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16/10/2006

Peut-on réveiller : a) les chrétiens de France, b) les Français en général, c) les citoyens-consommateurs d'Europe occidentale ?

medium_JI0530_1_.jpgLe débat continue.

<Ren'> propose un 2ème "creuset".

Mais il en faut encore un 3ème.


 

 

 

Au Salon du Livre du Mans, hier après-midi, je discutais avec mon voisin de stand qui était Falk van Gaver (La politique et le sacré, Presses de la Renaissance). A propos de l'urgence d'un "creuset" sociétal où viendront fusionner des énergies d'origines multiples, il me signalait un texte de Simone Weil dans les Ecrits de Londres.

Il s'agit de la note 6, page 1020, dans le volume Quarto Gallimard des Oeuvres de S. W. :

" Rassembler les gens derrière les aspirations chrétiennes -  Il faut essayer de les définir en termes auxquels un athée puisse intégralement adhérer, et cela sans rien leur ôter de ce qu'elles ont de spécifique. Cela est possible... Il faudrait proposer quelque chose de précis, spécifique et acceptable pour catholiques, protestants et athées... et demander dès maintenant aux organisations de Résistance et notamment syndicales si cette orientation est la leur."

Ce texte d'il y a 65 ans s'applique à la situation d'aujourd'hui :

- L'urgence est de créer le pôle de résistance qui contrecarrera la "culture de mort" du matérialisme mercantile. Cette résistance unira (on le voit déjà dans le domaine de la bio-éthique) des consciences venues d'horizons philosophiques et spirituels très divers, et même contradictoires. D'où la nécessité que ce pôle soit aussi un creuset.

- Les chrétiens croyants se trouvent au coeur de cette entreprise. Ils ont accès à son sens plénier (ce que S. W. appelle "aspirations chrétiennes"). Mais leur rôle est celui de fédérateurs, non de contrôleurs. C'est là que l'idée de S. W. prend toute sa force : sans rien ôter au spécifique de ces aspirations, les définir "en termes auxquels un athée puisse intégralement adhérer".

[ S. W. donne au mot "athée"  un contenu noble, sans rapport avec l'athéisme d'hypermarché qui règne en 2006.]

 - S. W. voulait confronter ce souhait avec les orientations des "organisations de Résistance". Ces organisations n'ont évidemment pas d'équivalent aujourd'hui. Néanmoins il existe une foule de mouvements, forums et publications qui contestent  - à divers degrés et sous plusieurs angles -  l'anticivilisation globale contemporaine.

[Le problème est que certains de ces contestataires agissent au nom de "valeurs" empruntées à ladite anticivilisation...  Il y a des  altermondialistes philosophiquement plus proches d'un manipulateur du business biotech que de Benoît XVI.]

- Reste que ce "creuset"  (faire confluer les courants de résistance) est nécessaire.

Il vient s'ajouter au creuset n° 2, proposé par <Ren'> dans notre note du 15.10 (confronter les valeurs des croyants  chrétiens et celles des croyants musulmans, si c'est possible).

Et au creuset n° 1 : aider les chrétiens croyants à se retrouver (en tournant la page des déchirements des années 1970, encore perpétués aujourd'hui çà et là par des grisons méchants).

Ces trois creusets vont ensemble. Ils supposent que l'on se réveille, dans tous les domaines. Sortons du somnambulisme de la société d'abrutissement consumériste !

Commentaires

FRANCE ET FOI, COUPLE IMPROBABLE ?

> Plus le français est chrétien plus il se sent rejeté. La foi, en France, s'apprente plus à une invitation à l'exil. Le problème est de savoir si la France est compatible avec une foi, quelle qu'elle soit, et à commencer par la religion catholique qui a fait l'objet d'un traitement violent et bénéfice encore d'une certaine primauté dans le mépris du discours politique.
Le chrétien de France se réveillera quand il découvrira que la foi se vit harmonieusement. L'effort le plus important ne me semble pas devoir venir de lui.

Écrit par : Qwyzyx | 16/10/2006

CONVICTION OU SENSATION ?

> Péguy,je crois disait : "La république, une et indivisible, notre royaume de France"
Un professeur de fac nous répétait souvent que "toute vérité morale chrétienne n'est vraie que si je peux l'énoncer en des termes qui soient universels et pas seulement compréhensibles ou reconnaissables par ceux qui partagent ma foi en Christ."
Je pense que la France n'est pas un creuset, une sorte de laboratoire sociologique, où l'on pourrait observer sans risque différentes expériences de mise en pratique de certaines théories. Je pense que la France est mon pays auquel je suis rattaché par mon histoire et celle de ceux qui m'ont précédé. Cette histoire m'a fait chrétien et c'est cela que j'ai à transmettre à ceux qui viennent ou sont venus. Je n'ai pas à confronter ma foi avec celle d'un autre ou d'autres, C'est seulement tout ce que j'ai à offrir au Christ. Si je dois résister, c'est, grâce à Lui, au mal. Le mal absolu qui me ferait confondre désir de reconnaissance passagère et désir de vérité. La vérité c'est pour moi cette, non pas conviction, mais sensation, que le Christ m'aime, qu'Il est vivant. Si je dois résister, c'est contre la mort, contre ce modèle que me propose l'idéologie dominante que je peux être heureux en étant un vivant mort, juste arque-bouté sur mon désir de sombrer dans le sommeil, que la souffrance est obscène, que l'expression de ma souffrance doit forcément aboutir à la négation de ma singularité.
Si les énergies doivent tendre vers le bien cela se fera si chacun tend vers le bien, pas s'il tend à proposer à l'autre une bouillie saumâtre de pseudo-convictions. Il semble que la conscience doit passer par la confiance absolue, parfois irraisonnée en ce Jesus qui contre tout espoir nous a demandé de veiller et de prier avec lui.
Donc, dire cela de façon "citoyenne", conforme, si l'on préfère, ce n'est pas gagné !
Mais je crois. Pour le moins, je m'y efforce, malgré moi, car c'est Lui qui m'a choisi.

E.


[ De P.P. à E.

Croyez-vous que le missionnaire travaille par "désir de reconnaissance passagère" ? Peut-être ceux que vous dédaignez, voient-ils des problèmes que vous n'avez pas encore aperçus...
Le premier de ces problèmes est notre devoir de témoigner, dans une société qui change à toute vitesse (que ça vous plaise ou non). Il ne s'agit pas du tout d'être "conformes". Il s'agit de témoigner de façon compréhensible, donc partageable : "Soyez prêts à donner, à qui vous les demande, les raisons de l'espérance qui est en vous". La foi n'est pas une subjectivité : et nous la recevons pour la faire partager. Devenir compréhensibles est notre premier devoir. Et là, y a du boulot.

ps/ L'histoire a fait des chrétiens, mais elle en a aussi beaucoup défait. Laissons le fétiche Histoire dans sa case. Le passé n'évangélisera personne...]

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Écrit par : Evagre | 16/10/2006

LA VERITE EST OBJECTIVE

> Cher monsieur de Plunkett, merci de votre réponse à mon commentaire. Quand je parle de reconnaissance passagère, je n'évoque que ceux dont les médias se font l'écho et qui confondent il me semble parfois, discours politique et témoignage de leur foi. Je n'ai d'ailleurs aucune animosité particulière à leur égard. Je vois que je n'ai pas été clair dans ce que j'ai écrit. C'est justement en hommage aux missionnaires, à ceux qui m'ont précédé, aux martyrs parfois, que je me sens redevable et obligé de transmettre. Je pense à ceux qui s'efforce d'être missionnaires en ces temps. Je ne dédaigne personne aujourd'hui, et je suis bien certain d'être loin d'avoir identifié tout les problèmes, d'être très loin de la réalité. La seule réalité dont je puisse témoigner est celle d'un enfant perdu et reconnu par le Père quand tout semblait le condamner.
Ce devoir de témoignage dont vous parlez me semble être une obligation évangélique.
C'est pourquoi je pense qu'il est difficile de témoigner de sa foi avec des mots inconnus pour certains, des mots qui puissent être entendus par ceux qui à priori sont loin de ma foi. Cette foi est effectivement une conviction qui peut être partagée, dans la mesure où ce qui est énoncé est vrai. La vérité est objective.
Quand j'évoque la conformité, je pense à ce qu'il est convenu d'appeler le "politiquement correct". Quand je dis conforme, j'essaie d'exprimer un sentiment de "stalinisation de la pensée", dont fait partie pour moi le "militantisme laïc", ou rejet de toute espérance. Parfois aussi l'indifférence la plus totale vis à vis de la faiblesse. La faiblesse est une réalité que je connais.
Je suis, et c'est peu dire, largement désolé de n'avoir pas été plus compréhensible.
Grâce à vous me voici confronté à quelque chose que je n'imaginais pas : ne pas être compris du tout, mais alors pas du tout ! Je vous en remercie. Cela me claque.
Comme vous avez raison de dire que ce monde change à toute vitesse. Je suis sans doute trop psychorigide pour faire face aux changements, ou trop vieux, ou trop stupide. Mais ce qui chaque jour, ne cesse de m'émerveiller c'est la fabuleuse actualité du message du Christ : Amour et Pardon.
"Soyez prêts à donner, à qui vous les demande, les raisons de l'espérance qui est en vous".
Vous avez raison la foi n'est pas une subjectivité. Cette affirmation nous est précieuse. Toutefois, permettez moi de penser qu'il est difficile de croire sans "sentir" cette foi enracinée dans sa chair, sans "sentir" l'amour du Christ. Donc si la foi est une conviction, je pense qu'au fondement de cette conviction il y a d'abord une rencontre incarnée avec le Christ ou l'Esprit. En dehors de toute conversion hystérique au sens médical du terme, évidemment. C'est pourquoi il nous sera possible de témoigner. Car jamais nous ne pourrons nier, ou renier. Nous ne pourrons nous empêcher de témoigner. Mais dans ce témoignage, si je n'imagine pas aimer totalement celui à qui je m'adresse, je vois mal comment le rejoindre au point où il en est. Vais je m'adresser par exemple à un toxico militant à la CNT et haïssant les cathos en lui citant le credo en latin ?

E.


[De P.P. à E.
- Question cordiale : pourquoi en latin, le Credo ?
- ps : la CNT (cathophobe) est vraiment un cas limite...]

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Écrit par : Evagre | 16/10/2006

APPRENDRE A ETRE MINORITAIRES

deux remarques:
- en tant que catholiques nous avons trop longtemps connu une culture majoritaire en France et oublié que l'on pouvait devenir minoritaires, nos frères protestants l'ont connu depuis très longtemps et ce n'est donc pas cela qui les démotive... on n'est pas catholique ni chrétien parceque cela fait bien ou parceque mon voisin le fait aussi... la foi n'a rien à voir avec les convenances et l'on peut être chrétien en France comme on peut l'être en Angola ou au Soudan.

Écrit par : Emmanuel | 16/10/2006

" PAS TRES COMMODE "

> Pourquoi en latin le Credo ? parce qu'il me semble que cela est ce qu'il y a de jugé comme le plus ridicule par ceux qui peuvent agresser un chrétien, dans ce pays en ces jours. Et donc afin que cet exemple soit le plus compréhensible possible, à la limite effectivement de la caricature, cette fois ci. Pourquoi la cnt ? De la même façon parce que c'est je pense ceux dont j'ai lu ces jours derniers les pires attaques et mensonges envers les catholiques. Pourquoi toxico ? parce qu'il me semble à ce moment que cette attitude d'auto destruction est ce qui caractérise le mieux l'absence de réponse aux questions que certains se posent au sujet du bonheur, affirmant par le suicide que le mal triomphe parfois. Dans l'isolement et l'absence de miséricorde. Pourquoi donc ces précisions en réponse cordiale à votre propre bienveillante intervention ? Parce qu'il me semble urgent de faire en effet acte de résistance face à cette odeur de mort qui suinte de pas mal de résonnances médiatiques, parce qu'il me semble que l'anesthésie de la conscience est la seule alternative proposée aux consciences douloureuses, coincées dans les hypothèses tordues de ceux qui malgré tout le bien que je suis obligé de rechercher dans leurs paroles ou leurs attitudes me semblent s'être mis en pilotage automatique direction le rien, l'isolement, la désespérance. Car je crois que l'humain est de plus en plus assassiné. Je crois aussi que "l'héritage" chrétien est de plus en plus gaspillé et détruit. Parfois avec les meilleures intentions qui se puisse imaginer. Celles d'un désir pur d'absolu et de vérité que l'on corrompt en lui proposant de fausses prophéties sur un avenir où le bonheur serait réduit à la simple expression d'une muselière vitaminée. Un silence de mort absolue. Et la question serait alors pour moi comment manier le glaive des mots avec la douceur de l'Esprit. Pas très commode, vous en conviendrez. Mais ma vue est courte.

Écrit par : Evagre | 16/10/2006

[de Mickaël @Emmanuel]

> Apprendre à être minoritaire ? Oui pourquoi pas. Mais je sens poindre un certain fatalisme, un certain abandon dans cette attitude.
Je ne suis évidemment pas d'accord avec cela. Si nous aimons Dieu, nous voulons qu'il soit aimé et adoré par le plus grand nombre. Alors il nous faut évangéliser.
Si nous aimons notre prochain, nous voulons son bien, et son bien est qu'il soit sauvé. Et vous connaissez comme moi le Nom qui sauve. Alors, encore une fois, il nous faut évangéliser.

M.


[De P.P. à M.
- Je ne réponds pas à la place d'Emmanuel, mais je donne mon point de vue sur cette question...
Qui est plus minoritaire (et moins fataliste) que le missionnaire en pays païen ?
Or c'est notre situation désormais, en Europe occidentale.
Le réalisme est une vertu évangélique : tenir compte du réel, aujourd'hui, c'est reconnaître que les chrétiens croyants sont une infime minorité sur le continent européen. Or ils ont à évangéliser ce continent. La première chose à éviter serait de se comporter comme d'anciens propriétaires voulant rentrer dans leurs biens ! Ca n'aurait aucun sens, car les chrétiens ne sont "propriétaires" de rien, et ce serait un anti-témoignage. Le passé n'évangélise pas. Ce n'est pas en nous comportant en nostalgiques, mais en tant que minorité d'aujourd'hui (en donnant le véritable témoignage : celui de notre propre vie, vécue selon l'évangile autant que possible) que nous donnerons au prochain (d'où qu'il vienne, quel qu'il soit) le désir de nous demander "les raisons de notre espérance"...
La Nouvelle Evangélisation, c'est ça : évangéliser une société radicalement nouvelle - et totalement indifférente aux trésors du passé, que ça nous plaise ou non...
N'accusez pas les autres de "fatalisme". Ceux que vous accusez pourraient vous répondre que le "fatalisme" consiste à se replier sur des réserves d'Indiens, autour de totems, et de chanter en rond des hymnes claniques !
Il peut y avoir des façons très "catho" de... sortir du christianisme. Si l'on vit pour sa tribu et les yeux rivés à un passé légendaire, on est autre chose que chrétien.]


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Écrit par : Mickaël | 16/10/2006

PAS BESOIN DE GLAIVE ?


> Le christianisme est une religion exigeante :

"Si quelqu'un veut être mon disciple, qu'il se renie lui même, qu'il prenne sa croix chaque jour et qu'il me suive." (Matth. XVI 24)

"Celui qui ne hait pas son père et sa mère... et jusqu'à sa propre vie, celui-là ne peut pas être mon disciple." (Luc XVI 26)

Ce n'est pas grave d'avoir une vue courte. C'est à l'intérieur de soi qu'il nous apprend à regarder.

La religion forge les esprits, un esprit bien trempé suffit. Pas besoin de glaive. Pas toujours facile, c'est vrai aussi...

Qw.


[ De P.P. à Qw. - Tout dépend de ce qu'on entend par "glaive". Hébreux 4, 12-13 : "Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du coeur..."]

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Écrit par : Qwyzyx | 16/10/2006

UN SOUVENIR QUI RECHAUFFE LE COEUR

> Mes amis, permettez-moi de vous appeler tous ici mes amis. Je comprends bien tout ce qui vous tiraille. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la sainteté ne fait pas de bruit, que l'Esprit Saint travaille dans le secret, loin du tapage médiatique. Ne vous laissez pas aigrir, rabougrir, par toutes ces misères du monde moderne. J'ai un souvenir qui me revient dès que je suis tenté de désespérer du monde : c'était à Pâques 2000, dans une paroisse de Toulouse, deux mères maghrébines, élevées dans la religion musulmane, venaient baptiser leurs nourissons. Ce souvenir là réchauffe le coeur et nous garde dans l'Espérance.

Écrit par : Frédéric RIPOLL | 17/10/2006

@ Mickaël

Je dis cela d'expérience et pas par fatalisme, ayant mené la barque d'une communauté d'étudiants dans un milieu ostensiblement hostile à toute forme de religion. L'abandon n'est pas une solution ni une finalité, l'important c'est d'être là pour ceux qui en ont besoin.

Écrit par : Emmanuel | 17/10/2006

@ P.P.

> Merci de m'avoir répondu. Mon message était une invitation à ne pas baisser les bras. Je suis d'accord avec vous concernant la réserve d'Indiens, c'est certainement un contre-témoignage parfait. Il ne faut pas non plus idéaliser (voire forger) le passé, c'est la porte ouverte aux dérives.
Il nous faut évangéliser une société nouvelle. Et pourquoi est-elle nouvelle ? Elle est nouvelle parce que la culture de ces dernières dizaines d'années, culture philosophique, économique, politique, a exclu Dieu. Elle est nouvelle parce que les gens ont quitté les campagnes pour aller s'agglutiner dans de grands centres urbains. Elle est nouvelle parce que la vie parait plus facile qu'avant. Mais cette société nouvelle n'a pas effacé l'histoire et la culture. Elle les a juste éloignés, rejetés dans le passé.
Malgré cela, nos contemporains en sont souvent friands.
Aussi on peut raisonnablement penser que le passé puisse évangéliser, ou plus exactement, qu'il soit un outil d'évangélisation. Il ne s'agit évidemment pas de s'enfermer dans des délires identitaires, mais d'utiliser tous ces témoignages de foi que sont les églises, l'art et la culture religieuse etc. pour amener nos contemporains à considérer la foi, pour leur expliquer. Ceci doit bien sûr être porté par le témoignage de notre vie, par nos paroles et notre prière.
Enfin, nous avons besoin de (re)créer une culture chrétienne, des livres (de philosophie, des romans), de la musique, des films pour aider à l'évangélisation.

Écrit par : Mickaël | 18/10/2006

@Emmanuel :

> Désolé, je vous ai mal compris. J'ai souvent entendu cet argument, dit avec un fatalisme certain, alors... j'ai été un peu rapide en jugement.

Écrit par : Mickaël | 18/10/2006

FAMILLES CHRETIENNES : PAS TOUJOURS INNOCENTES

> Evangéliser par notre exemple, notre vie etc. bien sur mais comme vous le dites, cher Mickaël, aussi par la culture. Encore faut-il trouver des talents pour le faire avec profondeur et qualité. Mais pour cela, il faudrait que les familles chrétiennes laisse leurs enfants aller vers ces carrières de la culture (et j'ajouterais de l'enseignement) et non les pousser dans les grandes écoles (HEC...) comme on le voit malheureusement trop souvent. Cela vaut aussi pour les vocations religieuses souvent étouffées par le milieu familial.

Écrit par : vf | 18/10/2006

" POIGNARD " SPIRITUEL

> Ces lignes m'ont rappelé votre commentaire sur le glaive :

Erasme a publie à Anvers un "Enchiridion militis christiani", ou "Manuel du soldat chrétien", avec un jeu de mots sur le terme grec enchiridion, qui signifie d'abord poignard, et ensuite seulement livre familier, à portée de main. Il s'agit de conseils adressés à un chrétien pour se défendre – avec son "poignard" spirituel - contre les tentations du "monde", mais aussi de vues personnelles et hardies pour une réforme intérieure de l'Église, où l'esprit de l'Évangile redeviendrait central, excluant les pratiques purement extérieures, le culte excessif des saints, les formulaires désuets, les disputes et les ratiocinations. A tout prendre, il s'agit là d'un essai théologique, fortement inspiré de saint Paul, mais aussi de Platon et d'Origène, et dans lequel s'esquisse déjà un ensemble de préceptes et de comportements selon l'esprit de l'Évangile, ce qu'Érasme appellera plus tard la "philosophie du Christ".

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Erasme

Écrit par : Qwyzyx | 18/10/2006

@Mickaël

> J'ai l'impression que nous nous trouvons un peu dans la situation du milieu du XIIè siècle où la théologie (du moins les formes dans l'art qui en subsistent) sont passées de la bonne nouvelle aux formes du jugement dernier, la religion révélée catholique est autour de la Bonne Nouvelle et du Nouveau Commandement, et non pas à travers quelques critères réducteurs arborés par certains ou combats d'arrière garde.
La Bonne Nouvelle ne fait pas peur, et c'est cela qu'il faut annoncer encore et toujours, c'est pour cela que Jesus a envoyé en mission les apotres, c'est pour cela que nous nous signons sur la tête, les lèvres et le coeur pendant la messe. La Bonne Nouvelle n'est pas qu'intellectuelle comme ce geste tant répété le rapelle, elle n'est ni traditions hébraïque, grecque ou romaine, une religion trop intellectuelle n'est pas tounée vers l'autre mais vers soi et c'est là le risque.
Entendre Mgr Antoine de Rochebrune, vicaire de l’Opus Dei pour la France, dire qu'il faut se méfier de ceux qui n'ont pas une foi active n'est pas la bonne approche, c'est plutôt eux qu'il faut réveiller, c'est là le terrain à reconquérir plutôt que d'évangéliser des athées qui n'ont pas obligtoirement de prédisposition à croire.

E.

[De P.P. à E. - Mgr de Rochebrune a-t-il employé le verbe "se méfier" ? Je n'ai pas connaissance de cette déclaration. Eclairez-moi.]

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Écrit par : Emmanuel | 19/10/2006

LE GLAIVE

> Quand j'ai employé le mot glaive ,Je l'ai fait dans la conscience de son ambivalence étymologique ou tout au moins signifiante. Permettez moi de faire quelques remarques qui n'ont pas forcément à voir précisément avec la note initiant ces commentaires, mais plutôt avec ces commentaires ayant suivi votre note.
Je ne suis pas autorisé à parler d'évangélisation, toutefois je suis sur le feu quand je pense à ce qu'IL me donne et que j'aimerais offrir et partager à mon tour.
Je suis parfaitement conscient que je ne ne peux pas faire cela, sauf si LUI le veut, s'il veut m'y aider. Alors malgré moi, presque, mon comportement parlera de Lui. Je suis parfaitement d'accord avec vous monsieur de Plunkett pour penser qu'il est des territoires de mission à deux pas ou deux métros de chez nous. Ceci ne préjugeant en rien du "travail missionnaire" de nos frères et soeurs actuel. J'ai été stupéfait du témoignage apporté par des religieuses dans une "banlieue", une "cité". L'exigence de leur foi et de leur spiritualité m'ont surpris avec une force incroyable. Mais cela est assorti d'une modestie et d'une sainte discrétion. Cet été j'ai entendu des prêtres évoquer la "misère" de certains jeunes habitants de "cité". Dans un premier temps j'ai pensé que le terme misère était dédaigneux, puis écoutant mieux, j'ai pu les entendre parler du Coeur débordant d'amour du Christ, pour chacun. Or donc il faut rester discret et dans le même temps entrer dans la bataille, au milieu du vacarme. Certes le passé n'évangélise pas, puisque l'Evangile est l'absolument neuf. Mais comment dire la nouveauté, quand l'autre entend le passé ? Quand résonne tout ce boucan sur les tombes ? J'ai vu un ami se faire sinon "lyncher", au moins "massacrer" et descendre en beauté (!) parce que publiant des nouvelles "cathos" (références historiques, culturelles géographiques etc...) Il n'est pas facile de publier des textes "cathos". Et ce ne sont pas forcément les païens new look qui sont forcément les plus agressifs. J'ai vu un ami plasticien se faire cruellement et injustement critiqué au sujet de son travail qu'il exposait comme un témoignage de sa foi, par des chrétiens "normaux" Pourtant j'ai vu des artistes comme Pierre Eliane qui ont pu se faufiler dans les lecteurs de CD de jeunes gens "vautrés" et fumant pétards. Il est immense, je pense ce territoire à évangéliser, et elle est "mortelle" cette immortelle culture chrétienne, inévitable, même. Pourtant j'ai vu des visiteurs d'un grand musée national rebrousser chemin et ne pas le visiter parce qu'ils refusaient d'accepter que l'histoire de l'art et l'histoire de l'occident chrétien religieux soit forcément la même chose.
J'ai vu aussi des calices, des ostensoirs, des statues de la mère de Dieu, des reliquaires de martyrs exposés et pour lesquels il fallait payer un ticket d'entrée afin d' aller s'agenouiller à leurs pieds, au milieu des flashs et des commentaires en japonais. C'est vrai, je ne suis propriétaire de rien et le fils de l'homme n'a pas même une pierre où poser sa tête. Cela m'importe peu en vérité. Comme vous avez raison de parler de réalisme. Mais alors pourquoi pas Roubleiv ou la vie de sainte Thérèse dans le métro ? Je veux dire, comment parfois ne pas se sentir un peu…"impatient" face à tout ces "péages" qu'il faut passer laîque de chez laïque et un peu déçu face à ces "recommandations" de certains doctes. L'avenir appartient sans aucun doute aux doux, mais convenez en, pour être doux il faut être bien certain de sa force. Sinon cela s'appelle je pense de la lâcheté… Quoique disant cela je pense à Pierre.
Je pense aux difficultés qu'ont eu certains à peindre "la Passion du Christ" avec les moyens techniques de ces jours, je veux dire le film. C'était lassant ces commentaires sur le film traditionnaliste, plutôt que chrétien. En fait être chrétien, c'est être traditionnaliste pour le sens commun.
Je dirais que le travail pour un artiste chrétien est deux fois plus difficile que pour un artiste "normal". Et c'est très bien ! LUI a donné encore bien plus, et pour lui le travail était bien plus exigeant. il n'est pas venu triomphant, il ne sortait pas d'une haute école. "que peut il sortir de bon d'un nazaréen ?" La faiblesse est le seul chemin.
D'autre part et juste par souci d'équilibre, j'ajoute que quoiqu'en disent certains, il existe des gens qui sont persécutés à cause de leur foi catholique, dans ce temps, dans ce pays. Bien sûr Il nous dit "bienheureux si l'on vous persécute à cause de mon nom" mais parfois, le coup de poing, ça peut échapper. Pas très facile parfois de rester imperturbable quand de façon quotidienne on entend insulter le Christ ou la Vierge. Las....on peut essayer de prendre cela pour de modernes jurons. Pour finir, et en essayant d'être clair, j'ajoute que, pour moi, il me semble important de rassembler tous les frères dispersés, en se hâtant lentement. Car le procès de l'homme est commencé, Pilate nouveau préfet d'ambiance continue de se demander ce qu'est la vérité, en toute bonne "foi", et comme vous le dites monsieur de Plunkett, nous sommes aujourd'hui. la puissance technique est autrement foudroyante qu'il y a quelques siècles.
Un commentaire dit que la religion catholique est exigeante. Je pense que l'Amour est exigeant. Car c'est d'Amour qu'il s'agit. Presque pas de Théologie. Quoique St Augustin priait quand l"'inspiration" lui manquait. J'attends l'Evangile de Luc en rap. Celui dit par Jean Davy n'est pas très facile à "fourguer" en mp3.
Le glaive, c'est aussi le couteau du sacrifice : offrir le sacrifice de la parole. Merci pour votre blog !

Écrit par : Evagre | 19/10/2006

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