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19/01/2010

Mgr Léonard : faux-semblants dans la presse

Ainsi dans Le Monde daté d'aujourd'hui, chaque ligne mériterait une mise au point :


 

Le titre : « Polémique autour de la nomination du nouveau primat de Belgique ». Le mot « polémique » est impropre. Ce qui se déchaîne dans les médias commerciaux n'est pas une polémique mais une répression : l'Eglise catholique se permet de nommer quelqu'un qui contrevient aux normes politico-médiatiques ? des médias sifflent et agitent un carton rouge !


Le sous-titre : « Mgr Léonard appartient à l'aile la plus conservatrice de l'Eglise belge ». En fait c'est l'inverse : des médias soupçonnent Mgr Léonard de vouloir, non pas « conserver » la situation présente du catholicisme belge, mais la restructurer ! Mgr Léonard est l'homme du changement : d'où l'irritation de ceux qui ont intérêt à ce que rien ne bouge.


Dans l'article, 4 phrases au hasard :


1. « L'Eglise catholique belge est entrée dans une phase de fortes turbulences ». Mais non : après trente ans de relativisme elle est trop anémiée pour turbuler, surtout « fortement ». Ce qui va se passer, c'est une tempête dans le verre d'eau du postchristianisme : conciliabules, articles de presse soufflés par un micro-milieu... Et ça n'ira pas loin, pour une raison simple et triste : le postchristianisme n'est pas une foi. Ceux qui manquent de foi ne se battent pas.


2. La nomination de Mgr Léonard « agite tous les milieux ». Voilà une formule vide de sens... Etant donné le recul du catholicisme en Belgique depuis trente ans, comment « tous les milieux » s'inquiéteraient-ils de la personnalité d'un primat (au point de s'en « agiter ») ? Il serait plus exact de dire : « Tous les Belges téléspectateurs, auditeurs et lecteurs ont reçu l'impulsion nerveuse que nous leur avons donnée en leur présentant cette nomination comme contrevenant aux normes d'aujourd'hui. » Mais ce genre d'impulsion est d'une durée très brève. C'est la loi des médias : une émotion chasse l'autre.


3. Le problème de l'Eglise belge est le « rapide mouvement de sécularisation de la société », dit l'article. Inepte ! En effet toute l'Europe est sécularisée, ce n'est pas propre à la Belgique. Et « sécularisation » veut dire (pour l'Eglise) perte de ses derniers leviers politico-sociaux : donc fin des héritages et lancement d'une nouvelle pastorale reprenant tout à zéro ; ce sera une Eglise confessante axée sur le kérygme, le témoignage et la conversion. Mais pour cela, il faudra des catholiques ayant la foi ! Non une vague conviction politico-machin genre « nostalgie de la chrétienté », mais une foi surnaturelle, à soulever les montagnes et à mettre le feu à la vie quotidienne. Or c'est ce dont les ennemis de Mgr Léonard, en Belgique et en France, ne veulent pas. Et c'est là qu'on découvre que ces chantres d'une soi-disant « réforme » psychosexuelle de l'Eglise (l'aligner sur le bourgeoisisme libéral-libertaire) n'ont pas de foi surnaturelle. Ce ne sont tout simplement pas des chrétiens ! Rideau.


4. « La décision de Rome risque, d'après certains observateurs, d'entraîner un clivage au sein de l'Eglise belge entre les tenants de l'ouverture sur la société moderne et les partisans d'un retour à une doctrine très stricte ». Passons sur ce « d'après certains observateurs », cliché dont la presse de 2010 devrait avoir honte tant il est démodé (c'est le « sources say » de la presse US des années 1970). Le reste est aussi toc : a) l'inquiétude feinte à l'idée du « clivage », alors que la presse a fabriqué et aggravé ce clivage depuis trente ans au moins ; b) l'Eglise dite « belge », alors que c'est dans toute l'Europe que les médias s'acharnent à produire le fameux clivage ; c) l'opposition factice entre « ouverture sur la société moderne » et « retour à une doctrine très stricte »... Pour l'Eglise catholique, au contraire, l'ouverture à la société moderne implique l'évangélisation, et l'évangélisation – révolution s'il en est – n'existe que par la profession du kérygme : la foi plénière, « stricte » en un sens ! Ouverture bien plus totale que les affèteries de la presse libérale (greenwashing et nouvelles moeurs pour camoufler le culte de l'argent).


À quoi ressemblera l'avenir ? Disparition des coquilles vides de la vieille institution catho du XXe siècle ? départ (inaperçu) des postchrétiens ? restructuration de la pastorale, autour de pôles de témoignage et d'évangélisation où le kérygme et le social – voire le contestataire – seront inséparables ? En tout cas voilà ce qui convient : l'air vif et léger, l'imprévu proche, et l'esprit plein de gratitude et de curiosité.-

 

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Commentaires

> Très bon démontage de la technique du Monde. Merci.

Écrit par : louis, | 19/01/2010

INEBRANLABLES

> Rien à ajouter. Juste vous dire, Patrice de Plunkett, ma gratitude pour le travail nécessaire mais ô combien épuisant que vous osez accomplir chaque jour avec un grand courage, une grande rigueur intellectuelle et, last but not the least, une foi inébranlable et capable de ranimer en nous la flamme de la résistance.
Cet article du Monde m'avait, comme souvent, je le confesse, accablée. Vous avez su, comme toujours, trouver les mots justes, entre lucidité sans fard et Espérance, afin de nous aider à ne pas céder à la facilité du dégoût et du retrait du monde où l'Esprit Saint agit pourtant de manière incessante, comme vous en témoignez à votre manière.
Je relisais ce matin ce passage de Catherine de Sienne, qui s'adresse à ceux qui s'interrogent sur le scandale du Mal :"Tout procède de l'amour, tout est ordonné au salut de l'Homme, Dieu ne fait rien que dans ce but". Nul doute que, même si ses voies sont "impénétrables", l'acharnement dont est victime aujourd'hui l'Eglise s'inscrit dans le grand dessein de notre Seigneur. De ce "Mal" sortira un plus grand Bien. Il convient de demeurer inébranlables à ce sujet, même si la tache est ardue...
Merci du fond du coeur de nous aider à conserver, bien vivante en nous, cette grande vertu théologale qu'est l'Espérance..

Écrit par : blanche, | 19/01/2010

À LA SOURCE

> Extrait d'une interview de Mgr Leonard ce matin:

" Est-ce que vous vous définissez, Monseigneur, puisqu’on a vu qu’il y avait beaucoup de polémiques, depuis que votre nomination a été annoncée, est-ce qu’on peut vous définir comme un conservateur ? Oui ou non… est-ce que ce terme de « conservateur », vous convient, quand on parle de vous ?

- Vous savez, on parle d’un conservateur de musée. Ce n’est pas que je conserve un musée, mais il y a des choses qu’il faut conserver, parce que la foi chrétienne a une source, elle a une origine : on vient de Jésus, on vient des apôtres, on vient d’une longue tradition de 20 siècles. C’est comme un fleuve. Un fleuve ne coule, n’irrigue, n’arrose, ne fait vivre, que s’il reste branché sur la source. Si vous le coupez de sa source et bien il se tarit. Mais en même temps un fleuve il doit épouser le terrain, il a des sinuosités, il a des méandres, parce qu’il doit se couler dans les dénivellations du terrain. Et on peut être à la fois conservateur, en conservant la source, l’origine et en même très attentif aux besoins d’aujourd’hui, aux requêtes d’aujourd’hui, aux souffrances d’aujourd’hui, aux espérances d’aujourd’hui. Et le but d’un fleuve s’est de déboucher et de même, si je conserve ce qui doit être conservé, c’est aussi pour rejoindre le monde d’aujourd’hui et nous orienter ensemble, vers ce qui est au-delà de ce monde-ci et que l’Eglise appelle « le Royaume de Dieu".

" Vous avez terminé par une citation de quelqu’un que vous appréciez beaucoup …Joseph Ratzinger, devenu Benoît XVI, qui a dit un jour : plus une religion s’assimile au monde, plus elle devient superflue. Est-ce que ça c’est aussi un petit peu votre ligne de conduite Mgr Léonard ? C’est de dire : finalement, la religion ne peut pas trop s’adapter au monde contemporain ?

- C’est tout à fait vrai ! Jésus a parlé de la foi et de l’engagement chrétien, comme celle de la terre, le vin, dans la pâte. Si le levain s’identifie entièrement à la pâte, il n’apportera plus rien à la pâte, il sera dissout simplement dans la pâte. Il est intéressant, par ce qu’il est différent, mais il doit être dedans. Il faut être différent de la pâte, mais dans la pâte. Et si le sel de la terre est absolument identique à la terre, le sel va devenir insipide.

Écrit par : Mike, | 19/01/2010

CONVERTIR

> Bon courage Mgr Léonard, vous avez du travail pour convertir la Belgique ! Que le Saint Père n'oublie pas la France ...

Écrit par : Nicole, | 19/01/2010

DU FAUX DANS LE MONDE

> ... et oui, c'est l'esprit du monde...

Écrit par : J.M.P., | 19/01/2010

RIEN DANS LE FIGARO

> Pas un mot dans Le Figaro sur Mgr Léonard lundi, même pas pour en dire du mal. Après tout c'est logique : la nomination d'un évêque n'a rien à voir avec les marchés financiers.

Écrit par : Basile, | 19/01/2010

PROGRESSISTE

> En lisant l'article posté par Luça, plus précisément l'extrait du Soir, on se rend compte à quel point le mot "progressiste" est une coquille vide, susceptible de toutes les variations. Au XIXe siècle, par exemple, l'abolition de la peine de mort était étiquetée progressiste. Aujourd'hui, en Belgique (et, on peut le craindre, en France) c'est au contraire la légalisation de l'euthanasie qui est présentée comme une loi "progressiste".
Si Mgr Léonard avait été nommé deux siècles plus tôt primat de Belgique, il aurait pu être aisément catalogué parmi les "progressistes". Ou plutôt la conscience de la dignité humaine aurait été si naturelle que personne n'aurait fait attention à une telle position.

Écrit par : Blaise, | 20/01/2010

PETITION DE SOUTIEN

> Bravo texte remarquable
je le diffuse autour de moi
TRES IMPORTANT
il y une pétition de soutien a Mgr Léonard
allez vite la signer
diffuser l'info autour de vous
http://www.pro-leonard.be/

Écrit par : staune, | 20/01/2010

ENJEUX DE POUVOIR A L'UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LOUVAIN

> Les oppositions récurrentes à Mgr Léonard, nouvel archevêque de Malines-Bruxelles, s’expliquent-elle uniquement par le costume «d’ultra-conservateur » qui lui a été taillé sur mesure ? Pour mieux comprendre les raisons d’une si franche défiance, il faut aussi considérer les enjeux et rapports de force qui entourent l’Université Catholique de Louvain (UCL), dont Mgr Léonard est l’une des figures discordantes depuis plus de 30 ans.
Professeur de philosophie à l’UCL depuis 1976, l’abbé Léonard intègre en 1991 le « pouvoir organisateur », sorte de conseil d’administration de l’université, par le seul fait de sa nomination comme évêque de Namur. Cette promotion ne manque pas de contrarier nombre de ses confrères, qui craignent la liberté de parole et la détermination de cet "empêcheur de progresser en rond". On sait les violentes oppositions que sa nomination à Namur avaient alors suscitées, marquant le début d’une campagne anti-Léonard qui ne s’est jamais vraiment tarie en Belgique.
En succédant au cardinal Danneels comme primat de Belgique, Mgr Léonard lui succède également comme… chancelier de l’UCL. Une situation à priori très inconfortable pour cette université catholique qui défie Rome sur le terrain des expérimentations sur les embryons humains, provoquant ainsi un rapport de forces dans lequel Mgr Léonard était jusqu’ici l’homme du pape. On pourrait croire que les nouvelles prérogatives de Mgr Léonard, hier encore très isolé dans le « pouvoir organisateur » de l’UCL, lui donnent désormais la possibilité de redresser les orientations de l’université dans le sens de l’enseignement de l’Eglise. Selon le père Gabriel Ringlet, le très anti-léonardien ex vice-recteur de l’UCL, il n’en est rien puisqu’un nouveau statut retirerait tout pouvoir à la hiérarchie ecclésiale : « L'événement pour Louvain, ce n'est pas l'arrivée d'un nouveau primat de Belgique. L'événement c'est l'arrivée en septembre d'une toute nouvelle université qui va regrouper quatre universités francophones. Mais ce que le public ne sait pas encore, qui est décidé et c'est un grand événement, c'est la suppression du pouvoir organisateur de cette nouvelle université. Pour être très concret, Mgr Léonard n'aura pas du tout le pouvoir qu'avait Mgr Danneels à l'égard des universités de l'Académie Louvain. Plus de pouvoir organisateur, cela veut dire que l'Eglise hiérarchique n'aura plus de pouvoir à Louvain, et ne va plus rien organiser. C'est très très clair. »
De là à penser que cette nouvelle gouvernance a été conçue sur mesure avant l’arrivée de Mgr Léonard comme chancelier, il n’y a qu’un pas. Un pas que semble franchir à demi-mots Gabriel Ringlet, celui-ci présentant, sous des airs de triomphe, cette nouvelle gouvernance comme le « dernier cadeau du cardinal Danneels à l’UCL » ! Mgr Léonard chancelier, oui, mais avec des menottes passées à ses poignets par son propre prédécesseur ? La ficelle semble un peu grosse et la cause n’est peut-être pas encore tout à fait entendue. Selon Bruno Delvaux, actuel recteur de l’UCL, « nous n'avons pas encore sur la table du groupe stratégique le texte de la future constitution. » Qui croire ?
Sources :
http://www.rtbf.be/info/belgique/religion/g-ringlet-mgr-leonrad-naura-plus-aucun-pouvoir-a-lucl-178634
http://www.rtbf.be/info/societe/religion/mgr-leonard-naime-pas-les-positions-bioethique-sde-lucl-178126
http://www.rtbf.be/info/belgique/religion/mgr-leonard-primat-de-belgique-les-reactions-178824

Écrit par : Guillaume de Prémare, | 20/01/2010

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