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02/06/2015

Marche parisienne du 31 mai "pour la justice climatique" : l'homélie de Mgr Marc Stenger au Sacré-Coeur

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...point d'arrivée de la marche de paroisse en paroisse à travers Paris :






Marche pour la justice climatique

Sacré-Cœur de Montmartre

31 mai 2015

Eucharistie

 

 

Introduction

Un très grand merci au recteur de la Basilique du Sacré Cœur, et à tous les habitués de la messe de 22h, d’accueillir les marcheurs pour la justice climatique. Cette marche organisée à l’initiative de communautés paroissiales et de diverses institutions comme le CCFD-Terre Solidaire, le vicariat pour la Solidarité du diocèse de Paris, le Secours catholique, Chrétiens unis pour la Terre, Jeûne pour le climat et bien entendu Pax Christi, ne pouvait trouver son aboutissement qu’ici au Sacré Cœur, le lieu élevé de notre capitale, d’où le Christ veille sur la ville, sur ses habitants et sur leur manière de vivre. Confions-lui notre Terre pour qu’il fasse d’elle par notre action une vraie terre solidaire où règne la justice. N’oublions pas que ce dimanche c’est aussi celui de la fête des mères, elles qui par leur sollicitude rendent le monde plus habitable : prions pour elles et rendons grâce à Dieu pour elles.

 

Homélie

Matthieu 28, 16-20

Le choix de l’Evangile retenu pour le dimanche de la Trinité est riche d’indications pour nous. C’est celui de l’envoi par Jésus de ses apôtres au moment de son départ de ce monde. « Allez, de toutes les nations faites des disciples et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit... » Nous sommes loin du statisme théologique dont on entoure quelquefois l’appréhension du mystère de la Trinité. On ne peut rien changer à la définition théologique : un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, trois personnes qui sont liées entre elles d’un amour total, si absolu qu’il déborde sur nous et nous entraîne dans son élan. Telle est la quintessence de la Révélation chrétienne dont nous vivons et que nous avons à transmettre : un amour inépuisable pour nous, qui est en Dieu, Père, Fils et Esprit.

Ce qui distingue cette révélation de toute autre expression de Dieu et de sa relation à l’homme, c’est qu’elle n’est pas l’objet d’un enseignement abstrait qu’on reçoit : Dieu se donne à connaître dans une marche, dans un aller à la rencontre de, dans un témoigner, dans un agir, de ceux qui ont mission de l’annoncer. Il s’agit en effet de se déplacer. Jésus invite ses disciples à ne pas rester entre eux à vivre de leurs beaux souvenirs : ce qu’ils ont découvert dans l’expérience de la Pâque du Christ, ils doivent aller le partager avec d’autres, en porter le témoignage. Et quelle est la nature de ce témoignage ? Ils doivent annoncer un Dieu proche, d’un amour total, qui demeure avec les siens jusqu’à la fin des temps et qui ne cesse d’appeler à la vie.

Sur l’injonction de Jésus, les disciples se sont mis en route. Or l’injonction s’adresse aussi à nous aujourd’hui. Ce soir sont rassemblés dans cette basilique des hommes et des femmes qui se sont mis en route au nom de leur foi pour plus de « justice climatique », pour un monde qui corresponde mieux au Royaume de justice, de paix et d’amour que le Christ est venu instaurer sur la terre, conformément à la volonté du Père, et dont le déploiement s’accomplit sous la motion de l’Esprit Saint. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il ne s’agit pas de dire que la Trinité est écologiste ; la Trinité c’est Dieu qui se communique à l’homme comme un amour sans failles, dans lequel l’homme est appelé à entrer, avec notre collaboration à tous. Cela ne pourra se faire qu’en allant à la rencontre de tous, non seulement avec des mots, mais avec nos actes de solidarité, de justice et de changement de nos modes de vie.

Pour être les ambassadeurs de l’amour sans faille que Dieu Père, Fils et Esprit offre à tous les hommes, le Christ nous invite à marcher, comme les disciples ont été appelés à aller dans le monde entier. La marche de ce soir, qui s’est mise en route à 16 h, est symbolique de toute la marche qui nous reste à faire non seulement jusqu’à la COP 21, mais surtout jusqu’à l’avènement de ce monde plus juste, plus solidaire, plus respectueux de l’œuvre de la création de Dieu.

Si nous poursuivons le parallèle entre l’envoi de Jésus et le nôtre aujourd’hui, rappelons-nous que dans une autre version, Jésus ne dit pas : « De toutes les nations faites des disciples », mais « enseignez toutes les nations ». La matière à enseignement dont il parle est une « expérience » : l’expérience de la Pâque du Christ, l’expérience du passage de la mort à la vie, qu’ils ont faite avec lui. Il ne s’agit pas d’un savoir à transmettre, mais d’un bouleversement radical dont il faut témoigner ; le triomphe de la vie sur la mort, sur toutes les morts qui accablent l’humanité. C’est au nom de cela qu’aujourd’hui encore nous marchons.

Dans la lumière de Pâques nous savons nous aussi qu’il n’y a rien de fatal, ni d’irréversible, que la vie continue à vaincre la mort, à condition que nous ne lui fassions pas obstacle par nos égarements et nos aveuglements. La marche de ce soir a été promue par toute sorte de mouvements chrétiens qui par leurs engagements, par leurs actions, témoignent de cela. Le monde d’aujourd’hui n’a pas besoin de discours : il a besoin du témoignage de ceux qui montrent qu’on peut vivre autrement, de manière plus juste et plus solidaire. Ces témoignages sont autant d’étincelles d’un monde ressuscité dans la dynamique de Pâques. Chacun, là où il est, peut les recevoir et s’y associer.

Le point culminant de la démarche à laquelle appelle Jésus, c’est « baptisez les au nom du Père, et du Fils et de l’Esprit ». C’est-à-dire faites-les entrer dans la « famille trinitaire » qui les accueille. Pardonnez-moi l’image approximative : Dieu Trinité, c’est comme une famille dans laquelle tout n’est qu’amour, et dans laquelle une place nous est offerte. Ceci permet de dire que la différence chrétienne, c’est que le Dieu auquel nous croyons est tout sauf un Dieu impersonnel et à distance de l’homme. Le baptême est la marque de l’intégration dans cette « famille » où tout n’est qu’amour. Cette intégration a été l’objectif de la venue du Christ parmi les hommes, elle demeure la mission de l’Eglise en tout temps et en tout lieu.

« Urgence pour le climat » est un thème qu’on peut entendre de manière uniquement alarmiste, selon des variations bien connues : avec le réchauffement climatique le monde va à la catastrophe, si on ne fait rien pour l’enrayer... Disons-le tout de suite, c’est vrai ! Mais on peut l’entendre aussi autrement : urgence pour le climat, c’est urgence pour la solidarité, pour la justice, pour le respect de la création. C’est une manière de mettre en œuvre pour notre part l’amour trinitaire dont nous sommes les heureux bénéficiaires.

 

+Marc STENGER

 évêque de Troyes

 président de Pax Christi France

 

 

Climat : le diocèse de Paris se mobilise

http://www.paris.catholique.fr/-paris-climat-2015-le-diocese-de-.html

  

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10:17 Publié dans Ecologie, Nouvelle évangélisation | Lien permanent | Tags : climat