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29/10/2026

Du crime de Trappes aux prochaines manifs

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Deux manoeuvres politiques sont désormais en cours, celle (émeutière) de l'ultragauche et celle (politicienne) de M. Mélenchon :


L'enquête en dira plus sur l'étrange attentat de Trappes. Pour l'instant le parquet tente d'écarter les fake news que des réseaux et Le Monde amoncellent sur ce crime... Deux manoeuvres politiques sont effectivement en cours : celle (émeutière) de l'ultragauche, et celle (politicienne) de M. Mélenchon.
► L'ultragauche veut ériger en "Mai 68" les cortèges sociaux du 31 octobre et du 5 novembre en leur superposant les "luttes intersectionnelles". C'est l'objectif annoncé le 26 octobre au meeting de la Bourse du travail : l'idée est d'installer des "comités de résistance antifasciste des quartiers populaires", noyaux d'un "mouvement de masse radical", pour créer l'impression d'une "convergence des luttes" lors des grands cortèges. Réponse des néo-Gilets jaunes au meeting du 26 : "Oui ! Les antiracistes, les féministes, etc, seront en tête des cortèges du 31 octobre". L'opération est lancée.
► Il y a aussi la manoeuvre de Mélenchon. Purement électoraliste, elle repose en partie sur la méthode des Mariés de la Tour Eiffel  : "Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur" (*). Le maître des Insoumis n'a pas évidemment pas suscité la colère des lycéens, ni celle des salariés, ni celle des automobilistes. Ni celle des habitants de Trappes. Mais il fait croire qu'il en est le parrain, avec deux buts : 1. donner à LFI un monopole sur ces manifestations pour éliminer toute concurrence socialiste au seuil de la campagne présidentielle, cf Glucksmann expulsé par les manifestants pro-Mélenchon ; 2. persuader le bourgeois qu'en laissant Mélenchon devenir chef de l'Etat on ferait cesser les troubles... puisqu'il est censé en être le parrain. (En réalité les forces qu'il prétend contrôler le submergeraient).
Face aux manoeuvres qui se déploient, que peuvent les pouvoirs publics ? Rien. Ils sont aveugles volontaires. Ou complaisants dans certains cas, par exemple les juges administratifs, souvent proches de leurs confrères du SM ; ou les députés ex-macronistes, obstinés à se croire de gauche parce qu'ils soutiennent le LGBTQIA+ ; ou M. Macron lui-même, sabordeur de la fonction présidentielle par son narcissisme et ses lubies. Incapable de comprendre ce qui se passe dans la tête des gens, le funambule de l'Elysée persistera jusqu'en avril
. Dans quel état sera la société ?

Il est vrai que, dans la tête des gens, c'est devenu compliqué. Comment comprendre les pillages de masse du 17 octobre ?  Ce ne sont pas les émeutes des farines (1788-1789). C'est de l'inédit. Un professeur de marketing à l'ESCP, Benoît Heilbrunn, le décrit très bien dans une tribune : 

<< Comme l’a montré l’anthropologue britannique Edmund Leach (1910-1989), une société ne peut se contenter de réprimer les forces agressives qui la traversent. Elle doit leur fournir des dérivations et des exutoires qui rendent la violence compatible avec la vie collective. La consommation avait longtemps assuré cette fonction, recueillant la frustration sociale pour la convertir en objets de désir, de comparaison et donc de rivalité.  En déplaçant la frustration vers les marchandises, elle a transformé une blessure sociale en problème individuel. A défaut de renverser l’ordre social, on pouvait chercher à améliorer sa position par les biens que l’on parvenait à acquérir. La marchandise ne supprimait pas l’inégalité, mais elle permettait de la rendre supportable en offrant à chacun la possibilité d’entretenir ce "narcissisme des petites différences" dont parle Sigmund Freud [1856-1939]... >> 

Or que se passe-t-il ? 

<< La société de consommation continue de produire des désirs, mais elle réduit les possibilités d’y accéder. Elle continue de parler de choix, de liberté, de nouveauté et d’expérience (**), tandis que les existences se resserrent autour des dépenses contraintes et des renoncements... Le problème n’est donc pas seulement que certains consomment moins qu’avant. C’est qu’ils restent soumis à l’obligation de désirer. Car les promesses continuent de circuler, s’affichant sur les écrans, dans les vitrines et sur les façades publicitaires, alors que les moyens disparaissent. C’est dans cet écart que se forme la frustration. Les biens sont là, visibles et disponibles en droit, mais inaccessibles en fait. L’abondance ne supprime pas le manque. Elle le met en scène, le transformant en spectacle quotidien. Les boutiques deviennent alors les lieux où la société expose ses promesses et où les individus rencontrent leur impuissance. Ce qui est visé, dans les pillages de magasins, n’est donc pas seulement une réserve de marchandises, mais le système qui fait de ces objets le moyen de la reconnaissance sociale. Les revendications sociales et les violences procèdent d’un même climat, celui d’une société qui continue d’exiger la participation de tous, tout en organisant l’exclusion d’une partie croissante de la population... La consommation cesse d’être un exutoire pour devenir un théâtre de confrontation. La cocotte-minute consommatoire explose parce que les individus ne peuvent plus convertir leur frustration en achat, et restent prisonniers d’un monde qui les oblige à désirer. >>

Parmi les commerciaux prétentieux de l'ex-macronie, personne n'est apte à comprendre ça. Le cynique M. Mélenchon, lui, le comprend très bien ; il compte s'en faire un marchepied vers le pouvoir.

__________

(*)  Cocteau, texte pour la farce-ballet de 1921 (musique Auric-Honegger-Milhaud-Poulenc-Tailleferre).

(**)  C'est le langage obstiné du macronisme : mensonge qui lui attire tant de haines.

 

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