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25/06/2026

Surchauffe climatique : les ministres et les parlementaires tentent encore d'esquiver la réalité

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La classe politique tourne le dos au défi du climat. Cette piètre esquive va encore s'aggraver avec la campagne présidentielle. Le système actuel est très inférieur à ce que la situation exigerait de lui :


La surchaleur ne tue pas seulement des gens âgés : elle fait souffrir toutes les couches de la population. Que font les pouvoirs publics ?

Les élus locaux et régionaux réagissent avec les moyens du bord.

Les politiciens hexagonaux parlent d'autre chose. Ou disent n'importe quoi : "Faites les Andalous !" (Jean-Luc Mélenchon). Ou s'en tiennent au palliatif : les climatiseurs de Marine Le Pen...

L'exécutif, enfermé dans son idéologie libérale, se borne à dire aux citoyens de "veiller les uns sur les autres" (Emmanuel Macron). On attend d'un chef d'Etat autre chose que des leçons de care réduit à la morale individuelle.

En réalité,  le problème est si vaste – et si profond – qu'il exigerait une véritable politique climatique impulsée par l'Etat, en deux volets : 1.  orchestrer l'adaptation des bâtiments et de l'urbanisme au nouveau climat ;  2. lutter autant que possible, et de façon réaliste, contre les causes du dérèglement climatique. Ces causes sont connues. Mais jusqu'à présent, quand le gouvernement parlait de prendre des mesures à leur sujet (qui touche notamment les gaz émis par les moteurs thermiques), l'opinion réagissait mal. Surtout dans les régions sous-équipées en transports collectifs.

L'hostilité d'une grande partie du public aux mesures concrètes intimide la classe politique.  Celle-ci en profite pour abandonner une par une les dispositions environnementales prises depuis vingt ans. Tombé de 2,4 milliards d'euros (2024) à 837 millions (2026), le "Fonds vert" (aide aux collectivités) vient d'être encore diminué de 20 % par le gouvernement. L'approche de la présidentielle va aggraver ce processus : la droite et l'extrême droite font ouvertement campagne aux côtés de l'agrochimie contre toute écologie concrète ; le centre regarde ailleurs ; la gauche préfère parler d'euthanasie. 

Résultat : chaque vague caniculaire, suivie d'un dôme de surchaleur vissé sur l'Hexagone, est vue par l'exécutif comme s'il s'agissait d'un événement isolé et imprévu. "Dans l'urgence" (comme toujours), la place Beauvau, Matignon, l'Elysée etc réunissent "cellule de crise" sur "cellule de crise" : comme si chaque effet météo du dérèglement climatique était un événement inattendu. Non ! La répétitivité croissante du phénomène montre qu'il s'agit des manifestations en série d'un dérèglement d'ensemble. Ce qui lance un défi à notre société et à toutes nos habitudes. Menaçant le bien commun, le dérèglement climatique est un sujet "politique" mais au vrai sens du terme : rien à voir avec les prétentions fébriles – par exemple – de Gabriel Attal, mais tout à voir avec les analyses et les suggestions de Laudato Si'.

Citons le directeur de France-Nature-Environnement, Jean-François Julliard : "Des mesures structurantes sont nécessaires, mais elles ne sont pas assez séduisantes pour des politiciens en campagne qui ont besoin de mesures à court terme". Autrement dit il faut changer de façon radicale notre mode de gouvernement. Ce sera un grand effort conceptuel comme en 1958, mais d'une envergure bien plus exigeante pour l'esprit : car le défi climatique est sans précédent dans l'histoire des États.

 

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11:17 Publié dans Pape François | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : canicule, climat

Commentaires

À L'ÉCHELLE PLANÉTAIRE

Cit : "Menaçant le bien commun, le dérèglement climatique est un sujet "politique" mais au vrai sens du terme".
"Au sens vrai du politique" bien sûr, mais à l'échelle planétaire (industries et démographie de notre planète).
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Écrit par : Fondudaviation / | 29/06/2026

LA GUERRE POLLUE

> La première cause d'émissions de gaz à effet de serre à supprimer, c'est la guerre. On sait que l'armée US est la plus grande organisation consommatrice (gaspilleuse) de carburant au monde. D'autres armées brûlent des quantités énormes de carburant actuellement.
On pourrait arrêter cela. C'est faisable. Le pape le dit.
Mais les puissants ne veulent pas arrêter les guerres. Il y a des intérêts en jeu qui leur semblent plus pertinents que la sauvegarde de notre planète.
Si déjà ce premier pas ne sera pas fait, alors la suite ...
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Écrit par : Pierrot / | 03/07/2026

IMPOSER UN RETOURNEMENT

> L'épisode caniculaire de fin juin 2026 fera date. Globalement il est très comparable à 2003 voire pire localement, sur l'intensité surtout. De nombreux records mensuels et même absolus de chaleur ont été battus parfois plusieurs jours de suite en France. C'était le cas chez moi sur Strasbourg, mais aussi dans le Poitou où je suis né et là la période y était vraiment dure. Rebelote ces jours.
Certes les canicules ont toujours existé et ne manquent pas dans l'histoire, certaines ayant été très intenses et durables avec parfois de lourdes conséquences. Difficile de savoir si cet événement s'est déjà produit avec une intensité comparable à 2003 et 2026 : en 2003 on citait les années 873, 1137 ou 1540 qui auraient pu être de cet acabit. Mais le thermomètre n'existait pas en ces temps reculés. On pourra voir à ce sujet les articles de l'historien du climat Emmanuel Leroy Ladurie, qui considérait déjà 2003 comme une rupture (voir https://pratclif.com/climatechange/leroyladurie.htm (2005) et https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/277001-le-climat-une-profonde-rupture-par-emmanuel-le-roy-ladurie (fin 2019) et aussi l'article du météorologue amateur Guillaume Sechet sur le site de météo Paris https://www.meteo-paris.com/actualites/cette-canicule-est-elle-sans-precedent-depuis-au-moins-1000-ans-en-france
Qu'importe, qu'il y ait eu pire ou non, le réchauffement est en cours et manifeste, et concerne la planète entière même s'il est relativement marqué en Europe depuis la fin des années 1980, et son intensité semble désormais sortir des variations séculaires. La France pourrait se situer dans un "optimum estival" (cycle d'étés chauds pouvant parfois durer une décennie ou un peu plus comme les années 1420, 1780 ou la fin des années 1940) mais durci par le réchauffement de fond. Même avec 2°C de moins ces canicules seraient déjà dures. La limitation des facteurs de réchauffement (gaz carbonique fossile, artificialisation des sols avec surfaces sombres, arrachage des haies et perte d'humus rendant les sols plus vulnérables à la sécheresse) et l'adaptation de notre économie ne sont plus une option. La maison brûle, mais manifestement nos dirigeants regardent ailleurs... il n'est qu'à voir la validation définitive de l'A69 dans le Tarn, projet on ne peut plus "climaticide" (pour ceux qui ont suivi ce feuilleton pitoyable) et archétype de la fuite en avant, avec toutes les violences institutionnelles qui s'y sont greffées. Sans compter l'inquiétante loi de simplification agricole et ses conséquences potentielles sur la ressource en eau. Ceci n'incite pas à l'optimisme mais rien n'interdit d'espérer un retournement, sous l'impulsion de tous ceux qui, et ils sont nombreux, ont conscience des enjeux planétaires.
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Écrit par : Ajain Airault / | 07/07/2026

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