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19/11/2015

Rumeurs de la "guerre" en cours

La France officielle face aux jihadistes, mais face également à ses propres contradictions :


  

MM. Hollande et Valls aimeraient (au nom de leur conception de l'unité nationale) que l'on ne parle plus de rien. Tout de même, on est frappé par un certain nombre de contradictions perceptibles dans les rafales d'infos en continu. Exemples en vrac :

 

Si le Raid et la BRI ont pu repérer le commando dans un immeuble précis de la rue Corbillon à Saint-Denis, ce n'est pas grâce aux technologies mais à une délation locale, venue du terrain. C'est donc la plus archaïque des ressources policières qui a permis d'empêcher un nouveau crime de masse... A force d'imaginer « Daech » comme ultramoderne et hyper-sophistiqué, on oublie que le terrorisme est un artisanat qui tue par des moyens frustes et concrets, et qui a toujours besoin – en fin de parcours – de planques et de voitures pour s'abriter et se déplacer dans les rues. Le travail policier « de terrain » est indispensable ; et sont coupables les autorités qui ont négligé le terrain pour imiter (avec beaucoup moins d'argent) la technology de la NSA et de la CIA, qui pourtant n'a su ni prévoir ni empêcher le 11 septembre.

 

L'Elysée va décorer de la Légion d'honneur les policiers impliqués dans l'assaut contre les jihadistes, au Bataclan et à Saint-Denis. Ils méritent d'être donnés en exemple. Mais justement : ils vont se retrouver en compagnie plutôt frelatée, si l'on regarde les promotions depuis quinze ans... Donner au courage la même médaille qu'au showbiz ? La mièvrerie de nos dirigeants dévalue les symboles.

 

Depuis hier soir, les membres de la police nationale sont autorisés à porter leur arme hors des heures de service pour intervenir en cas de besoin. Les syndicats approuvent la mesure. Certains font pourtant observer qu'il était question, le mois dernier, d'interdire aux policiers de conserver cette arme à domicile. Pourquoi ? Parce que certains d'entre eux l'utilisaient pour se suicider. On ne doit plus parler de ce burn-out de policiers français ? Ne perdons pas de vue qu'il est dû au surmenage dû à la diminution des effectifs et des moyens (avant et après 2012), alors que les tâches, justifiées ou non, se multipliaient à l'infini.

 

Dans le cadre de l'état d'urgence, vote aujourd'hui pour autoriser le gouvernement à dissoudre « toute association portant atteinte à l'ordre public ». Si elle est votée en ces termes, cette mesure est excessive et suspecte : les jihadistes menacent bien autre chose que « l'ordre public » ; cette notion d'ordre public, arbitraire, permettra de s'en prendre à n'importe qui et à n'importe quoi.

 

A France Info ce matin : l'animatrice au ton précipité fait entendre à un psy le reportage de la réunion des salariés de bistrots du quartier attaqué par les terroristes : notamment ceux de La Belle Equipe, qui serrent les dents et reprendront le travail. Témoignages bouleversants, deuil, résilience. Et courage : notamment celui du patron dont la femme a été tuée mais qui exhorte à renouer « vite » avec l'activité de tous les jours... Qu'entend-on alors ? Le psy invité à la radio se livre à un diagnostic d'une indécence ahurissante devant des millions d'auditeurs : il explique que le propos du patron est un symptôme alarmant, un « voyant rouge », le signe psychique d'un « processus de dissociation » et qu'il faudrait le soigner. Or le nom du patron et celui du bistrot ont été donnés plusieurs fois au micro ; le propos du psy est de nature à causer à cet homme un tort considérable. La psychiatrisation de notre société a tellement tout envahi que les psy et les journalistes ne se rendent même plus compte de ce qu'ils disent publiquement, ni de l'effet que ça peut produire. Pourquoi notre société est-elle la proie des psy ? Parce que les raisons de vivre et d'affronter la souffrance ont disparu. Pourquoi ont-elles disparu ? Parce que les marchands et les politiques ont réduit notre horizon à celui de la consommation : ils veulent que nous « ne supportions plus que le bonheur », comme le personnage de Sempé.

 

Syrie : la coopération navale de la Russie avec la France reste symbolique puisque la flotte russe dans ces eaux se résume à une seule unité : le croiseur lance-missiles anti-navires Moskva, bâtiment qui ne peut servir à rien dans la lutte contre l'organisation « Etat islamique ». Paris regrette-t-il de ne pas avoir livré à la Russie les deux porte-hélicoptères qu'il lui avait vendus ? Conséquence de notre solidarité (made in USA) avec les très douteux politiciens de Kiev...

 

  

11:41 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : terrorisme

Commentaires

INDÉCENT

> j'ai également été très choqué de cette indécente rupture avec le nécessaire secret médical, car c'est bien de cela qu'il s'agit.
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Écrit par : stevenson / | 19/11/2015

FATIGANTE

> La fatigante Fabienne n'était (elle) pas choquée de la monstruosité du psy. Tellement occupée à cavaler le long de l'actualité qu'elle n'a pas le temps de voir ce qui est choquant ou pas dans ce que racontent ses invités ?
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Écrit par : amicie t. / | 19/11/2015

"La France au Moyen-Orient : une si étrange guerre"
(par le Pr Gilles Dorronsoro, 'Libération' du 18/11) :

"Les attentats du 13 novembre interrogent brutalement sur la politique actuelle de la France au Moyen-Orient. En s’alignant sur Washington, Paris s’est piégé sans pouvoir à aucun moment peser sur la stratégie américaine...

"L’Etat islamique (EI) a organisé les attentats du 13 novembre en riposte aux bombardements français en Syrie et en Irak. Le combat est doublement dissymétrique : nous utilisons l’arme aérienne (et les drones pour les Etats-Unis) sans aller au sol, la réponse de nos ennemis est d’agir sur notre territoire. L’idée que la France puisse, aujourd’hui, intervenir militairement au Moyen-Orient sans conséquences sur son territoire est une illusion. Or, il n’est pas sûr que les citoyens, en dehors des spécialistes pour qui c’était une évidence, aient compris les implications de la décision de l’exécutif français de participer à la coalition contre l’Etat islamique. La continuation des opérations françaises rend à peu près inéluctable de nouveaux attentats dans les prochains mois. Espérons qu’il y aura, d’ici-là, un débat honnête sur les coûts et les objectifs de notre intervention.
" [...] En réalité, les opérations françaises sont symboliques, elles reflètent la volonté d’être l’allié privilégié des Etats-Unis. [...]
" L’alignement de Paris sur Washington, plus prononcé que sous la présidence Sarkozy (1), pose directement le problème de la cohérence de la politique américaine sur laquelle nous nous alignons et des divergences d’intérêts entre les deux pays.
" D’une part, les Etats-Unis ont une politique moyen-orientale instable et souvent incohérente en raison de considérations de politiques intérieures et de l’incapacité de l’équipe présidentielle à prendre des décisions aux moments cruciaux. [...]
" Par ailleurs, les intérêts américains et européens (français) sont divergents, car les Etats-Unis ne supportent pas le coût des attentats et celui de l’accueil des réfugiés ; leur priorité, qui est d’abord une réaction contre la politique néoconservatrice de G. W. Bush, est de ne rien faire qui pourrait amener une intervention au sol. Les Etats-Unis ne s’engagent que marginalement et ont laissé la porte ouverte à l’intervention russe. [...]
" ...Les programmes de la CIA ont été un fiasco sans appel faute de moyens et de volonté politique. De plus, les Etats-Unis avaient les moyens de stopper l’afflux de réfugiés syriens en Europe [...]
" En effet, une zone d’exclusion aérienne dans le nord de la Syrie aurait permis de maintenir en Syrie un ou deux millions de personnes aujourd’hui réfugiés dans les pays voisins ou en Europe, ce qui a été refusé par Washington. A l’arrivée, la France s’est piégée en prenant des risques excessifs sans pouvoir à aucun moment peser sur la stratégie américaine.
Faut-il simplement se désengager en espérant la fin des attentats ? Cette politique a sa logique, ses tenants ne doivent pas être disqualifiés sous des prétextes douteux, mais elle est loin d’être optimale. Elle est politiquement invendable dans le contexte actuel, nous mettrait dans une position difficile vis-à-vis de nos alliés (occidentaux et moyen-orientaux) et fournirait une victoire symbolique à l’EI.
" De plus, les structures de l’EI dédiées à l’organisation d’attentats en Europe, dont l’existence est avérée, ne disparaîtraient pas par miracle. Le profil des auteurs [d'attentats] nous renvoie plus sérieusement à une question dérangeante : ces hommes sont le produit de la société française (parfois européenne) et la chute du califat - au fond plus facile à obtenir qu’une urgentissime réforme du système carcéral ou une politique de la ville cohérente - ne réglera, dans le meilleur des cas, qu’une partie du problème...
" ...Avant tout, il est impératif de repenser notre relation avec les Etats-Unis [...] Sauf engagement de Washington à établir une zone d’exclusion aérienne dans le nord de la Syrie pour protéger les populations (et diminuer par là même le nombre de réfugiés) et à mener des opérations décisives pour faire reculer l’EI en Syrie - contrairement donc à ce qui se passe aujourd’hui, la France devrait reconsidérer sa participation militaire à la coalition contre l’EI. "

" (1) Avec l’acceptation de sévères humiliations, comme l’annulation à la dernière minute et sans consultation des bombardements contre le régime syrien ou le silence assourdissant des autorités politiques françaises après les bombardements américains sur un hôpital MSF en Afghanistan en septembre.

(2) L’équation stratégique est fondamentalement défavorable à l’EI en raison, notamment, du soutien iranien à Bagdad. Après la prise de Sinjar, les opérations en cours sur Ramadi, Falloujah de facto neutralisé, la route Mossoul-Raqqa coupée, c’est l’encerclement de Mossoul qui se profile et, sur un an ou deux, la fin de l’emprise territoriale de l’EI en Irak."
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Écrit par : luça / | 19/11/2015

"Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient"
(par Sophie Bessis et Mohamed Harbi, 'Le Monde'du 18/11 :

" Depuis le début de sa montée en puissance, dans les années 1970, les dirigeants occidentaux se sont convaincus que [l'islamisme] devenait la force politique dominante du monde arabo-musulman. Addiction au pétrole aidant, ils ont renforcé le pacte faustien les liant aux Etats qui en sont la matrice idéologique, qui l’ont propagé, financé, armé. Ils ont, pour ce faire, inventé l’oxymore d’un « islamisme modéré » avec lequel ils pouvaient faire alliance.
Le djihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et autres émirs auxquels elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués. On ne veut pas voir que la même idéologie les anime.
Le soutien apporté ces derniers mois au régime turc de M. Erdogan dont on connaît les accointances avec le djihadisme, et qui n’a pas peu contribué à sa réélection, en est une des preuves les plus récentes. La France, ces dernières années, a resserré à l’extrême ses liens avec le Qatar et l’Arabie saoudite, fermant les yeux sur leur responsabilité dans la mondialisation de l’extrémisme islamiste.
Le djihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et autres émirs auxquels elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués. [...] La lourde facture de ces tragiques inconséquences est aujourd’hui payée par les citoyens innocents du cynisme à la fois naïf et intéressé de leurs gouvernants.
L’autre matrice du délire rationnel des tueurs djihadistes est la question israélo-palestinienne. Depuis des décennies, les mêmes dirigeants occidentaux, tétanisés par la mémoire du judéocide perpétré il y a soixante-dix ans au cœur de l’Europe, se refusent à faire appliquer les résolutions de l’ONU susceptibles de résoudre le problème et se soumettent aux diktats de l’extrême droite israélienne aujourd’hui au pouvoir, qui a fait de la tragédie juive du XXe siècle un fonds de commerce...
" Exigeons que la France mette un terme à ses relations privilégiées avec l’Arabie saoudite et le Qatar, les deux monarchies où l’islam wahhabite est la religion officielle, tant qu’elles n’auront pas coupé tout lien avec leurs épigones djihadistes, tant que leurs lois et leurs pratiques iront à l’encontre d’un minimum décent d’humanité.
" Exigeons aussi de ce qu’on appelle « la communauté internationale » qu’elle fasse immédiatement appliquer les résolutions des Nations unies concernant l’occupation israélienne et qu’elle entérine sans délai la création trop longtemps différée de l’Etat palestinien par le retour d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967.
" Ces deux mesures, dont riront les tenants d’une realpolitik dont on ne compte plus les conséquences catastrophiques, n’élimineront pas en un instant la menace djihadiste, aujourd’hui partout enracinée. Mais elles auront l’immense mérite d’en assécher partiellement le terreau. Alors, et alors seulement, les mesures antiterroristes prises aujourd’hui en l’absence de toute vision politique pourraient commencer à devenir efficaces.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/17/nous-payons-les-inconsequences-de-la-politique-francaise-au-moyen-orient_4811388_3232.html#o1IkWy0c3y1mxjeB.99
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Écrit par : luça / | 19/11/2015

@ luça

> Une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie, évoquée par Gilles Dorronsoro aurait été la pire des choses, donnant le champ libre aux rebelles,- y compris les modérés qui auraient persécuté "modérément" les chrétiens et les "mauvais musulmans".
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Écrit par : Pierre Huet / | 19/11/2015

ARABISANT

> Trouvé sur l'Internet cet article, très long mais passionnant, sur l'EI et pose la question centrale:

L'ETAT ISLAMIQUE EST-IL CONTRAIRE AU CORAN?

Regard d'un arabisant qui, à la différence de beaucoup, parle de sujets qu'il a étudiés.

http://www.courrierinternational.com/article/enquete-ce-que-veut-vraiment-letat-islamique
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Écrit par : Pierre Huet / | 19/11/2015

LOGO

> Autre contradiction : ré-utiliser un logo "peace and love", issu de la culture hippie / mai 68, décoré d'une tour Eiffel, pour la paix à Paris, alors que c'est sans doute cette même culture qui nous a conduit indirectement là où nous sommes aujourd'hui (par abandon / destruction de l'héritage national antérieur et de nos valeurs traditionnelles). "Il est interdit d'interdire" ne me paraît pas être un slogan d'actualité ! Alors, "peace and love" ou "guerre totale contre le terrorisme" ?
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Écrit par : xavier / | 19/11/2015

LE LOGO

> citation : « […] logo "peace and love", issu de la culture hippie / mai 68 […] ».
Ce logo est bien antérieur à 1968… et d'une bonne dizaine d'année.
Avant de devenir l’emblème de la contre-culture du mouvement hippie, c'était celui des opposants à l’armement nucléaire (manipulés par l'Union Soviétique, avant de l'être par GreenPeace puis par les écologistes de tout poil ; lesquels y englobant d'ailleurs, non seulement les armes nucléaires, mais toute l'énergie de la même ressource).
Daté de février 1958, le dessin est signé par Gerald Holtom, designer britannique membre de la Campagne pour le désarmement nucléaire.
Il pourrait représenter, en signalisation à bras (i.e. = langage sémaphorique) la superposition des lettres N et D, correspondant aux initiales de Nuclear Disarmament – Désarmement Nucléaire.
Toutefois, cette expression (N.D.) n'a pas été reprise (en France et en français, en 1963, par Claude Bourdet et Jean Rostand) lors de la fondation du Mouvement contre l'arme atomique (MCAA) qui s'est accaparé du logo en question. MCAA était peut-être plus parlant que "nucléaire", alors inusité.
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Écrit par : Fondudaviation / | 20/11/2015

RUNE

> bizarrement le logo en question est dit aussi "rune de la mort" dans l'alphabet paléoscandinave (ou "futhark"), au moins selon l'interprétation qui en fut faite au XIXe siècle.
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Écrit par : Jon Hreggvidsson / | 20/11/2015

@ Pierre Huet.

> Oui, cet article que vous signalez (et que j'avais déjà lu) est très intéressant; mais il est aussi très controversé, et à l'intérieur même de "Courrier international".
Quel est le degré de fidélité du prétendu EI au Coran et à la tradition musulmane? La réponse est tout sauf simple. Sans être islamologue, je puis risquer une réflexion d'ordre stratégique: diagnostiquer, comme le fait cet article, une sorte d'authenticité coranique et musulmane des barbares de l'EI, c'est faire à ceux-ci un cadeau qu'ils ne méritent nullement. C'est suggérer aux musulmans pacifiques qu'ils auraient trahi le Coran, et aux musulmans tentés par l'islamisme qu'ils devraient franchir le pas. Non, en réalité, l'islam est pluriel, varié, complexe - et cela vaut mieux, pour les musulmans comme pour les autres.
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Écrit par : Jean-Marie Salamito / | 20/11/2015

@Pierre Huet et tous

> Article long, mais à lire par tous absolument et jusqu'au bout car très documenté et instructif, au point de garder une impression d'avoir été naïf et ignorant jusque là.
Il me conforte dans l'idée que le fond du problème est la confrontation de l'islam avec la modernité et ses réactions. Cette évolution ne peut venir que des musulmans eux-mêmes, nous ne pouvons que les accompagner pour ceux qui s'engageront dans cette voie.
Je trouve la polémique sur le "pas d’amalgame" que l'on voit ou entend un peu partout assez viciée et contre-productive, ainsi que le serait un refus de tout dialogue inter-religieux (incluant nécessairement les juifs). Je me doute que ce sera de très longue haleine mais quel autre choix ? Baisser les bras pour cause de difficulté - même très réelle - n'est pas la solution.
Ici comme ailleurs, la tentation de vouloir restaurer un âge d'or idéalisé est mortifère. Pourquoi toujours vouloir regarder en arrière?

JC


[ PP à JC - Que les non-musulmans fassent "l'amalgame" et s'en prennent collectivement aux musulmans, les solidarisant ainsi avec le jihadisme, ne peut avoir qu'une seule conséquence et c'est précisément le but de la stratégie de Daech : la guerre civile sur le territoire français. ]

réponse au commentaire

Écrit par : JClaude / | 21/11/2015

LEUR POSTURE

> "une zone d’exclusion aérienne dans le nord de la Syrie aurait permis de maintenir en Syrie un ou deux millions de personnes aujourd’hui réfugiés dans les pays voisins ou en Europe" (cf. Gilles Dorronsoro) @ luça.
Je ne saisis pas bien la manœuvre proposée. Les réfugiés sont venus à pied, si je ne m'abuse. En quoi une zone d’exclusion aérienne aurait-elle permis de bloquer tous ces réfugiés ? Par ailleurs Daech ne dispose pas d'aviation militaire.
En revanche, la Russie a bien établi, de fait, sa zone d'exclusion aérienne puisqu'elle a imposé sa maîtrise totale du ciel syrien (dans un système intégré de grande efficacité et très réactif) ; ceci au grand dam de la coalition qui, jusque là, baguenaudait en lâchant mollement, par-ci, par-là quelques bombes sur des objectifs très secondaires.
A cet égard, je suis sidéré par les commentaires astucieusement tronqués de nos médias (relayant la parole élyséenne et les fables du Quai d'Orsay). A les entendre, et pour faire court, suite aux attentats du 13 novembre, le gouvernement français s'est montré inflexible et inébranlable, l'aviation française est intervenue tout aussi fermement, elle a lâché une grosse dizaine de missiles... et Daech détale de partout en Syrie !
Pas un traître mot sur l'intervention russe !!!
Pourtant, 2000 sorties et 4000 cibles traitées en un mois, ça fait du bruit dans le ciel et ça devrait sortir les correspondants de guerre hexagonaux de leur léthargie ! Ils ont là abondante matière à faire des reportages pour les médias français... D'autant qu'il est incontestable que c'est bien l'intervention russe (conjointe aux troupes au sol syriennes, iraniennes et irakiennes) qui a dégagé une partie notable de territoires précédemment occupés par Daech et a infligé des pertes très lourdes aux djihadistes.
Ouimévoila, tout ceci n'est pas très raccord avec la chanson de geste telle que la pensée unique atlantiste la propose depuis des mois, ni avec l'ahurissante obstination hollando-fabusienne à distinguer, encore aujourd'hui, des "bons" djihadistes (*).
Donc le politico-médiatique choisit l'option infantile et feint d'ignorer l'action déterminante de la Russie, pensant que ça lui évite de passer pour un troupeau d'andouilles aux yeux de l'opinion. Raté ! En tout cas sur Internet...

* pour mémoire : https://youtu.be/6Yc8r4zIPlc - 2013
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Écrit par : Réginald de Coucy / | 23/11/2015

@ Jean-Marie Salamito et JClaude et aussi PP

- L'amalgame est l'attitude la plus répandue au monde. Quand l'EI regarde les gouvernements occidentaux comme des "croisés", ce serait comique en d'autres circonstances.
- Oui, c'est aux autorités musulmanes de faire le ménage dans dans les interprétations du Coran et de la Tradition. Al Azhar s'y est attelée par la condamnation sévère formulée en février, il paraît que c'était des termes sans précédent de sa part. Mais ce sera long et difficile car il leur faudra en gros, dissocier l'interprétation du Coran de l'exemple désastreux donné par la vie du Messager de Dieu lui même.
- les attaques de Paris auraient créé un débat à l'intérieur de l'EI:
http://www.levif.be/actualite/international/les-attentats-de-paris-sement-la-zizanie-au-sein-de-l-ei-le-debut-de-la-fin/article-normal-436017.html
Heureusement, les musulmans connaissent mal et le Coran et la Sunna.
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Écrit par : Pierre Huet / | 26/11/2015

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