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14/04/2016

Ces intellectuels catholiques qui "résistent" au pape

Après Thibaut Collin, Chantal Delsol :


 

« Il nous faut entrer dans la perspective fondamentale de la démarche du pape. Il nous invite à considérer les réalités familiales d'un point de vue essentiellement pastoral », écrit le cardinal Vingt-Trois dans Paris Notre-Dame d'aujourd'hui. Relisant – crayon en main – Amoris laetitia, je suis de plus en plus frappé de la puissance de ce document d'orientation. Quel chrétien refuserait d'entrer dans une « perspective fondamentale » à laquelle doit s'ouvrir la famille (comme toutes les autres structures chrétiennes) ?

Pourtant le fait est là : certains intellectuels catholiques semblent s'y refuser... Pas ouvertement, bien sûr ; mais leurs certitudes sont inexpugnables. Ils élèvent des barricades d'arguties. Il y a quelques jours, le philosophe catholique Thibaut Collin assénait à ses auditeurs trente-six raisons de refuser leur confiance à l'exhortation apostolique. Et voici une attaque contre l'encyclique d'écologie intégrale Laudato Si', par l'universitaire Chantal Delsol.

Membre de l'Institut, professeur de philosophie, spécialiste de l'histoire des idées politiques, auteur de vingt-cinq ouvrages et jouant depuis des années « un rôle significatif dans l'entreprise de renouvellement philosophique à l'oeuvre au sein du camp conservateur [1]» (Le Monde, 14/06/2002), Mme Delsol jouit d'une autorité dont nul n'ose douter. C'est sans doute la raison pour laquelle il lui fut demandé de préfacer le nouveau livre de Frédéric Rouvillois : La clameur de la Terre - Les leçons politiques du pape François [2]. Professeur de droit public à l'université Paris-Descartes, auteur d'une trentaine d'ouvrages, M. Rouvillois avait-il besoin de la caution de Mme Delsol ? Le lecteur se le demande... une fois qu'il a lu cette préface.

Car elle est sidérante.

Une préface (en principe) n'a pas pour but de désavouer le sujet du livre. C'est pourtant le cas de celle-ci. Mme Delsol a des griefs contre Laudato Si' : elle tient à les faire partager, chose surprenante de la part d'une catholique ; ces griefs reposent sur des données fausses, chose surprenante de la part d'une autorité professorale. Voici le passage sidérant de cette préface. Je surligne en noir ce qui surprend de la part d'une catholique, et en bleu ce qui surprend de la part d'une universitaire :

<<  Cette encyclique, contrairement à d'autres précédentes, m'apparaît parfois bien approximative. On aimerait mieux ne pas entendre dire imprudemment que la disparition des espèces est essentiellement due à l'homme (elle a toujours existé et fait partie de la nature elle-même). N'est-il pas bien téméraire d'affirmer que puisque la catastrophe écologique dépend de l'homme, celui-ci peut alors l'arrêter ? Je me demande si ce n'est pas encore du prométhéisme que de nous prêter le pouvoir de sauver la planète. […] Le principe de précaution protège-t-il toujours les faibles et les pauvres ? En ce moment, au contraire, il appauvrit encore, et de beaucoup, parce qu'il est compris à l'extrême, et normalise tellement la vie de tous que l'on ne peut plus habiter, se nourrir, se déplacer, sans utiliser des équipements obligatoires et coûteux – autrement dit : gardons la mesure afin que la bonne direction ne devienne pas mauvaise par excès de bien... D'un point de vue philosophique, je suis fâchée de voir l'écologie prétendre servir d'argument contre l'IVG : ''la défense de la nature n'est pas compatible non plus avec la justification de l'avortement'' (120). L'attitude de respect général de la nature correspondrait au respect de tous les humains. Quel salmigondis. Toutes les civilisations anciennes respectaient la nature, et toutes, sauf le judéo-christianisme, se débarrassaient des bébés superflus – il suffit de lire la lettre à Diognète. La légitimation de l'avortement est un signe de retour du paganisme, avant l'humanisme judéo-chrétien. Cela n'a rien à voir avec la culture du déchet. C'est bien léger, et contre-productif, d'évoquer l'avortement à tout propos et hors de propos... >>

Les deux premiers passages en bleu expriment la posture anti-écologie d'un certain microcosme politico-économique. Tous plus ou moins porte-parole du productivisme, les gens de ce milieu ignorent les dossiers de l'environnement. D'où les trois erreurs de Mme Delsol : 1. prétendre que l'érosion moderne de la biodiversité n'a rien voir avec nos activités, alors que cette érosion est sans commune mesure (par son ampleur et sa rapidité) avec les disparitions naturelles d'espèces ; 2. ironiser contre le « principe de précaution » comme s'il n'avait aucune raison d'être (ironie datant de M. Allègre quand il niait la nocivité de l'amiante) ; 3. proclamer que notre existence est rendue invivable par le totalitarisme vert (on se demande de quoi parle Mme Delsol).

Le troisième passage en bleu concerne l'histoire, et déconcerte de la part d'une universitaire qui fit sa thèse sur les philosophies politiques de l'Antiquité. Mme Delsol nous affirme pour les besoins de sa démonstration – que « toutes les civilisations anciennes » ont respecté la nature... Que fait-elle de Platon s'indignant de voir les chantiers navals et la métallurgie d'Athènes déforester l'Attique [3] ? Ou de Pline l'Ancien accusant le luxe romain de surexploiter la nature [4] ?

Mme Delsol est également une spécialiste de l'histoire des idées politiques contemporaines ; c'est à ce titre qu'elle représente le catholicisme pensant dans les cercles de droite. Comment peut-elle (un peu plus loin dans sa préface) prêter à un doctrinaire politique aussi connu que Charles Maurras une théorie radicalement contraire à ce qu'il pensait ? C'est à propos d'une section du livre de Frédéric Rouvillois, qui développe l'idée selon laquelle l'écologie serait en consonance avec l'esprit des monarchies. L'auteur ne cite pas Maurras, mais le feu comte de Paris et le prince Charles d'Angleterre. Mme Delsol (bizarrement acharnée à démolir le livre qu'elle préface) lui répond que mieux vaudrait, « plutôt que de rêver à des monarchies chimériques, tenter de mettre du plomb dans la cervelle démocratique... » C'est une objection légitime de sa part. Mais pourquoi éprouve-t-elle le besoin d'exhumer le théoricien de l'Action française ? « Charles Maurras, écrit-elle, disait que l'intérêt du roi est le même que celui de la société : il faut sous-entendre que le roi est un saint, ce qui est un pari assez fou. » Mme Delsol attribue ainsi à Maurras... une idée qu'il combattait ! Car selon le système de pensée maurrassien, le bienfait de la monarchie est sa logique interne, censée coïncider avec les intérêts de la société quels que soient la vertu ou les vices du monarque ; ce qui compte d'après Maurras n'est donc pas la personne du roi, mais l'institution dynastique, qui place le roi dans une position capable de compenser son éventuelle médiocrité d'individu... Cette théorie maurrassienne plane assez loin des faits historiques, mais en ce qui concerne la préface de Mme Delsol le problème est ailleurs : qu'une spécialiste puisse commettre une bourde de cette envergure, dans son propre domaine de compétence académique, a quelque chose de singulier.

Mais revenons sur les passages surlignés en noir : les accusations de Mme Delsol contre le pape François. Elles sont graves, absurdes [5], et d'une inadmissible violence verbale.

On ne voit pas ce qui autorise cette dame à parler d'une encyclique avec un tel mépris : Laudato Si, dit-elle, est « approximative, imprudente, téméraire, prométhéenne, légère, contre-productive » ; c'est un « salmigondis », qui « fâche » Mme Delsol.

Un ton pareil pour parler du pape est-il à la mode, désormais, chez les catholiques de droite ? Je le crains, pour en avoir lu et entendu d'autres exemples. Mme Delsol cède à l'emportement du milieu auquel elle appartient. Ce milieu ne pardonnait pas à François sa réfutation fulgurante de l'idéologie économique libérale dans Evangelii gaudium ; il ne lui pardonne, ni les analyses économiques et écologiques de Laudato Si, ni l'appel aux mobilisations populaires du discours de Santa-Cruz. Comme on l'a vu dans leurs peu convaincantes contributions au débat de La Nef, Mme Delsol et les « économistes catholiques » récusent, au nom d'un libéralisme imaginaire « jamais réalisé nulle part » (cf Evangelii gaudium § 53), la critique papale du libéralisme réalisé. Nous venons d'en disséquer un exemple avec cette préface. Les réactions de certains – cf. supra – à l'encontre d'Amoris laetitia en sont un autre symptôme... Ces « modérés » deviennent injurieux ; ils donnent ainsi un étrange spectacle, qui doit nous instruire sans nous impressionner.

 

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[1] Donc éditorialiste à Valeurs actuelles, comme Maud Fontenoy.

[2] éd. Jean-Cyrille Godefroy. Je parlerai bientôt de ce livre, intéressant et original.

[3] C'est dans le Critias : « Ce qui reste à présent, comparé à ce qui existait alors, ressemble à un corps décharné par la maladie. Tout ce qu'il y avait de terre grasse et molle s'est écoulé et il ne reste plus que la carcasse nue du pays... Il y avait sur les montagnes de grandes forêts... [Le sol] recueillait les pluies annuelles de Zeus et ne lerdait pas comme aujourd'hui l'eau qui s'écoule de la terre dénudée dans la mer, et, comme la terre était alors épaisse et recevait l'eau dans son sein et la tenait en réserve dans l'argile imperméable, elle laissait échapper dans les creux l'eau des hauteurs qu'elle avait absorbée et alimentait en tous lieux d'abondantes sources et de grosses rivières. Telle était la condition naturelle du pays. Il avait été mis en culture par de vrais laboureurs, amis du beau et doués d'un heureux naturel... »

[4] Pline l'Ancien, Histoire naturelle, vol. 36, I-3 : « Et nous, sans autre dessein que nos jouissances, nous coupons et transportons les monts qu'il fut jadis merveille de seulement franchir... Voici maintenant qu'on les fend pour en tirer mille espèces de marbre. On ouvre des promontoires au passage de la mer, on nivelle la nature. Nous emportons ce qui avait été placé comme frontières pour séparer les peuples, on construit des vaisseaux pour aller chercher les marbres, et, sur les flots, le plus sauvage élément naturel, ici et là on transporte les cimes des:montagnes. Encore y a-t-il à cela plus d'excuses que lorsque, pour avoir une boisson fraîche, on va chercher un vase jusqu'au milieu des nuages et, pour boire glacé, on creuse des roches proches des cieux... »

[5] Le plus absurde est le reproche fait au pape « d'évoquer l'avortement à tout propos et hors de propos », alors qu'il en est peu question dans l'encyclique – et que les ultras ne pardonnent pas à François d'avoir exhorté les catholiques à ne parler de l'avortement que lorsque c'est indispensable. L'absurdité de l'attaque de Mme Delsol se double du fait qu'elle récuse – avec irritation – l'idée que l'IVG de masse soit contraire à l'écologie intégrale.

 

Commentaires

JANSÉNISTES ?

> Parmi les catholiques, certains brillants esprits semblent ne pas avoir de corps.
Ils donnent cette impression que, pour eux, seule l’âme est à sauver, et que le corps, notre défroque, la glaise dans laquelle il s’enfonce, l’air qu’il respire, l’eau qu’il boit, le soleil (del sol !) qui le caresse… sont de peu d’intérêt. Héritage janséniste ? Tentations ascético-héroïques (qui n’ont jamais évangélisé personne)… ?
A les écouter, la vie éternelle est commencée, certes, mais pas pour la terre et les cieux. Pas pour notre corps, pourtant promis à la résurrection.
S’appuieraient-ils sur cette parole du Christ : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Mt 24,35)… ils ne me convaincraient pas.
Pour ma part, je crois en effet que « le ciel et la terre passeront », de même que notre horizon est obscurci par la mort, mais je n’en déduis évidemment pas que cela m’autorise d’une quelconque manière à saloper et mépriser la nature qui m’est confiée. A faire comme si l’état de la planète ne me regardait pas.
Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l'Église, confie dans l’une de ses catéchèses (Catéchèses baptismales, n° 15) : « Notre Seigneur Jésus Christ viendra des cieux et il viendra vers la fin de ce monde, au dernier jour ; car ce monde aura une fin, et ce monde créé sera renouvelé. Puisqu'en effet la corruption, le vol, l'adultère et les fautes de toutes sortes se sont répandues sur la terre et que “le sang versé succède au sang versé dans le monde“ (Os 4,2), pour que cette admirable demeure ne reste pas remplie d'injustice, ce monde passera et il en sera inauguré un plus beau... »
Il écrit de notre monde créé : « cette admirable demeure ». Elle mérite à l’évidence l’admirable pape et tous les admirables humains qui nous invitent à la préserver, avec toutes les créatures qui l’habitent, à commencer par le petit-d’homme dans le sein de sa mère, génitrice et procréatrice. Comme l’écrit François dans « Laudato Si » :
« Dieu d’amour, montre-nous notre place dans ce monde comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre, parce qu’aucun n’est oublié de toi »… et surtout pas Chantal, notre libérale philosophe ! A qui je promets une place au soleil, en terrasse, si elle veut bien boire un coup avec moi à la santé du pape François.
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Écrit par : Denis / | 14/04/2016

L'ÊTRE ET L'ARGENT

> Je partage entièrement votre avis. J'avais remarqué aussi l'article de Mme Delsol à la NEF et m'était demandé ce qu'elle faisait là. - j'y ai produit un article : le libéralisme à la conquête de l'univers. J'aurai voulu vous en parler hier à la remise du prix de littérature catholique mais une dame vous demandait le prix de votre livre. Je désirais aussi vous demander un commentaire de mon livre que vous avez reçu par mon éditeur :'L'Etre et l'argent' qui est la continuation de ma thèse dirigée par Boutang. Elle recoupe nombre de vos analyses mais comme à l'habitude chez Boutang il y a des paradoxes que je n'ai pas retrouvés dans votre livre.
Dans l'espoir de vous rencontrer une autre fois.
Henri Du Buit
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Écrit par : Du Buit / | 14/04/2016

COUSUS DE FIL BLANC

> Bah, elle fait comme ses amis: http://www.libres.org/actualite/3553-une-encyclique-pour-rien.html
Je n'ai jamais senti Mme Delsol: quand on se déclare "néo-conservatrice", qu'on aime le libéralisme, et qu'on se dit fort attirée par le protestantisme (je n'ai rien contre les protestants, j'aime d'ailleurs beaucoup ce que fait avec eux le Chemin Neuf par exemple), mais elle aime beaucoup le protestantisme, car il n'y a pas la doctrine sociale de l'Eglise, parce qu'une certaine théologie protestante va si bien avec le libéralisme...
Ces gens-là sont cousus de fil blanc. On le voit sans cesse arriver de loin avec leurs gros sabots; et cela fait des années. L'extrait que vous venez de mettre ne me surprend donc nullement. Elle est philosophe? Eh bien les philosophes, c'est comme tout, il y en a des bons des mauvais. Et les diplômes et le nombre d'années d'études n'y change rien. Sartre était génial; c'était un mauvais philosophe.
Allez, je vous en fiche mon billet, puisque les libéraux transforment en m... tout ce qu'ils touchent, je vais faire un pronostic: je ne donne pas cher de l'avenir du "cercle Charles Péguy". Vous verrez. Rien qu'à voir la composition, je n'y ai jamais cru. L'extrait que vous venez de partager, me confirme en ce sens. Vous verrez.
Allez, un truc plus intéressant: http://www.lefigaro.fr/sciences/2016/04/14/01008-20160414ARTFIG00013--la-ferme-du-bec-hellouin-permaculture-rime-avec-rendement.php
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Écrit par : ND / | 14/04/2016

HOLY ZAPPING

> Un autre pour la route: apparemment, ils ont oublié d'inviter les "économistes catholiques" (Garello, Naudet, Chalmin et autre Bichot décoré de la Légion d'Honneur par Christine Boutin)
http://fr.radiovaticana.va/news/2016/04/14/centesimus_annus,_lencyclique_sociale_de_jean-paul_ii_suscite_un_int%C3%A9r%C3%AAt_renouvel%C3%A9/1222838
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Écrit par : ND / | 14/04/2016

PAS D'ACCORD

> Autant je comprends votre emportement contre Mme Delsol (le peu que j'ai lu d'elle était toujours désolant de soumission à l'idéologie libérale...), autant je ne comprends pas que vous la mettiez dans le même sac que Mr Thibaut Collin. Dans le papier en question, il s'inquiète seulement, de façon respectueuse (à l'inverse de Mme Delsol), des répercussions de ce qui semble ressembler à l'ouverture des sacrements aux divorcés-remariés (le texte n'est pas absolument clair sur ce point). Et effectivement, il faut s'attendre que l'ambiance actuelle de notre société influe sur la réception de cette exhortation. On a eu beaucoup d'exemples similaires ces dernières décennies, dans l’Église et le monde : l'exception est autorisée, puis elle se généralise, puis elle devient la règle. Pour n'en donner qu'un parmi de nombreux autres, qui sait encore que le mode normal de réception de la communion eucharistique est à genoux et sur la langue ? Que Paul VI n'a autorisé qu'à contre-coeur (poussé par la désobéissance de quelques évêques occidentaux) la communion sur la main? Il n'a suffi que de quelques années pour que l'exception s'impose (parfois de force), car elle allait dans le sens du vent de la société d'alors. Il est possible que les mêmes mécanismes s'appliquent à la réception de cette exhortation. S'inquiéter de cette potentialité ne suffit pas à faire de Thibaut Collin (et de moi) un anti-papiste j'espère. Surtout qu'il n'oublie pas de parler de tous les beaux passages de l'exhortation apostolique.

Gilles Texier


[ PP à GT :
- T.C. multiplie les mises en garde légalistes, comme s'il ne voulait pas voir que l'exhortation apostolique porte non sur le libellé de la "loi" mais sur l'esprit de sa mise en oeuvre. Un esprit qui doit être celui de l'évangélisation : chose incompatible avec le légalisme... Le sabbat est fait pour l'homme, non l'homme pour le sabbat.
- Vous avez la chance de n'avoir pas eu vent des trop nombreuses réticences de la droite catho française envers l'enseignement de François. Je trouve symptomatique, et très anormal, que les milieux bien-pensants banalisent la fronde envers le pape mais diabolisent la loyauté envers lui !
Il est significatif que des bourgeois libéraux-conservateurs traitent de "papolâtres" ceux qui reçoivent positivement 'Amoris laetitia' après 'Laudato Si'... Ce blog a reçu d'assez nombreux messages injuriant le pape mais émanant de "chevaliers de la foi". (Je ne les ai pas publiés).
Dans cette conjoncture, le devoir d'un intellectuel catholique serait de plaider pour la confiance due au successeur de Pierre, et d'aider les lecteurs-auditeurs à entrer dans la démarche de l'Eglise.
Force est de constater que le texte dont vous nous parlez ne va pas dans ce sens...
Mais je vous accorde que celui de Mme Delsol est pire.
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Écrit par : Gilles Texier / | 15/04/2016

ON N'EST PAS CATHOLIQUE EN RÉSISTANT AU PAPE

> Intellectuels catholiques, oui, mais pour quel type de catholicité? Celui qui invite au dépouillement évangélique ou l'identitaire qui se porte comme un étendard en vidant le Message évangélique de sa substance.
En réalité, peut-on être catholique en résistant au pape, lui le successeur de Pierre? Ces catholiques n'ont-ils pas compris que le pape François puise dans les Évangiles et dans 2000 ans de Tradition ecclésiale pour avoir un tel enseignement?

ALB


[ PP à ALB - Visiblement ils ne l'ont pas compris... Ils seraient avisés de relire ce que l'Ecriture dit des "nuques raides", et de ceux qui opposent "des traditions humaines" aux impulsions inspirées du successeur de Pierre. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Arnaud Le Bour / | 15/04/2016

COEURS DURS

> Mais ce n'est pas nouveau. Souvenez-vous de ces chrétiens qui refusaient la réintégration de ceux qui, pauvres humains, avaient sacrifié aux idoles par peur des tortures très imaginatives des Romains? Purs parmi les purs, ils vouaient à la damnation ceux qui avaient failli. Quand je lis des commentaires sur certains sites quant aux divorcés par exemple, c'est effrayant de dureté et de haine parfois. Où est le Christ dans leurs paroles? Où est l'Amour dans leur regard sur ceux qui ont péché? Bon sang, ont-ils lu les Evangiles?
Si je me souviens-bien, cela fini même par une hérésie, non?
Leur coeur est tellement dur...Prions pour qu'ils s'ouvrent à la miséricorde et à la compassion. Que Dieu leur donne un coeur de chair.
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Écrit par : VF / | 15/04/2016

ABERRATION

> Parmi les déclarations à l'emporte-pièce de Mme Delsol (que j'ai vu souvent mieux inspirée, il faut quand même le dire), celle qui me parait la plus violemment aberrante est celle qui traite de salmigondis (etc...) la réfutation de l'avortement pour des raisons écologiques. Celle-ci m'a toujours paru d'une évidence aveuglante bien que cette évidence ne touche ni les Verts et assimilés ni Mme Delsol.
Dans le cas de celle-ci, je pense qu'il y a là un aveuglement affectif, pour ne pas dire passionnel (eh oui,même les grands intellectuels n''y échappent pas et il y a aussi des passions intellectuelles): puisque pour elle l'écologie est du domaine du mauvais, tout comme l'avortement, il est bien sûr impensable que l'écologie puisse contribuer à mettre en cause l'avortement.C'est vraisemblablement aussi simple que cela.

Girondin


[ PP à G. - Vous pouvez avoir raison, mais je ne connais pas les positions de Mme Delsol en ces matières. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Girondin / | 16/04/2016

à Nicolas :

> Sans doute que beaucoup de personnes aiment fantasmer sur les pressions qui pèsent sur les papes... Mais j'ai pris soin de citer un exemple sur lequel j'avais eu l'occasion de me documenter par ailleurs. L'instruction 'Memoriale Domini' montre très clairement que le souhait du pape était d'encadrer la "nouvelle pratique" pour limiter les abus, et qu'il ne l'a fait que poussé par la pratique qui s'était imposé ailleurs (sans accord préalable du Vatican):
"Aussi, le Saint-Siège exhorte-t-il vivement les évêques, les prêtres et les fidèles à respecter attentivement la loi toujours en vigueur et qui se trouve confirmée de nouveau[communion à genoux et sur la langue], en prenant en considération tant le jugement émis par la majorité de l'épiscopat catholique que la forme utilisée actuellement dans la sainte liturgie, et enfin le bien commun de l'Église.
Mais là où s'est déjà introduit un usage différent - celui de déposer la Sainte Communion dans la main - le Saint-Siège, afin d'aider les Conférences épiscopales à accomplir leur tâche pastorale, devenue souvent plus difficile dans les circonstances actuelles, confie à ces mêmes Conférences la charge et le devoir de peser avec soin les circonstances particulières qui pourraient exister, à condition cependant d'écarter tout risque de manque de respect ou d'opinions fausses qui pourraient s'insinuer dans les esprits au sujet de la Très Sainte Eucharistie, et d'éviter soigneusement tous autres inconvénients."
Cela dit, on s'éloigne du sujet initial...
Bien fraternellement
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Écrit par : Gilles Texier / | 16/04/2016

SYNDROME

> 'Benoît et moi', Jeanne Smits, Delsol, tout cela relève du syndrome de Catherine de La Rochelle.
Concernant 'Benoît' et moi le problème est plus d'ordre [...] que théologique.

EL


[ PP à EL - Pardon d'avoir dû caviarder l'adjectif. D'autant que je suis de votre avis ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : E Levavasseur / | 16/04/2016

TANOÜARN

> En revanche, un excellent article de l'abbé de Tanoüarn dans Aleteia qui conclut ainsi : "C’est dans cette universalité ecclésiale revendiquée, c’est dans un esprit missionnaire (et non dans un confessionnalisme étriqué) qu’il faut lire l’exhortation apostolique sur la Joie de l’amour." http://fr.aleteia.org/2016/04/16/amoris-laetitia-un-manuel-de-misericorde/
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Écrit par : Isabelle Lagrange / | 16/04/2016

@ PP

> Je me doutais de votre " censure paternelle" et à vrai dire je l'avais plutôt écrit pour vous faire marrer un bon coup.
Je crois que Mgr Aillet et Mgr Rey ont écrit de bons documents sur Laetitia amoris.
Le problème des intellectuels est qu'ils sont plus guidés par le goût de la polémique que par l'amour de la vérité.
Ils ne veulent pas être les brebis dans le troupeau du Seigneur : ils veulent être les "brebis de référence".
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Écrit par : E Levavasseur / | 18/04/2016

> [parenthèse] Chantal Delsol est la femme de Charles Millon, ex maire de Belley et président de la Région Rhône-Alpes, dont les dérives vers le FN sont connues... [fin de la parenthèse]
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Écrit par : Nicorazon / | 19/04/2016

COLLAGE

> Après avoir dévoré le livre de F. Rouvillois et lu la laborieuse préface de Mme Delsol, force est d'aller dans votre sens : la préface ressemble à un collage de paragraphes sans grande cohérence sauf dans le dénigrement sommaire de l'encyclique "Laudato Si" et des conclusions du livre préfacé (avec une belle collection de contresens sur l'écologie, la monarchie, la sainteté, etc.) et aussi dans un ton volontiers condescendant (envers les conclusions de Rouvillois, envers quelques rois et princes vivants ou morts, envers le pape... personne n'échappe aux remontrances professorales de Mme Delsol).
Tout cela n'empêche pas Mme Delsol de répéter à l'envi "Frédéric Rouvillois et moi pensons que", ou "Frédéric Rouvillois et moi avons eu raison trop tôt"...
On serait tenté de dire "quel salmigondis" ou, pour être plus indulgent : "quelle curieuse marqueterie".
Quoi qu'il en soit, passé cette épreuve, le livre est fort intéressant en effet. Et les conclusions - ou extrapolations - monarchistes de Rouvillois ne me semblent pas "chimériques", mais peut-être un peu théoriques, ce qui constitue leur limite.
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Écrit par : Sven Laval / | 09/05/2016

@ EL

> Vous parlez d'intellectuels: alors une citation de Bernanos ('La France contre les robots") :
"L'intellectuel, l'homme qui se donne à lui-même ce titre [....] est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire."

PH


[ PP à PH - Dans le langage de Bernanos, le mot "imbécile" n'était pas une insulte mais souvent un terme de quasi-pitié. C'était l'imbécile au sens étymologique latin : le "faible", celui dont les facultés sont amoindries par quelque chose. Reste à savoir si cette chose mentale amoindrissante est une force majeure s'imposant à l'individu, ou le résultat d'un choix de comportement sa part. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 09/05/2016

> "Le drame d'aujourd'hui est que les crétins croient penser" (je cite de mémoire)
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Écrit par : E Levavasseur / | 10/05/2016

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