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17/11/2016

Le Secours catholique interpelle la primaire de droite

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L'indifférence des politiciens envers la pauvreté de masse est un symptôme du mal actuel. Comment s'en sortir ?


 

 

Appel du Secours catholique aujourd'hui : la pauvreté en 2015 a augmenté de 2,7 % par rapport à 2014. Le nombre des ménages précaires avec enfants continue à croître. En 2015, un sur cinq des ménages accueillis [*] par le Secours catholique était "sans aucune ressource" : quatre points de plus qu'en 2010. Deux tiers d'entre les ménages accueillis l'étaient "pour la première fois". Leur âge moyen était de 41, 2 ans pour les hommes et 40, 2 ans pour les femmes. Le nombre des étrangers sans ressources également... Le Secours catholique réfute au passage le slogan selon lequel les migrants auraient "davantage de droits que la population française" (mais certains exploitent la pauvreté en France "pour opposer les migrants aux autres").

Le Secours catholique veut donc "interpeller les candidats à la présidentielle pour remettre la question de la solidarité au coeur des priorités" : "La pauvreté ne recule pas depuis dix ans et on voit que ce n'est pas une question prioritaire dans les débats", souligne l'organisation caritative chrétienne. D'où sa lettre aux candidats à la primaire de la droite, dont les programmes - qui se ressemblent (et qui ressemblent aux idées de MM. Valls et Macron) - zappent le problème de la pauvreté.

L'apostrophe du Secours catholique aux politiciens met en lumière ce que nous soulignons :  l'abîme entre la classe politique et les propositions de l'Eglise [**].

Non seulement la question de la pauvreté de masse n'est pas "prioritaire" aux yeux de la classe politique, mais la dérive  libérale - à gauche et à droite -  dissout cette question dans l'idéologie Medef. On connaît le refrain : s'il y a pauvreté c'est que "la croissance est bloquée", pour la débloquer il faut déréguler, et en avant pour de nouveaux cadeaux aux managers du CAC (qui pour autant ne créeront aucun emploi) ! Etc. Air connu... MM. Hollande et Valls allaient déjà dans cette direction ; M. Juppé et ses concurrents proposent seulement d'y aller plus fort.

L'Eglise catholique voit les choses autrement. Pour que les choses aillent mieux, elle ne pense pas qu'il faille "libérer l'économie de ses blocages français". Elle pense qu'il faut redéfinir le sens de l'activité économique et de la vie en société. "La question du sens a peu à peu déserté le débat politique", constatent les évêques français dans leur livret de septembre Retrouver le sens du politique (Cerf). Ils prennent sévèrement à partie les politiciens : "Des ambitions personnelles démesurées, des manoeuvres et calculs électoraux, des paroles non tenues, l'absence de projet ou de vision à long terme, des comportements partisans et démagogiques... sont injustifiables et sont devenus insupportables." Et plus loin : "Il n'est pas étonnant que la question du sens nous revienne de plein fouet. Et que la faiblesse du discours et de la réflexion politique apparaissent à découvert..." Et aussi : "Une majorité de Français a le sentiment de vivre dans une société de plus en plus injuste. Une France inquiète des injustices et qui comprend mal par exemple le salaire indécent de certains grands patrons [...] Mais la grande injustice - qui devrait être davantage la priorité absolue de notre vie en société - est le chômage..."

Quant au pape, il multiplie les appels aux mobilisations populaires face au système de Mammon. D'où la haine contre lui dans certains groupes privés "cathos" mentionnés ci-dessous en note : haine dont des échantillons chimiquement purs sont donnés par certains commentaires publiés dans ce blog à titre de pièces à conviction (p. ex. hier). Des échantillons plus ou moins dilués - de l'allergie aiguë à l'aversion oblique - peuplent le fil de commentaires sous ma note Facebook du 13/11.

 

Bilan d'étape :  face à la confusion mentale répandue dans les milieux catholiques depuis 2013, il est urgent de se poser les vraies questions  :

Que dit l'Eglise réelle ?

Sommes-nous en phase avec ce qu'elle dit ? 

Pour être en phase, que devons-nous changer dans nos opinions ?

 

 

______________

[*]  nourriture à prix réduit ; aide au loyer, aux factures et aux transports ; écoute et soutien moral.

[**]  L'Eglise réelle : pas les groupes privés sous label "catho". Groupes financés par des patrons "libéraux -conservateurs" (oxymore) pour soutenir des politiciens du même poil, liés en sous-main à de plus gros chefs de file. C'est le jeu.

 

 

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Commentaires

ADAM SMITH

> "La rapacité mesquine, l'esprit de monopole des marchands et des fabricants, qui ne sont pas, ni ne doivent être, les maîtres de l'humanité..."
Adam Smith, auteur de 'La richesse des nations'.
Ah! ces fondamentalistes qui n'appliquent et ne citent qu'une partie de leur Livre de référence !

Théophile


[ PP à T.:

- Sauf que la logique du système parrainé par Smith est de faire des rapaces et des monopoleurs "les maîtres de l'humanité"... dès que le politique cesse de leur résister.

- Smith, Malthus et autres protestants d'outre-Manche enveloppaient leur système libéral (déshumanisant en soi) d'un habillage de moralisme vertueux, voué à s'évaporer sous la pression du libéralisme réalisé. ]

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Écrit par : Theophile / | 17/11/2016

SUJET

> Il vaut mieux ne pas parler d'un sujet sur lequel on n'a aucun pouvoir.

PH


[ PP à PH - Excusez-moi de ne pas pârtager cet avis. ]

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Écrit par : Pierre Huet / | 17/11/2016

MÉPRIS DES PAUVRES

> Avez-vous lu ceci : http://www.lavie.fr/debats/bloc-notes/l-incroyable-mepris-des-pauvres-15-11-2016-77706_442.php
Cordialement
______

Écrit par : Poublanc / | 17/11/2016

@ PP

> Voyez-vous souvent des politiciens parler d'un sujet à propos duquel ils sont impuissants sans pour autant vouloir reconnaître cette impuissance ni y remédier?
Quand j'écris "il vaut mieux", c'est plutôt sarcastique.

PH


[ PP à PH - Votre message était un peu elliptique, je n'ai pas vu sa cible sur le moment. ]

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Écrit par : Pierre Huet / | 17/11/2016

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