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16/08/2016

Comment le néolibéralisme a cassé le politique

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Phénomène attesté à gauche autant qu'à droite :


 

 

► Du chercheur Fabien Escalona (Sciences Po, co-auteur de l'ouvrage European Social Democracy During the Global Economic Crisis [*]), dans Le Monde du 13/08 :

<<  Les sociaux-démocrates ont été affectés par la crise d'une configuration néolibérale du capitalisme qu'ils avaient en grande partie épousée. Avant 2008, leur ralliement au libéralisme était volontiers perçu comme un signe de maturité. Après cette date, cela a été vu au mieux comme de la naïveté, au pire comme de la trahison.  [...]  J'ajoute que l'Union européenne et la zone euro, même si elles ne sont pas à l'origine de la crise de la social-démocratie, sont structurellement favorables aux politiques d'austérité et de concurrence. Il s'agit d'un niveau spécifique d'obstacles pour toute alternative progressiste à l'instabilité actuelle de l'économie. A cet égard, l'intégration européenne a constitué pour la social-démocratie un pacte faustien : elle y a perdu son âme, il reste à voir si elle y a vraiment gagné la vie éternelle... [Huit ans après la crise des dettes souveraines], les sociaux-démocrates n'ont pas su véritablement se distinguer, une fois au pouvoir, des partis conservateurs... >>

 

► Cet entretien avec Fabien Escalona fait partie d'un dossier intitulé : Les gauches européennes dans l'impasse. Mais on peut en dire autant des droites... Sur le fond du problème (qui est la question économique, déterminante en dernière instance), les droites sont aussi désemparées que la gauche social-démocrate. Les plus borné(e)s des ténors LR ou FN [**] persistent à chanter la rengaine de la dérégulation-miracle, comme si 2007-2008 n'avait pas eu lieu. Les moins bornés ne savent que dire... Les uns et les autres choisissent d'éviter la question du système économique. Ils brandissent à la place la question du terrorisme et (plus ou moins subliminalement) celle des immigrés : comme si ces deux questions pouvaient éclipser la première ! La droite n'est pas moins démunie que la gauche face à l'utopie néolibérale, qui les tient toutes les deux.

 

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[*]  Manchester University Press, 2014.

[**]  de Juppé/Le Maire/Fillon/Sarkozy aux lepénistes PACA.

 

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Commentaires

PAS NAÏFS

> Que le libéralisme casse le politique: oui, bien sur!
Que la gauche se soit ralliée au libéralisme: oui, bien sur!
Par naïveté? Pas certain. La gauche étant (au moins) aussi libertaire que sociale et l'échec du socialisme réel étant tellement massif en même temps qu'il apparaissait que le libéralisme, suscitant l'envie et l'individualisme pouvait casser famille, mémoire historique, enracinement nations, celui constituait une monture de rechange pour son l'esprit révolutionnaire.
La seule naïveté authentique fut celle de la gauche catholique. Les mauvais esprits dans mon genre diront que la naïveté ne résidait pas dans le ralliement au libéralisme mais à la gauche ou plus généralement à l'air du temps, dans les années post-soixantehuitardes.

PH


[ PP à PH - Je cite toujours la phrase de Denis Kessler, ex-étudiant marxiste devenu financier ultralibéral : "Je continue la lutte des classes, mais j'ai changé de classe." ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 16/08/2016

PAS INFINIE

> Comme l'explique très bien J-M Jancovici dans
https://www.youtube.com/watch?v=P7DY6wqRNfk , nos économistes se "battent" pour redémarrer un système économique qui est faux (basé sur de mauvais postulats - [son site internet, http://manicore.com/]).
De plus ce modèle économique considère que la planète est "infinie" : ne chiffre pas le coût écologique ! Or comme les média l'ont rappelé éphémèrement, chaque année la date à laquelle nous dépassons ce que la planète peut nous fournir ne cesse de régresser.
cela fait au moins 2 raisons incontournables pour lesquelles notre système économique nous emmène droit le mur.
Mais nous continuons de dévaluer la pente sans même ralentir, car nos politiques de tous bords ont besoin pour leurs campagnes de fonds venant de personnes qui ne se soucient que de leurs profits à très court terme (et qui, pour celles qui entrevoient le pire, se contentent d'acheter des terres dans la pampa chilienne ou en Nouvelle-Zélande).
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Écrit par : franz / | 16/08/2016

CONVERGENCE

> Tout n'est pas dans l'impasse:un article étonnant dans Slate: "Entre catholiques et gauches radicales, une convergence des luttes?" http://www.slate.fr/story/122167/catholiques-gauches-radicales-convergence-luttes
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Écrit par : Pierrot / | 16/08/2016

ÉVOLUTION

> Une convergence de lutte avec la gauche radicale ? Je le crois, pour ma part. Les vieilles idées du gauchisme, que nous connaissons, étaient restées en suspens, n'attendant plus que les bonnes volonté qui allaient les incarner. Ce sont des idées en fait de sagesse et de morale, qui, avec le temps, ont pris une couleur plus sévère. Il ne s'agit évidemment pas pour l'Eglise de tomber dans l'extrémisme politique le plus hasardeux, mais de mettre à profit tout ce que de très sérieux théoriciens ont patiemment élaboré, sur un chemin difficile mais prometteur d'avenir.
Par exemple, pour moi, cette évolution "politique" dans le discours de l'Eglise n'est pas étrangère au fait que je sois revenu dans son giron. (A suivre.)
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Écrit par : Bégand / | 17/08/2016

PORTRAIT DU LIBÉRAL-CONSERVATEUR

> Cette émission d'humoristes suisses a dressé, peut-être le savoir, le portrait du libéral-conservateur ou de l'athée pieux : passionné par la lutte contre le mariage "gay" et adorateur du néolibéralisme, méprisant en conséquence le pape François.
https://youtu.be/1q33idu2bC8
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Écrit par : Aurélien Million / | 18/08/2016

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