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02/01/2023

Benoît XVI : l'intelligence bienveillante

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C'est l'ineffaçable impression que je garde de ma rencontre avec Joseph Ratzinger... Mon éditorial de ce matin à RCF :


<< Les funérailles de Benoît XVI auront lieu jeudi à Rome. Depuis 48 heures tous les commentateurs donnent leur opinion sur lui. Je ne sais pas combien d’entre eux l’avaient rencontré… Personnellement j’ai eu cette chance et je voudrais en dire un mot. C’était avant qu’il ne soit élu pape : de passage à Paris pour une réunion de l’Institut (dont il faisait partie), il m’avait accordé une heure d’interview. J’avais beaucoup de questions, auxquelles il a répondu très directement : mais ce qui m’a déconcerté, c’est qu’il m’a posé lui aussi des questions – et qu’il écoutait mes réponses avec une intensité bienveillante que je n’ai rencontrée à cette heure chez personne d’autre. Je me suis souvenu de ce que ses étudiants disaient quand il enseignait à l’université de Tübingen : “Ratzinger est unique. Quand on l’écoute on se sent intelligent. C’est un homme qui vous révèle à votre propre intelligence.” Peu d’étudiants disent ça de leur professeur.

L’intelligence bienveillante, et l’ouverture aux autres, étaient des caractéristiques de Joseph Ratzinger. Néanmoins certains le disaient intolérant… Opinion inexacte, mais ce n’est pas tout à fait de leur faute : le futur Benoît XVI fut pendant plus de vingt ans le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – or notre époque juge anormal qu’il existe une “doctrine de la foi”. Plutôt que “la foi”, notre époque préfère dire “le spirituel” : et pour elle le spirituel est le domaine exclusif de l’individu, aucune congrégation, aucune institution ne doit s’en mêler…

Mais Benoît XVI était très conscient de cet individualisme incontournable de notre époque et il l’envisageait avec une grande humilité (autre caractéristique de sa personnalité), Il disait, je le cite : “Notre époque entraîne à des certitudes qui isolent l’être humain de l’essentiel. D’autre part, l'être humain remarque quand même que quelque chose lui manque…”  C’est là le terrain de l’évangélisation – c'est-à-dire du témoignage des chrétiens – dans le monde d’aujourd’hui. Comment aborder ce terrain ?  Benoît XVI a très bien posé la question. François tente de mettre en œuvre les réponses. Entre ces deux pontificats, la continuité est plus importante que les différences. >>

 

 

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Commentaires

SA FIGURE

> Bravo. En quelques mots, vous avez réussi à rendre la figure complexe de Benoît XVI plus familière, moins lointaine.
______

Écrit par : Henri Huber / | 02/01/2023

PRIONS

> "Benedictus qui venit in nomine Domini !" Que Benoît intercède pour nous.
______

Écrit par : AlexS / | 02/01/2023

LA MÉMOIRE DU JUSTE

> "Il a 12 professeurs d'université dans la tête et il prie comme un enfant de chœur". Voici ce qu'on aurait dit de lui au Vatican dans les mois suivant son élection.
Certes, son langage n'était pas forcément adapté aux réseaux sociaux. Certes, il a peut-être minimisé la portée politique des revendications liturgiques des lefebvristes. Et surtout, sa personnalité introvertie peu familière des médias...
Pourtant, il lègue à l'Eglise un héritage dont il peut être fier :
- 'Caritas in Veritate' : brûlot social passé quasi-inaperçu par certains qui avaient peur de se convertir.
- Un dévouement pour les victimes des abus sexuels (oui). Je ne suis pas dans le secret des dieux pour savoir ce qu'il valait. Mais je note qu'il a accéléré le procès de Martial Maciel et répondait très facilement quand il était interrogé sur son attitude vis-à-vis des abus commis dans l'église munichoise.
- Une vision de l'Église et du monde fondée sur la dignité et la place de chacun comme indispensable à la totalité.
etc...
La mémoire du juste est en bénédiction (Pr10,7).
______

Écrit par : Cyril B / | 02/01/2023

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