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03/02/2010

Une femme voilée, candidate NPA aux régionales

Le parti ex-trotskiste file un étrange coton :


 

 

"La foi est une question privée qui ne saurait faire obstacle à la participation à notre combat dès lors que les fondamentaux laïcs, féministes et anticapitalistes de notre parti sont sincèrement partagés", affirme Olivier Besancenot. Le voilà donc lancé dans un numéro dialectique de trapèze volant sans filet. Car que deviennent les « fondamentaux » laïques quand une candidate arbore sur la scène publique (les élections) un signe religieux aussi ostensible ? Il s'agit en effet du hijâb laissant le visage à découvert : un voile indiscutablement religieux en islam.

Soit Besancenot se fout de nous et s'assied sur le principe de non-contradiction. Soit le voile islamique n'est définitivement pas islamique, et la loi peut en tirer les conséquences... Si la candidate Ilham Moussaïd, 22 ans, étudiante en gestion et trésorière départementale du NPA Vaucluse, est sincèrement NPA (ce qui implique un laïcisme fanatique – à en juger par les réactions de ce parti chaque fois qu'il s'agit des catholiques), alors elle porte le voile par pur calcul électoral : pour ratisser large en milieu musulman. Mais si la jeune Ilham est sincèrement musulmane, on peut se demander ce qu'elle fiche au NPA où toute religion donne de l'urticaire.

Devant les sarcasmes, le NPA se défend en attaquant... les catholiques : « Plus de 400 prêtres ont siégé à l'Assemblée nationale depuis le début de la République, dont un, l'abbé Pierre, venait en soutane », proclame M. Godard, tête de liste NPA dans le Vaucluse. Un détail lui échappe : l'abbé Pierre n'était pas député d'un parti qui a la phobie antireligieuse parmi ses idées fixes. Il ajoute : « Porter un voile et porter une burqa, cela n'a rien à voir. » En effet : la burqa n'est pas religieuse mais simplement ethnique (pachtoune) ; le hijâb, lui, est intrinsèquement religieux. Voilà donc le NPA parti religieux en ce qui concerne l'islam, mais antireligieux en ce qui concerne le catholicisme ? C'est un truc de clowns. Les concurrents socialistes et Verts ont raison de dire que le NPA file un mauvais coton : celui dont ont tisse les vêtements pieux ! Inconfortable pour un parti « athéiste », comme disait le vieux Léon.

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23:33 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : islam

Commentaires

ELECTIONS

> Il est bien certain que le fait de provoquer, en portant le voile islamique, est fait pour 'ratisser large' à la prochaine élection. Si c'est ça leur programme, j'ai des soucis pour leur réussite! Ou plutôt, les fossoyeurs ne sont pas loin!
Merci !
JFL
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Écrit par : Jacques-François dit Locard / | 04/02/2010

COMME DISAIT MARX

C'est en effet a n'y rien comprendre... Une des clés est-elle a trouver dans les liens que tisseraient des assoces d'extrême gauche proches du NPA dans les banlieues avec des groupuscules islamistes ? A t'on des infos la dessus ?
Autre point : cette contradiction n'est elle pas une forme de haine de la culture française, une haine de soi, poussée au point de préférer une culture étrangère (même conservatrice) à la notre ? Les trotskistes sont les spécialistes du sentiment anti français et anti européen, et ne manquent jamais une occasion de stigmatiser la France, le français ou le blanc en général. C'est une piste.
Mais bon, comme disait Marx : la continuité dans l'incohérence est une forme d'esprit de suite.
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Écrit par : Damien Etienne Thiriet / | 04/02/2010

L'ECHEC POLITIQUE DU NPA

> Eh oui, la gauche radicale en est là! On savait que pour cette mouvance, après la disparition du prolétariat ce sont les exclus qui sont devenus le sujet de l'histoire: immigrés, minorités en tout genre et la longue litanie des "sans", sans-papiers, sans-logement etc...(dont la situation est effectivement indigne mais c'est une autre histoire). Mais depuis quelque temps se développe en son sein une islamophilie, voire une "islamismophilie" déconcertante. Ce n'est plus seulement la condition d'immigré ou d'issu de l'immigration victime de discrimination qui justifie qu'on prenne sa défense, ce serait l'islam en tant que tel qui recèlerait des potentialités anti-capitalistes, du simple fait de la critique de "l'Occident décadent" qui est faite en pays musulman et chez un certain nombre de musulmans d'Europe. C'est un peu "les ennemis de mes ennemis sont mes amis". Certes le NPA n'affiche pas officiellement de telles positions (il la laisse pour l'instant à des intellectuels déconnectés du réel comme Badiou) mais le ver est dans le fruit, et sa complaisance envers l'islamisme croit à proportion de l'échec de son projet politique: créer un grand parti de la gauche radicale à la gauche du PS.
Une question à Besancenot pour terminer: le NPA accepterait il sur ses listes un(e) candidat(e) portant ostensiblement une croix?

Écrit par : grzyb / | 04/02/2010

ILS SERAIENT BIEN EN PEINE DE DIRE POURQUOI

> En toute rigueur intellectuelle, vous avez raison. Dans cette affaire, Olivier Besancenot manque de logique. Mais, en l’occurrence, je ne jouerai pas les grincheux. Je me réjouirai, au contraire, qu’un parti laïcard accepte cette expression de la foi en un Dieu de miséricorde, cette foi qui est celle des pauvres et des petits et qui s’accorde, de nos jours, avec l’abandon où ils sont laissés par suite d’un libéralisme et d’une mondialisation agressifs.
Pour ma part, je ne suis ni laïciste, ni laïcard, mais simplement laïque. Qu’à nouveau un prêtre fasse campagne en soutane, par exemple à la députation, pour porter la parole des catholiques à l’Assemblée nationale ne me dérangerait en aucune manière, dans la mesure où il accepterait le jeu de la démocratie. Je vois bien le Premier ministre se draper dans le grand voile tricolore du principe de laïcité pour condamner le communautarisme. Ce faisant, il pose à l’héritier des principes révolutionnaires. Or la France, à mes yeux, est avant toute chose une démocratie moderne. Est-il démocratique de décréter que la liberté de religion s’arrête aux pieds des tribunes électorales et aux portes des assemblées représentatives ? Pourquoi juge-t-on insupportable aujourd’hui ce qui était paisiblement accepté et vécu dans les années 50 : l’abbé Pierre siégeant en soutane au Palais-Bourbon ? Apparemment, personne n’a la réponse. Les grands médias se sont faits depuis cinquante ans les défenseurs d’une laïcité agressive, mais ils seraient bien en peine de dire pourquoi, sauf à révéler le fond de leur pensée qui est en gros que Dieu est un gêneur, un empêcheur de tourner en rond dans leurs petites obsessions matérialistes mercantiles et libérales-libertaires.
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Écrit par : Denis / | 04/02/2010

@ Denis

En ces temps de raccourcis médiatiques, votre réaction m'inspire un peu de gêne. Déjà, qu'un prêtre mène une campagne électorale pour porter la parole des catholiques comporte le risque d'enfermer le message de l'Eglise dans un parti politique or ce message est par nature au-delà de la politique. Bien sûr, certaines notions sont non négociables (respect de la vie pour ne citer que la plus évidente), d'autres en revanche sont totalement contingentes.
Mais surtout, quand bien même ledit prêtre voudrait faire campagne en son nom propre, sans se proclamer "représentant de la voix des catholiques", et pour peu qu'il porte une soutane comme vous le suggérez, alors bonjour l'amalgame médiatique : j'ai bien peur que nos chers médias ne soient guère lucides sur son approche. Sans parler du mal que peut faire à l'Eglise un prêtre s'engageant en politique en ayant à titre personnel choisi des options disons... virulentes et pas toujours en droite ligne avec l'enseignement (à tout hasard, la doctrine sociale) de l'Eglise...
Ceci dit, la liberté religieuse ne s'arrête pas (surtout pas !) en bas de la tribune... Délicat équilibre que d'agir politiquement en catholique, accordant sa conscience aux enseignements de l'Eglise, libre et ne faisant pas mystère de ses opinions, prêt à argumenter pour les expliquer (cf foi et raison !)... sans pour autant entrer dans le jeu du groupuscule religioso-social.
Donc tout à fait d'accord pour dire qu'une démocratie moderne doit permettre à chaque citoyen, peu importe sa religion, de faire de la politique... mais quand le citoyen fait de la politique au nom de sa religion, cela fait courir à la religion en question le risque de se voir résumée, réduite ou même trahie.
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Écrit par : Marie-Claire / | 04/02/2010

@ Marie-Claire

> Je me demande parfois si l’abbé Pierre aurait suscité autant d’adhésion chez les Français s’il n’avait été, d’abord, ce singulier député – et un sacré empêcheur de tourner en rond (même si ses révoltes l’entraînèrent trop loin sur certains points). D’une certaine manière, avec lui, la miséricorde divine aura été à l’oeuvre dans le débat politique et social.
De mon point de vue, le prêtre, à la suite du Christ, est le bouc émissaire par excellence. Cela ne veut pas dire que je souhaite à nos prêtres d’être crucifiés – cloués au pilori en place publique – par leurs frères professant l’esprit du monde (et s’en trouvant bien ; et d’ailleurs c’est souvent ce qui arrive : quel prêtre n’est pas cloué au pilori, ne serait-ce, hélas, que par les cancans de certains paroissiens ?). Ça veut dire que j’attends du prêtre l’exemplarité du Christ et de son Eglise, et notamment au chapitre de la DSE ; prêtre, il a donné sa vie au Christ pour que nous ayons, par sa médiation, la vie en abondance.
Ceci dit, je le reconnais : j’ai fait un peu de provoc’ sur ce sujet. Et vous avez raison : il n’est pas bon de mélanger religieux et politique. Les prêtres ont autre chose à faire que d’entrer en campagne électorale, surtout dans notre société déchristianisée où la vision d’un prêtre en soutane met le bobo moyen au bord de l’évanouissement. Que nos prêtres nous donnent le Christ à la table eucharistique ! Et que des laïcs soient prêtres, prophètes et rois lorsqu’ils s’expriment dans les assemblées politiques (quitte à ce que certaines arborent un voile ou un fichu). Mais c’est là que l’on touche à ce que vous appelez un « délicat équilibre ». En effet, peut-on dire aujourd’hui que l’on choisit telle ou telle politique en raison de sa foi ? Christine Boutin, apparemment, va tenter l’expérience, avec son parti chrétien-démocrate. Il faut lui souhaiter bon courage et bonne chance car la foi chrétienne est, pour la plupart des médias, un critère discriminant. Certains journalistes n’hésitent pas à le dire : l’opinion politique professée par un croyant n’est pas crédible, précisément parce qu’elle est liée à la croyance en Dieu (et que Dieu n’a pas de blog ou de JT – ® Dieu – pour se rendre crédible). Même fondée en raison, la politique prônée par un croyant est jugée insupportable – précisément parce qu’elle émane d’un croyant – comme vous le diront nombre de nos politiciens et journalistes. Un problème, il faut bien le dire, remarquablement… français.
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Écrit par : Denis / | 04/02/2010

GENERATION

> Besancenot ne fait-il pas comme le PC à une certaine époque : essayer de récupérer les voix d'une religion capable de faire la différence. Question de génération oblige, ce n'est plus aujourd'hui le catholicisme, mais l'islam.
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Écrit par : Gégé / | 05/02/2010

NIKAB

> ce n'est pas une burka c une nikab les musulmanes portent le nikab pas la burka comme les afghanes....C a retenir car c important de faire la différence. Il faut arreter de juger ou d'avoir peur,quand je croise une musulmane avec le nikab je ne porte aucun jugement,qui suis je pour juger autrui? C'est un choix qu'il faut simplement respecter et ne pas juger. je respect et j'admire toutes les femmes qui portent le nikab.

Écrit par : deguisement / | 06/02/2010

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