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28/03/2015

La fête des Rameaux, entrée dans la Semaine sainte

 jésus-christ

Que veut dire « hosanna » ?  et « fils de David » ?


 

« Hosanna » (transposition grecque de l'hébreu hosha'na) n'est pas un cri de gloire. C'est un appel au secours : « Sauve donc !». Cf la femme implorant David, en 2 Samuel 14,4  : « Sauve-moi (hosha'na), roi ! ». En 2 Rois 6,26, une autre femme  implore Yoram : «  Sauve-moi (hosha'na), mon seigneur le roi ! » Psaume 118,25 : « De grâce, sauve (hosha'na), ô Eternel ! »

« Béni soit celui qui vient au nom de l'Eternel  [ou : du Seigneur]» : cette phrase du psaume 118 est citée par Jésus en Matthieu 13,39, et reprise par Matthieu 21,9, Marc 11,9, Luc 13,35 et Jean 12,13 dans le récit des Rameaux.

Qui est cette foule qui agite des palmes pour saluer Jésus comme un potentiel sauveur ? L'interprétation chrétienne classique y voit les gens de Jérusalem (quitte à leur prêter un revirement hostile lors de la comparution de Jésus devant Pilate). Des historiens modernes tendent à y voir plutôt les pèlerins – notamment galiléens – venus à Jérusalem pour la Pâque.*

Les mêmes historiens reconstituent ainsi l'événement de ce début de la semaine :

- Le samedi soir 8 nisan, premier jour, une foule arrive de Jérusalem à Béthanie pour voir Lazare miraculé.

- Le dimanche matin 9 nisan, chemin de Béthanie à Jérusalem : la même foule fait une arrivée triomphale à Jésus. David Flüsser : « A son entrée dans la ville, on l'accueillit en criant un hosanna accompagné d'un verset du psaume 118 v. 26, “béni soit celui qui vient en Son Nom”. C'était là un chant habituel de cette fête de pèlerinage. On l'adressait aux pèlerins à leur entrée dans Jérusalem. Qu'on ait étendu des vêtements sur le chemin de Jésus, c'était peut-être un hommage au prophète venu de Galilée. Il entra donc dans la ville, rendit visite au Temple et repartit aussitôt pour Béthanie... »

- Sans doute exaltés par le miracle de Lazare, des gens dans la foule ont ajouté aux chants rituels des allusions royales messianiques : « hosha'ana au ben-David** » (Matthieu 21,9, rétroversion d'André Chouraqui) ; « béni le royaume qui arrive de David notre père » (Marc 11,10, idem). C'est le quiproquo politique : donc un indice de plus pour Caïphe qui constitue son dossier à charge. Et une raison éventuelle de retournement pour la foule, déçue, lors de la condamnation ignominieuse de Jésus.

L'entrée “royale” de Jésus dans Jérusalem se fait par la porte sud-est donnant sur le Cédron. Le cortège doit avoir suivi le parcours rituel des processions de pèlerins : vers le nord-est et le Temple, par le bazar de la ville basse et la place du Xyste où siège le Sanhédrin. Le Temple, dont vit économiquement cette ville, Jésus a prophétisé sa ruine il y a deux ans (selon Jean), ou va la prophétiser demain lundi saint (selon les synoptiques) ! Dans quelques jours, il y aura appel à témoins contre le Nazaréen. 

 

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* Pèlerins qui bivouaquent très nombreux autour de la ville, notamment sur le mont des Oliviers : d'où – selon l'hypothèse de ces historiens - le fait que la garde des prêtres aura besoin de Judas pour la guider jusqu'à Jésus.

** "De la souche de David". Nazareth semble avoir été le lieu d'une branche de "descendants du roi". D'où peut-être le titulus de la croix :  « Jésus le Nazaréen votre roi ».

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12:18 Publié dans Bible, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jésus-christ

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