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10/04/2016

'Amoris laetitia' et les lectures liturgiques de ce dimanche

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C'est à l'humilité de Pierre que le Ressuscité confie la mission.

Et cette mission comporte une crucifixion :


 

 

Hans Urs von Balthasar sur l'évangile d'aujourd'hui (Jean 21, 1-19) : <<  ''...T'emmener où tu ne voudrais pas aller...'' L'évangile de l'apparition du Seigneur au bord du lac de Tibériade finit par l'investiture de Pierre dans son ministère de pasteur. Tout ce qui précède le prépare : la pêche vaine, puis la pêche miraculeuse à la suite de laquelle Pierre se jette à l'eau pour rejoindre le Seigneur et se tient à côté de lui sur le roc de l'éternité. Le reste de l'Eglise leur apporte sa pêche, puis Pierre seul ramène à terre tout le filet. Et finalement la question décisive lui est adressée : ''M'aimes-tu plus que ceux-ci ?'' […] Sans la déclaration de ce plus grand amour, le Bon Pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis, ne pourrait pas confier à Pierre la charge de faire paître son troupeau. […] Et, afin que cette unité du ministère et de l'amour absolument requise depuis l'attribution du ministère par Jésus soit définitivement scellée, la crucifixion est prédite à Pierre, le don de suivre Jésus jusqu'au bout. Désormais, la croix restera liée à la papauté... >>

Et sur la première lecture (Actes 5, 27-41) : << ''Ils se réjouirent d'avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus...'' Il y a, dans les parties persécutées de l'Eglise, une espèce toute particulière de joie spirituelle, que d'autres parties, vivant dans la paix, ne connaissent pas. >>

 

Dans le dialogue crucial avec le Ressuscité, les trois réponses de Pierre sont de plus en plus humbles ; Jésus lui confie le troupeau en fonction de cette humilité indispensable à la tâche, et dont l'exigence pèsera sur chaque pape. Pensons à Amoris laetitia. La mission du pape François est en forme de croix : le montant vertical est l'immuable doctrine morale catholique ; le portant horizontal est l'ouverture des bras à l'humanité (« allez et de tous les peuples faites des disciples »). Ouvrir à l'humanité les bras de la miséricorde est la condition de l'évangélisation, mais cela se fait dans une tension avec l'immutabilité de la doctrine morale : comment faire sentir à l'humanité que cette doctrine n'est pas une porte fermée, mais « un don de Dieu qui indique le chemin à tous » ? Comment vivre cette morale d'une façon qui mène autrui à nous demander « les raisons de notre espérance » (première lettre de Pierre) ? Amoris laetitia répond à ces questions en assumant humblement la tension entre le vertical et l'horizontal, et en montrant que ces deux dimensions – verticalité de la doctrine, horizontalité de la miséricorde – expriment le même amour du Christ, et se confondent mystérieusement en lui. C'est ainsi que dans chaque siècle « la croix est liée à la papauté ».

C'est ainsi que tous les papes, spécialement François et Benoît, ont à « se réjouir de subir des humiliations au nom du Christ ».

Souvenons-nous du début du pontificat de Benoît XVI, traité (à gauche) de psycho-rigide et de maladroit en dépit de sa bonté et de sa profonde intelligence. Souvenons-nous de la fin de son pontificat, polluée (à droite) par les coups bas de la Curie pour donner l'impression d'un règne raté !

Aujourd'hui, constatons la hargne d'une partie de la presse (et d'une micro-fraction de catholiques) envers Amoris laetitia, qualifiée de « molle » par les cathophobes et d' « insignifiante » par les intégristes*. Pour discerner dans Amoris laetitia la tension dynamique entre les deux branches de la croix, pour admettre qu'avec ce texte d'orientation le pape François suit la volonté du Christ, il faut avoir confiance en l'Eglise : être dans la foi, ne pas réagir en athées pieux (ceux qui voudraient que l'Eglise se barricade) ni en athées tout court (ceux qui voudraient qu'elle s'aligne sur l'idéologie sociétale dominante). Remercions notre pape. Prions pour lui. Marchons avec lui.

 

 

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* Ceux-ci une fois de plus à la remorque de ceux-là... Le petit nombre de cathos qui grincent contre Amoris laetitia ne l'ont pas étudiée : ils ont lu les jus-de-crâne de la presse. Et ça leur suffit ! Ce phénomène d'aliénation intellectuelle et morale ne cesse de se produire depuis Vatican II (1962).

 

 

Commentaires

UNE PETITE PARTIE

> En effet, notre pape est conspué par une petite partie des catholiques.
C'est un constat qu'a également fait le Père Michel-Marie Zanotti à St Sulpice le 6 avril dernier:
https://www.youtube.com/watch?v=BeUZ40kbzRk ( cf. début de la conférence)
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Écrit par : Anne / | 10/04/2016

AGAPÈ ET PHILIA

> Casuistique… jésuite de Jésus face à Pierre ?… dans l’évangile de ce dimanche (Jean 21,1-19), selon le commentaire fourni à Radio Notre-Dame par Marie-Noëlle Thabut, que j’ai entendu ce matin… ?
Je résume.
Jésus lui a bien demandé (sans doute en araméen) : « Pierre, m’aimes-tu ? » en utilisant le verbe « aimer » au sens que donne le mot grec de l’évangile parvenu jusqu'à nous, « agapé » : l’amour du prochain, l’amour sans attente de réciprocité, gratuit, inconditionnel.
Jésus lui adresse cette demande d'agapé deux fois… A chaque fois, Pierre répond en utilisant l’équivalent de « philia », c’est-à-dire l’amitié, la relation d’estime mutuelle, d’égal à égal, réciproque.
Jésus reprend donc une troisième fois, selon l’exégète de RND : « M’aimes-tu ? »… Mais cette fois, Jésus utilise l’équivalent de « philia ».
Le Seigneur s’adapte ! Il fait miséricorde. Il ne charge pas le chef des apôtres d’un fardeau trop lourd pour lui…
Ça me rappelle quelqu’un : mais oui, l’auteur d’« Amoris laetitia » !
Or donc, Pierre répond : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » (encore une fois, Pierre a utilisé l’équivalent de « philia »). Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis ».
La conclusion de ce passage d’évangile est certes admirable. Jésus évoque la manière dont Pierre, dans sa mort, « rendrait gloire à Dieu ».
Quelle sorte de mort ? Une agapé ! Une offrande d’amour inconditionnelle.
Pierre est appelé à donner sa vie pour le Christ. Aimer, c’est tout donner… c’est pas du donnant-donnant !
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Écrit par : Denis | 10/04/2016

à Anne Josnin

> en effet : la machine "complète" automatiquement, et parfois de façon erronée. J'ai rectifié.
Cela dit, la charge du P. Zanotti contre les bergogliophobes est très bien venue : surtout vis-à-vis du genre de public de Saint-Sulpice. Lequel applaudit à tout rompre...
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Écrit par : à Anne Josnin / | 10/04/2016

à Anne

> c'est à rapprocher de la très prétentieuse itw de Thibaud Collin écrasant le pape de son dédain, hélas sur RND : bit.ly/23uuPww
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Écrit par : luça / | 10/04/2016

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