Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/10/2016

Le frère capucin Ludovic de Besse (1831-1910), pionnier de l'économie solidaire et du micro-crédit

LdB.jpg

Conférence du fr. Dominique Lebon ofmcap, mardi 8 novembre 18h30 à Paris, au couvent des capucins (32 rue Boissonade, 75014) :


<<  Né à Besse dans le Var en 1831 dans une famille de tisserands, Alphonse-Élisée Chaix entre au noviciat de Marseille en 1851. En 1858, il est envoyé au couvent de Paris où pendant une quinzaine d’années il exerce le ministère de prédicateur et de directeur spirituel. Pendant la Commune, il reste à Paris. Nommé ensuite à Angers, il crée des oeuvres sociales, fonde une Banque Populaire ainsi qu’un journal, L’Union économique. En 1880, suite aux décrets anti-congréganistes, il retourne à Paris et ne tarde pas à y ouvrir un Crédit Mutuel et Populaire. De nombreuses autres banques naîtront ensuite en province. Le frère Ludovic comprend rapidement qu’en milieu urbain les banques ne pouvaient se développer si elles gardaient un caractère confessionnel trop appuyé. Mais dans le contexte de conflit grandissant entre l’Église et la République, son intuition n’a pas été accueillie. Retiré des affaires - qui étaient aussi très fragiles - il publie en France puis en Italie (où il part en exil en 1903) un certain nombre d’ouvrages et d’articles sur la "question sociale", sur l’apostolat, ainsi que d’autres sur la mystique, dont est tiré le texte ci-dessous. Le frère Ludovic meurt en 1910 à San Remo.

Homme d’un siècle très tourmenté, le frère Ludovic de Besse est le témoin d’une Église qui se laisse conduire par l’Esprit, se met en marche vers Dieu et vers les hommes, se confronte à la modernité pour y opérer un discernement évangélique et redécouvre ainsi son fondement mystique.

 

Fr. Ludovic :

la joie spirituelle

 

<<  Ajoutons un dernier conseil à l’adresse des personnes qui ont cette joie spirituelle et qui savent la mettre au service des âmes. Elles doivent veiller avec le plus grand soin, en cherchant à faire régner Dieu dans les coeurs, de ne pas travailler en même temps à établir leur propre règne sur les personnes dont elles auront fait la conquête. Ceci est d’une importance capitale. Faute de cette humilité, on gâte tout. Après avoir converti les âmes, on leur inocule un amour-propre qui détruit l’union de la parfaite charité et retarde l’arrivée du règne de Dieu. On est heureux d’avoir quelques personnes et on ne prend pas garde qu’on en scandalise un grand nombre qui peut-être ne se convertiront jamais.  Ce mal est très ancien. Il remonte à l’origine de l’Église. Il a déchiré un moment les chrétiens de Corinthe. Saint Paul fut obligé de les reprendre avec sévérité à ce sujet. (...)

Le remède à un si grand mal est de se réjouir du bien fait par les autres plus encore que du bien qu’on a opéré soi-même. On reconnaît à ce signe si on travaille purement pour le règne de Dieu et si on ne travaille pas aussi pour avoir des satisfactions d’amour-propre. Saint Paul, après avoir si bien reproché aux chrétiens de Corinthe de gâter l’oeuvre de Dieu par ce mélange de sentiments humains, nous a donné plus tard un bel exemple de la pureté de son zèle. Jeté en prison, il écrivait aux habitants de Philippe :

« Plusieurs de nos frères en Notre-Seigneur, encouragés par mes liens, sont devenus plus hardis pour annoncer sans crainte la parole de Dieu. Il est vrai que quelques-uns prêchent Jésus Christ par un esprit d’envie et de contention, mais d’autres le font avec une intention droite. Les uns prêchent Jésus Christ par amour, sachant que j’ai été établi pour la défense de l’Évangile. D’autres le prêchent par jalousie, et non pas avec des vues pures, croyant me susciter une plus grande affliction dans mes liens. Mais qu’importe ? Pourvu que Jésus Christ soit annoncé, de quelle manière que ce puisse être, soit par occasion, soit par un vrai zèle, je m’en réjouis et je m’en réjouirais ». (Ph. 1,14-18).

Voilà le langage du pur amour de Dieu, exempt de tout amour propre ! Puissions-nous, à l’exemple de ce grand saint, nous réjouir du bien fait par les autres plus encore que de nos propres bonnes oeuvres ! Puissions-nous en parler volontiers, en en faisant ressortir les avantages et en en dissimulant les imperfections ! Alors nous travaillerons utilement à l’arrivée du règne de Dieu sur la terre. >>

 

 

 

220px-Franciscan_Tau.JPG

 

Commentaires

PARALLÈLE ?

> "Dans le contexte de conflit grandissant entre l'Eglise et la République, son intuition n'a pas été accueillie."
Parallèle avec 2016, où l'intuition sociale du pape (la responsabilité de tous envers les pauvres, les générations futures et la biosphère dont nous dépendons) est "non accueillie", voire haineusement rejetée, par ceux qui rêvent d'en revenir au conflit des années 1890 avec "la République" ?
______

Écrit par : Edgar André / | 26/10/2016

LE 8 NOVEMBRE

> Les "Amis de la Bibliothèque Franciscaine des Capucins" remercient vivement Patrice de Plunkett d'annoncer la conférence de frère Dominique Lebon, ofmcap, le 8 novembre.
Les visiteurs de ce blog y seront fraternellement accueillis!

Le Bureau de l'Association


[ PP à l'association - Je serai là ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Bureau de l'Association des "Amis de la Bibliothèque Franciscaine des Capucins (BFC)" / | 03/11/2016

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.