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06/06/2016

Les analyses socio-économiques du Saint-Siège forment une progression homogène

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...notamment dans la succession Wojtyla-Ratzinger-Bergoglio. Chronique de cette semaine à Radio Espérance :


 

<<  Bonjour à tous. Faisons le point sur ce qui brouille les esprits de catholiques français. Il s'agit de l'attitude à avoir devant l'enseignement économique et social du pape François ! Depuis la parution de l'encyclique Laudato Si', certains affirment que les analyses du pape "n'engagent que lui" ; qu'elles sont "inexactes" (le capitalisme étant irréprochable) ; que le libéralisme est "dans la nature des choses" ; et que les problèmes d'environnement sont imaginaires ou "inventés par les gauchistes". En conséquence, on  prie le pape de se taire sur ces questions qui paraît-il ne concernent pas l'Eglise, celle-ci ne devant - comme on sait - s'occuper que de morale conjugale...  Et pour que cette cabale contre la doctrine sociale n'ait pas trop l'air d'une mutinerie, on affirme que la libre discussion est une règle dans l'Eglise, et l'on cite à l'appui un ou deux articles du droit canon.

On lit cela sur Twitter et Facebook. On l'entend dans des colloques comme celui de Béziers, présidé par M. Ménard qui ne manque pas une occasion de tacler le pape. Il arrive même qu'on retrouve ces "arguments", sous une forme plus ou moins feutrée, dans des articles et des émissions de radios ou de télévisions honorables.

Or ces arguments sont faux. La liberté de conscience du chrétien existe, bien sûr, de même que le droit des catholiques à discuter avec la hiérarchie de l'Eglise. A un détail près : cette requête n'est légitime que s'il s'agit de parler sincèrement, en personnes croyantes, à la lumière de l'Evangile et de la foi commune. Il n'est pas légitime s'il s'agit d'opposer au Magistère les opinions d'un parti ou d'un milieu économique !  Si nos opinions économiques vont à l'encontre du Magistère, ce qui doit changer n'est pas le magistère : ce sont nos opinions.

D'autant (je le dis en tant que laïc et professionnel de l'information) que les positions économiques, sociales et écologiques du pape François répondent aux réalités d'aujourd'hui.

Ses positions dans ces domaines développent et précisent celles de ses prédécesseurs : notamment saint Jean-Paul II, en dépit de ceux qui répètent que l'encyclique Centesimus Annus était "un ralliement au libéralisme" ! (pour dire ça il faut ne l'avoir jamais lue - ou croire que les auditeurs ne l'ont pas lue).

Enfin, prétendre que l'Eglise ne doit s'occuper que de famille et de liturgie est une opinion hétérodoxe. Ouvrons le Catéchisme de l'Eglise catholique rédigé sous la direction du cardinal Ratzinger : on y lit en toutes lettres que l'Eglise "porte un jugement moral en matière économique et sociale" et qu'elle "s'efforce d'inspirer des attitudes justes dans le rapport aux biens terrestres et dans les relations socio-économiques". Le Catéchisme ajoute : "Tout système selon lequel les rapports sociaux seraient entièrement déterminés par les facteurs économiques est contraire à la nature de la personne humaine et de ses actes... Une théorie qui fait du profit la règle exclusive et la fin ultime de l'activité économique est moralement inacceptable... L'Eglise a récusé dans la pratique du capitalisme l'individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain... Il faut préconiser une régulation raisonnable du marché et des initiatives économiques, selon une juste hiérarchie des valeurs et en vue du bien commun" [*]. De qui sont ces phrases que cite le catéchisme ? De saint Jean-Paul II dans Centesimus Annus... Le pape François progresse dans la même ligne. Dieu le garde ! A la semaine prochaine. >>

 

[ fin de la reproduction de ma chronique de Radio Espérance ]

 

[1]  Ces principes de la pensée sociale catholique sont incompatibles avec la théorie libérale, puisqu'ils postulent : a) l'intervention de critères non-marchands dans les relations économiques et sociales ; b) l'intervention régulatrice du politique en économie.

 

 

Commentaires

TRUMP & MÉNARD

> Puisque vous mentionnez R. Ménard, une perle en marge du sujet :
il salue M. Trump qui veut bloquer davantage l'immigration des Latinos car cela défend "l'Occident chrétien". Comme si les Latinos catholiques n'étaient pas aussi chrétien que Trump.
En fait, c'est très révélateur: le concept d'Occident est l'habillage de l'annexion du monde catholique par l'affairisme issu de l'Europe du Nord.
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Écrit par : Pierre Huet / | 06/06/2016

ALAMO

> sans oublier le mépris haineux des Nord-Américains envers les Mexicains, cf les westerns et les films "historiques" contre l'Amérique espagnole, du XVIIe siècle à l'imposture "Alamo".
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Écrit par : churubusco / | 06/06/2016

CONSCIENCE

> "L'homme ne doit pas être contraint d'agir contre sa conscience", selon Vatican II.
Il faut également mentionner ce qui suit, que j'ai entendu dans la bouche du Père André Manaranche, qui fut conseiller spirituel des scouts d'Europe:
"c'est un péché de ne pas former sa conscience."
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Écrit par : ND / | 06/06/2016

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