponse à ma question : "de quels textes récents parlez-vous ?"] - Les textes sont ceux de la messe de 4 ieme dimanche de l'avent dont vous avez publié le premier. Ils ne figurent dans le missel romain que depuis 1969.
Par ailleurs, le chant d'entrée "rorate" n'est pas propre à la forme extraordinaire du rite romain. C'est aussi le texte typique grégorien de la forme ordinaire.

Patrice de Plunkett - Peut-on qualifier ce passage d' Isaïe de "récent" ? Il ne l'est pas plus dans la forme de 1969 qu'ailleurs dans le lectionnaire de 1962 (appelée inexactement "forme tridentine" depuis les années 1970)..."

Jay Bee Gee - Nous sommes bien d'accord. Ce dimanche est tout particulièrement tourné vers celle qui nous rend le Seigneur présent. Je vous laisse vous replonger dans un missel romain... Les chants de la messe, encore une fois ce sont les mêmes pour les deux formes, louent Notre Dame au chant d'entrée, à l'offrande et à la communion.

Patrice de Plunkett - Dans les divers missels romains, en l'occurrence... Et à ce sujet excusez-moi : j'avais mal regardé le Dom Lefebvre. L'offertoire reproduit l'Ave Maria, c'est vous qui avez raison. La différence est dans le choix de l'Evangile, plus marial dans la forme ordinaire.

Jay Bee Gee - Il y a beaucoup plus de convergence entre les deux formes qu'on le croit... C'est une très bonne chose. On devrait s'attacher à le faire ressortir dès que possible.
Pour les missels, je me réfère à celui de Solesmes et à celui du Barroux qui possède aussi une table de concordance entre les deux formes.

Patrice de Plunkett - Celui du Barroux (je n'ai que sa première édition) envisage-t-il le problème du sanctoral ?
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Écrit par : PP / | 18/12/2016

LE P. CAFFAREL

> Sur le mariage de Joseph et Marie, dont parle le texte de Léon XIII, le Père Henri Caffarel a écrit un très beau petit livre, tout simple, qui est une très bonne lecture d'Avent :
http://boutique.equipes-notre-dame.fr/henri-caffarel/49-prends-chez-toi-marie-ton-epouse.html
Concernant la forme ordinaire et extraordinaire : elles ont effectivement plus de points de convergence qu'on ne l'admet en général, car souvent ceux qui en parlent cherchent justement à montrer la supériorité de l'une sur l'autre.
Mais le point du sanctoral est une difficulté : le Barroux suit l'ancien calendrier, tout en ayant intégré je crois de nouvelles fêtes. Alors que Fontgombault et ses filles (congrégation de Solesmes) ont adopté le nouveau sanctoral, tout en célébrant la forme extraordinaire.
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Écrit par : Pema / | 21/12/2016

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