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18/04/2016

Quand un chef de file 'tradi' applaudit 'Amoris laetitia'

 L'abbé de Tanoüarn aux côtés du pape François :


 

 

Texte intégral Aleteia

http://fr.aleteia.org/2016/04/16/amoris-laetitia-un-manue...

 

Extraits

<< Le pape François vient de publier l’exhortation post-synodale « Amoris laetitia » par laquelle il entend faire le bilan des deux synodes sur la famille qui se sont tenus à Rome en 2014 et 2015. Ce texte est révolutionnaire par sa manière d’aborder le sacrement de mariage, non pas d’abord comme une donnée doctrinale dont l’Église aurait à enseigner les modalités, mais avant tout comme une réalité concrète, qui se vit aujourd’hui aussi bien en Europe qu’en Afrique ou en Amérique, avec des problèmes spécifiques ici ou là et toujours une diversité irréductible d’un couple à l’autre qui fait que chaque couple est absolument unique.

La miséricorde, la vraie

...On retrouve cet état d’esprit dans sa manière d’accueillir les divorcés remariés, avec, en plus, une dimension immédiatement constructive : pour lui, le mariage civil ou la simple cohabitation stable et féconde comportent quelque chose du mystère du mariage : « Toutes ces situations doivent être affrontées d’une manière constructive, en cherchant à les transformer en occasions de cheminement vers la plénitude du mariage et de la famille à la lumière de l’Évangile » explique-t-il en citant la Relatio du Synode de 2014. Nous nous trouvons devant l’attitude jésuite dans toute sa splendeur : une pratique qui permet de « construire » en cherchant dans la vie de celui qui vient au prêtre (ou au Pape) tout ce qui peut le disposer à recevoir la grâce de Dieu. Je n’ai pas fait le compte, mais on trouve souvent le mot « grâce » dans l’exhortation apostolique. On s’aperçoit d’ailleurs, dans le Sermon d’ouverture de l’année de la miséricorde le 8 décembre dernier, que le mot grâce est quasiment synonyme du mot miséricorde. On pourrait dire que face à l’herméneutique de continuité qu’a proposé le pape Benoît, François propose lui une herméneutique de la miséricorde. Non pas la miséricorde qui ferait systématiquement moins cher, non pas la miséricorde qui chercherait à casser les prix pour prétendre que tout se vaut et conclure que rien ne vaut, non ! Mais la miséricorde qui est l’amour unique que Dieu porte à chacun d’entre nous, la miséricorde qui est une grâce et nous pousse en avant, la miséricorde qui non seulement ne casse pas les prix mais nous rend plus chers aux yeux de Dieu, qui que nous soyons. Il me semble que l’herméneutique de continuité, saluée à plusieurs reprises par le pape François, appelle cette herméneutique de la miséricorde, loin de lui être contraire. Il y a un secret providentiel dans la succession des deux derniers pontificats et dans leur profonde complémentarité dans la vérité. Il fallait toute l’insistance pédagogique de Benoît XVI pour se ressaisir de la vérité dans sa splendeur (Jean-Paul II) dans sa centralité. Mais maintenant, avec François, nous découvrons que « la vérité qui ne se tourne pas en amour est une idole ». Benoît XVI lui-même justement ne parlait-il pas de « la charité dans la vérité », caritas in veritate ?

Discerner ce qui est bon et s’y tenir

Jean-Paul II était, sans problème le Curé de l’univers et Dieu sait s’il a fait tourner la boutique ! Le pape François, de façon encore plus ambitieuse, conçoit son rôle comme celui d’un directeur de conscience universel. Il prêche au monde les exercices spirituels de saint Ignace. Il essaie de s’adresser à chacun et de lui dire ce qu’il doit faire pour avancer vers Dieu. Pas question de lui fermer la porte au nez ! Il faut le conduire, par un chemin personnel. […] Nous sommes en crise ; notre monde est cassé. François veut être aussi l’homme de chacun, prenant les gens là où ils en sont. Son maître mot est celui de saint Ignace : le discernement. Il s’agit pour lui d’aider ceux qui s’approchent de lui, fidèles ou non, à discerner ce qui est bon dans leur vie et à s’y tenir. Il tend à les aider à faire l’expérience de Dieu, comme le fait le prédicateur des Exercices spirituels de saint Ignace, qui enseigne toujours la deuxième annotation de ces Exercices : « Ce n’est pas le fait de savoir beaucoup qui remplit et satisfait l’âme, mais le fait de sentir et de savourer les choses intérieurement » (AL 207).

La maternité de l’Église

[…] La maternité de l’Église – c’est le pari du nouveau pontificat – est capable de traiter chaque personne de manière exceptionnelle, non seulement en appliquant la loi (qui reste toujours dans le général) mais en connaissant chacune de ses brebis à l’image du Bon Pasteur lui-même. « Un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations irrégulières comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés qui se cachent derrière les enseignements de l’Église pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité… » (AL 305). Une fois de plus, le pape s’en prend ici à ces chrétiens pharisiens, qui risquent de s’entendre dire : « Engeance de vipères… ».

Enseigner de façon christique

On l’aura compris, ce qui est nouveau dans cette exhortation apostolique, ce n’est pas le fond, c’est l’esprit dans lequel l’enseignement millénaire est transmis. Cet esprit est un esprit plus évangélique, plus proche de chacun et en même temps plus imprégné de la certitude qu’il n’y a pas dans l’Église d’un côté les bons et de l’autre côté les pécheurs, mais que nous sommes tous pécheurs et que le Christ est venu « non pour les justes mais pour les pécheurs »...

De l’importance de la subjectivité de chacun

[…] Le Pape, directeur de conscience universel, en ces temps de crise ecclésiale et de pénurie de prêtres, s’adresse ou veut s’adresser à chacun d’entre nous, car, comme le disait Benoît XVI dans un autre contexte, « nul n’est de trop dans l’Église ». Il prend chacun là où il est et ne songe pas à imposer d’emblée tout un code moral exigeant à ceux qui ne le connaitraient pas. Là encore, Thomas d’Aquin nous donne une grande leçon de souplesse, expliquant dans la IIIa Pars de sa Somme théologique, que tout homme est membre, au moins en puissance, du Corps mystique du Christ qui est l’Église. C’est dans cette universalité ecclésiale revendiquée, c’est dans un esprit missionnaire (et non dans un confessionnalisme étriqué) qu’il faut lire l’exhortation apostolique sur la Joie de l’amour.

 

 

Commentaires

MERCI

> Merci pour ces extraits et merci surtout à lui pour cet article qu'il faut lire in extenso sur Aleteia. Est-ce que cette lecture peut mettre un peu d'esprit chrétien dans la tête des jeunes ou vieux pharisiens ? (mais chez eux même les jeunes sont vieux dans leur tête).
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Écrit par : Erwan / | 17/04/2016

L'ABBÉ DE TANOÜARN

> Se confirme l'idée que de toutes les notoriétés traditionalistes revenues à l'Eglise, l'abbé de Tanoüarn est de très loin la figure dominante. Son exposé sur l'exhortation apostolique est à 100% dans l'esprit Bergoglio. Espérons que les petits esprits qui insultent 'Amoris laetitiae' sur les réseaux sociaux seront capables de comprendre cette leçon de christianisme.
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Écrit par : portapia / | 17/04/2016

ALLELUIA

> On n'en pouvait plus d'entendre et lire les réactions de bonshommes soi-disant supercroyants qui n'ont pas lu 'Amoris laetitia' et ne la liront pas, mais qui ont déjà leur opinion, de toute façon ils l'avaient d'avance, ils sont contre tout ce que fait ce pape puisqu'il ne leur ressemble pas !
C'est l'attitude du bourgeois XIXe envers le clergé : "Faites donc salon avec nos femmes, l'abbé, pendant que les hommes iront parler Bourse au fumoir."
Avec François on est au XXIe, alleluia.
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Écrit par : Girolamo / | 18/04/2016

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