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30/11/2016

"Tu es docteur en Israël et tu ne sais pas cela ?"

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Sur des intellectuels qui videraient volontiers la pensée sociale de l'Eglise de certains contenus (dérangeants en période électorale) :


 

 

La fièvre électorale monte dans les esprits. Chez un certain nombre de "cathos" elle prend une tournure particulière : ils nous invitent à ne pas "faire à dire à la doctrine sociale de l'Eglise ce qu'elle ne dit pas"  - alors que, précisément, elle le dit.  Et qu'elle appelle à le réaliser.

Quand on dit "doctrine sociale de l'Eglise", on parle du Magistère vivant dont le pape et les évêques sont porteurs. Or ils ne parlent pas pour ne rien dire. Le pape préconise sans relâche un changement radical du modèle économique et financier ; les évêques constatent la carence de la classe politique et l'urgence de repenser la vie en société (livret Retrouver le sens du politique). Le moins qu'on puisse faire est de les prendre au sérieux.

D'où le malaise que donnent certains articles récents, écrits sur le ton édifiant mais pour brouiller les cartes. Oui, le catholique doit "s'engager dans le concret" : c'est le propre de la démarche sociale de l'Eglise. Mais "s'engager dans le concret" ne consiste pas à zapper la DSE pour donner un blanc-seing au candidat X ou Y, alors qu'on sait d'avance les blessures sociales que provoquerait son programme.

Admettons que la politique électorale soit le domaine de l'approximatif. Admettons que l'on tienne à "faire un choix". "Aucun choix n'est pleinement satisfaisant", disent (non sans énervement) ceux des cathos qui viennent d'en faire un... C'est exact, mais ça devrait les retenir de s'énerver contre ceux qui critiquent ce choix :  c'est en conscience que chacun décide, et nul ne doit agir contre sa propre conscience.

Ça devrait surtout dissuader plusieurs "docteurs en Israël", comme dit Jésus [*], d'utiliser leur science pour noyer le poisson. Bizarre est leur acharnement  - depuis plusieurs années - à écrire qu'on ne doit pas opposer la pensée sociale de l'Eglise à tel ou tel aspect concret du système économique - et aux connivences du politique avec ce système. Selon eux, le véritable "engagement concret" serait de fermer les yeux sur ces aspects et ces connivences : ce serait d'ailleurs un devoir d'humilité (et de charité) envers le prochain qui ne pense pas comme nous, etc.

Un pas de plus et l'on nous dira qu'à prendre trop au sérieux Laudato Si', on risque l'enfer pour péché d'orgueil.

C'est vouloir disqualifier au nom de l'Evangile ceux dont la faute consiste à ne pas biaiser les paroles du pape. Quand François appelle à rompre concrètement avec les dogmes économiques du libéralisme (Evangelii gaudium), quand il appelle à créer concrètement des zones économiques libérées du casino spéculatif (discours de Santa-Cruz), quand il appelle à exercer concrètement sur les élites "une pression saine" (Laudato Si'), c'est à nous qu'il parle... Mais ces docteurs font comme si François ne parlait qu'aux oiseaux.

 

__________

[*]  "Tu es docteur en Israël et tu ne sais pas cela ?" (Jean 3, 10).

 

 

 

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Commentaires

PAS DE NOMS

> Des noms ! Des noms ! Delsol & co. ? Naguère vue dans la rue à Paris en manteau de fourrure... Mais de là à la considérer comme "docteur en Israël" pour aujourd'hui... Il y a deux ou trois générations, peut-être. Mais "The evil that men do lives after them ; the good is oft interred with their bones"...

Alex


[ PP à Alex :
Eh non, pas de noms. Celui auquel je fais allusion ne nomme pas les gens qu'il diabolise : je n'ai donc pas à nommer celui qui ne nomme pas. (Et si je le faisais,on jugerait que je "divise les catholiques" une fois de plus).
Consolons-nous en pensant qu'à toutes les époques il y eut d'éminents théorico-théologiens pour diaboliser ceux qui prenaient l'Evangile au sérieux. ]

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Écrit par : Alex / | 30/11/2016

NOMMER

> L'avantage de ne pas nommer les gens c'est d'échapper au débat, on ne sait pas QUI vous visez, on ne sait pas QUELLES AFFIRMATIONS précises vous visez. Personne ne peut donc vous répondre.

Hubert Houliez


[ PP à HH :
Ne déplacez pas le problème, quelque désir que vous en ayez. C'est ma note de blog qui est une réponse ! Elle répond à un texte se voulant magistral, publié il y a peu, mais dont l'auteur ne nomme justement pas les gens dont il diabolise l'attitude. (Plus exactement : l'attitude qu'il leur prête).
Et je serais surpris que son texte, diffusé en milieu catho "classique", ne vous soit pas passé sous les yeux ! (voilà une personnalisation, puisque vous en souhaitiez une). ]

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Écrit par : Hubert Houliez / | 30/11/2016

LEUR CONTRE-TÉMOIGNAGE

> Pour Sens Commun, il faut libérer le travail, en recourant aux méthodes libérales. En clair, il faut pousser les gens dans la précarité, ça leur fait du bien. Ainsi, ils disent à travers leur porte-parole :
« Je pense qu'il faudrait trouver un nouveau terme pour faire la distinction entre un libéralisme égoïste et consumériste visant l'accumulation des richesses et une démarche économique qui vise à libérer l'emploi en mettant l'homme, son autonomie et sa fierté au cœur de son action. »
Libérer l’emploi est un autre terme pour dire mesures libérales, baisse des salaires, licenciement facilités, etc. C’est à lire là : http://www.famillechretienne.fr/politique-societe/politique/madeleine-de-jessey-beaucoup-d-electeurs-ont-la-conviction-que-francois-fillon-peut-apaiser-la-nbsp-france-nbsp-207898
Pour le pape François, au contraire, il faut « écouter plus particulièrement toutes les personnes en situation de précarité, sans oublier les migrants qui ont fui leurs pays à cause de la guerre, de la misère, de la violence»
C’est à lire là : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/11/30/01016-20161130ARTFIG00090-le-pape-francois-appelle-la-france-a-approfondir-ses-valeurs-republicaines.php
Ce n’est bien évidemment pas la même chose.
On ne mesurera probablement jamais le mal que des initiatives comme Sens Commun feront à l’Eglise et à l’évangélisation. Aujourd’hui même on s’étonnait auprès de moi d’avoir appris que les catholiques avaient voté Fillon. Ce n’est certainement pas en répandant de telles idées que l’on évangélisera en France. Bien au contraire on donnera le dégoût de l’Eglise et du Christ.
Il y a déjà plusieurs années un membre de la CGT me disait qu’environ 25 à 30% de la CGT votaient Front national. Ce sont des gens qui ont peur, qui sont terrorisé à l’idée de perdre leur travail. Il faut se méfier car l’énergie du désespoir est la plus dangereuse. Lorsqu’on parle avec certaines personnes de l’avenir, elles changent de couleur, ce mettent à bafouiller, tremblent, vous parlent avec inquiétude de leurs enfants… Mettons-les à la rue, ça leur fera du bien. Et n’oubliez pas, le Christ vous aime.
______

Écrit par : ND / | 30/11/2016

LE "CATHOBSCURANTISME"

> Cher Patrice de Plunkett,
L'ennui, avec vous, c'est que vous lisez et réfléchissez. Vous accablez de pauvres cathos avec des références: les évangiles, la Doctrine sociale de l'Eglise (DSE, pour ceux qui aiment les sigles), l'encyclique 'Loué sois-tu'. Et pourquoi pas les Pères de l'Eglise ou saint Thomas d'Aquin, tant que vous y êtes?
Ne voyez-vous pas les délices que l'on peut goûter dans le cathobscurantisme? Après tant de débats depuis des décennies, la régression intellectuelle, c'est si réconfortant !

Jean-Marie Salamito


[ P à JMS - Vous me faites trop d'honneur : je fais simplement ce que tous les catholiques pourraient faire !
Mais la régression intellectuelle en submerge apparemment beaucoup ; en tout cas ceux qui tombent au niveau du "qui vote qui". Je n'aurai pas la cruauté de donner des noms... ]

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Écrit par : Jean-Marie Salamito / | 01/12/2016

LE PROBLÈME

> Bonjour ! Il me semble que le problème/défi auquel toute personne en général et tout chrétien en particulier est confronté, est « de choisir » entre
1)agir par conviction profonde, sur un fondement de vérité (pour le chrétien, c’est normalement la Parole de Dieu, la Bible - à défaut du Magistère - de nature à nous confronter à nos contradictions), ou
2) agir sous l’inspiration de ces deux « sophismes postmodernes », que sont l’utilitarisme et le pragmatisme[cf Dany-Robert Dufour – qui n’est pas un croyant - et son « l’individu qui vient », pour ce qui suit].
Si l’on résume, l’utilitarisme, ou « l’adieu aux idéaux », incite à croire « qu’on n’a plus du tout à se soucier de savoir si une action est vertueuse au départ ; la seule chose qui importe est qu’elle soit vertueuse à l’arrivée ». Il « se caractérise par un oubli volontaire des causes et une valorisation exclusive des conséquences.
Peu importe donc au nom de quoi on entreprend une action, ce qui importe, c’est qu’elle soit censée engendrer le plus de bonheur pour l’ensemble de tous les agents – le bonheur étant défini comme la maximisation des plaisirs et la minimisation des peines [ou des désagréments, des embêtements] ».
Ainsi, par exemple, ajouterai-je, l’utilitarisme me paraît privilégier « le consommateur » (l’essentiel étant qu’il soit « content/satisfait » d’un service rendu le plus efficacement possible « ou remboursé »), au détriment du citoyen. En « conséquence », cette nouvelle « morale » dite « conséquentialiste » permet le plus grand cynisme de la part des décideurs de l’action qui pourront alors dire à leurs administrés ou à leurs salariés quelque chose qui ressemble à Jean 11v50.
En gros, « ne voyez-vous pas que nous faisons cette action [vous licencier, détruire des emplois, par exemple] pour le bien futur du plus grand nombre ? Ne seriez-vous pas un peu égoïste », à toujours vous préoccuper que de vos seuls droits ?
Dans ces conditions, la dignité humaine (ne pas dire « oui » à tout) ne pèse pas bien lourd.
D’autre part, le conséquentialisme est également « im-prudent, puisqu’il incite à agir en fonction d’un futur (toujours hypothétique) en refoulant (ou ignorant) l’examen du présent (toujours certain). Et il rend « désuète la morale (ce qui vaut pour tous), au profit de l’éthique (ce que j’ose faire, y compris contre tous) ». Entre parenthèse, l’on s’interrogera sur les conséquences de la suppression du « principe de précaution » de la constitution…..
Enfin, le pragmatisme ou « l’adieu à la vérité », pour qui « le vrai », qui « n’existe tout simplement pas », est « ce qui marche ».
Cette attitude implique « qu’il n’y ait plus de « théorie », mais seulement de la « praxis », de l’action. Je ne peux donc voir ou concevoir aucune idée, mais seulement faire des expériences infiniment multiples et variées ».
Or, l’on ne saurait avoir une bonne « orthopraxie » sans une bonne « orthodoxie ».
Et il me semble que l’on agit plus par pragmatisme ou utilitarisme que sur le fondement de la Parole de Dieu, dans les domaines dont nous parlons(cf aussi Francis Schaeffer. « La pollution et la mort de l’homme »).
Enfin, comme je l’ai lu ailleurs, sur la toile, il me paraît évident qu’« il faut d’abord remporter la bataille culturelle pour que le respect de la vie redevienne un marqueur politique ». Et ainsi donner à comprendre que le « respect de la vie » ne saurait se limiter aux deux extrémités de l’existence terrestre, soit à l’avortement ou à l’euthanasie (sujets, certes très importants mais souvent présentés comme l’alpha et l’oméga du choix à faire devant l’urne), mais englobe tout ce qu’il y a entre deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, des dizaines de millions de citoyens vivants.
Bref, il serait temps de découvrir, dans la Bible et non dans les déclarations (« pieuses » ou non) des candidats aux élections, que « les points non négociables » de Dieu sont plus étendus que les nôtres : Cf Deut.10v17-19 ; Ezech.16v49-50, 22v7, 34, 45v9-10; Jer.5v28, 7v1-8 ; Osée 4v1-3 ; Lévit.18-19….mais aussi les Evangiles, l’épître de Jacques, 1 Cor.1v27-28, 12v24-25….
Bien à vous !
En Christ,
______

Écrit par : Pepscafe / | 01/12/2016

IL NE FLANCHERA PAS

> Le libéral est un être déterminé, sûr de lui, il n’hésitera, pas lui, ne flanchera pas, ne se laissera pas émouvoir, quand il s’agira de mettre les gens à la porte. On peut compter sur lui.
D’ailleurs s’il les met à la porte, c’est pour leur bien, et quelque part de toute façon, ils le savent bien et finiront par l’en remercier et il triomphera et ira couler des temps heureux dans sa belle maison.
Tout ira bien et tout le monde sera content, c’est formidable.
Dans une vidéo visionnée sur youtube un économiste catholique libéral français, explique devant l’association des contribuables associés, que Chirac et Pasqua, auraient pleuré lors de la mort de Malik Oussekine en 1986 décédé en marge de manifestations contre le procès de loi Devaquet (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Malik_Oussekine; https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_de_loi_Devaquet) . On comprend à le regarder que si cela avait été lui, il n’en aurait rien été.
Le pape François a dit il y a quelques temps à propos des réfugiés : qui va pleurer sur eux ? Qui va pleurer sur ces frères ?
C’est la question que Dieu nous pose : qu’as-tu fait de ton frère ? Caïn qu’as-tu fait de ton frère ?
Le pape François, a proposé aux chrétiens de demander à Dieu le don des larmes.
On va dire, "le pape François, mais oh, lui de toute façon c’est un marxiste, et il n’y comprend rien".
Le Pape François qui n’y entend rien. De toute façon c’est un marxiste. Tournons-nous vers des gens sérieux. Tiens, avant même Vatican II. Au Moyen-Age, par exemple, on sait que saint Louis à qui personne ne contestera d’être un homme au-dessus de tout soupçon, lui n’a cessé de demander à Dieu… le don des larmes. Et il ne l’a jamais reçu. On apprend de façon surprenante qu’au Moyen-Age le don des larmes était quelque chose de très demandée à Dieu : https://www.google.fr/webhp?sourceid=chrome-instant&ion=1&espv=2&ie=UTF-8#q=le+don+des+larmes+au+moyen+age
Saint Robert Bellarmin, Docteur de l’Eglise, au-dessus de tout soupçon, a écrit un ouvrage sur le don des larmes. On peut le lire légalement et gratuitement, là : http://jesusmarie.free.fr/robert_bellarmin.html On y apprend même au chapitre VII que les larmes peuvent venir de la considérations des misères du genre humain, c’est d’ailleurs le titre du chapitre : « Chapitre VIII. Huitième source des larmes : Les misères du genre humain. » Il y est écrit : « Nous avons pleuré jusques à présent les misères spirituelles de l’Eglise, et de ses principaux membres; il nous reste encore à déplorer les misères temporelles du genre humain, qui sont communes et aux enfans de l’Eglise, et à tous les peuples du monde. Il y en a trois principales, auxquelles tous les hommes sont sujets, et qu’on ne peut ignorer : la maladie, la pauvreté, et la servitude.(…) A l’égard de la maladie, il n’y a personne qui ne sache ce que c’est, et tous en peuvent parler, soit pour avoir été malades, ou pour avoir vu des gens qui l’étaient. Elle attaque le corps humain par autant d’endroits, qu’il a de parties différentes. Car le souverain Ouvrier l’a composé de tant de membres, d’humeurs, de facultés, et d’organes, pour le rendre propre à exercer diverses fonctions nécessaires à la vie, qu’il est difficile que tout cela se conserve longtemps, sans qu’il s’y fasse quelque altération. (…)La seconde sorte de misère qui afflige le genre humain, c’est la pauvreté. Celle-ci n’est peut-être pas moins insupportable ni moins commune que la maladie. Le Sage demandait à Dieu qu’il ne lui donnât ni la mendicité ni les richesses, mais seulement ce qui lui était nécessaire pour sa subsistance. Il est bien dur de dépendre entièrement de la miséricorde d’autrui, quand on a besoin de pain pour manger, ou de vêtements pour se couvrir, ou de maison pour se défendre de la rigueur des saisons. Et qui pourrait dire combien il y a de pauvres dans cette fâcheuse dépendance ? Le nombre en est infini; et cela vient de trois causes, dont la première est l’avarice ou la prodigalité des riches; la seconde, la vanité, ou la négligence des pauvres; la troisième, le manquement de confiance des uns et des autres en la bonté et en la Providence divine.
Premièrement donc, les riches avares, oubliant les Commandements de Dieu, et surtout celui d’aimer son prochain comme soi-même, serrent et retiennent ce qu’ils devraient distribuer aux pauvres. D’un autre côté ceux qui sont prodigues, dissipent le bien que Dieu leur a donné, et le consument en débauches, en festins, en meubles précieux, en pompes et en vanités, malgré la promesse solennelle qu’ils ont faite à Dieu sur les saints Fonts de Baptême, de renoncer à toutes ces choses : de la vient qu’il ne leur reste jamais rien pour faire l’aumône. Dieu, qui étend ses soins sur toutes ses créatures, a donné tant de fécondité à la terre, qu’elle produit en abondance tout ce qu’il faut pour la nourriture et des hommes et des bêtes même : mais la grande épargne, ou la profusion excessive de quelques-uns, fait que la plupart manquent des choses nécessaires, ou commodes à la vie. Ecoutons ce que les Pères disent là-dessus. » Etc, etc…
Il y a une manière sûre de rien apprendre sur la foi catholique : écouter les catholiques libéraux (AEC, Sens Commun, etc…).
Nous en sommes sûrs que François Fillon ne flanchera pas.
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Écrit par : ND / | 01/12/2016

@ Pepscafe

> Bien d'accord avec vous, surtout sur le pragmatisme. On pourrait aller encore plus loin au niveau philosophique: c'est un mélange d'un tas choses dont de l'agnosticisme, etc... Le pragmatisme arrive surtout car il ne faut jamais oublier que le libéralisme est une idéologie: c'est un discours derrière lequel se cachent des gens et qui vise à leur permettre de parvenir à leurs fins. Quand on en arrive au pragmatisme c'est que le vernis commence à craquer, la peinture commence à s'écailler... Il ne leur reste plus que cet argument là, car ils n'en n'ont aucun autre à part leur volonté de puissance, à par leur désir.
Un candidat communiste à une élection a fort bien illustré cette écaille dans la peinture. Il avait choisi comme slogan de campagne: "je vote communiste et je t'emmerde!". "Je suis libéral et je t'emmerde": ce devrait être celui des libéraux, car au fond, ils n'ont plus grand chose d'autre à dire.
Quelque part c'est un peu ce que dit François Fillon à chacun de nous, mais d'une manière plus policée: lui il est "pragmatique". http://www.bladi.info/threads/vote-communiste-temmerde.16105/
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Écrit par : ND / | 01/12/2016

à ND

> Bonjour ND. Je vous remercie pour votre réponse, très édifiante. « Le libéralisme est (effectivement) une idéologie », « un discours derrière lequel se cachent des gens et qui vise à leur permettre de parvenir à leurs fins ». Soit une « feuille de figuier » (cf Gen.3v7), symbole d’une certaine sécurité - illusoire, puisque « précaire » (un paradoxe !).
Le pragmatisme et l’utilitarisme - « sagesses bidons », sous couvert (je souligne) « du bon sens » - répondent à ce même esprit.
Je n’avais pas pensé à l’agnosticisme, concernant le pragmatisme, mais pourquoi pas, vu le relativisme véhiculé par ce sophisme.
Sinon, vous relevez que « quand on en arrive au pragmatisme c'est que le vernis commence à craquer, la peinture commence à s'écailler... ». Je dirai même plus : Le vernis n’est plus « utile », dans une posture dite décomplexée et cynique, illustrée par un slogan de campagne type "Je suis libéral et je t'emmerde" (que ce soit d’une manière « directe » ou d’une manière plus policée, à la F.F.).
Une posture révélatrice d’un manque de vision réelle et d’une absence criante de véritable fondement digne de ce nom de ces « hommes creux » (voir le poème éponyme de TS Eliot).
Et « il ne leur reste plus que cet argument là, car ils n'en n'ont aucun autre à part leur volonté de puissance, à par leur désir ». Et parce qu’ils n’ont « plus grand chose d'autre à dire » ou à attendre.
Comme le chantait Yves Simon, dans « J’ai rêvé New York » (1974) :
« Monsieur Grégory Corso, qu'est-ce que la puissance?
Rester debout au coin d'une rue et n'attendre personne ! »
(https://youtu.be/xhLhUsOjqDI )

Cordialement,
Pep’s
______

Écrit par : Pep's café / | 06/12/2016

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