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26/07/2016

JMJ 2016 : les jeunes et "la religion"

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Radios et journaux se tournent à nouveau vers le phénomène :

 


Ouverture des JMJ à Cracovie. Occasion pour nos médias de redécouvrir ce marronnier [*] : les rapports entre les 18-30 ans et "la religion" ou "la spiritualité", mots-valises englobant des courants aussi différents que le judéo-christianisme, l'islam et le bouddhisme.

Les quotidiens de ce début de semaine glosent sur le sondage OpinionWay (La Croix) qui indique un "regain d'intérêt"  des jeunes  "mais un bouleversement des pratiques" : antienne entendue à propos de chaque JMJ depuis 1983, comme si les "pratiques" n'avaient pas constamment évolué au fil des siècles.

On nous dit ainsi que les jeunes préfèrent "les pèlerinages" à la régularité dominicale. Les sociologues spécialisés (Mme Hervieu-Léger !) nous le disaient déjà dans leurs enquêtes  à la fin des années 1980...

Mais nous apprenons que "même des jeunes non croyants" prient. C'est une très bonne nouvelle. "Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé..." (Blaise Pascal, Pensées, 553).

Une idée qui cependant mérite examen dans cette enquête, c'est celle du phénomène de "religion assumée" constaté chez les jeunes.  "Port du voile, sweats avec messages évangéliques explicites, posts sur les réseaux sociaux" (Le Figaro, 25/07)... Cette idée mélange islam et christianisme (alors que les mobiles sont loin de toujours coïncider), mais les commentateurs de La Croix s'interrogent sur les jeunes néo-chrétiens plus que sur les jeunes musulmans. Dans le phénomène néo-chrétien, souligne le sociologue Jean-François Bruneaud, "on est face à une identité reconstruite par des jeunes qui n'ont pas eu de réelle transmission de la foi". Commentaire de soeur Nathalie Becquart : "une vraie rupture a eu lieu avec la génération 1968 où la pratique religieuse s'est brutalement affaissée."  Les ados de 2016 sont les petits-enfants de la génération de 68, et dans ce laps de temps la société économique de disruption a entrepris son ravage : destruction des mémoires et fuite en avant technoïde...

On comprend ainsi le mot du cardinal Lustiger : "la nouvelle évangélisation sera l'évangélisation d'une société entièrement nouvelle."

Et l'on mesure l'instinct de survie spirituelle de ces jeunes qui cherchent - spontanément - la dimension d'âme que leurs parents et grands-parents ne leur ont pas indiquée... 

Qui aidera ces jeunes à ne pas se tromper de voie ?  à ne pas confondre foi et "identité", rencontre avec le Christ et "revendication publique" ?

Bien entendu la foi doit pouvoir s'exprimer publiquement : expression publique que d'ailleurs la loi de 1905 reconnaît et garantit.

Mais notre identité de chrétien est de suivre le Christ, éventuellement là où nous n'aurions pas voulu ! Non d'idolâtrer une "identité" nombriliste qui annexerait  le nom chrétien à un wir sind uns  d'auto-célébration. Ou à l'imposture de la "morale des affaires"...

Cette idée a été martelée en de nombreuses  circonstances par le pape François : il l'infusera certainement aux deux millions de jeunes pèlerins de Cracovie.

 

_______________

[*]  sujet récurrent (en vieux jargon de presse).

 

 

Commentaires

PARLONS DU CHRIST VIVANT

> Notre époque à tiré un trait sur son passé et ses origines. Pour l’évangéliser, il faut faire pareil. Tirons un trait sur toutes les conneries d'héritage ou de racines et parlons du Christ vivant et ressuscité aux vivants de notre époque.
Laissons les momies avec les momies et sachons rendre compte de notre espérance.
Que notre vie devienne l'incarnation de notre foi, que nous arrivions à témoigner de notre rencontre avec Jésus.
Mais au vu des infos de ce matin, cela va être difficile. Pas tant pour les risques, que pour toucher les coeurs de nos prochains qui vont s'endurcir dans la colère et la haine. Prions pour que cela n'arrive pas.
______

Écrit par : VF / | 26/07/2016

"ATHÉES PIEUX" ?

> "Mais nous apprenons que "même des jeunes non croyants" prient. C'est une très bonne nouvelle."
Comme quoi il y a de "bons" athées pieux. (clin d'oeil)

PH


[ PP à PH
Pierre, j'ai clairement défini et délimité le périmètre du phénomène "athées pieux". Il s'agit exclusivement de la posture des "catholiques non chrétiens" (de droite en fait), qui récusent ouvertement la foi au Christ. Donc la prière ! Ce qui n'est pas le cas (par définition) des gens qui prient.
D'autre part, un "non croyant" n'est pas un "athée" :
- le non croyant n'exclut rien : donc il peut prier, la prière étant fondamentalement une attitude de disponibilité et d'ouverture ;
- l'athée exclut Dieu. Ou (attitude plus répandue) il pense et agit comme s'il excluait Dieu. Ou (encore plus sournois) il appelle "Dieu" ses opinions de parti ou de milieu... Dans aucun de ces cas la prière n'est possible ni même concevable. Comment se prierait-on soi-même ? L'échec spirituel des néo-paganismes est là pour le prouver. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 01/08/2016

@ PP

> Ma boutade, car c'en est une se terminait par " (clin d'oeil)", car cette expression semblait, dans le contexte de 2013, suspecter la sincérité des catholiques pratiquants et m'avait alors heurté, mais vous avez plusieurs fois présenté une autre interprétation.
Sur ce, vous avez raison, il y a la prière du P. de Foucauld "Si Vous existez, faites que je vous connaisse."
______

Écrit par : Pierre Huet / | 01/08/2016

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